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dimanche 27 septembre 2020
Oiseaux
Une nouvelle espèce d’oiseau pour la Guyane

L’année 2020, comme les précédentes, est prolifique d’un point de vue ornithologique. Si l'observation de migrateurs rares tels que le Courlis corlieu eurasiatique (Numenius phaeopus phaeopus) ou le Goéland d’Amérique (Larus smithsonianus) est toujours possible, la découverte d'une nouvelle espèce potentiellement nicheuse en Guyane est plus exceptionnelle, comme l’Elénie verdâtre (Myiopagis viridicata) (voir l'actualité du 3 mai 2020). Cette fois-ci, c'est un pic qui vient s'ajouter à la liste des oiseaux de Guyane.

Le 16/09/2020, un Picumne de Cayenne (Picumnus minutissimus) de type femelle a été observé, photographié et enregistré le long de la piste Paul Isnard à environ 10 km au nord de Citron dans l’intérieur ouest guyanais. Il se distingue notamment par son poitrail et son ventre écailleux, par contre, son chant est extrêmement similaire à celui du Picumne frangé (Picumnus cirratus) que l’on rencontre sur quelques localités à Awala et Mana. Cette donnée doit encore être validée par le Comité d'Homologation de Guyane, mais cette homologation fait peu de doute grâce aux documents qui l'accompagnent.

La Guyane enregistre donc sa 18ème espèce de pic et la 3ème parmi les picumnes.

L’observation a été faite sur un flat très dégradé depuis longtemps par l’activité minière. Ce secteur en friche est caractérisé par une végétation arbustive et herbacée dense avec des zones à la fois humides par la présence d’anciennes barranques d'orpaillage et sèches avec de la latérite à nue. Cet habitat accueille un cortège avifaunistique plutôt caractéristique des milieux ouverts et semi-ouverts du littoral avec des espèces souvent peu exigeantes. Mais on y trouve également des espèces rares comme le Jacamar brun ou le Synallaxe de McConnell. 

Malgré son nom, le Picumne de Cayenne est considéré comme endémique du Suriname, les anciennes données au Guyana et en Guyane n'étant pas assez documentées pour être retenues. Au Suriname, l’espèce est commune, observée principalement autour de Paramaribo avec quelques données sporadiques dans les terres, autour du lac Brokopondo notamment. Elle fréquente des habitats variés et assez ordinaires : boisements secondaires, mangroves, ripisylves, zones cultivées et dégradés, etc. Ce pic est réputé sédentaire et est en mesure de nicher à toutes les périodes de l’année. Avec une répartition globale aussi restreinte, l’espèce est évaluée « quasi menacée » sur la liste rouge mondiale de l’IUCN.

Il est difficile d’interpréter cette donnée guyanaise isolée. Ce pic pourrait-il être un nicheur rare de l’Ouest guyanais ou était-il en erratisme depuis le Suriname ? La seconde option semble plus crédible à l’heure actuelle.

Une chose est sûre, il faut être très vigilant lorsque l’on entend un chant de type Picumne frangé, il pourrait s’agir d’un Picumne de Cayenne ou même d’un Picumne à ventre blanc (Picumnus spilogaster).

Paul Lenrumé

 

Picumne de Cayenne (Picumnus minutissimus), piste de Paul Isnard 16/09/2020 © P. Lenrumé/Biotope

posté par Olivier Claessens/gepog
 
samedi 19 septembre 2020
Oiseaux
Où passent donc les Petits Chevaliers ?

La première quinzaine de septembre constitue le pic de passage des Petits Chevaliers (Tringa flavipes) en Guyane. La Guyane accueille quelques milliers d'individus chaque année (entre 2000 et 10000 d'après les données rassemblées dans Faune-Guyane), mais la plupart n'y passent pas l'hiver.

 

Ce chevalier accuse une baisse dramatique de ses populations, de 75 % en 10 ans d'après les comptages aériens menés au Suriname (principale zone d'hivernage de l'espèce) en 2000 et 2008. Ce déclin, qui est constaté aussi sur l'ensemble de ses zones d'hivernage et de reproduction, vaut au Petit Chevalier d'être classé en catégorie CR ("en danger critique d'extinction") en Guyane, même s'il reste "non menacé" mondialement au regard des critères de l'UICN. Il fait l'objet d'une "préoccupation nationale" aux Etats-Unis.

Pour mieux comprendre les raisons de ce déclin, des Petits Chevaliers sont bagués chaque année aux Etats-Unis et au Canada, et certains sont équipés de bagues de couleur et de balises.

A ce jour, aucun Petit Chevalier bagué n'a été revu en Guyane, malgré l'appel déjà lancé l'année dernière (actualité du 16/03/2019). Qui sera le premier à en signaler ? Même si le gros du passage annuel est passé, il n'est pas trop tard pour contribuer à l'étude américaine, en portant une attention particulière aux Petits Chevaliers.

Olivier Claessens

 

Petit Chevalier (Tringa flavipes) bagué (© Zak Pohlen/USFWS)

posté par Olivier Claessens/gepog
 
mercredi 16 septembre 2020
Mammifères
On cherche encore des tatous !

Depuis maintenant 3 ans, Roxane Schaub travaille à l'Institut Pasteur sur les maladies transmises par les tatous. Vous avez déjà été sollicités pour participer à cette étude, et nombreux à y répondre. Merci !

Roxane continue son étude, mais les tatous se font rares. Il ne lui reste que quelques mois pour atteindre le nombre d'échantillons souhaité.

Si vous trouvez un tatou mort sur la route, merci d'appeler immédiatement Roxane au 06 94 31 89 66. Elle viendra le récupérer ! Pensez à enregistrer son numéro dans votre répertoire téléphonique pour ne pas être pris au dépourvu. Et bien sûr, n’oubliez pas de mettre votre découverte sur Faune-Guyane (en cochant la case "l'animal est mort") !

Merci pour votre contribution.

Olivier Claessens et Roxane Schaub

posté par Olivier Claessens/gepog
 
samedi 12 septembre 2020
Oiseaux
Septembre : le chassé-croisé des hirondelles

Sur la carte des migrations d'oiseaux américains, la Guyane occupe une place privilégiée : par sa position géographique, elle accueille aussi bien des migrateurs venus du Nord, comme les limicoles ou les parulines nord-américaines, que des migrateurs venus du Sud, comme le Coulicou de Vieillot ou le Tyran des savanes. Ayant des calendriers de reproduction inversés pour s'adapter au rythme des saisons dans leur hémisphère respectif, ces deux catégories de migrateurs qui viennent passer la mauvaise saison sous les tropiques vont se croiser en Guyane à l'automne, les uns fraîchement arrivés après avoir quitté leurs zones de reproduction boréales, quand les autres s'apprêtent à retourner dans leurs contrées australes pour s'y reproduire à leur tour.

L'affaire se complique quand la même espèce possède une population résidente en Guyane, présente toute l'année, et des populations migratrices originaires du Nord ou du Sud qui se mêlent aux oiseaux locaux pendant une partie de l'année. C'est le cas du Viréo aux yeux rouges (qui possède des populations migratrices en Amérique du Nord), du Tyran mélancolique, ou encore des Hirondelles tapères et chalybées (qui possèdent tous trois des populations migratrices en Amérique du Sud). Concernant ces dernières, des différences subtiles de plumage permettent, quand on les voit de près, de distinguer les migrateurs des oiseaux locaux, ce qui n'est pas le cas pour le tyran ou le viréo.

Cependant, rien n'est simple chez les hirondelles. Deux espèces, l'une, l'Hirondelle noire (Progne subis) habitant l'Amérique du Nord, l'autre, l'Hirondelle gracieuse (Progne elegans) habitant l'Amérique du Sud, choisissent de venir passer la mauvaise saison dans notre région, à tour de rôle. En juillet, une hirondelle entièrement noire a toutes les chances d'être une Hirondelle gracieuse ; en janvier, il y a fort à parier qu'il s'agisse d'une Hirondelle noire. Mais à l'inter-saison, les deux espèces peuvent théoriquement se rencontrer sous nos latitudes. Et quasiment rien ne permet de les distinguer avec certitude. Un vrai casse-tête pour les observateurs… et pour les membres du Comité d'homologation de Guyane (CHG) qui a la tâche de faire le tri parmi les données.

Deux autres espèces très rares dont l'aire d'hivernage est encore inconnue viennent peut-être s'inviter dans la danse : l'Hirondelle à ventre blanc (Progne dominicensis), des Antilles, et l'Hirondelle de Cuba (Progne cryptoleuca). Une fois leur nidification terminée, on ne sait quasiment rien d'elles.

Avec l'Hirondelle rustique (Hirundo rustica) au moins, les choses semblaient claires : se reproduisant en Amérique du Nord, ses populations survolent la Guyane à l'automne pour rallier leurs quartiers d'hiver situés dans le sud du continent. Elles repassent en mars-avril, sur le chemin du retour. C'est même l'une des rares espèces dont on peut observer en Guyane la migration active, qui se déroule exclusivement le jour. Du moins, c'était clair… jusqu'à ce que quelques individus décident de s'installer en Argentine et d'y fonder une population aujourd'hui florissante, dont les routes de migration se sont inversées et qui sont susceptibles de séjourner en Guyane durant l'hiver austral (voir l'actualité du 7/06/2020). Dès lors, les Hirondelles rustiques que l'on observe en août et septembre sont-elles des individus du Nord, en route vers leurs quartiers d'hiver, ou des individus argentins (beaucoup moins nombreux), qui repartent chez eux ?

Une hirondelle en Guyane ne fait pas forcément le printemps !

Olivier Claessens

 

Hirondelle gracieuse (Progne elegans), Guatemala, 18/09/2019 © M. Giraud-Audine

posté par Olivier Claessens/gepog
 
samedi 5 septembre 2020
Oiseaux
La photo du mois d'août

La famille des Furnariidae (grimpars, sclérures, anabates, synallaxes…) rassemble des oiseaux aux tons bruns et roux, des groupes d'espèces morphologiquement très homogènes, souvent difficiles à voir. Parmi eux, les grimpars ont la réputation d'être difficiles à identifier tant ils se ressemblent et rebutent bien des observateurs.

Des 16 espèces de grimpars présentes en Guyane, le Grimpar nasican (Nasica longirostris) est à coup sûr le plus beau et le plus spectaculaire. Sa grande taille, sa gorge blanche, son bec ivoire démesuré et son profil reptilien lui donnent une allure unique et inconfondable. C'est aussi le plus rare et le plus localisé en Guyane : on ne le connait que le long de la crique Gabriel et dans la savane Angélique à l'est de Roura, où sa population n'excède pas quelques dizaines de couples. Il est ici en limite de sa répartition, essentiellement amazonienne et qui évite en grande partie le plateau des Guyanes.

S'il n'est pas très dur à voir quand on visite son territoire, il ne se laisse pas souvent observer dans de bonnes conditions. La série de photos (à découvrir ici et ici) rapportées par Quentin Uriot est exceptionnelle pour la Guyane et rend particulièrement justice à la beauté de l'oiseau.

Olivier Claessens

 

Grimpar nasican (Nasica longirostris), lac Pali, 30/08/2020 © Q. Uriot

posté par Olivier Claessens/gepog
 
dimanche 30 août 2020
NaturaList : pensez aux cartes hors-ligne !

L'application mobile NaturaList vous permet de saisir vos données directement sur le terrain et de les transférer vers Faune-Guyane d'un seul clic. Elle facilite grandement la saisie des observations sous forme de listes (un mode de saisie à privilégier autant que possible).

L'utilisation de NaturaList en Guyane a souffert longtemps de la mauvaise couverture du réseau Internet mobile : il faut en effet être connecté à Internet pour afficher un fond de carte détaillé. Pour y remédier, il suffit de télécharger à l'avance les cartes des secteurs où l'on prévoit d'aller observer. Cette option est devenue possible en Guyane depuis que NaturaList utilise par défaut OpenStreetMap en remplacement du fond cartographique Google pour lequel nous n'avions pas les droits nécessaires.

Pour installer les cartes hors-ligne sur votre smartphone, cliquez sur le symbole "couches empilées" en haut à gauche de l'écran.

http://files.biolovision.net/www.faune-guyane.fr/userfiles/Documentsdivers/modedemploi/NaturaListcarteshors-ligne1b.jpg

Descendez jusqu'aux Préférences, puis Localisation, et sélectionnez l'option Cartes hors-ligne.

http://files.biolovision.net/www.faune-guyane.fr/userfiles/Documentsdivers/modedemploi/NaturaListcarteshors-ligne2b.jpg              http://files.biolovision.net/www.faune-guyane.fr/userfiles/Documentsdivers/modedemploi/NaturaListcarteshors-ligne3b.jpg

Sélectionnez la couche OpenStreetMap (au besoin, cliquez sur le petit triangle à droite pour afficher les couches disponibles), puis cliquez sur Ajouter un lieu.

http://files.biolovision.net/www.faune-guyane.fr/userfiles/Documentsdivers/modedemploi/NaturaListcarteshors-ligne4b.jpg

Déplacez la carte et zoomez sur le secteur voulu, puis cliquez sur Télécharger.

http://files.biolovision.net/www.faune-guyane.fr/userfiles/Documentsdivers/modedemploi/NaturaListcarteshors-ligne5b.jpg

La carte ainsi téléchargée s'affichera automatiquement quand vous serez sur le terrain, dans la zone couverte par la carte. Vous pouvez installer ainsi plusieurs cartes à l'avance pour les endroits où vous allez régulièrement.

