Visiteur Anonyme  [J'aimerais participer]
VisionatureLife+ Cap DomVisionature
Accueil
 
Les partenaires
Consulter
Actu, aide, stats
 - 
Actualités
 - 
Agenda
  Aide
  Statistiques d'utilisation
Synthèses avifaune
Observatoire Mortalité Routière
Mode d'emploi
Oiseaux
Chauves-souris
Mammifères terrestres
Mammifères marins
Reptiles
Amphibiens
Odonates
Règles à respecter
Le programme LIFE+ CAPDOM
 
Contacts
Les liens

Actualités
page :
 
<
1
2
3
4
5
6
7
8
9
>
 
Nbre/page :
nbre : 420
 
mardi 11 février 2020
Oiseaux
La photo du mois de janvier

Les parulines (famille des Parulidae) sont des passereaux insectivores, homologues américains des fauvettes européennes. Si les espèces tropicales sont sédentaires (comme la Paruline équatoriale Geothlypis aequinoctialis ou la Paruline des rives Phaeothlypis rivularis), les parulines nord-américaines sont migratrices, contraintes de gagner pour l'hiver des régions bénéficiant d'un climat plus propice à leur régime alimentaire.

Sur la soixantaine d'espèces de parulines nord-américaines, bien peu cependant atteignent la Guyane : la plupart s'arrêtent en Amérique centrale ou aux Antilles, ou choisissent une route plus occidentale les conduisant vers le nord des Andes ou l'ouest de l'Amazonie. Six espèces seulement ont été confirmées à ce jour en Guyane, dont quatre sont des hivernantes régulières : la Paruline jaune (Setophaga aestiva) est de loin la plus commune ; la Paruline des ruisseaux (Parkesia noveboracensis), la Paruline rayée (Setophaga striata) et la Paruline flamboyante (Setophaga ruticilla) sont observées chaque année en petits nombres, mais elles sont sans doute plus abondantes qu'elles n'en ont l'air, passant inaperçues au sein de la mangrove. Quant à la Paruline à gorge orangée (Setophaga fusca) et la Paruline orangée (Protonotaria citrea), elles sont beaucoup plus rares et n'ont fourni chacune que quelques observations en Guyane.

Comme pour beaucoup d'oiseaux migrateurs, les jeunes et les femelles migrent plus loin que les mâles adultes, ce qui explique que ces derniers soient rarement vus dans notre région, comme ce splendide mâle de Paruline flamboyante photographié par Alexandre Vinot.

Olivier Claessens

 

Paruline flamboyante (Setophaga ruticilla), Guatemala, 2/01/2020 © A. Vinot

posté par Olivier Claessens/gepog
 
lundi 3 février 2020
Inventaire participatif des crevettes d'eau douce

ONIKHA, en partenariat avec Johan Chevalier, le laboratoire EDB et l’Office de l’Eau de Guyane, réalise un inventaire des crevettes d’eau douce de Guyane.

Vous êtes un brillant crevettologue ? Un gourmet amateur de décapodes ? Un curieux de nature ?

Vous avez observé ou collecté des crevettes, des chevrettes, des ouassous dans un fleuve, une crique ou un pripri ?

Vous pourrez bientôt saisir vos observations de crevettes sur Faune-Guyane !

En attendant, envoyez vos photos et contactez-nous sur :

                Facebook : Crevettes de Guyane

                Mail : crevettesdeguyane@gmail.com

Un livret illustré des crevettes de Guyane et une invitation à la présentation des résultats seront remis en fin de programme aux contributions significatives !

 

Simon Clavier
ONIKHA
Conseil et expertise des masses d’eau tropicales
PK 9 Route de Degrad Saramaca, 97310 Kourou
Tel : 06 80 35 98 81
www.onikha.fr

posté par Olivier Claessens/gepog
 
samedi 25 janvier 2020
Les savanes de Guyane : importance, biodiversité et enjeux de conservation

Jusqu'à une date récente, les savanes de Guyane avaient peu retenu l'attention des naturalistes, plus attirés par la forêt tropicale et son extraordinaire richesse. En dépit de leur faible surface (moins de 1 % de la superficie de la Guyane), les savanes recèlent cependant une faune et une flore diversifiées, spécialisées et surtout très menacées : parmi les espèces spécialistes des savanes, 81 % des oiseaux, 80 % des reptiles et 100 % des amphibiens figurent sur la Liste rouge des espèces menacées de Guyane.

De 2010 à 2015, le GEPOG avec l'aide de nombreux partenaires s'est penché sur ces habitats rares et fragiles, dans le cadre du programme Life+ Cap DOM. Piloté par Anna Stier, un important travail pluridisciplinaire d'étude, de sensibilisation et de conservation a été mené. Parallèlement à la description des différents micro-habitats, de la flore et de la faune, l'histoire et l'anthropologie ont été explorées afin de mieux comprendre les usages et perceptions passés et actuels des savanes guyanaises ainsi que les enjeux de conservation qui leur sont liés.

Les fruits de ce travail sont aujourd'hui publiés dans un article de synthèse de la revue Tropical Conservation Science (à télécharger ci-dessous) :

Stier A., de Carvalho W. D., Rostain S., Catzeflis F., Claessens O., Dewynter M., McKey D., Mustin K., Palisse M. and de Thoisy B. (2020). The Amazonian Savannas of French Guiana: Cultural and Social Importance, Biodiversity, and Conservation Challenges. Tropical Conservation Science 13: 1-21.

L'étude et la protection des savanes de Guyane se poursuivent aujourd'hui à travers le programme Life Biodiv'OM et plusieurs projets ornithologiques portés par le GEPOG.

Voir aussi le site internet dédié aux savanes de Guyane : https://www.savanes.fr/

Olivier Claessens

 

Savane des Pères, Kourou (27/02/2011) © O. Claessens

posté par Olivier Claessens/gepog
 
samedi 18 janvier 2020
Poissons
Synthèse des connaissances sur les raies et requins en Guyane

Depuis quelques années, les acteurs locaux s’accordent sur le fait qu’il existe un manque évident de connaissances sur les raies et requins en Guyane. Suite à ce constat et au vu de l'impossibilité d'évaluer les statuts régionaux UICN de ces poissons, le GEPOG, en tant que gestionnaire de la Réserve Naturelle de l'Ile du Grand-Connétable, a mené une revue bibliographique et une mise à jour de la liste des espèces.

Ce travail réalisé entre septembre 2018 et avril 2019 a permis de compiler un grand nombre d'informations et de données et de faire le point sur les enjeux et menaces qui pèsent sur les espèces présentes dans les eaux guyanaises. Au vu des statuts de conservation préoccupants de certains élasmobranches, des propositions d’actions ont également été listées. Un document de synthèse a été rédigé et est disponible ci-dessous ainsi que dans l’espace de téléchargement sur le site internet de la Réserve Naturelle de l’Ile du Grand-Connétable.

Les prises accessoires dans les filets de pêche ou les palangres et le commerce illégal des ailerons sont les principales causes du déclin de ces animaux qui figurent aujourd’hui parmi les plus menacés au monde. En décembre 2019, une mise à jour de la liste rouge mondiale de l’UICN est venue confirmer ce constat en faisant passer de 4 à 6 le nombre d’espèces présentes en Guyane considérées comme en danger critique d’extinction.

Vous pouvez participer à l’amélioration des connaissances sur les raies et requins en Guyane en saisissant vos observations sur Faune-Guyane ou sur l’application mobile OBSenMER téléchargeable gratuitement sur Google Play et l’App Store.

Margot Vanhoucke

 

Requin soyeux (Carcharhinus falciformis) photographié au large de la Guyane lors de la campagne Greenpeace 2019
(©Pierre Baelen/Campagne Greenpeace 2019)

posté par Olivier Claessens/gepog
 
samedi 11 janvier 2020
Comment rendre vos contributions encore meilleures en 2020 ?

Merci encore à tous les contributeurs qui font le succès de Faune-Guyane. Vos observations constituent un trésor inestimable pour faire avancer la connaissance et la protection des espèces et de leurs habitats. Mais sont-elles optimales ?

Voici 10 résolutions afin que vos contributions à Faune-Guyane soient encore meilleures en 2020.

1. Transmettre des listes complètes

La saisie d'observations par listes complètes est la formule recommandée, car c'est la seule qui permette de faire des analyses statistiques spatio-temporelles. Elle n'est possible que pour les oiseaux sur le site internet Faune-Guyane, mais disponible pour tous les groupes sur NaturaList. Ca tombe bien, car il n'y a rien de plus simple avec l'application mobile : au démarrage d'une session d'observation, cliquez simplement sur l'icône "Saisie d'une liste" au lieu du "+", l'horloge et le GPS de votre téléphone s'occupent du reste ! Pensez tout de même à clore la liste à la fin de la session pour arrêter le chronomètre... Sur Faune-Guyane, la saisie d'une liste est un peu différente de la saisie d'observations ponctuelles : n'hésitez pas à contacter olivier.claessens@gepog.org pour quelques conseils qui faciliteront votre prise en main de l'outil.

Si vous ne l'avez encore jamais fait, envoyez vos premières listes en 2020 ! Mieux, pourquoi ne pas tenter de transmettre au moins une liste par sortie, ou même une liste par jour tout au long de l'année ? 5 minutes à un endroit suffisent.

2. Saisir des observations précises

La précision d'une donnée vaut toujours mieux que l'approximation, surtout en matière de localisation. Si l'animal était dans une savane, ou dans un secteur boisé proche d'une zone ouverte ou bâtie, il est très important que la donnée soit bien placée. De même, les études qui portent sur un site particulier (études d'impact en vue d'un aménagement, plan de gestion d'une zone protégée par exemple) ne prennent en compte que les observations situées dans un périmètre précis : sur Faune-Guyane, même pour un animal à grand rayon d'action, utilisez toujours "le pointeur rouge" ! Même avec NaturaList, il est souvent nécessaire de vérifier a posteriori (après synchronisation des données sur Faune-Guyane) que chacune est bien située.

Alors, saisie par liste ou localisation précise ? Les deux ne sont pas incompatibles, même si c'est un peu plus long. L'enjeu en vaut la peine !

3. Ne pas oublier le code nidification

Les cycles et les détails de la reproduction sont encore mal connus pour beaucoup d'oiseaux guyanais. Ces observations sont donc précieuses et permettent d'améliorer nos connaissances ; elles peuvent être utilisées dans des publications spécifiques. Pour éviter qu'elles ne soient perdues dans un volume sans cesse croissant de données, il est indispensable que le code nidification soit renseigné : c'est ce code qui permettra de filtrer les données pour retrouver facilement celles qui concernent la reproduction, depuis un chant (code 3) jusqu'à un nid occupé (code 18). Les commentaires sont toujours utiles, à condition que le code ne soit pas laissé vide !

4. Renseigner le comportement de l'animal

La date, le lieu, l'espèce, l'effectif et le nom de l'observateur sont les seuls éléments obligatoires d'une donnée naturaliste. Mais d'autres informations peuvent être utiles : le comportement de l'animal, son âge, son sexe, un indice de reproduction, de quoi il se nourrissait… Ces informations sont certes anecdotiques, mais cumulées elles fournissent des renseignements précieux et parfois inédits sur la biologie des espèces. Ainsi, les données de prédation collectées sur Faune-Guyane ont déjà été utilisées dans des articles scientifiques ou des chapitres d'ouvrages publiés.

Cependant, comme pour le code nidification, tous ces détails ne peuvent être exploités que si on peut les retrouver facilement. C'est la fonction des cases à cocher. Le commentaire permet de préciser les choses mais ne suffit pas.

Parmi les comportements proposés pour les oiseaux, il en est trois qui sont particulièrement intéressants : "se nourrit" pour toute information relative au régime ou au comportement alimentaire ; "migration active" pour des  oiseaux en vol migratoire ; "dortoir/reposoir" pour des oiseaux au repos (voir le point suivant).

5. Utiliser à bon escient les détails sexe/âge et le comportement

En plus du comportement, il est possible de préciser (selon le groupe zoologique) le nombre d'individus par classe d'âge et/ou de sexe ainsi que les conditions de l'observation. Malheureusement, tous ces détails sont souvent mal utilisés car mal compris. Par exemple, un "dortoir" ou un "reposoir" ont un sens précis : il ne faut pas confondre un simple perchoir (momentané) avec un "reposoir" (qui désigne un rassemblement prolongé et dense d'oiseaux – mouettes, sternes, limicoles notamment, généralement pendant une marée haute). De même, ne précisez le sexe et l'âge des oiseaux que lorsque vous avez pu les reconnaître à partir de critères objectifs et fiables.