Vous pouvez retrouver ce tuto sous le menu Mode d'emploi / Saisir.

Olivier Claessens

posté par Olivier Claessens/gepog
 
dimanche 16 août 2020
Oiseaux
Enquête Tyranneau barbu

Le Tyranneau barbu (Polystictus pectoralis) n'est connu actuellement en Guyane que dans moins de 10 localités, réparties sur les communes de Kourou, Sinnamary et Iracoubo. Sa population est ainsi estimée inférieure à 150 couples. L'une de nos espèces nicheuses les plus rares, le Tyranneau barbu est le porte-drapeau de tout un cortège d'espèces dépendantes des dernières savanes sèches de Guyane, et toutes menacées comme lui.

Afin d'améliorer nos connaissances sur cette espèce discrète et si possible découvrir de nouveaux sites de présence, le GEPOG entreprend avec le soutien du CSG et de l'OFB une vaste enquête de terrain dans laquelle la participation de tous les ornithologues guyanais est souhaitée. Cette enquête s'étalera jusqu'en juin 2021. Durant un an, des sorties de prospection ciblée seront organisées afin de couvrir au mieux l'ensemble des sites favorables. Les observateurs peuvent aussi participer individuellement. Toutes les observations aussi précises que possible sont à mettre sur Faune-Guyane.

Le document PDF à télécharger ci-dessous présente l'espèce, l'étude, ses objectifs et ses méthodes, ainsi qu'une liste de sites à visiter par commune. Merci d'en prendre connaissance et de suivre les recommandations afin que les observations puissent être valorisées au maximum. Vous pouvez aussi le retrouver dans le menu de gauche, rubrique Oiseaux / Enquête Tyranneau barbu.

Pour participer à cette étude et pour tout renseignement complémentaire, signalez-vous à olivier.claessens@gepog.org.

Merci

Olivier Claessens

Tyranneau barbu (Polystictus pectoralis) © Roland Jantot

Document à télécharger :  Presentation_Enquete_Tyranneau_barbu-3028.pdf
posté par Olivier Claessens/gepog
 
dimanche 9 août 2020
Oiseaux
Le Milan bleuâtre, un rapace migrateur ?

C'est une observation inédite qu'a réalisée Hugo Foxonet le 8 juillet 2020 à Papaïchton : un groupe d'au moins 55 Milans bleuâtres en vol très haut, manifestement en migration active.

Le Milan bleuâtre (Ictinia plumbea) est présent toute l'année en Guyane, depuis les boisements côtiers jusque dans l'extrême Sud. La reproduction a été prouvée dans une dizaine de localités dispersées sur tout le territoire, de Macouria à Saül et au sud de Maripasoula.

Distribuée sur une grande partie de l'Amérique du Sud et centrale, l'espèce est réputée sédentaire sur la majeure partie de son aire de répartition. Seule les petites populations mexicaines et d'Amérique centrale désertent leurs zones de reproduction à l'automne pour passer l'hiver en Amérique du Sud. Au Panama, des groupes de migrateurs pouvant compter plusieurs centaines d'individus sont observés en août et septembre et au retour en février et mars (source : Birds of the World). Cependant, la zone d'hivernage de ces oiseaux n'est pas connue avec précision. A l'autre extrémité de l'aire de répartition, on pense qu'une partie de la population du nord de l'Argentine migre vers le nord durant l'hiver austral, mais de tels mouvements ne sont pas du tout documentés.

L'observation d'Hugo Foxonet est la première qui illustre le passage en Guyane de Milans bleuâtres migrateurs. La date et la direction de vol des oiseaux ne nous renseignent hélas pas avec certitude sur leur origine. A cette date, les oiseaux d'Amérique centrale sont encore sur leurs lieux de nidification, tout au plus peut-on supposer que les premiers oiseaux ayant niché précocement ou ayant échoué dans leur reproduction commencent peut-être à se disperser. Mais leur arrivée sur le plateau des Guyanes, s'ils parviennent jusqu'ici, n'est pas attendue avant septembre et le groupe observé était trop important pour pouvoir concerner de tels individus marginaux. La direction de vol du groupe observé n'évoque pas non plus une origine septentrionale.

Etait-on donc en présence d'individus provenant d'Argentine ou du sud du Brésil ? La date se situe en pleine saison d'hivernage pour cette population australe. Un erratisme hivernal est connu chez certaines espèces et est donc possible chez celle-ci, ce qui pourrait expliquer le déplacement observé. Mais on entre là dans le domaine de la spéculation.

La dernière hypothèse est que certains Milans bleuâtres se reproduisant sur le Plateau des Guyanes ou en Amazonie seraient capables de déplacements de grande ampleur plus ou moins réguliers, peut-être erratiques, en dehors de la saison de reproduction ; une hypothèse que rien à ce jour ne permet de confirmer. En Guyane, la nidification du Milan bleuâtre s'étale sur presque toute l'année.

La migration des oiseaux néotropicaux présente encore de grandes zones de mystère. La situation géographique et la topographie de la Guyane ne favorisent pas l'observation de la migration, excepté celle des limicoles côtiers. De manière générale les rapaces figurent parmi les espèces les moins étudiées en Amérique du Sud, une lacune qui pèse sur notre niveau de connaissance mais qui rend d'autant plus passionnante l'observation de ces oiseaux : avis aux amateurs !

Olivier Claessens

 

Milan bleuâtre (Ictinia plumbea), Iracoubo 18/01/2015 © P. Ingremeau

posté par Olivier Claessens/gepog
 
mardi 4 août 2020
Mammifères
La photo du mois de juillet

Le choix du CoPil de Faune-Guyane pour le mois de juillet prouve une fois de plus que ce n'est pas la rareté de l'espèce qui fait la valeur d'une photo. Le Saïmiri ou Singe-écureuil commun (Saimiri sciureus) en effet est le singe le plus abondant sur la plaine littorale guyanaise. Il est commun notamment dans les forêts marécageuses, mais plus rare dans l'intérieur, par exemple dans les forêts dégradées le long des grandes rivières ou à Saül. Très sociable, il peut former des groupes conséquents qui dépassent parfois la centaine d'individus.

Il fallait à Marine Perrier des bons réflexes pour saisir "l'envol" de ce Saïmiri au Golf de l'Anse de Kourou. Photo parfaite !

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Et une mention spéciale pour cet Ocelot pris au piège photo à l'ADNG (Saint-Laurent-du-Maroni), dans le cadre d'un projet pédagogique. La photo a été prise au mois de mars mais elle nous est parvenue en juillet.

Permettant d'inventorier les gros animaux difficiles à voir, d'étudier leurs densités ou leurs comportements, de distinguer et de dénombrer les individus, la technique du piège photo devient de plus en plus répandue et accessible. Si la "capture" d'un félin par ces appareils photo à déclenchement automatique n'est pas exceptionnelle, il n'en va pas de même d'un cliché où le félin en question transporte la proie qu'il vient de tuer, en l'occurrence un Quatre-yeux gris (Philander opossum). Un document exceptionnel ! Félicitations aux élèves et enseignants du collège Paule Berthelot de Javouhey, impliqués dans cette étude avec la fondation La Main A La Pâte.

Ocelot (Leopardus pardalis), ADNG, 21/03/2020 © ADNG / Collègue Paule Berthelot Javouhey

http://files.biolovision.net/www.faune-guyane.fr/userfiles/Documentsdivers/Mammifres/LeoparduspardalisADNG210320fg48081.jpg

Les pièges photo ou autres enregistreurs automatiques fournissent des données naturalistes que de simples observateurs seraient incapables de collecter. Il est donc utile de les traiter à part. En attendant le développement par Biolovision d'un module spécial permettant de signaler les données obtenues par des systèmes automatiques, n'oubliez pas de le signaler en remarque afin de pouvoir facilement trier ces données particulières.

Olivier Claessens

 

Singe-écureuil commun (Saimiri sciureus), Kourou, 21/07/2020 © M. Perrier

posté par Olivier Claessens/gepog
 
samedi 25 juillet 2020
Odonates
Les Argia de Guyane

Les Argia, de la famille des Coenagrionidae, appartiennent au sous-ordre des Zygoptères plus communément appelé demoiselles ou agrions. Ce genre comprend plus de 115 espèces réparties dans toutes les Amériques, mais est plus diversifié en région tropicale avec plus de la moitié des espèces en Amérique latine.

De taille moyenne, les Argia font partie de ce grand complexe d'espèces d'agrions bleu et noir qui restent généralement peu évidents à identifier. Elles se distinguent des autres genres par des ailes assez longues, des taches au-dessus des yeux et de longues épines sur les pattes. Pour la plupart peu fréquentes, elles affectionnent les bords des eaux courantes de fleuves et de petits ruisseaux à débit faible ou rapide, principalement en forêt.

Une récente publication de R. W. Garrison & N. Von Ellenrieder ("Damselflies of the genus Argia of the Guiana Shield (Odonata: Coenagrionidae)", Zootaxa, 2015) a décrit de nouvelles espèces sur le plateau des Guyanes, qui compte désormais 21 espèces. La taxonomie des Argia sur Faune-Guyane a été mise à jour en conséquence.

La répartition de certaines espèces est très étendue, comme Argia translata connue du sud du Canada jusqu’au nord de l’Argentine ou Argia occulata du Mexique à la Bolivie. D'autres au contraire sont connues uniquement du plateau des Guyanes, par exemple Argia deceptor et Argia palmata, deux espèces décrites en 2015. Pour cette dernière, les données sont très récentes et par conséquent elle n'est actuellement pas encore disponible à la saisie sur Faune-Guyane.

On dénombre moins de 150 données d'Argia sur Faune-Guyane dont aucune dans la moitié sud de la Guyane, ce qui ne permet pas encore de bien comprendre leur biologie et leur répartition sur le territoire. Actuellement en Guyane espèces de ce genre ont été recensées et probablement d'autres restent à découvrir.

 

Récemment réalisée, voici à votre disposition une fiche d’identification des Argia de Guyane.

Quentin Uriot

 

Argia fumigata, piste de Bélizon © Quentin Uriot

Document à télécharger :  Fiche_d-identification_des_Argia-4595.pdf
posté par Olivier Claessens/gepog
 
mercredi 22 juillet 2020
Phasmes
16 nouvelles espèces et un nouveau genre de phasmes décrits en Guyane

Depuis le temps qu’on l’attendait, l’article sur les phasmes de Guyane est enfin sorti ! Un gros pavé de 136 pages décrivant pas moins de 16 nouvelles espèces et un nouveau genre découverts en Guyane… et ce sans compter l’ensemble des changements taxonomiques (85). La liste de Faune-Guyane que vous connaissez va donc bien évoluer et certaines espèces observées depuis des années et identifiées comme Agrostia sp., Prexaspes sp. ou autre Phanocles sp. pourront enfin être nommées !

Vous pouvez découvrir le nom de toutes ces charmantes bestioles dans l’article ci-dessous (disponible sur demande) :

https://www.mapress.com/j/zt/article/view/zootaxa.4814.1.1?fbclid=IwAR09QZ55GszXppVaIpCUMTSDzSAsQiTC_hWn5S8qHrZxASe8k9iGKprE3hc

Et sait-on jamais, peut-être que suite à cette article, les co-auteurs et membre d’ASPER pourront enfin se charger d’éditer un petit guide sur les espèces de phasmes guyanais…

Toni Jourdan / ASPER

 

Agrostia sp., désormais nommé Agrostia longicerca nov. sp © Marine Perrier

posté par Olivier Claessens/gepog
 
samedi 11 juillet 2020
Oiseaux
"ACasa" : les photos du confinement

Durant presque 2 mois, du 21 mars au 11 mai, vos observations ont été limitées aux abords de vos domiciles. Un confinement qui n'a pas empêché une forte progression du nombre de données et du nombre de listes transmises sur Faune-Guyane, à travers l'opération "Confinés mais aux aguets" (nom de code ACasa). Le bilan chiffré de cette opération vous a été présenté dans l'actualité du 16 mai 2020.

Sur les 5889 observations accompagnées du code étude ACasa, 150 étaient accompagnées de photos, soit un total de 181 photos. 90 espèces ont ainsi été photographiées depuis chez vous pendant le confinement (soit un peu plus d'un tiers des espèces observées).

Nous vous offrons aujourd'hui la mosaïque des photos "ACasa", réalisée par Charlotte Ollagnier. Si nous avons dû faire des choix parmi toutes les photos disponibles nous nous sommes volontairement limités à celles prises dans le cadre de l'opération, même si les galeries de Faune-Guyane renferment souvent de meilleurs clichés des mêmes espèces. Dans cette composition, la taille des photos est proportionnelle au nombre de données "ACasa" pour l'espèce.