6. Accompagner ses observations de photos

Les photos permettent d'illustrer et  d'appuyer une observation ; elles facilitent la validation des données (et permettent parfois de déceler des erreurs de saisie ou d'identification) et l'homologation des espèces rares ; elles sont même indispensables pour les insectes où les risques d'erreur sont grands, et pour les amphibiens quand l'observation est la première sur sa localité, faute de quoi la donnée ne pourra être acceptée !

7. Ne pas négliger les espèces communes

Tout naturaliste est heureux de voir une espèce nouvelle pour lui. Pour certains c'est même le principal moteur de leur activité, et elle est respectable. Les espèces rares apportent un piment particulier à nos sorties. Il ne faut pas pour autant négliger les espèces communes. D'abord, parce que celui qui ne chercherait que des espèces rares serait souvent déçu. Ensuite parce que ces espèces communes sont celles qui constituent le coeur de la faune qui nous entoure ; par leur présence (ou leur absence) elles témoignent de la qualité de notre environnement immédiat. Bien que communes, elles ne sont pas toujours bien connues et il est toujours possible de réaliser des observations originales. Enfin, les données de Faune-Guyane se doivent de refléter avec le moins de biais possible l'abondance et la répartition des espèces, même les plus communes !

8. Sortir des sentiers battus

Il est très intéressant d'aller régulièrement au même endroit : le suivi régulier et sur le long terme d'un site nous apporte une connaissance inégalée sur les espèces qui le fréquentent et leurs variations au cours du temps (surtout si les observations sont transmises sous forme de listes complètes). Mais il est tout aussi utile d'aller prospecter de nouveaux sites, où l'on manque encore d'observations : ces nouvelles données inédites affinent nos connaissances sur la répartition et le statut des espèces, c'est souvent l'occasion de faire des découvertes inattendues. Même tout près des villes les zones encore vierges de données naturalistes ne manquent pas, aiguisez votre âme d'explorateur !

9. Signaler les animaux morts sur les routes

L'enquête "mortalité routière" continue. Elle permet de désigner les portions de routes les plus accidentogènes pour la faune, et les espèces les plus sensibles au trafic routier. Elle permet souvent de détecter la présence d'espèces là où on ne les avait pas observées. N'oubliez pas de cocher la case "l'animal est mort" afin que ces données soient facilement accessibles !

10. Répondre rapidement aux demandes de vérification et accepter de corriger sa donnée

La validation des données est la clé et la force de Faune-Guyane, qui garantit la qualité et la fiabilité des observations. Une donnée atypique n'est pas forcément fausse, mais elle mérite au minimum des précisions et une attention particulière. Pour chaque groupe faunistique, les validateurs sont des spécialistes qui s'assurent que les données soient justes et correctement saisies. Leur travail, long et parfois fastidieux, est entièrement bénévole. Faites-leur confiance et acceptez leurs questions et leurs remarques !

 

Voilà, vous n'avez plus qu'à choisir parmi toutes ces résolutions laquelle (ou lesquelles) vous allez faire vôtre(s) pour 2020.

A vos jumelles, à vos carnets ou smartphones, et excellente année naturaliste avec Faune-Guyane !

Olivier Claessens

 

Bécarde cendrée juvénile © Thomas Requillart

posté par Olivier Claessens/gepog
 
samedi 4 janvier 2020
L'année 2019 sur Faune-Guyane

Le bilan 2019 sur Faune-Guyane pourrait se résumer en deux phrases : "bravo aux herpétos !" et "courage les ornithos !". Ce bilan est en effet contrasté selon les groupes taxonomiques.

On note tout d'abord une progression spectaculaire du nombre de données relatives aux amphibiens (+178 %), aux reptiles (+183 %) et aux chiroptères (+382 %). Les odonates et les phasmes continuent sur leur lancée.

http://files.biolovision.net/www.faune-guyane.fr/userfiles/BilanFaune-Guyane2019saufoiseaux.jpg

http://files.biolovision.net/www.faune-guyane.fr/userfiles/BilanFaune-Guyane2019toustaxons.jpg

 

Cette progression ne suffit toutefois pas à compenser la baisse des oiseaux : seulement 63 622 données en 2019, contre 74 190 en 2018. Les raisons de ce tassement apparent sont probablement multiples et nécessiteraient une analyse fine. Aurions-nous atteint nos limites pour le volume d'observations annuelles ?

Le nombre total de données saisies en 2019 (94 758 données) est donc à peu près égal à celui saisi en 2018. Globalement, le 31 décembre 2019 à minuit, Faune-Guyane rassemblait 653 265 données naturalistes, dont 566 799 observations d'oiseaux (87 %).

En 2019 également, 30 % des données ornithologiques ont été transmises sous forme de listes, soit près de 19 300 listes fournies par 22 observateurs, en net progrès. Ce mode de saisie (disponible pour tous les groupes sur NaturaList, mais seulement pour les oiseaux sur Faune-Guyane) est recommandé car c'est celui qui permet de faire des analyses précises de phénologie (variations temporelles d'abondance ou de présence/absence).

Le menu des statistiques sur Faune-Guyane s'enrichit par ailleurs de deux nouveautés :

- la progression temporelle du nombre de listes transmises ;

- la fréquentation par commune. Ce graphique nous apprend par exemple que pour les oiseaux, Kourou est la commune qui rassemble le plus de données (94 897 au 4/01/2020) et aussi le plus grand nombre d'espèces observées (656). Cayenne n'arrive qu'en 5ème position du nombre d'observations collectées (41 947) mais en 16ème position pour le nombre d'espèces (400), des nombres qu'il faut évidemment rapporter à la superficie et à la qualité des habitats des communes.

Enfin, 58 actualités vous ont été proposées en 2019. Nous tâcherons de garder ce rythme !

L'année 2020 sera celle du changement pour Faune-Guyane : une nouvelle interface, de nouvelles possibilités de saisie et une consultation facilitée. Nous en reparlerons…

En attendant, bravo et merci à tous les contributeurs, belles observations et bonne saisie en 2020 !

Olivier Claessens

 

Evolution du nombre d'observations annuelles, tous taxons
(en vignette : Cératophrys cornu Ceratophrys cornuta, 17/12/2019 © B. Villette)

posté par Olivier Claessens/gepog
 
mardi 31 décembre 2019
Oiseaux
La photo du mois

La famille des Cotingidés rassemble quelques-uns parmi les plus spectaculaires oiseaux de Guyane. Spectaculaires et originaux : la plupart d'entre eux possèdent des plumages extravagants, avec des ornementations ou des excroissances de peau. Les cotingas avec leur plumage brillamment coloré sont presque classiques, quand les autres membres de la famille rivalisent d'excentricité : la tonsure de la Coracine chauve, la coiffure "à l'iroquoise" du Coq-de-roche orange, et celle en ombrelle – un peu plus loin de nous, en Amazonie – de la Coracine ornée (Cephalopterus ornatus), ne sont que quelques exemples.

La Coracine à col-nu (Gymnoderus foetidus) n'est pas en reste avec ses excroissances de peau nue bleutée. Il est rare malheureusement de pouvoir l'admirer comme sur cette magnifique photo de Sylvain Uriot. Cette coracine peu commune se rencontre sur la bande littorale, principalement dans les forêts marécageuses le long des rivières. Sa grande taille, sa tête fine et son vol chaloupé permettent de la reconnaître facilement quand elle se déplace, souvent en petit groupe, au-dessus des arbres ou quand elle traverse un espace dégagé.

Tous ces ornements, plus développés chez les mâles, jouent probablement un rôle lors des parades nuptiales. Au milieu de cet étalage d'excentricités, le Piauhau hurleur fait exception, avec son plumage austère (si ce n'est des rémiges de forme spéciale, qui ne se remarquent guère). Il se rattrape par la voix, l'une des plus puissantes parmi les passereaux. Il n'est surpassé dans ce domaine que par l'Araponga blanc… un autre membre remarquable de la famille des Cotingidés !

Cette "photo du mois" vient clore une année riche en observations remarquables et en images sur Faune-Guyane. Qu'elles soient exceptionnelles ou plus ordinaires, qu'elles viennent appuyer une identification, documenter un comportement ou simplement illustrer l'observation, toutes ces données et toutes ces photos contribuent à enrichir Faune-Guyane. Bravo à tous et bonnes observations en 2020 !

Olivier Claessens, pour le Comité de Pilotage de Faune-Guyane

 

Coracine à col-nu (Gymnoderus foetidus), Stoupan, 23/12/2019 © Sylvain Uriot

posté par Olivier Claessens/gepog
 
vendredi 27 décembre 2019
Oiseaux
Une prédation spectaculaire

Etre témoin d’une scène de chasse d’un grand prédateur est une chance qui n’arrive pas souvent. Sylvain Uriot a eu la chance d’assister à une prédation spectaculaire de la part d’un Aigle noir-et-blanc (Spizaetus melanoleucus) sur une Buse à gros bec (Rupornis magnirostris). La buse se tenait au milieu ou en bordure d’une troupe de singes-écureuils (Saïmiri sciureus) quand l’aigle a surgi et s’est jeté au milieu de la troupe. Mais c’est la buse qu’il a capturée, atterrissant comme il a pu dans une fourche de l’arbre d’où il a fini par s’extraire en emportant sa proie.

Cette capture ne doit rien au hasard, car les rapaces ciblent leur proie avant même de déclencher l’attaque. Si l’Aigle noir-et-blanc se nourrit parfois de mammifères ou même de reptiles ou d’amphibiens, c’est avant tout un chasseur d’oiseaux, qui capture principalement des oiseaux de taille moyenne ou grande, parfois même plus gros que lui. On a sur Faune-Guyane une observation d’un individu ayant capturé une Aigrette neigeuse. La capture d’un dendrocygne a été signalée au Brésil (Wikiaves), de même que des attaques sur des Hoazins au Pérou ou sur des ortalides au Suriname (Global Raptor Information Network). La prédation sur d’autres rapaces et sur la Buse à gros bec en particulier n’avait semble-t-il jamais été signalée mais elle n’est pas surprenante de la part de ce chasseur impétueux.

Olivier Claessens

 

Aigle noir-et-blanc (Spizaetus melanoleucus) © Sylvain Uriot

posté par Olivier Claessens/gepog
 
samedi 21 décembre 2019
A quoi servent les données de Faune-Guyane ?

Faune-Guyane est un site de stockage, d’archivage, et de gestion de données naturalistes. Pour beaucoup d’entre vous, c’est votre carnet de terrain, la mémoire de vos sorties et de vos observations. Mais Faune-Guyane est bien plus que ça : c’est un outil de connaissance et de protection de la nature guyanaise.

Les objectifs de Faune-Guyane sont clairement exprimés dans le Code de déontologie et de gestion, disponible sur le site (sous le menu Règles à respecter) :

  • la valorisation du patrimoine naturel guyanais,
  • l’amélioration de la connaissance régionale des espèces et de leur habitat,
  • la contribution à une meilleure protection de l’environnement sur le territoire.

En déposant vos données sur Faune-Guyane, vous acceptez que vos observations soient utilisées dans ce but, et éventuellement transmises à des tiers (chercheurs, associations, administrations, bureaux d’étude…) pour les besoins d’études particulières répondant aux mêmes objectifs. Dans ce cadre, les données protégées reçoivent un traitement spécial, puisqu’elles nécessitent votre accord explicite.

Le Comité de pilotage de Faune-Guyane, qui rassemble les représentants des associations partenaires, responsables d’un groupe taxonomique et co-gestionnaires de la base, reçoit les demandes d’utilisation nécessitant une extraction de données de la base, et veille au respect de ces objectifs.

Ainsi en 2019, 19 demandes d’utilisation ont été reçues, examinées et acceptées. Elles concernaient une ou plusieurs espèces, voire tout un groupe taxonomique, et avaient pour but le plus souvent une étude scientifique, un inventaire faunistique d’un lieu donné (hors études d’impact), ou la gestion d’un espace protégé.

 

Demandes d'utilisation des données reçues en 2019

http://files.biolovision.net/www.faune-guyane.fr/userfiles/Documentsdivers/UtilisationdesdonnesFGfig1211219.jpghttp://files.biolovision.net/www.faune-guyane.fr/userfiles/Documentsdivers/UtilisationdesdonnesFGfig2211219.jpg

Sur l’ensemble de la période 2012-2019, 76 demandes ont été examinées, 12 d’entre elles concernaient des études d’impact. On se souvient aussi de l’élaboration des Listes rouges qui s’est basée en grande partie sur les données de Faune-Guyane, sans lesquelles ce travail primordial n’aurait pu être réalisé.

C’est ainsi que Faune-Guyane répond à deux de ses objectifs, grâce à vous et à vos données déposées sur le site : l’amélioration des connaissances et la protection des espèces et de leurs habitats. Un effort doit encore être fait pour la valorisation du patrimoine naturel guyanais, à travers des synthèses et restitutions accessibles à tous. Les membres du Comité de pilotage et les validateurs de Faune-Guyane y travaillent !

Olivier Claessens

 

Trachycéphale Kunawalu (Trachycephalus resinifictrix) © Quentin Uriot

posté par Olivier Claessens/gepog
 
samedi 14 décembre 2019
Mammifères
Avez-vous vu une biche des palétuviers ?

La Biche des palétuviers (Odocoileus cariacou) est une espèce classée « vulnérable » en Guyane, présente exclusivement sur la frange littorale. Or, cette zone est la plus soumise au développement humain et à l’anthropisation. Cependant, très peu de données viennent documenter la distribution de ce cervidé.

L’objectif du projet HABIPAT mené par l’ONCFS est d’enquêter sur la répartition et l’habitat de cette espèce, par l’utilisation de pièges-photographiques mais également par l’enquête auprès de potentiels observateurs.

Une meilleure connaissance de ses zones d’habitat principal permettra de proposer des mesures d’évitement, de réduction ou de compensation d’impact appropriées à son maintien dans le département guyanais.

Si lors de vos balades vous avez déjà vu ou si vous voyez cette espèce, la localisation des observations nous serait donc très utile ! Après avoir entré vos données sur Faune-Guyane, vous pouvez nous les communiquer à : biche.des.paletuviers@gmail.com.

Merci beaucoup pour votre contribution à la connaissance des espèces menacées de Guyane.

Manon Ghislain,
Chargée d’étude biologie-écologie biche des palétuviers ONCFS

 

Biche des palétuviers (Odocoileus cariacou) femelle et jeune © Carole Pourcher / ONCFS

posté par Olivier Claessens/gepog
 
mercredi 11 décembre 2019
Oiseaux
Merlin arrive en Guyane !

Vous avez rêvé d’un outil interactif d’aide à l’identification des oiseaux, avec des images et des sons de (presque) toutes les espèces de Guyane, Suriname et Guyana ? Merlin l’a fait !

http://files.biolovision.net/www.faune-guyane.fr/userfiles/Documentsdivers/Merlinexemple.jpg

Merlin est une application mobile développée par le Cornell Lab of Ornithology. Répondez à trois questions simples : quelle est la taille de l’oiseau, quelles sont ses couleurs dominantes, est-il en vol, perché dans un arbre, au sol ou sur une mangeoire ? Merlin vous propose une liste des espèces les plus probables en fonction de la localisation. Vous n’avez plus qu’à faire défiler les photos jusqu’à trouver celle qui correspond à votre oiseau !

Et si vous ne le trouvez pas parmi les propositions, vous pouvez toujours explorer la liste complète des espèces connues dans région, lire les textes et écouter les enregistrements (très bons) disponibles pour chacune.

Les réponses de Merlin se basent sur les observations signalées dans eBird (la base de données participative américaine et mondiale développée par le Cornell Lab). Elles s’affineront donc avec les nouvelles observations qui sont encore peu nombreuses pour la Guyane, d’où les lacunes et failles actuelles de l’outil. De plus les textes et photos concernent l’espèce dans son ensemble et ne s’appliquent pas toujours à la sous-espèce guyanaise et au contexte régional.

Merlin reste une formidable ressource qui deviendra votre compagnon de terrain et le complément idéal de NaturaList ! D’autant plus qu’une version française sera bientôt disponible… (pour l’heure, seuls les noms d’espèces sont en français, ce qui satisfera déjà plus d’un ornitho guyanais).

Et n’oubliez pas de saisir vos observations dans Faune-Guyane ou sur NaturaList !

Olivier Claessens

posté par Olivier Claessens/gepog
 
dimanche 8 décembre 2019
Oiseaux
Consultation publique : modification de la liste des oiseaux protégés en Guyane

Mobilisons-nous pour le maintien de la liste des oiseaux protégés en Guyane !

L’arrêté ministériel du 25 mars 2015 fixe la liste des espèces d’oiseaux protégés en Guyane. Fruit de concertations entre experts et différents acteurs concernés, tenant compte des connaissances les plus récentes (à la date de son élaboration) sur le statut des espèces, cet arrêté constitue un immense progrès en faveur de la protection des oiseaux par rapport à la situation antérieure. A côté des espèces protégées (articles 2 et 3), sont également désignées celles qui sont chassables mais dont le commerce et la détention restent interdits (article 4). Ainsi, toutes les espèces connues en Guyane à la date de sa parution ont un statut juridique.

Un nouveau projet d’arrêté ministériel vient menacer l’équilibre trouvé en 2015 et remet en cause la protection des oiseaux en Guyane.

Sous la pression des chasseurs de métropole, cet arrêté modificatif de celui de 2015 prévoit de déclasser deux espèces de canards : le Canard souchet et le Canard pilet. Ces deux espèces sont aujourd’hui chassables mais leur détention est interdite en Guyane.

Cette demande est justifiée par le fait que les chasseurs de métropole qui utilisent des appelants de ces deux espèces (pour la chasse à la hutte) doivent désormais, parce qu’elles sont partiellement protégées en Guyane, déclarer ces oiseaux captifs, une déclaration assortie d’une taxe.

Une consultation publique est ouverte jusqu’au 25 décembre : afin de ne pas laisser aux chasseurs de métropole le monopole de la parole, nous vous invitons à manifester votre désapprobation vis-à-vis de ce projet d’arrêté modificatif. Attention, pour que votre avis puisse être pris en considération, veillez à :

- argumenter votre avis ;
- rester poli ;
- ne pas recopier textuellement une réponse toute faite. Inspirez-vous au besoin des arguments développés ci-dessous ou sur ornithoguyane (par exemple), en les reformulant.

Même si ces oiseaux sont accidentels en Guyane (moins d’1 donnée par an) et aujourd’hui déjà chassables, ce projet d’arrêté pose plusieurs problèmes.

- Le déclassement de ces espèces créerait un vide juridique que l’arrêté de 2015 visait à combler puisqu’elles ne figureraient plus dans aucun article. Or, ces espèces existent en Guyane, les preuves (photos) sont sur Faune-Guyane ([Canard souchet], [Canard pilet]), les rayer de la liste n’a donc aucun sens ni fondement.

- L’obligation de déclaration et la taxe associée ne concernent pas les chasseurs de Guyane, puisque (fort heureusement) les pratiques de chasse sont différentes ici de celles de la métropole. On peut voir à travers ce projet d’arrêté la tentation de la part des associations de chasseurs de métropole d’importer en Guyane certaines pratiques contestables, ce qui serait désastreux (pour les oiseaux comme pour les chasseurs guyanais).

- Il n’est pas acceptable que les préoccupations des chasseurs de métropole, qui ne sont pas concernés par l’arrêté de 2015, viennent interférer dans la réglementation de la chasse en Guyane et dans la gestion des espèces guyanaises.

- Cette mesure vise à faire plaisir à certains chasseurs de métropole. Que ces derniers soient contraints de déclarer leurs oiseaux captifs et de payer une taxe, n’est pas le problème de la Guyane, ni celui des chasseurs guyanais et les oiseaux en Guyane ne doivent pas en faire les frais.

Le CNPN a émis un avis défavorable à ce projet d’arrêté.

On connait la bienveillance et l’écoute dont bénéficient (depuis toujours) les chasseurs en France de la part du Ministère de l’écologie. Ceux-ci essaient aujourd’hui de s’immiscer dans la gestion des espèces guyanaises et d’imposer leurs vues rétrogrades dans la réglementation de la chasse qui se met difficilement en place en Guyane. Il y a tout lieu de craindre que ce projet d’arrêté modificatif ne soit qu’un premier pas vers une remise en cause plus globale de l’arrêté de 2015. Mobilisons-nous pour éviter un tel recul !

Olivier Claessens

 

Canard pilet (Anas acuta), Kourou, 27/12/2012 © M. Giraud-Audine

posté par Olivier Claessens/gepog
 
dimanche 1 décembre 2019
Reptiles
La photo du mois

La découverte d'une ponte de serpent, souvent bien dissimulée dans la litière, est un évènement rare. Mais la découverte d'une ponte au moment précis de l'éclosion peut être qualifiée de "gros coup de chance". Il faut croire qu'Elodie Courtois et Maël Dewynter étaient chanceux ce jour-là en mettant à jour 9 œufs d'Atractus badius et un nouveau-né lové à proximité immédiate. Ils ont ainsi pu assister à la naissance d'un deuxième serpenteau dont on voit pointer le nez à travers la membrane souple de l’œuf.

La plupart des serpents de Guyane sont ovipares - ils pondent des œufs - et il semble que la fin de la saison sèche soit propice aux naissances. En indiquant l'âge des serpents dans Faune-Guyane, nous serons un jour en mesure de mieux connaître la phénologie de la reproduction des serpents guyanais.

 

Atractus faux-corail (Atractus badius), Haut Courcibo, 20/11/2019 © M. Dewynter

posté par Olivier Claessens/gepog
 
dimanche 1 décembre 2019
ALERTE Biolovision (résolu)

Il y a une semaine, Biolovision nous alertait sur un bug qui affectait les données consultées depuis un smartphone.

Ce problème qui provenait de Google a été résolu en début de semaine : lisez ci-dessous le message reçu de Gaëtan Delanoye le 27/11.

-----------------

On a mis en ligne une solution de contournement du problème tôt lundi matin.

Le taux de suppression des données est revenu à la normale (1-2%) et nous n’avons plus reçu de plainte.

Je pense que le problème est résolu mais je confirme que cela impacte potentiellement énormément de sites dans le monde. Google devrait définitivement corriger ce problème rapidement.

Notez aussi que si vous aviez l’habitude d’ouvrir une donnée dans une page annexe (clic droit, puis « ouvrir dans une nouvelle page »), ce n’est plus possible. La modification que j’ai fait empêche le navigateur de suivre un lien automatiquement ce qui empêche aussi de le faire manuellement. Il n’y a malheureusement pas d’autres solutions pour contourner ce problème sans retomber sur le bug de Google.

-----------------

Je n’ai pas eu d’écho d’utilisateurs de Faune-Guyane qui auraient été victimes de ce dysfonctionnement, qui, faut-il le rappeler, ne vous empêchait pas de transmettre en toute sécurité vos observations !

posté par Olivier Claessens/gepog
 
samedi 23 novembre 2019
ALERTE Biolovision : duplication/suppression de données

Nous reproduisons ici un message reçu de l'équipe Biolovision :

---------------

Depuis quelques jours, nous recevons des plaintes de gens qui disent que des données ont été supprimées et/ou dupliquées à leur insu.

Après investigation détaillées de quelques cas, il s’avère que dans 100% des cas, ces opérations ont été déclenchée par la personne elle-même (avec le même ordinateur, même IP). Il n’y a donc pas de piratage de mot de passe ou du genre.

Je pense donc que c’est lié à un clic par inadvertance sur un de ces boutons :

affiché après chaque donnée.

J’ai aussi analysé les stats et j’ai constaté que depuis le 20 Novembre le taux de suppression de donnée quotidienne est passé de 1-2% à 2-3%. C’est pas énorme mais c’est quand même significatif.

Comme nous n’avons pas fait de mise à jour de code depuis 10 jours, cela ne peut pas être lié à un bug dans notre logiciel.

Donc, je pense de plus en plus que c’est lié à une mise à jour d’un navigateur (lequel, tel est la question). J’imagine par exemple un nouveau comportement qui augmenterait la zone sensible au « touch » autour des petites icônes pour faciliter l’usage d’un site web non designé pour le mobile comme les portails locaux.

Je dis ça parce que cela semble concerner seulement des gens utilisant un navigateur web via Android (c’est pas lié à l’app).

Je n’arrive pas à reproduire un tel comportement sur aucun de mes appareils de tests mais peut-être que vous arrivez ou vous pouvez demander à ceux qui se plaindrait de la chose ce qu’ils utilisent et ce qu’ils font avec. Cela nous aiderait sans doute.

---------------

Soyez donc vigilants et si vous constatez la moindre anomalie avec vos données merci de m'en informer sans délai, avec le maximum de détails sur les circonstances de l'incident. Je transfèrerai vos informations à Biolovision (NB: sachez toutefois que je serai absent du 25 au 29/11).

Merci.

Olivier Claessens

posté par Olivier Claessens/gepog
 
jeudi 21 novembre 2019
Mammifères
A la recherche des loutres à Petit Saut

La société canadienne Triton se prépare à exploiter le bois immergé sur la retenue de Petit Saut. L'un des nombreux enjeux environnementaux sera la perturbation de la faune, dont les loutres géantes, bien présentes tout au moins sur l'amont de la retenue.