La version haute définition de ce tableau peut être téléchargée <ici>.

Bonne découverte !

Olivier Claessens

posté par Olivier Claessens/gepog
 
samedi 4 juillet 2020
Oiseaux
Le mystère des Milans des marais

Les ornithologues attentifs aux données saisies sur Faune-Guyane auront sans doute remarqué un afflux d'observations de Milans des marais (Rostrhamus sociabilis) depuis quelques semaines.

Bien que l'espèce soit présente en Guyane toute l'année et s'y reproduise localement, on constate en effet en nette augmentation du nombre de données d'avril à août, avec un maximum atteint en juin.

http://files.biolovision.net/www.faune-guyane.fr/userfiles/Documentsdivers/Oiseaux/Rostrhamussociabilisphno040720.jpg

Mais surtout, on observe alors des groupes d'oiseaux en déplacement, pouvant compter jusqu'à plusieurs dizaines d'individus. Ces mouvements migratoires restent encore largement mystérieux : d'où viennent les migrateurs observés, jusqu'où vont-ils ?

Le Milan des marais possède une répartition qui, sans être régulière, s'étend sur une grande partie de l'Amérique du sud, au nord jusqu'au Mexique, Cuba et la Floride. L'espèce a été amplement étudiée en Floride, mais beaucoup moins en Amérique du Sud. Les oiseaux de Floride ne sont pas migrateurs mais plutôt nomades en réponse aux conditions du milieu qui influent sur la disponibilité des ressources alimentaires. Ceux d'Argentine migrent en partie vers le Pantanal après la reproduction.

Entre ces deux régions extrêmes, le mystère persiste autour des déplacements saisonniers des Milans des marais. Le Milan des marais est un prédateur très spécialisé, s'alimentant presque exclusivement d'escargots  aquatiques du genre Pomacea. Ces proies connaissent-elles des variations saisonnières d'abondance, qui obligeraient les milans à quitter leur région d'origine ?

En attendant que des chercheurs (en Guyane ou ailleurs) équipent de GPS quelques individus afin de suivre leurs déplacements au cours de l'année, une analyse fine des données de Faune-Guyane permettra peut-être de mieux décrire ces déplacements à l'échelle de notre région. Pour cela, en cas d'observation de groupes d'oiseaux en migration, n'oubliez pas de noter l'heure et la direction de vol, et de cocher la case "migration active".

Olivier Claessens

 

Milans des marais (Rostrhamus sociabilis) en migration, Cayenne le 10/05/2020 © O. Claessens

posté par Olivier Claessens/gepog
 
mardi 30 juin 2020
Chauves-souris
La photo du mois : Quand les chauves-souris font du camping !

Décidément les chauves-souris ne font jamais les choses comme tout le monde. Dans la forêt guyanaise, quelques espèces appartenant aux genres Dermanura, Rhynophylla, Mesophylla et Uroderma taillent de larges feuilles afin de fabriquer des tentes sous lesquelles elles se tiennent à l'abri des prédateurs et surtout des pluies tropicales. Les feuilles utilisées sont généralement des palmiers ou des cyclanthacées.

Les plus belles et les plus grandes tentes sont fabriquées par Uroderma bilobatum. Un ou plusieurs mâles incisent les folioles de palmiers adultes, ce qui produit une série de pliures, formant un triangle tronqué de plus d'un mètre de long. Une fois confectionnées les tentes sont colonisées par les femelles. Les feuilles utilisées ne meurent pas, si bien que nous connaissons des tentes qui ont été utilisées pendant plus de 5 ans.

C'est l'un de ces gîtes hébergeant plus de 60 Uroderma bilobatum qu'Audrey Dahan a brillamment photographié ce mois-ci sur la piste de Bélizon. On remarquera aussi que la plupart des espèces de chauves-souris façonnant des tentes exhibent avec élégance des rayures blanches sur la tête et le dos, censées les camoufler dans le décor d'ombres et de lumières du sous-bois.

Vincent Rufray

 

Colonie d'Uroderma bilobatum sous sa tente, piste de Bélizon, 03/06/2020 © A. Dahan

posté par Olivier Claessens/gepog
 
dimanche 28 juin 2020
Oiseaux
Comptage annuel de la colonie de Hérons agamis

Le Héron agami (Agamia agami) est l'un des hérons les plus méconnus au monde. La découverte par l'IRD d'une colonie comptant plus de 1000 couples (1600 couples dénombrés en 2013, soit plus de 95 % de la population mondiale connue à l'époque) a propulsé la Guyane en première ligne pour l'étude et la conservation de l'espèce. Cette colonie est désormais suivie chaque année par le GEPOG en partenariat avec la réserve naturelle de Kaw-Roura.

Le suivi annuel de la colonie du marais de Kaw vient d'être réalisé les 23 et 24 juin.

Environ 1000 couples ou nichées ont été dénombrés. Comme les années précédentes, et contrairement à une idée reçue, la reproduction des Hérons agamis s'avère très étalée dans le temps puisqu'une partie des couples avaient déjà achevé leur nidification, avec des grands jeunes ayant quitté le nid, tandis que d'autres couvaient encore des œufs. Leur répartition au sein de la colonie montre que celle-ci s'étend progressivement au cours de la saison de reproduction depuis le fond de la colonie. Un comptage réalisé à un instant donné ne permet donc d'avoir qu'une partie de la population nicheuse.

Cette superbe colonie héberge bien d'autres espèces remarquables : Savacous huppés, Hérons cocoï, Grandes Aigrettes, Anhingas d'Amérique, Cormorans vigua, Hoazins huppés, se partagent l'espace… tandis que les caïmans noirs guettent l'oiseau maladroit ou imprudent qui se perchera trop bas ou tombera à l'eau.

Un site exceptionnel par sa beauté et sa concentration d'espèces aussi spectaculaires que rares et menacées, heureusement préservé !

Olivier Claessens

 

Héron agami (Agamia agami), "mare aux caïmans", 24/06/2020 © O. Claessens

posté par Olivier Claessens/gepog
 
dimanche 21 juin 2020
La date de la photo et de l'observation ne correspondent pas

Vous avez peut-être déjà reçu ce message. Il s'agit d'une vérification automatique qui se base sur l'Exif (les propriétés du fichier numérique) de la photo pour vérifier que l'observation a été mise à la bonne date. La donnée se trouve alors marquée d'un point jaune, comme pour les demandes de complément. Cela peut arriver dans plusieurs cas :

1°) Il s'agit d'une observation passée, et lors de la saisie vous n'avez pas pensé à modifier la date qui s'affiche par défaut, qui est celle du jour de la saisie. La bonne date est donc celle de la photo, que vous avez dans les propriétés du fichier (si vous ne savez pas comment les retrouver, contactez le validateur).

=> Vous devez dans ce cas éditer votre donnée pour corriger la date en cliquant sur l'onglet "Modifier la donnée". La date d'une observation n'est pas un détail anodin, elle peut être utilisée pour comprendre la phénologie des espèces (périodes de migration ou de reproduction par exemple), il est donc important de veiller à ce qu'elle soit juste.

2°) Vous êtes certain de la date de l'observation, et c'est celle de la photo qui est fausse car l'horloge de l'appareil photo n'a pas été réglée à la bonne date.

=> Il vous suffit alors de répondre au message d'erreur en confirmant la date, afin qu'un validateur puisse valider la donnée.

Dans tous les cas, la bonne solution ne consiste pas à supprimer la photo, ni à ignorer le message !

Pour éviter que cela se reproduise, il est fortement conseillé de mettre à jour les réglages de l'appareil photo ! Cela peut être utile, pour vérifier a posteriori la date d'une observation. Cela vous évitera aussi de continuer à recevoir inutilement ce type de message de vérification.

Et cela soulagera les boîtes mail des validateurs, car ils reçoivent l'ensemble des messages de vérification envoyés aux observateurs. Ainsi, ce sont chaque semaine entre 10 et 20 messages qui s'accumulent dans nos boîtes pour cette raison. Le temps que les validateurs passent à trier ces messages serait plus utilement consacré à de réelles vérifications des données.

Merci à tous pour vos observations et vos photos,

Et merci aux validateurs pour le travail remarquable qu'ils accomplissent pour veiller à la qualité des données sur Faune-Guyane !

Olivier Claessens

posté par Olivier Claessens/gepog
 
samedi 13 juin 2020
Mammifères
Le casse-tête des petits Opossums-souris

L'identification des petits marsupiaux que l'on nomme "Opossums-souris" est particulièrement ardue et il est tentant de baisser les bras et de les désigner tous sous le nom : Opossum-souris indéterminé.

Toutefois, ces petits marsupiaux arboricoles et nocturnes se laissent parfois approcher de très près et autorisent la réalisation de bons clichés. Ces photos sont alors très utiles pour aller plus loin dans l'identification.

Récemment, le Parc Amazonien de Guyane a mis à disposition de tous une plaquette permettant d'identifier les espèces de Marsupiaux forestiers (accessible ici).

Parmi ces espèces, les Opossums-souris délicats (2 espèces du genre Marmosops) se distinguent facilement des autres et peuvent à présent être renseignés au niveau du genre dans Faune-Guyane (Marmosops sp. / Opossum-souris délicat indéterminé).

http://files.biolovision.net/www.faune-guyane.fr/userfiles/Documentsdivers/Mammifres/IdentificationdesMarmosopsv2020.jpgNous vous invitons à visiter la galerie photos de ces espèces et à consulter le mémo "Les Opossums-souris délicats du genre Marmosops" pour essayer d'aller plus loin dans l'identification. Soyez conscient toutefois que notre connaissance des critères naturalistes est encore ténue et qu'il nous faudra progresser encore pour améliorer la reconnaissance des deux espèces.

 

 

 

Maël Dewynter
Pour Faune-Guyane

 

Opossum-souris délicat des Guyanes (Marmosops parvidens), Saint-Elie, 21/11/2019 © M. Dewynter

posté par Olivier Claessens/gepog
 
dimanche 7 juin 2020
Oiseaux
Hirondelles argentines

L'Hirondelle rustique (Hirundo rustica) est l'hirondelle la plus abondante et la plus largement distribuée au monde, se reproduisant dans la plus grande partie de l'hémisphère nord, en Amérique du Nord et à travers toute l'Eurasie. Originellement installée dans des grottes, l'Hirondelle rustique (autrefois appelée en France Hirondelle des cheminées) s'est si bien adaptée aux constructions humaines qu'elle a totalement déserté ses sites de nidification naturels. Son association avec l'Homme est datée de plus de 2000 ans en Europe, et avant l'arrivée des Européens en Amérique du Nord, et lui a permis d'étendre largement son aire de reproduction. Cette extension s'est produite en Amérique du Nord au cours du 20ème siècle.

Migratrice, elle hiverne principalement en Afrique au sud du Sahara, dans le sous-continent indien et en Indonésie pour les populations eurasiennes, et depuis le Mexique (rare) jusqu'en Argentine pour les populations nord-américaines. En Guyane, l'Hirondelle rustique n'est que de passage, avec les deux périodes migratoires bien marquées d'août à novembre et de fin janvier à début mai. Les observations au cœur de l'hiver sont rares, et plus encore celles durant les mois d'été.

http://files.biolovision.net/www.faune-guyane.fr/userfiles/Documentsdivers/Oiseaux/HIRRUShistogrammemensuel070620.jpg

Phénologie des observations d'Hirondelles rustiques en Guyane (Faune-Guyane, 07/06/2020).

 

C'est en 1980 que quelques couples nicheurs furent découverts en Argentine dans la province de Buenos Aires. Ces oiseaux fondateurs ont donné naissance à une population qui compte aujourd'hui plusieurs milliers de couples, et qui après être restée confinée le long de la côte s'étend désormais progressivement vers l'ouest et vers le sud, atteignant la Patagonie en 2012 (Segura 2017).

Le cas de l'Hirondelle rustique n'est pas isolé, puisque l'Hirondelle à front blanc Petrochelidon pyrrhonota, autre espèce nord-américaine, a elle aussi fait quelques tentatives de nidification dans la même région de Buenos Aires depuis 1980. On pense que l'évolution du climat de cette région australe a permis ces colonisations récentes.

Les Hirondelles rustiques argentines ont adapté leur cycle annuel et leurs migrations au rythme des saisons de l'hémisphère sud, se reproduisant durant l'été austral de novembre à février et migrant vers le nord pour passer l'hiver austral (mai à août) dans la moitié nord de l'Amérique du Sud, du nord du Brésil au Venezuela. Un oiseau originaire de cette population argentine, équipé de géolocateur avec quelques autres individus au cours de la saison 2013-2014, a ainsi longé la côté guyanaise pour atteindre le Venezuela (Winkler et al. 2017).