Dans ce cadre, nous voudrions essayer la détection de zones fréquentées par les loutres géantes à l'aide de drone. Cela nécessitera un travail de validation (résolution des images, vitesse de déplacement) et de confirmation sur le terrain (par bateau) des zones.  

Afin de gagner du temps, et de s'éviter de devoir parcourir des centaines de kilomètres de berges du barrage à la recherche d'indices de présence, nous sommes à la recherche de terriers récents (les "catiches") de loutres.

Lors de vos balades, si vous avez déjà vu, ou avez connaissance de catiches, les coordonnée GPS nous seraient extrêmement utiles : elles nous permettront d'orienter géographiquement nos tests drone / bateau.

Vous pouvez envoyer vos observations directement à benoit@kwata.net, mais n'oubliez pas de les saisir sur Faune-Guyane, avec la localisation précise ! Vous avez la possibilité de les mettre en données protégées pour garantir leur confidentialité...

En vous remerciant,

Benoit de Thoisy

 

Loutre géante (Pteronura brasiliensis), lac de Petit Saut © Thibaut Ferrieux

posté par Olivier Claessens/gepog
 
samedi 16 novembre 2019
Oiseaux
La Paruline rayée, un passereau migrateur exceptionnel à l’échelle mondiale

La Paruline rayée (Setophaga striataest un petit passereau migrateur d’origine boréale. Elle niche au Canada, en Alaska et hiverne dans le nord de l’Amérique du Sud (Colombie, Venezuela, Equateur, nord du Pérou, nord-ouest du Brésil, Guyana et Suriname et Guyane sur la frange littorale). Dans notre département, elle semble être en limite est de sa répartition hivernale.

Cette Paruline est présente en Guyane de fin octobre (29/10/2017, date la plus précoce sur Faune-Guyane) à fin avril (20/04/2014, date la plus tardive sur Faune-Guyane). Elle fréquente les mangroves et les formations secondaires du littoral. Elle semble assez rare mais fait partie des espèces probablement largement sous-détectées. La première Paruline rayée de la saison a été observée le 14 novembre par Hugo Foxonet.

La miniaturisation des engins de géolocalisation permet désormais d’équiper des passereaux et de suivre leurs trajets migratoires avec une précision jusqu’ici inégalée.

Comme pressenti, la Paruline rayée effectue un trajet migratoire extraordinaire pour un passereau de seulement 12 grammes. Les individus nichant en Alaska parcourent plus de 20 000 km/an.

Ils commencent par traverser le continent américain d’est en ouest pour rallier la côte de l’océan Atlantique au Canada ou au nord-est des Etats-Unis. Ce trajet se fait en 18 jours environ pour les individus nichant dans l’extrême ouest de l’Alaska.

Arrivés sur la côte, ils font une halte migratoire d’environ un mois et s’engraissent jusqu’à doubler leur masse (environ 25 g). En effet, l’énergie est stockée sous forme de graisse. Ensuite vient la partie la plus périlleuse du voyage.

Ils effectuent un vol non-stop de 2 250 km à 3 400 km pendant 2 jours et demi à 3 jours au-dessus de l’océan (comme de nombreux limicoles hivernant en Guyane) ! Pour arriver enfin sur les zones d’hivernage en Amérique du Sud.

Le trajet de remontée prénuptiale se fait davantage par les terres car le vent dominant est défavorable à un nouveau vol transocéanique.

Durant toute cette épopée migratoire, ils doivent faire face aux risques de prédation des rapaces et chats domestiques, éviter les collisions avec les vitres, buildings, les lignes à haute-tensions et autres structures humaines, faire face à la disparition et à la dégradation des habitats utilisés lors des haltes migratoires mais aussi affronter l’océan en période de cyclones ! Rien que ça…

Parmi les passereaux à l’échelle mondiale, seul le Traquet motteux (Oenanthe oenanthe) semble faire un trajet migratoire encore plus remarquable. En effet, les nicheurs d’Alaska, du Canada et du Groenland hivernent en Afrique subsaharienne. Notons que ce passereau est plus grand et pèse plus de 25 grammes en moyenne (avant engraissement).

Paul Lenrumé

 

Source : http://www.sci-news.com/biology/blackpoll-warbler-migration-07008.html

Référence : William V. DeLuca et al. (2019). A boreal songbird’s 20,000 km migration across North America and the Atlantic Ocean. Ecology, published online March 19, 2019; doi: 10.1002/ecy.2651.

posté par Olivier Claessens/gepog
 
samedi 9 novembre 2019
Oiseaux
L’évêque de Guyane n’est pas bleu-noir

L’Evêque bleu-noir (Cyanoloxia cyanoides) est un passereau des sous-bois humides, répandu en forêt primaire ou secondaire, parfois même dans les bosquets résiduels entre les abattis.

Suite à plusieurs études génétiques qui ont confirmé la divergence des populations amazoniennes par rapport à celles d’Amérique centrale et des Andes, deux espèces sont désormais reconnues : le nom Evêque bleu-noir (Cyanoloxia cyanoides sensu stricto) étant réservé à l’espèce d’Amérique centrale, celle d’Amazonie et de Guyane s’appelle désormais Evêque de Rothschild (Cyanoloxia rothschildii). Outre l’ADN, elle se distingue de l’autre par la coloration et par le chant.

L’Evêque de Rothschild est ainsi nommé en l’honneur de Lord Lionel Walter Rothschild (1868-1937), membre de la célèbre famille de banquiers mais plus intéressé par la zoologie que par les affaires, qui a constitué au cours de sa vie la plus grosse collection naturaliste privée. Elle contenait quelques 300 000 oiseaux du monde entier, 200 000 œufs, plus de 2 millions de papillons… Lord Walter Rothschild était notamment spécialiste des casoars qu’il étudiait dans son zoo privé de Tring. En 1831 il fut contraint de vendre la majeure partie de sa collection ornithologique à l’American Museum of Natural History.

De nombreuses espèces portent son nom mais l’Evêque de Rothschild est le seul oiseau guyanais dans ce cas. Les américains ont préféré lui donner le nom anglais « Amazonian Grosbeak ».

Ce changement de nom aurait dû intervenir dans notre liste des oiseaux de Guyane dès 2019, mais la révision taxonomique par le SACC m’avait échappé. Merci à Quentin Uriot pour avoir détecté cet oubli. Nous attendrons donc l’édition de la liste 2020 pour mettre à jour le nom de l’espèce dans Faune-Guyane. D’ici là, il vous reste quelques mois pour observer et signaler des Evêques bleu-noir, profitez-en !

Olivier Claessens

 

"Evêque de Rothschild" Cyanoloxia (cyanoides) rothschildii © Sylvain Uriot

posté par Olivier Claessens/gepog
 
samedi 2 novembre 2019
Oiseaux
La photo du mois d’octobre

Si le Grand-duc d’Amérique (Bubo virginianus) possède une très large répartition sur les deux continents américains, depuis les régions boréales d’Amérique du Nord jusqu’en Argentine, il est un oiseau rare en Guyane, localisé sur une étroite frange côtière. Il habite ici principalement la vieille mangrove et le cordon boisé littoral, allant chasser dans les pâturages et les marais en retrait de ce cordon. La route de Guatemala, ainsi que les lisières autour de Mana et le village d’Awala sont des lieux d’observation classiques. Les données plus dans l’intérieur et au sein du bloc forestier, comme à Petit Saut, sont sujettes à caution.

Son régime alimentaire est très éclectique, allant des jeunes tortues luths à l’émergence jusqu’aux rapaces diurnes prélevés la nuit sur leur nid. La virulence des autres rapaces à son égard, quand ils le croisent, en dit long sur ses redoutables capacités de prédation.

Quant à la Buse à queue barrée (Buteo albonotatus), c’est également un oiseau rare des lisières de savanes, classée « en danger » sur la liste rouge des oiseaux de Guyane, tout comme le Grand-duc. C’est une espèce globalement assez mal connue comparée à d’autres, et son statut en Guyane (répartition précise, effectifs, reproduction…) ne fait pas exception. On l’observe régulièrement dans les rizières de Mana, où elle vient chasser les rongeurs, lézards et petits oiseaux en se faisant passer pour un urubu. Sa silhouette, son plumage et son comportement relèvent en effet d’un mimétisme très réussi, qui trompent aisément ses proies… ainsi que l’observateur non averti !

Réunir les deux espèces sur une même photo relève de l’exploit ! Cette photo de Grégory Cantaloube y parvient tout en illustrant un intéressant comportement de défense anti-prédateur.

Olivier Claessens

 

Grand-duc d’Amérique (Bubo virginianus) et Buse à queue barrée (Buteo albonotatus), rizières de Mana le 21/10/2019 © G. Cantaloube

posté par Olivier Claessens/gepog
 
samedi 26 octobre 2019
Phasmes
Les Phasmes de Guyane s’invitent à La Canopée des Sciences

Le 5 novembre prochain Toni Jourdan, référent pour le groupe des phasmes sur Faune-Guyane, et la Canopée des Sciences vous invitent à un Café des Sciences consacré aux phasmes de Guyane, ces as du camouflage. Qui sont-ils, que connait-on des phasmes guyanais ? Toni nous parlera des travaux de l’association ASPER en Guyane et dans les Antilles et de la contribution de Faune-Guyane à la connaissance de ces surprenants insectes.

Pour tout savoir sur les phasmes de Guyane, rendez-vous au Café de la Gare (rue Léopold Heder à Cayenne) le mardi 5 novembre à 18h30 !

posté par Olivier Claessens/gepog
 
samedi 19 octobre 2019
Oiseaux
Les visiteurs européens en Guyane

Le Chevalier sylvain observé récemment à Montsinéry-Tonnegrande (actualité du 14/09/2019) est la 6ème espèce de limicole eurasiatique observée en Guyane. Quelles sont les cinq autres ?

- Barge rousse (Limosa lapponica) : un individu en novembre 2007 puis (le même) de novembre 2009 à février 2010, à Kourou (Alexandre Vinot et coll.).

- Combattant varié (Calidris pugnax) : observé presque chaque année depuis 2007, jusqu’à 3 oiseaux ensemble.

- Bécasseau cocorli (Calidris ferruginea) : 1 individu le 8/10/2014 à Kourou (Alexandre Vinot)

- Chevalier bargette (Xenus cinereus) : 1 individu le 2/02/2005 à Cayenne (Olivier Tostain et coll.)

- Chevalier aboyeur (Tringa nebularia) : 1 individu le 16/02/2006 à Cayenne (Olivier Tostain et coll.)

Les limicoles ne sont pas les seuls oiseaux venus d’Europe observés dans notre département. Ces « touristes » européens en Guyane appartiennent à des familles diverses : ce sont des mouettes et goélands (Mouette rieuse, Goéland cendré, Goéland marin, Goéland brun, Guifette leucoptère), des hérons (Crabier chevelu, Héron pourpré), des rapaces (Milan noir, Faucon crécerelle), un martinet (Martinet à ventre blanc) et un passereau (Bergeronnette grise). D’autres espèces accidentelles dont la répartition est principalement eurasiatique possèdent aussi des petites populations établies en Amérique du Nord, ce qui rend incertaine l’origine des individus observés en Guyane. C’est le cas par exemple de la Mouette tridactyle (Rissa tridactyla) ou de la Mouette pygmée (Hydrocoloeus minutus).

La Guyane est ainsi le deuxième pays d’Amérique du Sud (après le Brésil) pour l’accueil d’oiseaux venus d’outre-Atlantique. La position géographique privilégiée de la Guyane explique en partie cette situation : sur la route des alizées, et à la croisée des voies migratoires des limicoles nord-américains (ceux d’Europe ayant pu rejoindre l’Amérique du Nord avant de descendre vers le sud avec ces derniers). Mais le dynamisme de la communauté ornithologique guyanaise et sa familiarité avec les espèces européennes n’y sont sûrement pas étrangères ! Enfin, le trafic maritime régulier entre la métropole et la Guyane a pu faciliter l’arrivée de certains oiseaux, notamment parmi les Faucons crécerelles et les Bergeronnettes grises.

Olivier Claessens

 

Combattant varié (Calidris pugnax), Guatemala, 29/04/2012 © M. Giraud-Audine

posté par Olivier Claessens/gepog
 
mercredi 16 octobre 2019
Mammifères marins
Nouvelles observations de cétacés et d’oiseaux pélagiques au large de la Guyane

Dans le cadre de son expédition “De l’Arctique à l’Antarctique », le navire de l’ONG Greenpeace l’Esperanza a effectué une mission d’observation de la grande faune marine au large de la Guyane. Amandine Bordin et Margot Vanhoucke, salariées du GEPOG, ont embarqué pour cette mission du 30 août au 10 septembre 2019. Elles en ont présenté les principaux résultats, illustrés de photos et vidéos somptueuses, lors d’une soirée spéciale au GEPOG vendredi dernier.