De même, il est fort probable que les Hirondelles rustiques observées ces dernières semaines par Olivier Tostain et Vincent Rufray au sein du dortoir d'hirondelles de la prison de Rémire-Montjoly (côtoyant les Hirondelles chalybées, tapères et gracieuses hivernantes australes), ainsi que les rares individus observés en Guyane durant les mois d'été proviennent de la population argentine. Les oiseaux venus du nord et ceux venus du sud sont donc susceptibles de se croiser en Guyane au cours de leurs migrations… Avec l'accroissement de la population argentine, on peut s'attendre à une augmentation du nombre d'observations en Guyane tout au long de l'année.

Olivier Claessens

 

Références utiles:

Brown, M. B. and C. R. Brown (2020). Barn Swallow (Hirundo rustica), version 1.0. In Birds of the World (P. G. Rodewald, Editor). Cornell Lab of Ornithology, Ithaca, NY, USA. https://doi.org/10.2173/bow.barswa.01

Martínez, M. M. (1983). Nidificacion de Hirundo rustica erythrogaster (Boddaert) en la Argentina (Aves, Hirundinidae). Neotropica 29: 83-86.

Segura L. N. (2017). Southward breeding range expansion in Argentina and first breeding record of Barn Swallow Hirundo rustica in Patagonia. Cotinga 39: 60-62.

Winkler, D. W., F. A. Gandoy, J. I. Areta, M. J. Iliff, E. Rakhimberdiev, K. J. Kardynal, and K. A. Hobson (2017). Long-distance range expansion and rapid adjustment of migration in a newly established population of Barn Swallows breeding in Argentina. Current Biology 27: 1080-1084.

 

Hirondelle rustique (Hirundo rustica), Rémire-Montjoly, 15/05/2020 © O. Tostain

posté par Olivier Claessens/gepog
 
mardi 2 juin 2020
Amphibiens
La photo du mois de mai

Difficile de passer entre les gouttes… La saison des pluies bat son plein et 2020 s’apprête à battre des records historiques de pluviométrie pour le mois du mai. Cette profusion d’eau a saturé les sols et rempli la moindre dépression forestière. Les mares, pleines, débordent de vie. Mais les prédateurs rôdent et les premiers stades de la vie des grenouilles sont bien périlleux. Oeufs et têtards, à peine déposés dans l’eau, sont traqués sans relâche et seuls quelques chanceux parviendront indemnes à quitter la mare.

La Phylloméduse tigrine, outre sa folle élégance, a hérité de ses ancêtres une technique de ponte permettant d’augmenter les chances de survie de sa progéniture : ses oeufs sont regroupés, serrés dans un cornet de feuille, au-dessus de l’eau. Elle façonne en couple ce cône lors de la ponte et colle l’ensemble avec une gélatine protectrice. Les oeufs écloront donc dans un environnement protégé et les têtards tomberont dans l’eau - longtemps après l'éclosion - déjà vifs et prompts à fuir devant un prédateur ! C’est l’une des innombrables stratégies mises en place par les Amphibiens tropicaux pour assurer la survie de leur espèce.

Cette très belle photo macro de Xavier Heckmann (https://www.faune-guyane.fr/index.php?m_id=54&mid=46052) illustre élégamment ces petits « Némo » des mares forestières guyanaises.

Maël Dewynter, pour Faune-Guyane

 

Ponte de Phylloméduse tigrine (Callimedusa tomopterna), montagne de Kaw, 13/05/2020 © X. Heckmann

posté par Olivier Claessens/gepog
 
samedi 23 mai 2020
Amphibiens
Les crapelets du lac Marie-Claire à Kourou

Les débuts de saisons des pluies sont des moments très attendus par les batrachologues (les passionnés de grenouilles) : c’est l’occasion d’aller observer et photographier la grande diversité des Anoures forestiers. Cette année, toutefois, ces plans ont été contrecarrés par… un virus. Le confinement a limité nos déplacements à notre environnement immédiat et il a fallu se tourner vers une faune plus familière pour assouvir notre curiosité naturaliste.

Nous devons à Marine Perrier un feuilleton naturaliste inédit sur la reproduction des Crapauds aguas (Rhinella marina) dans le lac Marie-Claire de Kourou : entre le 20 avril et le 10 mai, Marine a suivi, compté, photographié et décrit la ponte et le développement de milliers de têtards de « Crapauds boeufs », un évènement si familier qu’on ne pense plus à l’observer. Pourtant, la stratégie de Rhinella marina est impressionnante : chaque femelle est susceptible de pondre entre 5000 et 35000 œufs. Ces œufs éclosent très vite, en 3 jours, donnant naissance à une nuée de têtards (des centaines de milliers), tous très toxiques, qui mettront de 1 à 3 mois pour devenir des crapelets d’à peine un centimètre de longueur…

Avant d’achever leur métamorphose, une terrible guerre chimique subaquatique se jouera : les têtards les plus vieux libérant des substances qui bloquent le développement des nouvelles pontes et entraînent une grande mortalité. Les survivants, innombrables cependant, vont alors traverser une époque de grande vulnérabilité car ils ont momentanément perdu leurs défenses chimiques : la mortalité sera considérable et seuls quelques valeureux (et chanceux) crapelets atteindront l’âge adulte. A l’âge de 6 mois, les crapauds atteignent parfois 10 cm de long. Vers un an, ils deviennent aptes à se reproduire. Certaines femelles continueront à grandir pendant 3 ans pour atteindre la taille considérable de 25 cm… Vous les verrez alors revenir sur les berges du lac Marie-Claire à Kourou lors des grandes averses de mars et avril.

Maël Dewynter

 

Têtards de Rhinella marina (lac Marie-Claire, Kourou, 02/05/2020) © M. Perrier

posté par Olivier Claessens/gepog
 
samedi 16 mai 2020
Oiseaux
Confinés… du 21 mars au 10 mai : bilan provisoire de l'opération ACasa

L'opération "Confinés mais aux aguets" a débuté en Guyane le samedi 21 mars, sous diverses formes. Le confinement strict ayant pris fin le 11 mai, un petit bilan s'impose.

On ne parlera ici que du volet oiseaux, sous son nom de code "ACasa", pour simplifier. Cette opération dépasse les frontières de la Guyane puisqu'elle a pris sa source en métropole et dans plusieurs pays d'Europe sous l'égide de Faune-France. Les autres volets guyanais de l'opération (enquêtes sur d'autres groupes taxonomiques, quizz, développement d'outils et sensibilisation du public) seront évoqués ultérieurement.

Le premier objectif de l'opération ACasa était de profiter du confinement pour améliorer la collecte d'observations autour de nos domiciles, particulièrement en milieu urbain ou périurbain, habituellement délaissé. De Saint-Laurent-du-Maroni à Matoury, 24 observateurs répartis dans 7 communes ont joué le jeu. Certains ont légèrement débordé du concept de l'opération en marquant du code ACasa des observations réalisées hors de leur domicile, quoique dans le rayon officiellement autorisé d'1 km. Les communes les mieux couvertes ont été Cayenne (8 observateurs), suivie de Kourou et Rémire-Montjoly (4 observateurs).

Un total de 5889 données "ACasa" a été collecté, concernant 248 espèces, dont 5 espèces indéterminées. Les données "ACasa" représentent 46 % de l'ensemble des données collectées durant cette période.

Le nombre d'espèces par site, s'il varie en fonction de l'effort et des performances des observateurs, est néanmoins révélateur du potentiel ornithologique de nos lieux de vie. Une analyse plus fine sera nécessaire pour tenter de faire la part des choses. Sans surprise, les scores les plus élevés ont été obtenus par des jardins situés dans un environnement très rural voire forestier. Deux sites dépassent les 100 espèces, à Saint-Laurent ("Fatima", 122 espèces !) et à Matoury ("savane de la Bordelaise", 101 espèces) ; 8 autres sites à Matoury, Rémire, Macouria et Cayenne ont obtenu de 50 à 81 espèces. Il ne s'agit pourtant pas de la liste complète des espèces connues sur ces sites, mais uniquement de celles notées depuis chez nous et dans des conditions particulières. Une richesse qui en a probablement surpris plus d'un !

Le second objectif d'ACasa était d'encourager la saisie de données sous forme de listes complètes, une formule permettant de faire des analyses statistiques que les données isolées ne permettent pas. Sur ce plan, le succès est flagrant : au cours de cette période, 271 listes ACasa ont été saisies, totalisant 5765 données. Le code étude ACasa, initialement réservé aux listes, s'est vu étendu à toutes les observations quand il a été géré directement au niveau national par la LPO. Cela a permis de "repêcher" a posteriori des observations qui avaient été saisies par erreur de manière classique, ou de noter "ACasa" quelques espèces occasionnelles non notées dans les listes. Malgré cela, ces observations hors liste ne représentent que 2 % du total de données "ACasa".

Du 21 mars au 10 mai, 20 observateurs ont saisi chacun de 1 à 54 listes ACasa. Si l'on prend en compte toutes les observations, ce sont près de 400 listes qui ont été saisies par 27 observateurs pendant la période considérée (51 jours), soit une progression de 116 % par rapport aux deux premiers mois de l'année : qui a dit que le confinement empêchait d'observer les oiseaux ?

Le tableau ci-dessous résume à lui seul cette spectaculaire progression.

http://files.biolovision.net/www.faune-guyane.fr/userfiles/Documentsdivers/Oiseaux/FGACasafin11maibilan.jpg

Bravo à vous tous, et continuez comme ça ! L'opération ACasa se prolonge jusqu'au 1er juin… et rien n'empêche de continuer au-delà !

Olivier Claessens

 

Le Sucrier à ventre jaune (Coereba flaveola) a été noté dans 15% des listes ACasa © M. Reynaud

posté par Olivier Claessens/gepog
 
mercredi 13 mai 2020
Oiseaux
Identifier les urubus

La famille des Cathartidés, ces vautours américains, renferme 7 espèces dont 5 sont présentes en Guyane. Si l'on excepte le Sarcoramphe roi (anciennement "Vautour pape"), leur identification présente des difficultés à beaucoup d'observateurs. Les validateurs de Faune-Guyane relèvent de fréquentes erreurs, quand d'autres préfèrent s'abstenir de noter ces oiseaux, dans le doute, et ne leur prêtent pas beaucoup d'attention.

Ces erreurs ou lacunes nous empêchent aujourd'hui de connaître avec précision la répartition et le statut de conservation de plusieurs espèces, maintenues en catégorie DD ("données insuffisantes") dans la Liste rouge régionale. Car si le Grand Urubu bénéficie encore d'un habitat (le bloc forestier de l'intérieur) vaste et à peu près intact, et si l'Urubu noir profite quant à lui du développement de l'élevage et des décharges à ciel ouvert, l'Urubu à tête rouge et l'Urubu à tête jaune en revanche sont étroitement liés aux milieux ouverts et aux boisements de la plaine littorale, deux milieux fortement menacés par les activités humaines. Bien identifier les urubus est donc une nécessité pour mieux cerner leur statut.

Cette planche produite par Maël Dewynter, en complément du "Petit guide illustré des oiseaux des jardins" présenté précédemment, vous donne les clés pour identifier les urubus sans vous tromper, et ainsi améliorer la qualité des données de Faune-Guyane et affiner nos connaissances sur ces espèces.

A télécharger ci-dessous, ou à partir du menu, rubrique Oiseaux / Aide à l'identification.

A vos jumelles, et ne négligez plus ces magnifiques planeurs !

Olivier Claessens

Document à télécharger :  Memo_Urubus_(MDewynter_110520)-8629.pdf
posté par Olivier Claessens/gepog
 
mercredi 13 mai 2020
Oiseaux
Nouveau : Petit guide illustré des oiseaux des jardins

Les deux mois de confinement ont été propices à la réalisation d'outils de reconnaissance des espèces qui nous entourent. Après l'ouvrage de l'ONF, après les plaquettes du Parc Amazonien de Guyane sur la faune et la flore forestières… c'est au tour du GEPOG de mettre à disposition du public un Petit guide illustré des oiseaux communs des villes et jardins de Guyane !

Magnifiquement illustrée par Maël Dewynter, cette plaquette (format PDF optimisé pour smartphones) présente les 70 espèces les plus souvent observées en milieu urbain et périurbain, en pointant les principaux critères d'identification.

Financé par le programme TRAMES, ce projet met l'accent sur les espèces présentes sur les communes du centre littoral, mais il intéressera bien sûr tous les naturalistes guyanais. Et comme la nature fait bien les choses, l'opération "Confinés mais aux aguets" se prolonge jusqu'au 1er juin : profitez-en !

Cette plaquette est à télécharger ci-dessous. Elle est également disponible dans le menu, rubrique Oiseaux / Aide à l'identification.

Et en bonus, Maël nous offre une superbe planche d'identification des urubus ! Lire ce même jour l'actualité dédiée.

Olivier Claessens

posté par Olivier Claessens/gepog
 
dimanche 10 mai 2020
Les Essentiels de Guianensis, des plaquettes pour identifier la faune et la flore

Le Parc Amazonien de Guyane vient de mettre en ligne de nouveaux outils d'identification naturalistes :

  • Les Mammifères forestiers de Guyane (nouveau !)
  • Les Amphibiens de Saül (paru en 2018)
  • Les Plantes sans chlorophylle des sous-bois (nouveau !)