Les observations ont été nombreuses et remarquables au cours de cette mission. Côté cétacés, plusieurs Rorquals de Bryde ou Rorquals tropicaux (Balaenoptera edeni) ont pu être observés et filmés lors d’une scène de chasse exceptionnelle, confirmant pour la première fois la présence de cette baleine en Guyane. Des Baleines à bosse (Megaptera novaeangliae) ont également pu être observées accompagnées de jeunes, ce qui atteste de la probable reproduction de ces animaux dans les eaux de la région, renforçant l’importance de celle-ci pour la conservation des cétacés.

Côté poissons, il faut signaler l’observation de Requins soyeux (Carcharhinus falciformis), espèce protégée en Guyane.

Côté oiseaux, une nouvelle donnée de Pétrel de Bulwer (Bulweria bulwerii) a pu être obtenue, parmi d’autres espèces pélagiques.

Comme toutes les observations au large, celles-ci seront saisies sur la plateforme OBSenMER et seront intégrées ultérieurement à Faune-Guyane.

Olivier Claessens et Margot Vanhoucke

 

Rorqual de Bryde (Balaenoptera edeni) et Sternes fuligineuses au large de la Guyane © Renato Rinaldi / Campagne Greenpeace 2019

posté par Olivier Claessens/gepog
 
lundi 14 octobre 2019
Reptiles
Découverte d'un nouveau serpent en Guyane

La biodiversité guyanaise est décidément un puits sans fond. Un article scientifique de Paulo Roberto Melo-Sampaio et ses collègues - dont Antoine Fouquet du CNRS de Toulouse - vient de décrire une nouvelle espèce de serpent du genre Atractus, uniquement connue de Guyane et de l'Amapá : Atractus trefauti, l'Atractus de Tréfaut.

Le spécimen type - qui a permis de décrire l'espèce - avait été récolté en 2012 sur la route de l'Est par Antoine Fouquet, Élodie Courtois et Maël Dewynter et l'un des paratypes (c'est-à-dire un des spécimens sur lequel est basée la description) a été trouvé en 2015 dans la Réserve naturelle de la Trinité par Fausto Starace et Vincent Rufray.

Ce petit serpent de moins de 30 cm de longueur, aux mœurs fouisseuses, est très proche morphologiquement d'Atractus schach, une espèce peu commune. Elle s'en distingue cependant par un patron de coloration "inversé" : un corps sombre avec des anneaux ou des damiers beiges à roux.

Vous pouvez consulter les clichés de l'espèce en consultant cette donnée de Vincent Rufray : https://www.faune-guyane.fr/index.php?m_id=54&mid=39108

C'est le moment de vérifier vos photothèques car il est prévisible que quelques données d'Atractus de Tréfaut s’y dissimulent...

L'Atractus de Tréfaut a été nommé en honneur à Miguel Tréfaut Rodrigues, un célèbre herpétologue brésilien qui a notamment fait sa thèse à Paris sous la direction de Jean-Pierre Gasc. Miguel est d'ailleurs auteur d'une des premières listes détaillées des serpents de Guyane, un article fondateur.

Maël Dewynter

 

Source: Melo-Sampaio, P. R., Passos, P., Fouquet, A., Prudente, A. L. D. C., & Torres-Carvajal, O. (2019). Systematic review of Atractus schach (Serpentes: Dipsadidae) species complex from the Guiana Shield with description of three new species. Systematics and Biodiversity, 17(3): 207–229.

 

Atractus de Tréfaut (Atractus trefauti), Mont Tabulaire © V. Rufray

posté par Olivier Claessens/gepog
 
vendredi 4 octobre 2019
Mammifères
Les photos du mois de septembre

Le mois de septembre était celui des mammifères sur Faune-Guyane ! Les deux photos du mois illustrent deux comportements d’alimentation.

Le Petit Opossum laineux arboricole (Micoureus demerarae) est présent dans toute la Guyane. Bien qu’il ne soit pas rare, ses mœurs nocturnes et son habitat forestier ne facilitent pas les observations. Les photos illustrant son comportement dans des conditions naturelles ne sont certainement pas légion ! La très belle photo (ci-dessous) de Marine Perrier est d’autant plus remarquable pour cet aspect documentaire rare.

Dans le même registre, un Tamandua à collier (Tamandua tetradactyla) s’est laissé prendre « la main dans le sac » par Hervé Breton.

Tamandua à collier, marais de Yiyi, 13/09/2019 © H. Breton

http://files.biolovision.net/www.faune-guyane.fr/userfiles/Documentsdivers/Mammifres/TamanduatetradactylaYiyi130919H.Bretonfg38260w.jpg

Enfin, même s’il ne mange personne, difficile d’ignorer la magnifique photo de Puma (Puma concolor) prise par Mathias Fernandez. Encore une belle rencontre… !

Bravo à tous les trois !

Olivier Claessens

 

Petit Opossum laineux arboricole (Micoureus demerarae), piste de Saint-Elie, 28/09/2019 © M. Perrier

posté par Olivier Claessens/gepog
 
lundi 23 septembre 2019
Oiseaux
Le déclin des oiseaux en Amérique du Nord

Une étude publiée le 19 septembre dans la prestigieuse revue scientifique Science révèle que l’Amérique du Nord (Canada et Etats-Unis) a perdu plus d’1/4 de son avifaune au cours des 50 dernières années, soit près de 3 milliards d’oiseaux en moins. Une révélation qui fait écho aux publications scientifiques qui ont fait la Une de l’actualité l’année dernière en France, concernant la disparition des oiseaux des champs en Europe (relire l’actualité du 20 mars 2018).

Comme en Europe, les oiseaux des campagnes sont parmi les plus touchés (-53 %). Mais les oiseaux forestiers et les généralistes sont aussi en déclin. Les limicoles quant à eux ont diminué de 40 %.

Les chercheurs américains ont combiné deux sources de données : d’une part, celles issues des programmes de sciences participatives tels que le « Breeding Bird Survey » (équivalent du STOC - Suivi des oiseaux communs), le « Christmas Bird Count » (comptage de Noël) et le « Manomet’s International Shorebird Survey » (suivi international des limicoles), d’autre part celles fournies par les radars météorologiques déployés sur tout le continent, qui permettent de mesurer le flux nocturne d’oiseaux migrateurs. Ce dernier a diminué d’environ 14 % en 10 ans, principalement sur la voie de migration atlantique.

Ce constat alarmant montre que la crise de la biodiversité touche tous les pays industrialisés, avec les mêmes causes apparentes. Comme en Europe, la destruction ou la dégradation des habitats, l’intensification de l’agriculture et l’emploi massif des pesticides qui fait disparaître les insectes, l’urbanisation mais aussi l’impact des chats domestiques et les collisions contre les vitres, sont pointés du doigt.

 

SourceCornell Lab of Ornithology

Référence et accès direct à l’article :

Rosenberg, K. V., A. M. Dokter, P. J. Blancher, J. R. Sauer, A. C. Smith, P. A. Smith, J. C. Stanton, A. Panjabi, L. Helft, M. Parr, and P. P. Marra (2019). Decline of the North American Avifauna. Science 19 Sep 2019. https://science.sciencemag.org/cgi/doi/10.1126/science.aaw1313.

posté par Olivier Claessens/gepog
 
samedi 14 septembre 2019
Oiseaux
Encore une nouvelle espèce de l’ancien monde en Guyane

Après le Crabier chevelu observé en début d’année (relire l’actualité du 27 avril 2019), la Guyane voit à nouveau sa liste d’espèces s’allonger.

Le 11/09/2019, un jeune Chevalier sylvain (Tringa glareola) a été observé et photographié sur un secteur privé de la savane Lambert à Montsinéry-Tonnegrande. Il s’agit de la 734ème espèce d’oiseau et du 40ème limicole pour la Guyane. C’est le 6ème limicole eurasiatique observé en Guyane.

A l’échelle de l’Amérique du Sud, c’est seulement la seconde mention documentée après la donnée de Tobago, où un oiseau avait stationné de décembre 1996 à février 1997. Ce limicole originaire d’Eurasie est plus fréquent en Amérique du Nord avec plusieurs données sur les côtes est et ouest, principalement lors des migrations postnuptiales.

Le Chevalier sylvain a une aire de répartition qui s’étend de la Scandinavie jusqu’au Kamtchatka à l’est. Il hiverne en Afrique, en Inde, en Asie du sud-est et jusqu’en Australie. Il est relativement commun en passage migratoire en France où il fait halte préférentiellement sur des marais d’eau douce.

Ce Chevalier sylvain a été observé sur une savane humide pâturée et piétinée par des chevaux, un site devenu très favorable aux limicoles comme le Pluvier bronzé (Pluvialis dominica) ou le Bécasseau à poitrine cendré (Calidris melanotos) ; 13 espèces de limicoles y ont été observées à ce jour. Malheureusement, à défaut d’orages réguliers, ce site devrait s’assécher très rapidement et ne sera bientôt plus favorable à ces oiseaux.

Paul Lenrumé

 

Chevalier sylvain Tringa glareola, Montsinéry-Tonnegrande, 13/09/2019 © Olivier Tostain

posté par Olivier Claessens/gepog
 
mercredi 11 septembre 2019
Oiseaux
Ouragan Dorian : volons au secours des oiseaux menacés des Bahamas

L’association internationale BirdsCaribbean appelle au secours pour sauver les oiseaux endémiques ou migrateurs des Bahamas dont l’habitat a été dévasté par l’ouragan Dorian. Les deux îles les plus durement touchées par cet ouragan exceptionnel hébergent 4 espèces endémiques très menacées (en gras est indiqué leur statut mondial UICN) : l’ « Amazone des Bahamas » (Amazona leucocephala bahamensis, une sous-espèce de l’Amazone de Cuba, NT), l’Hirondelle des Bahamas (Tachycineta cyaneoviridis, EN), la Sittelle des Bahamas (Sitta insularis, CR), la Paruline de Todd (Setophaga flavescens, NT). De nombreuses autres espèces, dont certaines endémiques comme le Colibri des Bahamas (Nesophlox evelynae) et la Paruline des Bahamas (Geothlypis rostrata), vivent aussi sur ces îles.

Sans occulter les immenses besoins de la population, l’association BirdsCaribbean, en partenariat avec le Bahamas National Trust, souhaite venir en aide à l’avifaune locale, en restaurant notamment au plus vite les habitats. Aider la nature des Bahamas, c’est aussi accélérer la remise en marche de l’écotourisme dont vit une partie de la population.

Plus d’infos sur : https://www.mightycause.com/story/Dorian-Bahamas

 

4 espèces menacées endémiques des îles Grand Bahama et Abaco : 
Amazone des Bahamas, Hirondelle des Bahamas, Paruline de Todd , Sittelle des Bahamas
(photos © Lynn Gape, Melanie Rose Wells, Erika Gates, Bruce Hallett)

posté par Olivier Claessens/gepog
 
dimanche 8 septembre 2019
Oiseaux
Une nouvelle édition du Birds of Suriname

Seulement deux ans après la parution du Field guide to the Birds of Suriname, par Arie Spaans, Otte Ottema et Jan Hein Ribot, illustré par Ber van Perlo, les éditions Brill ont sorti en début d’année une seconde édition révisée et complétée.

Par rapport à la première édition, on notera surtout :

- l’ajout de 5 espèces oubliées dans la version précédente (Puffin des Anglais Puffinus puffinus) ou observées pour la première fois au Suriname depuis 2015 (Fuligule à collier Aythya collaris, Combattant varié Calidris pugnax, Piranga écarlate Piranga olivacea, Paruline noir et blanc Mniotilta varia) ; ces espèces sont ajoutées sur deux planches nouvelles situées à la suite des autres et dans un addendum en fin d’ouvrage, et justifient pour partie les 10 pages supplémentaires de cette seconde édition ;

- la correction bienvenue d’une grosse erreur de colorimétrie (du fait de l’éditeur) sur la planche originelle des pigeons ;

- l’utilisation d’un papier de qualité légèrement inférieure, donnant un aspect un peu plus terne aux dessins, avec des contrastes atténués ce qui n’est pas toujours un handicap.

Pour le reste, les différences ne sautent pas aux yeux, et seuls quelques détails superficiels, parmi ceux relevés dans une critique de la première édition, ont été facilement corrigés. Ils passeront inaperçus aux yeux de la plupart des lecteurs.

Cette nouvelle édition de Birds of Suriname confirme les indéniables qualités de la première version, soulignées dans la critique publiée dans le Kiskidi (le bulletin du GEPOG) de septembre 2017. Il demeure le seul guide de terrain officiel pour les oiseaux du Plateau des Guyanes, et l’ouvrage indispensable aux ornithologues guyanais ou visitant notre région.

Olivier Claessens

 

Field Guide to the Birds of Suriname
Arie L. Spaans, Otte H. Ottema, Jan Hein J.M. Ribot
Planches en couleurs de Ber van Perlo
Seconde édition, BRILL, Leiden, 2018

posté par Olivier Claessens/gepog
 
mercredi 4 septembre 2019
Oiseaux
Les oiseaux rares en Guyane en 2012-2013-2014

Le Comité d'homologation de Guyane vient de diffuser son rapport sur les oiseaux rares observés en Guyane de 2012 à 2014.

99 espèces sont présentées et commentées, dont 12 espèces nouvelles pour la Guyane : Harpage diodon Harpagus diodon, Elanion perle Gampsonyx swainsonii, Râle à cou roux Aramides axillaris, Goéland cendré Larus canus, Mouette pygmée Hydrocoloeus minutus, Guifette leucoptère Chlidonias leucopterus, Toui à ailes variées Brotogeris versicolurus, Ermite d'Auguste Phaethornis augusti, Martinet sombre Cypseloides niger, Tyran à gorge blanche Tyrannus albogularis, Aulia à ventre pâle Rhytipterna immunda, Paruline orangée Protonotaria citrea.

Ce rapport se base uniquement sur les fiches descriptives reçues par le CHG ou sur les données de Faune-Guyane quand celles-ci sont accompagnées de photos, d'enregistrements ou d'une description suffisamment détaillée. De très (trop) nombreuses données n'ont pas pu être examinées faute de documentation, et ne peuvent donc pas être homologuées et intégrées dans ce rapport. Les espèces soumises à homologation sont signalées par un astérisque (*) dans la Liste des oiseaux de Guyane, et sur Faune-Guyane par le symbole http://files.biolovision.net/www.faune-guyane.fr/userfiles/Documentsdivers/modedemploi/CHG.jpg. Ce traitement spécial se justifie par la rareté de l'espèce (ou la rareté des observations), qui confère à chaque donnée une importance particulière.

Les données rejetées par le CHG (le plus souvent par manque de précisions) ont vocation à être invalidées sur Faune-Guyane, afin de ne pas rentrer dans des analyses futures. Elles peuvent toutefois y être conservées pour mémoire. Le statut des données examinées par le CHG, qu’elles soient acceptées ou rejetées, est mis progressivement à jour sur Faune-Guyane.

Ce rapport, ainsi que les précédents, peut être téléchargé dans le menu, rubrique Oiseaux / Rapports du Comité d'homologation de Guyane.

Bonne lecture, et merci à tous pour vos observations et votre confiance !

Olivier Claessens
secrétaire du Comité d'homologation de Guyane

posté par Olivier Claessens/gepog
 
lundi 2 septembre 2019
Mammifères
La photo du mois

La Loutre géante (Pteronura brasiliensis) a une vaste répartition dans toute la moitié nord de l’Amérique du Sud, mais la chasse et la destruction de son habitat ont fortement réduit ses effectifs et morcelé ses populations, estimées en 2006 à moins de 5000 individus. Le plateau des Guyanes est considéré comme l’une de ses dernières places fortes. Elle est toutefois en déclin en Guyane, où elle est classée « en danger » par l’IUCN, tout comme à l’échelle mondiale.

En Guyane, les observations proviennent surtout du Nord et du Nord-Est. Quelques observations éparses dans le sud du département témoignent surtout des lacunes de prospection dans ces régions difficiles d’accès. Cependant, la Loutre géante semble absente d’un grand quart nord-ouest de la Guyane, de Saint-Laurent à Maripasoula et Saül, une région fortement impactée par l'orpaillage.

La photo du mois a été prise par Pascale Abert sur l’Alitani, dans l’extrême sud-ouest de la Guyane.

Olivier Claessens

 

Répartition des observations de Loutre géante en Guyane (1998-2019), (2017-2019).

Loutres géantes (Pteronura brasiliensis), rivière Alitani, 14/08/2019 © P. Abert

posté par Olivier Claessens/gepog
 
samedi 31 août 2019
Oiseaux
Un Tournepierre guyanais retrouvé au Canada

Le 7 juin 2019, un Tournepierre à collier arborant un « flag » (drapeau) noir portant l’inscription AKM a été photographié dans l’Ontario, Canada.

Ce tournepierre avait été bagué par Sylvain Uriot sur la place des Amandiers à Cayenne le 20 janvier dernier dans le cadre d’une étude sur les virus aviaires menée par l’Institut Pasteur, et revu par Gil Jacotot à la Pointe Saint-Joseph le 21 avril. Après avoir probablement passé l’hiver en Guyane, il a donc parcouru au moins 5000 km pour rejoindre l’Ontario (la localité précise d’observation ne nous a pas été communiquée).

Il n’était pas encore arrivé sur ses terres d’origine puisque le Tournepierre à collier se reproduit dans l’Arctique canadien au nord de la Baie d’Hudson, où il arrive normalement début juin. L’essentiel de la population américaine de tournepierres hiverne au Brésil, et quelques dizaines ou centaines d’oiseaux seulement au Suriname ou en Guyane. Seulement 8 tournepierres avaient été bagués ce jour-là à Cayenne, la probabilité que l'un d'eux soit revu sur son trajet de retour était donc infime !

Comme cet individu, de nombreux limicoles sont porteurs de bagues colorées prolongées d’un petit drapeau de plastique, avec une inscription alphanumérique. La couleur du drapeau désigne le pays de baguage : orange pour l’Argentine, bleu pour le Brésil, vert pour les Etats-Unis, noir pour la Guyane… En Guyane, plusieurs milliers de limicoles, principalement des Bécasseaux semipalmés, des Bécasseaux minuscules et des Chevaliers grivelés, ainsi que quelques centaines de Pluviers semipalmés, Bécassins roux et Petits Chevaliers, ont été marqués de la sorte, mais des oiseaux appartenant à d’autres espèces bagués ailleurs le long de leur voie de migration peuvent être observés. Ces marques permettent d’identifier les individus et donc de décrire leurs trajets et de constater leur fidélité à leurs sites de halte ou d’hivernage.

Si vous observez un oiseau porteur d’une bague ou d’un « flag », n’oubliez pas de le signaler sur Faune-Guyane en indiquant la couleur et le code inscrit dessus, si possible confirmé par une photo. Ces informations seront transmises aux responsables du baguage, et vous serez informés de l’origine de l’oiseau.

Olivier Claessens

 

Tournepierre à collier Arenaria interpres bagué « AKM », photographié dans l’Ontario le 7/06/2019 (info Matthew Rogosky).

posté par Olivier Claessens/gepog
 
samedi 24 août 2019
Odonates
Une nouvelle espèce d’Odonate

Le 12 août 2019, Hugo Foxonet a photographié une libellule qu’il n’a pas réussi à identifier parmi celles répertoriées en Guyane. Il a fallu l’intervention de spécialistes (Marceau Minot et Marcel Wasscher) pour identifier Homeoura obrieni, une espèce jusque-là inconnue en Guyane.

Homeoura obrieni est un taxon récemment décrit par Natalia von Ellenrieder, jusqu'alors connu de Colombie, du Venezuela et du nord du Brésil (Manaus). Il existe 5 espèces d'Homeoura en Amérique du Sud, la seule connue de Guyane jusqu'à présent était Homeoura nepos. Mais ces données guyanaises apparemment non documentées sont mises en doute par Natalia Von Ellenrieder, qui estime qu’il pourrait s’agir en fait d’H. obrieni. Les deux espèces se distinguent entre autres par le dessin de l’extrémité de l’abdomen.

Rappelons qu’en raison des difficultés d’identification, toutes les données d’Odonates ou de phasmes sur Faune-Guyane doivent être accompagnées de photos permettant de confirmer l’identité de l’espèce. Seuls les spécialistes sont exemptés de cette obligation, pour les espèces communes. Le site de Denis Gaschignard vous permettra d’identifier la plupart des espèces courantes. Les validateurs de Faune-Guyane (dont vous trouverez le contact dans la rubrique Aide > Droits d’accès) vous aideront en cas de besoin, n’hésitez pas à faire appel à eux.

Olivier Claessens

 

Description d’Homeoura obrieni : https://www.biotaxa.org/RSEA/article/view/30811/27546

 

Homeoura obrieni, Saint-Georges, 12/08/2019 © H. Foxonet

posté par Olivier Claessens/gepog
 
samedi 17 août 2019
Merci à vous tous !

Ce 17 août 2019, l’on dénombre pas moins de 1011 comptes d’utilisateurs inscrits sur Faune-Guyane ! Chaque mois, une dizaine de nouveaux contributeurs (11 en moyenne) rejoignent Faune-Guyane. Bienvenue à eux !

Bien sûr, tous ne correspondent pas des contributeurs actifs ou réguliers. Certains utilisateurs possèdent également plusieurs comptes, soit pour distinguer leur activité professionnelle / privée, soit suite à un changement d’adresse email, parfois même suite à une mauvaise prise en main de l’outil (double inscription par erreur). Cependant, leur nombre est faible.

Le nombre de données accumulées par l’ensemble des contributeurs dépasse désormais 617 000.

70 utilisateurs ont saisi plus de 1000 données, et 15 d’entre eux ont plus de 10 000 données à leur actif. Ces records ne diminuent pas pour autant la valeur des contributions plus modestes, car l’intérêt des contributions ne tient pas seulement à leur nombre : chaque observation transmise sur Faune-Guyane apporte sa pierre à la connaissance globale des espèces. Ainsi, une donnée assortie d’un code nidification, une observation relative à l’alimentation, ou une liste complète (en un lieu et sur un laps de temps déterminé) même si elle ne comporte que des oiseaux communs, constituent des apports significatifs.

Merci donc à vous tous qui participez à cet effort !

Olivier Claessens

 

Sporophile petit-louis (Sporophila minuta) © Hervé Breton

posté par Olivier Claessens/gepog
 
mercredi 14 août 2019
Chauves-souris
Une découverte exceptionnelle

Lors d'une mission d'étude d'impact sur le Centre Spatial Guyanais, le bureau d'études Biotope a découvert le 29 juillet 2019 une colonie de chiroptères exceptionnelle dans un ancien bunker du pas de tir de la fusée Diamant. Cette colonie regroupe au moins 3 espèces de Ptéronotes et compte plus de 20 000 individus, ce qui en fait la plus grande colonie connue de chiroptères en Guyane !

Egalement, c'est la première fois qu'une colonie du Ptéronote à dos nu (Pteronotus gymnonotus) est trouvée en Guyane. Fort heureusement, cette colonie n'est a priori pas menacée par les projets du centre spatial, mais des précautions devront être prises assurément.

Vincent Rufray        

 

Ptéronote à dos nu (Pteronotus gymnonotus), CSG, 29/07/2019 © V. Rufray/Biotope

posté par Olivier Claessens/gepog
 
samedi 10 août 2019
Oiseaux
Traitements anti-moustiques : les oiseaux ne sont pas épargnés

En juin et juillet dernier, une campagne de traitements anti-moustiques a été menée à Kourou par les autorités sanitaires pour lutter contre une épidémie naissante de dengue. S’ils sont indéniablement utiles pour la santé publique, ces traitements ne sont pas non plus sans effet sur l’environnement : risques de pollution des cours d’eau et des zones humides, destruction des insectes non ciblés, mortalité directe ou indirecte de la petite faune, notamment insectivore…

Les oiseaux ne sont pas épargnés, comme en témoigne l’observation de Marine Perrier, qui a découvert 4 cadavres de passereaux (dont une Elénie de Gaimard le 19 juillet) dans les jours qui ont suivi le traitement. Un Engoulevent minime, découvert le 12 juillet par Hervé Breton, pourrait bien être une autre victime collatérale de ces traitements.

Ce nombre peut paraître faible, tant en valeur absolue qu’eu égard aux bénéfices de l’opération pour la santé humaine. Il n’en est pas moins symptomatique d’un phénomène qui passe certainement en grande partie inaperçu. Quelle est son ampleur réelle et quel peut être son impact à moyen ou long terme sur les populations d’oiseaux de nos villes ?

L’observatoire mortalité de Faune-Guyane peut apporter des réponses, à condition de signaler avec régularité les cas observés tout au long de l’année, quelles qu’en soient les causes. Sans oublier de cocher la case « l’animal est mort » et de renseigner le module de mortalité qui s’ouvre.

Merci à tous pour votre vigilance.