Ces plaquettes sont téléchargeables gratuitement sur le site du PAG (version pdf optimisée pour smartphone) :

http://www.parc-amazonien-guyane.fr/fr/actualites/les-essentiels-de-guianensis-des-plaquettes-pour-identifier-la-faune-et-la-flore-0

Les versions imprimées sur papier étanche seront bientôt disponibles à la vente (3 €) au local du PAG et dans les délégations.

Maël Dewynter

posté par Olivier Claessens/gepog
 
vendredi 8 mai 2020
Une initiative de sciences participatives sur les champignons en Guyane

Lancement d’une nouvelle initiative de sciences participatives sur les champignons en Guyane !

La saison est propice aux champignons, le confinement au tri des photos, le déconfinement à de nouvelles sorties nature : c'est l'occasion d'explorer ensemble la diversité des champignons de Guyane, même à distance ! Le site iNaturalist permet de déposer vos photos, et nous sommes plusieurs mycologues ou écologues à pouvoir vous aider dans l'identification.

Si l'aventure vous tente :

https://www.inaturalist.org/projects/les-champignons-de-guyane

Bonne exploration !

Mélanie Roy, Arthur Brisse et Heidy Schimann

 

Cookeina speciosa, Réserve naturelle des Nouragues © M. Roy

posté par Olivier Claessens/gepog
 
dimanche 3 mai 2020
Oiseaux
Raretés en série

La limitation des déplacements n'a pas empêché ces dernières semaines l'observation d'espèces rares et même la découverte de nouvelles espèces d'oiseaux pour la Guyane.

Il y eut d'abord un possible Tangara écarlate (Piranga olivacea) observé par Raphaël Willems à Montsinéry-Tonnégrande mais hélas non photographié. Si la donnée est validée, il s'agira seulement de la seconde observation en Guyane de ce beau migrateur d'Amérique du Nord qui hiverne normalement beaucoup plus à l'ouest.

Peu après, Sylvain et Quentin Uriot ont observé dans leur jardin une élénie à l'aspect inhabituel. Tout laisse à penser qu'il s'agit de l'Elénie verdâtre (Myiopagis viridicata), qui n'avait encore jamais été trouvée en Guyane. Une découverte qui nous a conduits à nous repencher sur un oiseau photographié à Kourou par Marine Perrier un mois auparavant, dont l'identification avait été très discutée par les validateurs Oiseaux et qui semble bien être de cette espèce également !

Les goélands sont des visiteurs très rares sur la côte guyanaise. C'est le cas du Goéland brun (Larus fuscus) trouvé à Cayenne par Olivier Tostain. Mais que dire du Goéland d'Amérique (Larus argentatus smithsonianus), présent au même moment et dont c'est la première donnée dûment documentée pour la Guyane ! Cette sous-espèce nord-américaine du Goéland argenté est parfois considérée comme une espèce à part entière (c'est le cas sur Faune-Guyane). Un Goéland argenté avait déjà été observé en 1999 (donnée homologuée par le CHG) mais la sous-espèce n'avait alors pu être déterminée.

En guettant ce goéland, Olivier Tostain a eu la bonne idée de photographier les autres oiseaux passant devant la pointe des Amandiers… et c'est ainsi qu'il a photographié pour la première fois en Guyane un Courlis corlieu de la sous-espèce eurasiatique (Numenius phaeopus phaeopus) ! Comme pour le Goéland d'Amérique, il s'agit de la première donnée documentée dans notre région, et d'une observation exceptionnelle pour l'Amérique du Sud.

Ces découverts occulteraient presque un Combattant varié (Calidris pugnax), une espèce européenne accidentelle en Amérique mais annuelle en Guyane, trouvé par Michel Giraud-Audine à Guatemala.

Signalons enfin une belle série de Coulicous à bec jaune (Coccyzus americanus), en transit entre leurs quartiers d'hiver situés dans le sud du continent et leurs lieux de reproduction nord-américains, dont le passage en Guyane n'est pas régulier et jamais abondant.

Toutes ces données devront être homologuées par le CHG (sur la base des photos ou des descriptions fournies) avant d'être définitivement validées.

Le mois de mai est traditionnellement propice à la découverte de migrateurs inhabituels, à l'écart de leur route de migration normale : ouvrez l'œil, même depuis votre balcon !

Olivier Claessens

 

Courlis corlieu eurasiatique (Numenius p. phaeopus), Cayenne, 28/04/2020 © O. Tostain

posté par Olivier Claessens/gepog
 
vendredi 1 mai 2020
Oiseaux
La photo du mois

A l'instar de la Buse à queue courte (Buteo brachyurus), le Busard de Buffon se présente sous deux aspects très différents, indépendamment du sexe ou de l'âge : une forme claire, comme ici, et une forme sombre dominée par le noir. En Guyane, la forme claire semble plus fréquente, mais c'est l'inverse au Suriname. Dans tous les cas, sa silhouette particulièrement élancée et le jeu de contrastes de son plumage en font l'un des plus beaux rapaces de Guyane.

Même si les observations semblent couvrir toute la bande côtière, cet habitant des savanes humides est rare en Guyane, où sa population est probablement inférieure à 50 couples. La Liste rouge des oiseaux menacés de Guyane le classe "en danger".

Bien qu'il soit présent toute l'année en Guyane, les seuls indices de reproduction sont localisés dans les rizières de Mana et le marais de Panato à Awala-Yalimapo. De tels indices manquent encore dans les marais de Kaw. En dehors de ces grandes zones humides, les observations ne concernent vraisemblablement que des oiseaux en chasse ou en dispersion. Ainsi, si on peut parfois le voir chasser dans les pâturages et jusqu'en pleine ville, comme à Kourou, ces observations ne doivent pas masquer la rareté de l'oiseau et les lacunes de nos connaissances.

Confinement oblige, cette photo sublime d'Alexandre Vinot a été prise depuis un balcon !

Olivier Claessens

 

Busard de Buffon Circus buffoni, Kourou, 8/04/2020 © A. Vinot

posté par Olivier Claessens/gepog
 
samedi 25 avril 2020
Les petites bêtes des jardins

Nous avons le plaisir de vous annoncer la sortie du livre "Les petites bêtes des jardins de Guyane" (et des maisons), une nouvelle édition de l’ONF Guyane. En pleine période de confinement, il tombe plutôt à pic !

Il est disponible depuis peu dans les supermarchés de Cayenne et Kourou (Carrefour Montjoly et Matoury, Hyper U Cayenne, NKT Cayenne, Super U Kourou) et via le site internet des librairies CAS’A BULLES et Lettres d’Amazonie (http://www.kazabul.com/) (livraison).

Cet ouvrage est un guide très illustré permettant une approche simple de la petite faune qui peuple les jardins et maisons de Guyane, avec de nombreuses anecdotes, photos et dessins. Il est le fruit d’une collaboration d’une vingtaine de spécialistes, scientifiques, naturalistes, avec la coordination éditoriale de l’ONF.

Il traite plus de 250 espèces chez les gastéropodes (escargots, limaces…), insectes, arachnides (araignées, scorpions…), myriapodes (mille-pattes…), amphibiens (crapauds, rainettes…), reptiles, oiseaux et même quelques mammifères.

Autant dire que ce guide sera très apprécié lorsque Faune-Guyane ouvrira de nouveaux taxons à la saisie... Mais d'ores et déjà, il vous permettra d'explorer quelques nouveaux groupes et de sortir de votre zone de confort naturaliste :)

Maël Dewynter

http://files.biolovision.net/www.faune-guyane.fr/userfiles/Documentsdivers/livrePetitesbtesdesjardinsextrait1ONF.jpghttp://files.biolovision.net/www.faune-guyane.fr/userfiles/Documentsdivers/livrePetitesbtesdesjardinsextrait2ONF.jpg

posté par Olivier Claessens/gepog
 
jeudi 23 avril 2020
INFO maintenance

Suite à un problème technique (maintenant résolu), Biolovision a été obligé de supprimer toutes les données de listes saisies hier via NaturaList dans tous les pays, soit 72 000 données. Les formulaires eux-mêmes restent, mais vides (voir les explications ci-dessous).

Pas d'inquiétude ! Les données restent stockées sur un serveur et seront réinjectées progressivement sur les sites.

Vous n'avez rien à faire ! Surtout, ne supprimez pas les formulaires vides, car ils seront remplis à nouveau avec leurs données.

Compte tenu du décalage horaire, l'opération débutée aujourd'hui devait reprendre dans la soirée, tout devrait être rentré dans l'ordre dans la nuit : dormez tranquilles !

Olivier Claessens

 

-------- Message transféré --------

Sujet : RE: Problème synchronisation données listes
Date : Thu, 23 Apr 2020 18:58:03 +0200
De : Gaëtan Delaloye <gdelaloye@ornitho.ch>
Répondre à : visionature@biolovision.net
Pour : visionature@biolovision.net

Bonjour,

Oui, le problème d'hier a été résolu en fin d'après-midi. Les nouvelles données sont OK (la remontée est parfois encore un peu lente mais globalement c'est fonctionnel).

Pour les données d'hier comme certaines sont passées, d'autres pas et que la synchro n'a pas marché pour ces données, on a décidé de supprimer toutes les données d'hier pour les remettre. Comme la suppression n'était pas terminée ce matin et que la charge des serveurs ne permet pas de le faire trop en journée, j'ai stoppé le processus pour la journée. Je vais reprendre ce soir.

En principe les données mobiles d'hier (72'000 sur tous les pays) devraient revenir progressivement.

J'ai laissé les formulaires "vides" quand j'ai supprimé les données (car la structure des formulaires elle-même n'était pas affectée par le problème). Il faut les laisser, ils seront à nouveau remplis.

Merci,

Gaëtan

posté par Olivier Claessens/gepog
 
jeudi 23 avril 2020
Oiseaux
Confinés… 1 mois !

L'opération "Confinés mais aux aguets" a débuté le samedi 21 mars. Un mois après, où en sommes-nous ?

Rappelons le principe : puisque le confinement nous empêche d'aller traquer l'oiseau rare sur nos lieux d'observation favoris, voyons ce que la nature nous offre à voir depuis chez nous. C'est l'occasion d'améliorer l'inventaire des oiseaux de nos jardins ou quartiers, souvent négligés. Et pour que ces observations soient les plus utiles possible, elles doivent être saisies sous forme de "listes complète" estampillées du code étude [ACasa].

Si le démarrage a été plutôt lent, le bilan à J+1 mois est encourageant : 16 observateurs ont joué le jeu en saisissant un total de 134 listes. Trois d'entre eux ont saisi plus de 20 listes, tandis que les autres en ont saisi de 1 à 10. Plusieurs observateurs ont utilisé le code [ACasa] pour des observations individuelles, hors liste, et trois d'entre eux n'ont saisi aucune liste : on peut penser qu'un mode d'emploi leur aurait permis de saisir ces observations sous forme de liste. Nous tâcherons d'y remédier, en attendant vous pouvez vous référer à ces tutoriels de Faune-France : saisie sur l'ordinateur ou saisie avec NaturaList.

Conformément au principe d'ACasa, ces observations proviennent bien pour la plupart du domicile de la personne, cependant deux observateurs ont utilisé le code [ACasa] pour des observations lors de leur promenade quotidienne ; ces dernières ne sont pas prises en compte ici. Les 16 localités [ACasa] se situent à Rémire-Montjoly (4 sites dont 2 sur le même lieu-dit), Cayenne, Kourou (3 sites), Macouria, Matoury et Saint-Laurent-du-Maroni (2 sites chacune).

Venons-en aux oiseaux : les listes [ACasa] totalisent 165 espèces (dont 2 "indéterminées"). Six sites dépassent 50 espèces, et l'un dépasse même les 100 espèces observées depuis le jardin !

Pas de surprise du côté des espèces les plus fréquentes dans nos jardins : le Merle leucomèle et le Tyran quiquivi ont été notées sur la totalité des 16 sites, le Tangara évêque et le Tangara des palmiers dans 15 sites sur 16, suivis juste derrière par le Tangara à bec d'argent (14 sites). Seulement 22 espèces (13 %) ont été vues dans plus de la moitié des sites. Il serait fastidieux d'énumérer les espèces remarquables observées, mais la plus inattendue est sans doute le Flamant des Caraïbes, aperçu en vol à Rémire !

On nous annonce la fin du confinement à partir du 11 mai, nous dresserons alors un bilan plus complet de cette opération inédite. D'ici là, restez confinés mais toujours aux aguets !

Bonnes observations !

Olivier Claessens

 

Sporophile bouveron Sporophila lineola, l'une des 165 espèces "ACasa" (Rémire, 04/04/2020 © V. Rufray)

posté par Olivier Claessens/gepog
 
samedi 18 avril 2020
Oiseaux
Des oiseaux qui ont le sens de la famille

En dépit des observations récentes à Kourou, la Gallinule d'Amérique (Gallinula galeata) n'est pas un oiseau commun en Guyane. Elle était même considérée très rare et sa reproduction n'était pas certaine jusqu'à la découverte inattendue d'une population nicheuse dans un marais côtier de la région d'Iracoubo en 2007 par Olivier Tostain, Pascal Studer et Jean-Jacques Vacquier (voir le Rapport du CHG 2010-2011). Depuis, la nidification a été prouvée en 2011 et 2012 à Guatemala, et depuis 2017 seulement sur les lacs de Kourou.