Olivier Claessens

 

Engoulevent minime Chordeiles acutipennis, trouvé mort à Kourou le 12/07/2019 © H. Breton

posté par Olivier Claessens/gepog
 
samedi 3 août 2019
Oiseaux
La photo du mois de juillet

Le Cassique huppé (Psarocolius decumanus) est un oiseau commun dans tous les milieux ouverts de la bande littorale, en particulier dans les abattis et pâturages entre Cayenne et Saint-Laurent-du-Maroni ; il est plus rare et localisé dans l’intérieur, principalement le long des grands fleuves et dans les zones ouvertes comme Saül (voir la carte des observations sur Faune-Guyane). Il est remplacé dans le bloc forestier par le Cassique vert (P. viridis).

Comme ce dernier, le Cassique huppé est polygyne, chaque colonie correspondant à un harem tenu par un seul mâle. Les colonies de Cassique huppé sont le plus souvent établies sur des palmiers isolés et composées d’une dizaine de nids tout au plus. Les femelles d’une colonie se reproduisent de façon synchrone, et pourvoient à la construction des nids, à l’incubation et au nourrissage des jeunes, le mâle quant à lui se contentant de garder la colonie. Le chant s’accompagne d’une parade visuelle spectaculaire, magnifiquement illustrée par cette photo d’Olivier Tostain.

 

Cassique huppé Psarocolius decumanus, Kourou, 4/07/2019 © O. Tostain

posté par Olivier Claessens/gepog
 
dimanche 28 juillet 2019
Chauves-souris
Mouches parasites des chiroptères de Guyane

En Guyane française, des collectes de parasites externes ont été effectuées sur 204 individus de chauves-souris appartenant à 37 espèces, chauves-souris capturées par divers naturalistes et biologistes entre 2005 et 2012. La majorité des parasites récoltés étaient des mouches Streblidae (Diptera), dont 813 spécimens examinés se sont avérés appartenir à 46 espèces (15 genres différents) et à 6 taxons nouveaux en attente d’être décrits.

Avant cette publication de Graciolli, Guerrero & Catzeflis (2019) (à télécharger ci-dessous), seulement 12 espèces de mouches Streblidae étaient connues de Guyane française (Guerrero, 1997). Ce travail réalisé grâce à la contribution des chiroptérologues de Guyane apporte donc une augmentation de 380 % de la biodiversité des mouches ectoparasites de chauves-souris de Guyane.

François Catzeflis

 

Référence :

Graciolli G., Guerrero R. & Catzeflis F. 2019. Streblid bat flies (Diptera) and other ectoparasites on bats (Mammalia: Chiroptera) from French Guiana. Biota Neotropica 19(4): e20180724. http://dx.doi.org/10.1590/1676-0611-BN-2018-0724.

 

Pteronotus rubiginosus parasité par la mouche Trichobius caecus Edwards, 1918, capturé à Gaa Kaba (commune de Grand Santi) par Marguerite Delaval le 22 septembre 2010.

posté par Olivier Claessens/gepog
 
dimanche 7 juillet 2019
Oiseaux
Les toucans se mettent au parfum !

Les parfums attirent-ils les toucans ? Prudents, les auteurs de cet étonnant article préfèrent poser la question, sans tirer de conclusion. Pourtant les résultats de leur étude sont éloquents.

Depuis 2011, les chercheurs de la Wildlife Conservation Society ont utilisé deux parfums commerciaux (Chanel N°5 et Calvin Klein Obsession for Men) pour attirer les félins devant leurs pièges photographiques, dans le cadre d’un suivi individuel des animaux dans deux espaces protégés de Bolivie. La méthode s’est avérée particulièrement efficace, permettant d’obtenir un grand nombre de clichés, non seulement de mammifères, mais aussi d’oiseaux, dont plusieurs espèces de toucans et d’araçaris.

Alors qu’aucun toucan n’avait été photographié en 10 ans de piégeage photographique sans parfum, 550 photos de 4 espèces ont été obtenues en 45 occasions au cours des 6 années d’utilisation de parfum. Le Toucan à bec rouge (Ramphastos tucanus) a été l’espèce la plus fréquente, suivi du Toucan vitellin (R. vitellinus). Les oiseaux se sont approchés à moins de 3 m dans 29 % des cas, à moins de 30 cm dans 29 % des cas, et jusqu’au contact avec le parfum dans 42 % des cas. Des observations inattendues qui ouvrent une voie nouvelle pour l’étude de ces oiseaux particulièrement méfiants.

Le résumé de l’étude ne dit pas lequel des deux parfums les toucans ont préféré, ni si mâles et femelles ont manifesté la même attirance !

Pour en savoir plus, lire l’article complet (bientôt disponible sur demande).

Olivier Claessens                                               

Référence :

Viscarra, M.E., Ayala, G.M., and Wallace R.B. 2019. ¿Atraen los perfumes a los tucanes? [Do perfumes attract toucans?] Ornitología Neotropical 30: 45-50 (en espagnol, avec résumé anglais).

 

Toucan à bec rouge (Ramphastos tucanus) © M. Dechelle

posté par Olivier Claessens/gepog
 
jeudi 4 juillet 2019
Oiseaux
La photo du mois de juin

Le GEPOG vient d’effectuer le recensement annuel des hérons nicheurs de la fameuse colonie de la Savane Angélique, au cœur des marais de Kaw. Depuis 2015 en effet, le plan de conservation de l’Onoré agami (Agamia agami) prévoit un suivi régulier des effectifs nicheurs dans chaque pays occupé par cette espèce menacée. La colonie de la Savane Angélique est l’une des plus importantes au monde connues à ce jour.

Cette année au moins 3000 Onorés agamis ont été dénombrés, à tous les stades de nidification. Mais aussi au moins 80 Savacous huppés, 50 Grandes Aigrettes et autant d’Anhingas d'Amérique, au moins 50 Cormorans vigua, 30 Héron cocoi et bien d’autres…

Retrouvez tous les détails et les photos de la mission par Sylvain Uriot en suivant ce lien.

 

Savacou huppé (Cochlearius cochlearius), savane Angélique, 25/06/2019 © S. Uriot

posté par Olivier Claessens/gepog
 
lundi 10 juin 2019
Oiseaux
Le vanneau de Kourou

On le sait, les oiseaux migrateurs montrent une fidélité remarquable à leurs sites de halte ou d’hivernage. Le baguage, puis les suivis télémétriques par balise GPS, l’ont prouvé maintes fois, sur toutes sortes d’espèces. Les observations d’oiseaux rares permettent également de le vérifier, quand les individus sont si peu nombreux que la probabilité qu’ils viennent exactement au même endroit indépendamment les uns des autres est quasiment nulle. A moins que le site présente des qualités inégalées pour l’espèce en question…

Pour un Vanneau de Cayenne, le choix d’un parking asphalté comme site d’hivernage peut paraître incongru… mais manifestement pas pour celui qui fréquente le port de Pariacabo depuis maintenant 9 ans. En tout cas, ce site est suffisamment original pour que l’on soit certain qu’il s’agit bien du même oiseau, même s’il n’est pas bagué.

Voici donc ce Vanneau de Cayenne de retour… à Kourou, pour la 9ème année. Sa première apparition date de 2010, puis après trois années d’absence ou plutôt de non-observation (2011-2013) il est revenu chaque année depuis 2014 sur ce même parking. La durée apparente de son séjour est variable. Son arrivée a été remarquée entre mars (2017) et mai (2016, 2019), tandis que son séjour n’a jamais dépassé le mois de juillet. Juin est le seul mois où il a été vu chaque année.

Il se montre sur ce parking principalement matin et soir, et on ignore où il séjourne le reste du temps. De même, rien ne dit que durant les années ou les mois d’absence il n’était pas tout simplement sur un autre terrain du port de Pariacabo, mais hors de vue pour les observateurs.

Quoi qu’il en soit, merci à Jean-Claude Varlez et à Alexandre Vinot qui suivent ce site avec assiduité pour guetter le retour du Vanneau de Cayenne !

Olivier Claessens

 

Vanneau de Cayenne (Vanellus cayanus), port de Pariacabo, 20/06/2017 © O. Tostain

posté par Olivier Claessens/gepog
 
vendredi 31 mai 2019
Oiseaux
La photo du mois

Qu’est-ce qui peut bien pousser un araçari à venir titiller du bec un paresseux suspendu à sa branche ?

Il lui piquerait le pelage, on pourrait penser qu’il trouve des larves d’insectes dans cet écosystème ambulant (voir l’actualité du 17/11/2017). Aurait-il pris l’ongle du paresseux pour un ver ou une autre proie comestible ? Avait-il son nid à proximité, qu’il aurait ainsi cherché à protéger en délogeant l’intrus ?

Le 3 juillet 2016, j’ai observé de la même manière un Toucan ariel venir tirer les plumes de la queue d’un Milan de Cayenne perché au-dessus de lui. Si cette fois-là le toucan cherchait peut-être à faire déguerpir un prédateur potentiel (ce qui n’a pas manqué d’arriver), ce n’est certainement pas le cas d’un paresseux.

Un acte gratuit, donc ? Dans les deux cas, on est bien tenté d’y voir l’expression du caractère joueur des toucans, qui est avéré mais qui se manifeste habituellement entre eux (source HBW). Joueur et taquin, pourrait-on dire pour qualifier cet Araçari vert en poussant un peu loin l’anthropomorphisme.

Quoi qu’il en soit, bravo à Anne Delobel pour avoir su capturer cette scène insolite !

Olivier Claessens

 

Araçari vert (Pteroglossus viridis) et Paresseux à trois doigts, Guatemala, 24/05/2019 © A. Delobel

posté par Olivier Claessens/gepog
 
dimanche 26 mai 2019
Oiseaux
L’Elanion perle niche-t-il déjà en Guyane ?

L’Elanion perle (Gampsonyx swainsoni) est encore très rare en Guyane, mais on peut s’attendre à ce que les observations deviennent plus régulières dans le futur, comme c’est le cas dans d’autres pays d’Amérique centrale ou du Sud. En effet ce petit rapace est associé aux espaces ouverts pourvus de grands arbres espacés, tels que les pâturages et autres zones déboisées. Les premières données (par Olivier Tostain) remontent à 1993 au Centre Spatial Guyanais, mais il a fallu ensuite attendre 2013 pour que l’espèce soit observée à nouveau en Guyane, et obtenir les premières photos par Michel Giraud-Audine.

La découverte récente de 2 Elanions perles par Anne Delobel constitue la 14ème observation en Guyane, mais seulement la 6ème donnée si l’on regroupe les observations multiples du même individu. C’est la première fois que 2 individus sont vus ensemble, cependant la répétition d’observations de mai 2013 à janvier 2014, et à nouveau en 2018 dans le secteur agricole de Wayabo au sud de Kourou est troublante. L’espèce pourrait bien y être établie, mais ces vastes pâturages sont hélas sous-prospectés par les ornithologues, car en grande partie inaccessibles.

Avec l’extension des pâturages et des défrichements agricoles, notamment dans la région de Kourou, toutes les conditions sont réunies pour que ce joli petit rapace devienne nicheur en Guyane, mais aussi pour que cet évènement passe inaperçu !

Olivier Claessens

 

Elanion perle (Gampsonyx swainsoni), Guatemala, 24/05/2019 © A. Delobel

posté par Olivier Claessens/gepog
 
vendredi 24 mai 2019
Fête de la Nature

Toute cette semaine et jusqu’à dimanche, nos associations se mobilisent pour la Fête de la Nature, l’occasion de sensibiliser le plus grand nombre à l’observation et à la conservation de la nature qui nous entoure.

Pour le GEPOG et Kwata, elle se déroule sous le signe des trames vertes et bleues, des méthodes d’inventaire de la faune sauvage et des sciences participatives, dans le cadre du projet TRAMES porté par les deux associations. Au menu : sorties naturalistes, animations diverses, conférence-débat.

Samedi 25 toute la journée, les visiteurs du Jardin Botanique de Cayenne pourront découvrir les oiseaux des jardins, avec un focus sur l’utilisation de Faune-Guyane et de NaturaList. Ils pourront ensuite en savoir plus sur les trames vertes et bleues et apporter leur vision sur ces espaces de nature au sein des villes, à l’occasion d’une conférence-débat animée par Kwata.

Découvrez tout le programme de la Fête de la Nature en Guyane sur le site du GRAINE.

posté par Olivier Claessens/gepog
 
dimanche 19 mai 2019
Un nouveau programme LIFE pour la Guyane

Après le LIFE+ CapDOM (2010-2015), qui a vu – entre autres – la naissance de Faune-Guyane, un nouveau programme LIFE vient de débuter dans les départements d’Outre-mer : il rassemble Mayotte, la Réunion, la Martinique, Saint-Martin et la Guyane, sous l'égide de la LPO.

Découvrez en détails, territoire par territoire, les différents volets de ce LIFE Biodiv’OM sur le site internet dédié.

En Guyane, le GEPOG va poursuivre l’action de lutte contre les espèces exotiques envahissantes des savanes, entamée dans le LIFE+ CapDOM, en recherchant notamment des solutions alternatives à l’utilisation de l’Acacia mangium et du Niaouli. Côté mer, des concertations seront menées avec les pêcheurs en vue d’une gestion raisonnée du Mérou géant, espèce en danger critique d’extinction.

Parallèlement, le système VisioNature va s’étendre à l’ensemble de ces départements d’Outre-mer par le biais de Faune-France. Faune-Guyane bénéficiera de ce développement en se modernisant et en se rapprochant elle aussi de Faune-France, ce qui lui permettra d’être encore plus efficace dans la collecte et la valorisation des données naturalistes de notre exceptionnelle région.

posté par Olivier Claessens/gepog
 
samedi 11 mai 2019
Oiseaux
Les espèces les plus communes

En plus de pouvoir consulter les observations par lieu ou par date, Faune-Guyane vous propose (menu Actus, aide, stats) des statistiques sur les observations saisies dans la base.

Ainsi, sous la rubrique Statistiques des espèces > Informations globales, on découvre que les 10 espèces les plus fréquemment citées dans Faune-Guyane sont, dans l’ordre :

1) Tyran quiquivi                            9 467 observations

2) Tangara à bec d’argent               8 246 observations

3) Tyran mélancolique                    6 909 observations

4) Tangara évêque                         6 573 observations

5) Tangara des palmiers                 6 385 observations

6) Tyran de Cayenne                      5 849 observations

7) Merle leucomèle                        5 504 observations

8) Buse à gros bec                         5 231 observations

9) Troglodyte familier                     5 074 observations

10) Hirondelle chalybée                  5 012 observations

Le Piauhau hurleur, première espèce forestière, arrive juste derrière avec un peu moins de 5000 observations.

Il est aisé de constater que ces espèces sont aussi les plus communes dans les milieux anthropisés de la bande côtière, là où observent la plupart des contributeurs.

Qu’est-ce que cela nous apprend ?

D’abord, que Faune-Guyane n’est pas réservée aux espèces rares, ni à une élite. Chacun connait ces espèces-là qui nous entourent.

Ensuite, que Faune-Guyane est assez représentative de la fréquence d’observation réelle des espèces, en dépit de l’attrait naturel des observateurs chevronnés pour les espèces rares et du caractère volontaire et incident (hors de tout protocole) de la majorité des observations.

La remarque la plus fréquente de la part des personnes qui ne participent pas ou peu à Faune-Guyane est : « Mais je ne connais que les espèces très communes », ou « est-il vraiment intéressant de les noter ? ». La réponse est oui ! D’une part pour conserver à Faune-Guyane cette représentativité, qui est sa principale qualité. D’autre part, parce qu’avec les changements de toutes sortes que connait l’environnement, ces espèces très communes aujourd’hui ne le resteront peut-être pas toujours, ou seront peut-être dépassées dans le futur par d’autres espèces qui le sont moins aujourd’hui.

Alors, continuez comme ça ! Faites l’effort de noter chaque semaine, ou chaque mois, tous les oiseaux – même les plus ordinaires – que vous voyez autour de chez vous, dans votre jardin ou sur votre lieu de promenade préféré. Et saisissez-les dans Faune-Guyane ou avec l’application Naturalist sous la forme de listes complètes (voir l’actualité du 16/02/2019). C’est le meilleur moyen pour s’assurer que Faune-Guyane reflète au mieux la fréquence réelle des espèces, et pouvoir étudier ses variations.

Merci à tous pour vos contributions !

Olivier Claessens

 

Tyran quiquivi (Pitangus sulphuratus) © O. Claessens

posté par Olivier Claessens/gepog
 
mercredi 1 mai 2019
Oiseaux
La photo du mois d'avril

La reproduction du Hocco est relativement bien connue (HBW Alive), mais a rarement été observée en Guyane. Jusqu’à cette année, seules quelques observations de couples accompagnés de jeunes nous donnaient une idée de la saison de reproduction en Guyane. Les deux à trois poussins quittent en effet le nid le jour de l’éclosion et suivent les parents pendant environ un an.

L’existence, dans la réserve naturelle des Nouragues, de Hoccos habitués à la présence des chercheurs a permis cette photo exceptionnelle d’un mâle et de son jeune à peine volant, par Elodie Courtois. On notera que le jeune prend soin de s’abriter sous la queue largement étalée de l’adulte, une façon de se protéger de prédateurs comme les harpies ou les spizaètes.

Un autre couple a niché en lisière du « camp Inselberg », offrant aux chercheurs présents sur place des observations remarquables.

Gibier particulièrement prisé, le Hocco est l’une des espèces les plus sensibles à la chasse, disparaissant rapidement des zones trop faciles d’accès. Une étude a montré que la pression de chasse actuelle en Guyane est incompatible avec la survie de l’espèce  (Niel et al. 2007).

Cette photo illustre par conséquent également les effets positifs de l’absence de chasse sur le comportement de la faune : la crainte de l’Homme que manifestent beaucoup d’animaux et les difficultés de les observer en Guyane ne sont pas des fatalités et peuvent être corrigées par une protection prolongée et respectée…

Olivier Claessens

Référence citée : Niel C., Richard-Hansen C. & Debeir L. (2007). L’incertitude dans l’estimation de durabilité de la chasse : le cas du hocco en Guyane. Office national de la Chasse et de la Faune sauvage (ONCFS) - Rapport scientifique 2007: 25-31.

 

Hocco alector (Crax alector), réserve naturelle des Nouragues, 2/04/2019 © E. Courtois

posté par Olivier Claessens/gepog
 
samedi 27 avril 2019
Oiseaux
Encore un nouveau héron pour la Guyane !

Après le Héron pourpré en mai 2018 (lire l’actualité du 26/05/2018), c’est un nouveau héron migrateur européen qui a été découvert en Guyane. Ce vendredi 26 avril 2019, Grégory Cantaloube a eu la chance d’observer un Crabier chevelu (Ardeola ralloides) dans les rizières de Mana. L’oiseau dérangé dans sa pêche aux crabes s’est perché quelques secondes, juste le temps pour Grégory d’immortaliser cette rencontre inattendue.

Le Crabier chevelu est un petit héron apparenté au Héron strié. Sa répartition est très morcelée de l’Europe méridionale jusqu’en Asie centrale. Une sous-espèce distincte habite l’Afrique au sud du Sahara. Les populations d’Eurasie sont migratrices et hivernent en Afrique subsaharienne.

Les grandes migrations du Crabier le prédisposent à des apparitions accidentelles hors de son aire normale de répartition. Plusieurs individus ont été observés depuis 1986 sur l’archipel brésilien de Fernando de Noronha, où l’on prédit une nidification prochaine (Davis 2010). Il a été trouvé pour la première fois sur le continent sud-américain, au Brésil, en mars 2018 et en Guadeloupe en novembre 2018. L’observation de Grégory Cantaloube représente donc la seconde donnée de Crabier chevelu pour l’Amérique du Sud continentale, et la première pour la Guyane ! C’est la 21ème espèce de héron observée en Guyane.

Olivier Claessens

 

Référence

Davis, B.J.W. (2010). Squacco Heron Ardeola ralloides in the Fernando de Noronha Archipelago: the fourth Brazilian record with comments on the prospects for a colonisation event. Rev. Bras. Orn. 18(1): 61–63.

 

Crabier chevelu (Ardeola ralloides), rizières de Mana, 26/04/2019 © G. Cantaloube

posté par Olivier Claessens/gepog
 
mercredi 24 avril 2019
Chauves-souris
Enfin, une nouvelle capture d’Uroderma magnirostrum !

Il y a quelques années une chauve-souris en apparence banale avait été capturée par Benoit de Thoisy lors d'une étude sur la montagne du Tigre à Rémire-Montjoly. L'animal n'avait pas été déterminé correctement, car un petit prélèvement de peau prélevé par l'Institut Pasteur révéla plus tard après analyse ADN la présence d'une nouvelle espèce de mammifère pour la Guyane. Il s'agissait de la première mention d’Uroderma magnirostrum en Guyane.

Une autre capture probable de l'espèce eut lieu quelques temps plus tard sur un site proche, sans certitude toutefois. Depuis, plusieurs séances de captures ont été organisées entre 2016 et 2018 pour tenter de confirmer physiquement la présence de cette chauve-souris en Guyane.

Il aura fallu une bonne dose de hasard et de chance pour que l’Uroderma en question réapparaisse lors d'une session de capture de limicoles sur le parking de Dégrad des Cannes, le 10 avril 2019. Cette fois, la manipulation d'une femelle adulte présentant tous les critères qui semblent caractériser ce taxon a permis d’obtenir des documents illustrant cette découverte. Tout laisse à croire que nous avons enfin des photographies de cette petite bête difficile à identifier ! Un prélèvement a toutefois été réalisé par l'Institut Pasteur : le résultat de l’analyse ADN devra confirmer ou non cette nouvelle donnée.

Sylvain Uriot

 

Uroderma magnirostrum, marina de Dégrad des Cannes, 10/04/2019 © S. Uriot

posté par Olivier Claessens/gepog
 
mercredi 17 avril 2019
Oiseaux
Une nouvelle photo de Tinamou rubigineux

Les tinamous sont réputés, à juste titre, pour être des oiseaux discrets, méfiants et difficiles à observer. Mis à part leur chant puissant et mélodieux, leur rencontre se résume le plus souvent à un envol bruyant. Le Tinamou rubigineux ne fait pas exception à la règle, et sa rareté ne fait qu’accentuer la difficulté : encore très mal connu, il n’a été redécouvert en Guyane qu’en 2005 par Vincent Pelletier puis en 2011 par Alexandre Renaudier après les deux spécimens collectés au début du 20ème siècle.

Jusqu’à aujourd’hui, il n’existait de lui qu’une série de photos exceptionnelles prises en mai 2013 dans la région de Maripasoula par Vincent Rufray, les premières pour cet oiseau. Elles ont été publiées dans la revue Neotropical Birding, et reprises sur les sites internet Wikiaves et The Internet Bird Collection (IBC), entre autres.

Tanguy Deville nous offre une nouvelle photo remarquable de ce tinamou rare et énigmatique, en provenance de la région de Saint-Georges. Attiré par l’imitation de son chant, l’oiseau a fait preuve d’une grande prudence avant de traverser le layon et de se laisser admirer. Une observation réalisée avec moi-même le 30/03/2019 à l’occasion d’une mission pour le programme EIEFAG du GEPOG.

Le Tinamou rubigineux, le plus rare des tinamous guyanais, est cependant probablement présent dans tout le bloc forestier non perturbé de l’intérieur. Les observations (toutes auditives, sauf les deux mentionnées précédemment) se répartissent de Saint-Laurent-du-Maroni à Saint-Georges, et au sud jusqu’à Saül (voir la carte des données Faune-Guyane). Sa présence dans la moitié sud du département reste à confirmer.

Olivier Claessens

 

Tinamou rubigineux (Crypturellus brevirostris), Saint-Georges, 30/03/2019 © T. Deville

posté par Olivier Claessens/gepog
 
mardi 2 avril 2019
Mammifères
La photo du mois de mars

Présent sur l’ensemble du plateau des Guyanes, le Rat arboricole à front blanc (Echimys chrysurus) est un rongeur forestier répandu a priori dans tout le département mais connu seulement de quelques localités : il n’y a que deux données dans Faune-Guyane ! Son mode de vie nocturne et arboricole ne favorise pas les observations.

L’observation de Vincent Prémel est d’autant plus remarquable qu’elle se double d’une photo originale. Les vibrisses, longs poils sensoriels répartis sur le museau et autour des yeux, sont particulièrement développées chez les rongeurs arboricoles.

 

Source : Catzeflis, F., Barrioz, S., Szpigel, J.F. & de Thoisy, B. (2014). Marsupiaux et rongeurs de Guyane. Institut Pasteur de la Guyane, Cayenne. 128 p.

 

Echimys chrysurus, Paracou, 26/03/2019 © V. Premel

posté par Olivier Claessens/gepog
page :
 
<
1
2
3
4
5
6
7
8
9
>
 
Nbre/page :
nbre : 420

GEPOG : 431 route d'Attila Cabassou, 97354 Rémire-Montjoly / 05.94.29.46.96 / association@gepog.org «VisioNature est un outil développé avec la collaboration du réseau LPO. Grâce aux technologies Internet, débutants, amateurs et professionnels naturalistes peuvent partager en temps réel leur découverte et ainsi améliorer la connaissance et la protection de la faune»
Biolovision Sàrl (Switzerland), 2003-2020