Les variations d'effectifs sur ces derniers sites reflètent des déplacements des oiseaux liés probablement à la qualité fluctuante du milieu. Celle-ci semble optimale depuis le début de l'année puisque le nombre d'individus ne cesse d'augmenter et que les reproductions s'y succèdent.

Les photos de Marine Perrier et de Roland Jantot illustrent par ailleurs un comportement intéressant, fréquent chez les gallinules mais peu répandu par ailleurs au sein de la famille des Rallidés : la reproduction coopérative ou reproduction communautaire. Dans certaines conditions, les jeunes de la première nichée restent sur le territoire parental et participent à l'élevage des nichées suivantes. En pourvoyant à l'alimentation et à la protection de leurs cadets, ces oiseaux auxiliaires ("helpers") permettent aux adultes de limiter leur investissement et ainsi d'élever un plus grand nombre de jeunes, éventuellement de se reproduire à nouveau plus rapidement. L'avantage pour les auxiliaires est moins évident et a fait l'objet de nombreuses hypothèses, synthétisées dans l'ouvrage de Koenig & Dickinson (2004) : apprentissage, possibilité de rester plus longtemps sur un site favorable, accès privilégié à tout ou partie du territoire parental ou à un territoire voisin, attractivité de ce site pour d'éventuels partenaires, etc.

La reproduction coopérative a été décrite chez environ 350 espèces d'oiseaux appartenant à des familles diverses à travers le monde, particulièrement dans les régions tropicales (Griesser et al. 2017). Parmi les oiseaux de Guyane, outre la Gallinule d'Amérique, les cas les plus connus sont les anis, l'Hoazin huppé et le Pic à chevron d'or.

Olivier Claessens

Références :

Koenig, W. D. & Dickinson, J. L. (2004). Ecology and Evolution of Cooperative Breeding in Birds. Cambridge.

Griesser, M., Drobniak, S.M., Nakagawa, S., Botero, C.A. (2017). Family living sets the stage for cooperative breeding and ecological resilience in birds. PLoS Biol 15(6): e2000483. https://doi.org/10.1371/journal.pbio.2000483

 

Gallinule d'Amérique (Gallinula galeata), Kourou, 14/03/2020 © R. Jantot

posté par Olivier Claessens/gepog
 
lundi 13 avril 2020
"Confinés mais aux aguets" : bilan après 3 semaines

Pour cette 3ème semaine où vous êtes "Confinés mais aux aguets", 20 nouvelles listes [ACasa] ont été saisies ; leur nombre s'élève désormais à 88. Avec un nouvel observateur basé à Kourou, vous êtes désormais 14 observateurs à transmettre des listes complètes avec le code étude [ACasa]. Au cours de la semaine, 122 espèces d'oiseaux dont 14 nouvelles (dont un "Faucon indéterminé") ont été notées dans ces listes, pour atteindre donc un total de 148 espèces d'oiseaux vues depuis chez vous. Seules les "listes complètes" sont prises en compte dans ce bilan.

Parmi les nouveautés, citons le Colibri tout-vert et la Sturnelle militaire à Macouria, le Dacnis bleu à Cayenne et à Saint-Laurent, la Buse à queue courte, l'Onoré rayé et le Tyran des savanes à Rémire, le Todirostre à front gris et le Trogon à queue blanche à Saint-Laurent encore.

Les espèces les plus fréquentes quant à elles ne changent pas. Seulement 13 espèces ont été notées dans plus de la moitié des listes.

Prochain bilan après 1 mois de confinement : pourrons-nous atteindre les 20 observateurs et les 200 espèces [ACasa] ?

 

http://files.biolovision.net/www.faune-guyane.fr/userfiles/Documentsdivers/Amphibiens/LeptodactylusfuscusCounamama261019M.Perrierfg39413.jpg

Leptodactyle galonné (Leptodactylus fuscus), Iracoubo, 26/10/2019 © M. Perrier

Concernant les amphibiens, 6 observateurs ont utilisé le code étude [7] "Nature de nos villes", version batracologique de [ACasa] : 2 à Cayenne, 3 à Rémire, 1 à Saint-Laurent. Ce ne sont pas moins de 18 espèces d'amphibiens qui ont été contactées dans ces 6 jardins, pour un total de 60 observations. Aucune espèce n'a été notée dans les 6 sites suivis. Le Crapaud bœuf (Rhinella marina), le Leptodactyle galonné (Leptodactylus fuscus), la Scinax des maisons (Scinax ruber), et la Rainette ponctuée (Boana punctata) ont été notées sur 4 sites, et l'Hylode de Johnstone (Eleutherodactylus johnstonei) seulement dans 3 sites.

 

L'Onoré rayé (Tigrisoma lineatum) s'invite parfois dans les jardins (Rémire, 22/01/2018 © Q. d'Orchymont)

posté par Olivier Claessens/gepog
 
samedi 11 avril 2020
Oiseaux
Suivi des parades de bécassines dans les savanes guyanaises

Un suivi des parades nuptiales des deux espèces de bécassines nicheuses en Guyane (Bécassine géante et Bécassine de Magellan) a été mis en place en ce début d’année 2020. Pour ces espèces très peu étudiées, ce suivi devrait permettre d'améliorer nos connaissances sur :

- la répartition, les habitats précis et les effectifs de ces espèces en nidification (le suivi des parades étant le meilleur moyen d’inventorier ces espèces si discrètes) ;
- la phénologie de reproduction ;
- le déroulement des parades nuptiales ;
- le répertoire vocal ;
- l’impact de la météorologie sur les parades.

Le protocole mis en place est simple. Il s’agit d’effectuer un point d’écoute fixe et discret (pour que l’activité de parade se déroule le plus naturellement possible sans perturbation) dans la savane ciblée. Le soir, il faut être au point d’écoute à 18h45 et au moins jusqu’à 19h30 si possible tandis qu’il faut commencer à 5h45 le matin jusqu’à l’arrêt de l’activité vocale.

http://files.biolovision.net/www.faune-guyane.fr/userfiles/savanedeTrouPoissonsIracoubo021211O.Claessens4135w.jpg

Savane de Trou-Poissons © O. Claessens

 

Du 26/01 au 20/03, 21 points d’écoute (20 le soir et un le matin) ont été effectués sur 15 secteurs de savanes (dont trois sur la vaste savane de Trou-Poissons, soit seulement 13 savanes en réalité). Les savanes suivies sont localisées presque exclusivement dans le secteur Macouria – Montsinéry-Tonnégrande - Roura. Un passage tardif a été fait sur Trou-Poissons mi-mars. Au total, un minimum de 20 individus de Bécassine de Magellan et 22 individus de Bécassine géante a été entendu en parade. Le comptage est difficile dans les grandes savanes car beaucoup d’individus volent durant les parades et il faut donc être prudent à ne pas faire de doublons. Ainsi, dans les savanes assez vastes comme celle du Tour de l’île et du carrefour du Galion, les effectifs sont assurément sous-évalués. 

Je m’attendais à contacter moins de Bécassines géantes que de Magellan et c’est finalement l’inverse. Les Magellan ont été entendues sur 7 des 15 (46%) secteurs de savanes contre 11 des 15 (73%) secteurs pour la géante. Par contre, lorsque la Magellan est présente sur une savane, elle l’est en plus grand nombre que la géante. Ces tendances devront être confirmées la saison prochaine avec un suivi commençant plus tôt dans l’année.

C’est au carrefour du Galion (savane côté ouest) que les effectifs entendus sont les plus élevés avec au moins 5 Bécassines de Magellan et 4 Bécassines géantes le 26/02.

Dès le début du suivi fin-janvier, les deux espèces étaient actives. Ensuite, l’activité a été très intense tout au long du mois de février. Les parades de Magellan ont décliné de façon significative entre fin-février et mi-mars tandis que cela est moins marqué pour la géante qui commence possiblement à parader plus tard en saison (à vérifier la saison prochaine). La superficie des savanes, et donc le nombre d’individus présents, jouent assurément un rôle sur l’intensité et la durée des vocalisations de parades. Le suivi a été interrompu plus précocement que prévu à cause de la crise que nous traversons actuellement mais il est clair que nous étions proches de la fin de la période de parade. A ce jour, les bécassines doivent être majoritairement en train de couver et de nourrir les jeunes pour certaines (surtout pour la Magellan).

Le suivi 2020 est donc partiel. Le suivi sera réitéré la saison prochaine en commençant dès le début de la saison des pluies soit au moins un mois plus tôt et prolongé jusqu’à ce qu’aucune vocalisation ne soit entendue. Une synthèse précise sera produite à l'issue de la saison prochaine avec beaucoup plus d’éléments et d’hypothèses.

Si des personnes souhaitent participer au prochain suivi, elles peuvent évidemment me contacter. L’étude serait d’autant plus consistante.

Merci à Brice De La Croix et Hugo Foxonet d’avoir participé au suivi 2020.

Bon courage à tous en cette période difficile.

Paul Lenrumé

 

Bécassine géante (Gallinago undulata), savane Marivat © M. Dewynter

posté par Olivier Claessens/gepog
 
lundi 6 avril 2020
"Confinés mais aux aguets" : bilan à J+15

Après deux semaines de "Confinés mais aux aguets", voici un nouveau bilan de l'opération.

  • "Tous les oiseaux de mon jardin" (code étude [ACasa])

Vous êtes désormais 13 observateurs à avoir transmis des listes [ACasa]. En deux semaines, 59 listes ont été saisies, qui totalisent 1194 données et 3215 oiseaux comptés. On dénombre 4 participants à Rémire-Montjoly, 3 à Cayenne, 2 à Saint-Laurent et à Kourou, 1 à Matoury et à Macouria ; cette dernière rejoint donc le cercle des communes participantes.

Ces observations depuis vos domiciles et transmises par listes concernent 135 espèces d'oiseaux. Les plus fréquentes restent le Tyran quiquivi et le Merle leucomèle, notés sur les 13 sites, suivis de près par le Merle à lunettes, le Tangara à bec d'argent, le Tangara évêque, le Troglodyte familier (11 sites) et le Tangara des palmiers (10 sites). Le nombre d'espèces notées par liste varie de 5 à 44, avec une moyenne de 20 espèces. Quant au nombre d'espèces par site ou par commune, il est difficile à comparer en raison des différences d'effort. Un observateur se démarque des autres avec pas moins de 90 espèces observées depuis son jardin extraordinaire ! Mais des "scores" de 57 espèces à Rémire, ou 54 espèces à Cayenne, sont remarquables également et témoignent de la richesse de notre environnement immédiat, même en milieu urbain. Six espèces ont été ajoutées à la liste ces trois derniers jours : Aigle tyran, Martinet de Cayenne, Petit Piaye, Pic de Cassin, Sporophile à ventre châtain, Urubu à tête jaune.

Enfin, si le nombre de listes transmises ne montre pas de progression franche par rapport à la période qui a précédé le confinement, plusieurs observateurs qui n'étaient pas familiers de ce mode de saisie l'ont adopté pour participer à l'opération : bravo, continuez !

  • "Reptiles et amphibiens : vive la pluie" (code étude [7] "Nature de nos villes").

Plusieurs observateurs ayant signalé l'impossibilité d'appliquer le code étude [7] "Nature de nos villes" aux reptiles et aux mammifères, nous ne parlerons donc que des amphibiens. Depuis le 21 mars, lancement de l'opération, 4 observateurs ont participé soit 2 de plus que la première semaine… mais sur un total de 9 sites : on s'écarte un peu de la philosophie de l'opération qui visait à encourager l'inventaire des amphibiens du jardin ! Ceux-ci se situent à Cayenne, Rémire-Montjoly et Saint-Laurent-du-Maroni. Les 52 données ainsi collectées représentent 20 % du total durant la période, soit deux fois plus que la première semaine.

Trois dates concentrent l'essentiel des observations : les 29, 30 mars et 5 avril, ce qui reflète vraisemblablement l'activité des amphibiens liée aux pluies. Jusqu'à 10 espèces de grenouilles ont été trouvées dans le même jardin à Rémire, pour un total de 16 espèces signalées avec le code étude [7] "Nature de nos villes".

L'opération continue : soyez prudents, restez chez vous mais "aux aguets" !

Olivier Claessens

 

Forestier, le Pic de Cassin (Veniliornis cassini) s'invite rarement dans les jardins © S. Uriot

posté par Olivier Claessens/gepog
 
samedi 4 avril 2020
Reptiles
La photo du mois de mars

L'Imantode à nuque tatouée (Imantodes cenchoa) est une couleuvre arboricole commune en Guyane. On peut le rencontrer dans tous types de forêt, depuis la forêt primaire de l'intérieur jusqu'aux forêts littorales. Les 195 données de Faune-Guyane se répartissent sur l'ensemble du territoire ; cependant, il semble absent des monts boisés de Cayenne et de Rémire à l'exception du Rorota.

Lent et peu agressif, de mœurs nocturnes, l'Imantode à nuque tatouée se nourrit de petits lézards (anolis) et d'amphibiens.

Les reptiles sont rarement mis à l'honneur dans cette rubrique : l'élégance de la bête et l'esthétique de la photo d'Eric Sansault justifient pleinement le choix de cette dernière comme photo du mois.

Olivier Claessens

 

Imantode à nuque tatouée (Imantodes cenchoa), RNR Trésor, 7/03/2020 © E. Sansault

posté par Olivier Claessens/gepog
 
mardi 31 mars 2020
"Confinés mais aux aguets" : premier bilan à J+8

Une semaine après le lancement de l'opération "Confinés mais aux aguets", les naturalistes guyanais ont-ils répondu à l'appel ?

Trois enquêtes ont été proposées :

  • "Tous les oiseaux de mon jardin" : il s'agit de faire des listes complètes (sur un laps de temps déterminé) des oiseaux contactés depuis chez soi. Ces listes sont marquées du code étude [ACasa].

En une semaine (jusqu'au dimanche 29 mars inclus), seulement 7 observateurs ont saisi des listes [ACasa], qui totalisent 603 données. Ces listes se situent à Cayenne (13 listes / 3 sites), Saint-Laurent (7), Rémire-Montjoly (6), Matoury (3), Kourou (1). Malgré l'effort de ces observateurs, le nombre total de listes saisies au mois de mars était dimanche soir identique à celui de mars 2019 !

Concernant [ACasa] 108 espèces ont été notées, les plus fréquentes étant le Tyran quiquivi, le Troglodyte familier et le Merle leucomèle, trois espèces anthropophiles notées dans chacun des 7 sites participants. Sept autres espèces ont été notées dans 6 sites, dont les trois tangaras (à bec d'argent, des palmiers, évêque). Des espèces plus rares ou inattendues ont été signalées, en particulier à Saint-Laurent où le jardin en question bénéficie d'une situation particulièrement favorable : Buse à queue barrée, Caracara cheriway, Tinamou soui, Colibri Jacobin… Mais on remarque aussi le Caïque à queue courte et le Faucon pèlerin à Cayenne, le Pic jaune et le Râle de Cayenne à Rémire-Montjoly, l'Alapi de Buffon et le Troglodyte à face pâle à Matoury.

La notion de "liste complète" a pu en rebuter certains. Elle ne devrait pas, car une liste est "complète" dès lors qu'on a pris soin de noter tous les oiseaux identifiés durant la séance d'observation qui peut durer de 5 minutes à 2 heures selon votre envie. Pour toute question pratique sur les listes, contactez-moi !

  • "Reptiles et amphibiens : vive la pluie" : il s'agit de signaler, photo à l'appui, les grenouilles qui chantent le soir dans le jardin, avec la localisation précise. Les données doivent avoir le code étude [7] "Nature de nos villes".

Sur les 149 données d'amphibiens recueillies durant cette semaine, 15 portent le code étude [7], mais seulement deux observateurs ont participé, à Rémire-Montjoly et à Saint-Laurent-du Maroni. Neuf espèces ont été notées, ce qui n'est pas si mal. La pluie annoncée s'est faite attendre : on verra dans une semaine ce qu'il en est.

  • "Je ne suis pas seul dans mon jardin" : il s'agit de toutes les autres observations faites chez vous, en utilisant le même code étude [7] "Nature de nos villes".

Là encore, seulement 4 données de mammifères (à Cayenne et Rémire) et 1 donnée de reptile sont estampillées "Nature de nos villes"… Difficile dans ces conditions de mesurer l'effet de l'opération.

Le confinement se prolonge et avec lui l'opération "Confinés mais aux aguets" : il n'est pas trop tard pour participer et faire grimper les scores. A vos jumelles, à vos claviers !

Olivier Claessens

 

Le Merle leucomèle (Turdus leucomelas) fait partie des oiseaux familiers de nos jardins (© O. Claessens)

posté par Olivier Claessens/gepog
 
samedi 28 mars 2020
Amphibiens
Des grenouilles dans mon jardin… et des quizz sur les oiseaux
  • Avec le retour de la pluie, les amphibiens retrouvent leurs ardeurs. De nombreuses espèces fréquentent les herbes folles, les fossés et les bosquets autour de chez nous. Participez à l'opération "confinés mais aux aguets" en renseignant vos observations d'amphibiens de votre jardin, localisées précisément et accompagnées du code étude [7] "Nature de nos villes".

 

  • Par ailleurs, apprendre en s'amusant sans sortir de chez soi, c'est ce que vous propose le GEPOG pour tester vos connaissances sur les oiseaux de votre jardin.

http://files.biolovision.net/www.faune-guyane.fr/userfiles/Documentsdivers/Oiseaux/pictoQuizzoiseau.gif

Le premier quizz "Qui suis-je ?" vous permettra de progresser en douceur :

                >> Niveau débutant

                >> Niveau intermédiaire

                >> Niveau avancé

Restez en ligne ! D'autres quizz suivront chaque semaine, pendant toute la durée du confinement.

Et n'oubliez pas : l'interdiction de sortie n'empêche pas d'observer la faune qui nous entoure et surtout de transmettre nos observations, de préférence sous forme de listes pour les oiseaux avec le code étude [ACasa]. Restez "Confinés mais aux aguets" !

Olivier Claessens

Rainette ponctuée (Boana punctata) © M. Perrier

posté par Olivier Claessens/gepog
 
jeudi 26 mars 2020
Confinement : vos observations restent utiles !

Alors que les consignes de confinement deviennent plus strictes, l'opération "Confinés mais aux aguets" n'a jamais pris autant de sens !

Parce qu'on revoit chaque jour les mêmes oiseaux, l'on pense à tort que ces observations-là n'ont pas d'intérêt à être signalées. Ce qui bien sûr est faux : vous-même, vous savez que ces espèces sont présentes devant chez vous, mais si l'on interroge Faune-Guyane avec un niveau de zoom au niveau de votre jardin, de votre rue ou de votre quartier, que verra-t-on ? Quelle est la répartition fine  de ces espèces ? Sont-elles vraiment là et en nombre égal tous les jours de l'année ? Qu'en est-il dans d'autres jardins, d'autres environnements, d'autres communes ?

Pour nous aider à répondre à ces questions, un seul moyen : des "listes complètes" répétées, systématiques, quelle que soit leur durée (des listes courtes sont certes moins exhaustives, mais répétées souvent elles apportent plus d'information et permettent plus de statistiques qu'une liste unique très longue).

Sans oublier le code étude [ACasa] pour pouvoir mesurer l'effet du confinement sur les observations et le comparer avec celui de métropole !

Sur NaturaList, l'option "code étude" devrait normalement apparaître à la clôture de la liste. Si ce n'est pas le cas, il vous suffit, une fois les données synchronisées sur Faune-Guyane, d'éditer n'importe quelle donnée de la liste pour "modifier le formulaire" où vous pourrez renseigner le code étude [ACasa]. Il s'appliquera alors automatiquement à toutes les observations de la liste.

Pour les autres groupes zoologiques, vos observations isolées ou pas peuvent être marquées du code étude [7] "Nature de nos villes".

 

http://files.biolovision.net/www.faune-guyane.fr/userfiles/Documentsdivers/modedemploi/Codetudeformulaire.jpg

 

Bonnes observations confinées

Olivier Claessens

Tyran quiquivi (Pitangus sulphuratus) "a la casa" © O. Claessens

posté par Olivier Claessens/gepog
 
mercredi 25 mars 2020
ATTENTION, ça va couper !

En raison d'une opération de maintenance programmée (remplacement des disques durs), Biolovision va être obligée de fermer momentanément tous ses serveurs. Cela concerne aussi Faune-Guyane.

Cette interruption de service interviendra à partir de ce soir 20h00, heure locale (minuit heure de Paris), au moins jusqu'à demain matin 06h00. Durant cette période, l'accès à Faune-Guyane sera donc impossible. Vos données collectées via NaturaList resteront sur vos téléphones jusqu'à ce que la synchronisation soit de nouveau possible.

A l'arrivée, Biolovision disposera de capacités de stockage et de traitement accrues, ce qui améliorera encore le fonctionnement de Faune-Guyane et des autres portails VisioNature.

En vous remerciant de votre compréhension,

Restez "confinés mais aux aguets" !

posté par Olivier Claessens/gepog
 
samedi 21 mars 2020
"Confinés mais aux aguets"

Les contraintes de confinement nous obligent à limiter les déplacements. C'est l'occasion d'observer la faune sauvage présente devant chez nous, dans le jardin, voire même dans la maison ! Combien d’espèces allez-vous pouvoir observer de chez vous ? Quelles sont-elles ? Quelle commune, quel quartier possède le plus de biodiversité ? La nature "sur le pas de la porte" réserve souvent des surprises, si on prend la peine de l'observer !

L'opération "Confinés mais aux aguets" s'adresse à la fois aux naturalistes confirmés et au grand public non spécialiste mais curieux de la vie sauvage qui l'entoure. Accessible à tous, elle se décline en plusieurs actions ou défis, offrant des thématiques diverses et permettant donc à chacun de participer selon ses aspirations et ses possibilités.

Faune-Guyane, le GEPOG et la Société Herpétologique de France proposent aujourd'hui 3 actions pour les naturalistes guyanais, destinées à booster la collecte de données sur la nature de proximité sans déroger aux consignes de sécurité sanitaire. Que vous soyez experts ou débutants, vos observations feront la différence ! Au cours des jours et des semaines à venir, d'autres actions vous seront proposées pour occuper utilement vos temps libres en cette période particulière ; certaines d'entre elles s'adresseront plus particulièrement à un public non spécialiste.

Cette opération s'intègre également dans le projet TRAMES.

http://files.biolovision.net/www.faune-guyane.fr/userfiles/logoTRAMESfondblanc.jpg

http://files.biolovision.net/www.faune-guyane.fr/userfiles/BannireLogosfinanceursTRAMES.jpg

 

  • Tous les oiseaux de mon jardin

Objet: Dressez l'inventaire des oiseaux de votre lieu de résidence, à l'aide de listes complètes.

Ce défi n’est pas très compliqué et peut être effectué tous les jours. Il s'agit de faire, le plus fréquemment et régulièrement possible, une liste complète de tous les oiseaux que vous observez de chez vous pendant un laps de temps déterminé. A partir de ces informations, nous calculerons combien d'espèces d'oiseaux peuvent être inventoriées, durant la période de confinement, sans quitter nos domiciles ? Quel sera le maximum en une seule journée ? Combien de données et de listes auront été collectées ? Quelles sont les sites les plus riches en oiseaux ? Toutes ces informations amélioreront par ailleurs notre connaissance de la répartition et du calendrier de séjour ou de reproduction de nombreuses espèces.

Ce programme étant également déployé en métropole et dans d'autres pays d'Europe, nous pourrons comparer nos résultats avec ces pays. Faites gagner la Guyane !

Méthode: Depuis votre jardin, votre balcon ou un lieu proche de votre domicile et pendant au moins 5 minutes (idéalement de 10 minutes jusqu'à 2 heures maximum), comptez tous les oiseaux que vous voyez ou entendez (si vous pouvez les identifier), sans oublier de noter les heures précises de début et de fin du comptage. Répétez ce comptage le plus souvent possible. Saisissez vos observations sur Faune-Guyane sous la forme de listes complètes, en sélectionnant le code étude [ACasa] "Confinés mais aux aguets".

Grâce à l'application NaturaList, saisissez vos observations en direct sans vous soucier de l'heure (mais toujours sous forme de listes complètes) et synchronisez-les plus tard sur Faune-Guyane, d'un seul clic. N'oubliez pas d'indiquer le code étude [ACasa] "Confinés mais aux aguets".

Pour rendre vos observations encore plus pertinentes, pensez à les localiser précisément sur la carte et à indiquer le code nidification.

http://files.biolovision.net/www.faune-guyane.fr/userfiles/Documentsdivers/Oiseaux/TurdusnudigenisLarivot180320O.Tostainfg43901.jpg

Merle à lunettes (Turdus nudigenis) © O. Tostain

 

  • Amphibiens et reptiles : vive la pluie !

Objet : Aidez à préciser la liste et la répartition des amphibiens et reptiles présents en milieu urbain. Bien que les zones urbaines et périurbaines soient déjà relativement bien inventoriées, nous manquons de données précisément géolocalisées pour affiner les modèles de distribution de ces espèces dans les zones urbanisées. Le retour attendu des pluies va induire une reprise de l’activité de l’herpétofaune (en particulier les amphibiens, mais pas seulement !), tenez-vous prêts pour ne pas rater l'évènement !

Méthode : A la tombée de la nuit quand les batraciens commencent à chanter, sortez dans votre jardin avec une lampe pour localiser les chanteurs. Mettez vos données sur Faune-Guyane, localisées précisément (pas au lieu-dit !) et accompagnées de photos. Utilisez l'appli NaturaList pour plus de commodité. N'oubliez pas d'indiquer le code étude [7] "Nature de nos villes".

En cas de doute sur l'identification, utilisez les outils mis à votre disposition dans les onglets Amphibiens et Reptiles de Faune-Guyane ou postez votre photo sur DFG - Détermination de la Faune de Guyane (page Facebook), des spécialistes l'identifieront pour vous et vous guideront dans l'utilisation de Faune-Guyane si nécessaire.

http://files.biolovision.net/www.faune-guyane.fr/userfiles/Documentsdivers/Amphibiens/TrachycephalustyphoniusCayenne171219T.LePapefg41414.jpg

Trachycéphale réticulée (Trachycephalus typhonius), Cayenne © T. Le Pape

 
  • Je ne suis pas seul dans mon jardin : inventaire de la faune locale

Objet: Transformez votre lieu de résidence en observatoire de la faune sauvage. La faune qui nous entoure est souvent méconnue, pas besoin d'aller loin pour voir des choses intéressantes. La période de confinement est l'occasion d'améliorer l'inventaire des espèces urbaines ou périurbaines afin de mieux connaître leur répartition. Ce défi concerne tous les groupes animaux représentés sur Faune-Guyane : oiseaux, mammifères, reptiles, amphibiens, odonates, phasmes.

Méthode: Si vous êtes capable de nommer au moins 1 espèce, vous pouvez signaler vos observations sur Faune-Guyane. Si vous avez un doute sur l'identité de l'animal, envoyez une photo à DFG - Détermination de la Faune de Guyane (page Facebook), des spécialistes l'identifieront pour vous et vous guideront dans l'utilisation de Faune-Guyane si nécessaire. N'oubliez pas d'indiquer le code étude [7] "Nature de nos villes".

 

Bonnes observations malgré le confinement !

Olivier Claessens, Elodie Courtois et Maël Dewynter

 

Agouti au croupion roux © F. Bacuez

posté par Olivier Claessens/gepog
 
mardi 17 mars 2020
Amphibiens
Synthèse 2019 des données Reptiles et Amphibiens de Faune-Guyane

La synthèse cartographique 2019 des données renseignées dans Faune-Guyane pour 134 espèces d'Amphibiens et 173 espèces de "Reptiles" (squamates, tortues et caïmans) vient de paraître. Elle est publiée dans le n°2 d'HERP me!, la nouvelle revue de la Société herpétologique de France. Elle est téléchargeable gratuitement sur le site de la SHF : http://lashf.org/herp-me/, ainsi que sur ce site (menu Amphibiens/Atlas Amphibiens et Reptiles).

Cette synthèse concerne 29 529 données d’Amphibiens et 20 905 données de Reptiles saisies dans Faune-Guyane depuis son ouverture.

Les codes couleurs utilisés dans les cartes permettent de juger de l'avancée des connaissances sur la répartition de notre herpétofaune au cours de la dernière décennie avec un focus sur l'année 2019. Une première synthèse avait été diffusée en 2019 (téléchargeable ici) et nous espérons bien poursuivre selon un rythme de publication annuel.

Les 17 auteurs de cette synthèse sont les personnes qui ont renseigné plus de 1000 données d'Amphibiens et de Reptiles depuis l'ouverture des taxons Amphibiens et Reptiles en 2013. Je réitère ici tous mes remerciements aux naturalistes qui ont accepté de collaborer à cette base de données.

Soyez bien conscient que chaque donnée est précieuse pour nous permettre de prendre le pouls de l'herpétofaune guyanaise. C'est grâce à cela que nous pouvons détecter des déclins d'espèces indigènes ou l'expansion d'espèces exotiques et enclencher en collaboration avec les services de la DGTM (ex DEAL) des actions de conservation.

Maël Dewynter

posté par Olivier Claessens/gepog
 
dimanche 15 mars 2020
Oiseaux
Liste 2020 des oiseaux de Guyane

La liste des oiseaux de Guyane a été mise à jour par le Comité d'Homologation de Guyane (CHG). Cette liste est établie depuis 2005 par le CHG sur la base de données circonstanciées (avec une date, un lieu et un nom d'observateur) et si possible documentées : spécimens dans les collections du Muséum National d'Histoire Naturelle, photos, enregistrements, ou à défaut description écrite suffisamment précise pour écarter tout risque de confusion.

La version 2020 de la liste compte 735 espèces soit 2 de plus qu'en 2019 : l'Océanite à ventre noir (Fregetta tropica) photographié en 2018 et le Crabier chevelu (Ardeola ralloides) photographié en 2019.

Par ailleurs de nombreux changements sont intervenus dans la classification au niveau des familles, des genres ou des espèces, justifiés par les progrès de la phylogénie et entérinés par le South American Classification Committee (SACC) auquel notre liste se réfère.

Ces changements en entrainent d'autres au niveau des noms français :

   - le Canard à bosse (Sarkidiornis melanotos) devient le Canard sylvicole (Sarkidiornis sylvicola) ;

   - l'Évêque bleu-noir (Cyanoloxia cyanoides) devient l'Évêque de Rothschild (Cyanoloxia rothschildii) ;

   - le Platyrhynque olivâtre (Rhynchocyclus olivaceus) devient le Tyranneau olivâtre ;

   - le Platyrhynque jaune-olive (Tolmomyias sulphurescens) devient le Tyranneau jaune-olive ;

   - le Platyrhynque à miroir (Tolmomyias assimilis) devient le Tyranneau à miroir ;

   - le Platyrhynque poliocéphale (Tolmomyias poliocephalus) devient le Tyranneau poliocéphale ;

   - le Platyrhynque à poitrine jaune (Tolmomyias flaviventris) devient le Tyranneau à poitrine jaune ;

   - le Tyranneau des palétuviers (Sublegatus arenarum) devient la (le) Moucherolle des palétuviers ;

   - le Tyranneau ombré (Sublegatus obscurior) devient la (le) Moucherolle de Todd.

Pour tout savoir sur les nouveautés, les changements taxonomiques, les nouveaux noms français ou anglais, les sous-espèces présentes en Guyane et le statut Liste rouge de chaque espèce, la liste 2020 des oiseaux de Guyane peut être téléchargée ci-dessous ou à partir du menu, rubrique Oiseaux / Liste des oiseaux de Guyane.

 

Olivier Claessens, pour le Comité d'Homologation de Guyane

http://files.biolovision.net/www.faune-guyane.fr/userfiles/Documentsdivers/Oiseaux/logoCHGpetitb.jpg

 

Le Crabier chevelu (Ardeola ralloides) fait son entrée dans la Liste des oiseaux de Guyane. Mana, 26/04/2019 © G. Cantaloube

posté par Olivier Claessens/gepog
 
dimanche 8 mars 2020
Inventaire participatif des Chevrettes

En complément de l'inventaire des crevettes d'eau douce actuellement en cours, ONIKHA, en partenariat avec Johan Chevalier, le laboratoire EDB, l'Office Français de la Biodiversité et la DG Territoires et Mer réalise une étude spécifique sur la crevette géante d'eau douce Macrobrachium rosenbergii.

Connue localement sous le nom de chevrette, cette espèce originaire d'Asie a été introduite en Guyane dans les années 1980 à des fins d’aquaculture. C'est la plus grande crevette d'eau douce au monde ! Les mâles adultes peuvent dépasser 30 cm et sont aisément reconnaissables à leurs pinces bleues. Classée invasive dans plus de 40 pays elle peut avoir un impact considérable sur l’équilibre des hydrosystèmes guyanais.

Vous avez observé ou capturé des chevrettes ? N'hésitez pas à nous contacter !
Facebook: Crevettes de Guyane
Mail: crevettesdeguyane@gmail.com
… et bientôt sur Faune-Guyane !

Merci d'avance pour votre contribution à cet inventaire participatif !

Simon Clavier
Directeur

ONIKHA
Conseil et expertise des masses d’eau tropicales
PK 9 Route Degrad Saramaca, 97310 Kourou
Tel : 06 80 35 98 81
www.onikha.fr

 

posté par Olivier Claessens/gepog
 
samedi 7 mars 2020
Pour vos observations précises, utilisez la couche cartographique OpenStreetMap !

Pour localiser précisément vos observations, Faune-Guyane utilise par défaut l'orthophoto (photo satellite) de Google, avec les routes et cours d'eau dessinés par-dessus. Il s'agit de la couche "Google hybride". L'orthophoto est elle-même composée de la juxtaposition de "dalles" photographiques, plus ou moins récentes, couvrant chacune une surface réduite.

Vous l'avez sans doute remarqué : la juxtaposition des photos satellites n'est pas parfaite, on observe souvent un décalage nord-sud de 100 à 200 m entre deux dalles jointives. C'est particulièrement flagrant aux endroits où les routes subissent un décrochement brutal faute d'être parfaitement alignées. Et c'est d'autant plus visible que le plan superposé à l'image est lui-même décalé par rapport à la photo, et dessine parfois un tracé fantaisiste pour recoller les morceaux de routes.

Dès lors, l'observateur qui souhaite placer précisément son observation est face à un dilemme : doit-il se fier à la photo satellite, ou au plan dessiné ? Comment remédier à cette situation ?

Depuis quelques mois, la couche "Google hybride" utilisée par défaut n'est plus la seule option : dans le coin supérieur gauche de l'image, cliquez sur l'icône représentant des couches empilées et choisissez la première : "OpenStreetMap Live". Cette couche est parfaitement positionnée et présente de nombreux avantages : précise, zoomable presque sans limite, intègre les courbes de niveaux... Fruit d'un projet sous licence OpenSource, elle est évolutive grâce aux informations fournies par les utilisateurs eux-mêmes. Bref, c'est sans hésiter la couche cartographique que je recommande.

Je vous conseille également de paramétrer votre compte de façon à ce que cette couche soit celle utilisée par défaut : tout en bas du menu, dans "Mon compte / Personnalisation du site". Quand vous ouvrirez la carte pour saisir une observation précise, ou pour modifier le lieu d'une donnée déjà saisie, c'est celle-là qui apparaîtra.

Quant aux lieux-dits, les plus anciens ont été placés alors que cette couche OpenStreetMap n'était pas disponible. Si certains d'entre eux, en forêt notamment, ont été positionnés à partir de leurs coordonnées réelles, ceux qui ont été placés manuellement sur la carte (par exemple les pK sur les routes) ont souffert de cette imprécision de la photo satellite et se trouvent parfois décalés par rapport à la carte. Leur localisation est corrigée petit à petit, mais cela prendra encore du temps pour les remettre tous à leur place !

Bonne saisie (précise bien sûr !) malgré tout sur Faune-Guyane !

Olivier Claessens

posté par Olivier Claessens/gepog
 
mercredi 4 mars 2020
Amphibiens
La photo du mois de février

Longtemps considérée comme une espèce typique des savanes côtières, la Phylloméduse à lèvres blanches (Pithecopus hypochondrialis) a été découverte ces dernières années le long du bassin du Maroni, dans des secteurs à végétation arbustive (et notamment dans les sites dégradés par l’activité minière). Elle est également connue d’un inselberg du sud de la Guyane où elle fréquente également une végétation pionnière en bordure de savane-roche.

Malgré tout, cette petite phylloméduse aux couleurs élégantes demeure une espèce rare et localisée qui n’avait pas été observée depuis près de 4 ans. Cette observation de Vincent Goanec, sur la commune d’Apatou (https://www.faune-guyane.fr/index.php?m_id=54&mid=43322), apporte une contribution significative à la connaissance de l’espèce.

Maël Dewynter, pour Faune-Guyane

 

Phylloméduse à lèvres blanches (Pithecopus hypochondrialis), Apatou, 23/02/2020 © V. Goanec

posté par Olivier Claessens/gepog
 
lundi 2 mars 2020
Reptiles
Identification des geckos de Guyane

Après les caïmans, les rainettes et les tortues, Maël Dewynter, Elodie Courtois, Thierry Fretey et Jean-Christophe de Massary nous proposent une clé illustrée des 10 espèces de geckos de Guyane. Elle est publiée dans une nouvelle revue appelée HERP me! éditée par la Société Herpétologique de France (SHF).

Vous pouvez la télécharger ici : http://lashf.org/herp-me/ 
ainsi que sur ce site, menu Reptiles / Aide à l'identification des reptiles.

Nous espérons que cette clé permettra d'avoir une meilleure appréciation de la répartition des 3 geckos nocturnes introduits en Guyane et de suivre la dynamique de leur colonisation.

Cette clé nous permettra également d'identifier les petits Sphérodactylidés de la litière, qui ne sont pas si faciles que ça à déterminer et pour lesquels nous avons peu de données. Parmi eux, il faudra être attentif notamment à Pseudogonatodes guianensis, une espèce hyper-discrète qui semble liée à la litière des bords de petites criques sableuses.

Olivier Claessens

 

Pseudogonatodes guianensis, Saül, 5/01/2017 © B. Villette

posté par Olivier Claessens/gepog
 
samedi 22 février 2020
Oiseaux
Café des sciences le 28/02/2020 : le paludisme aviaire chez les colibris

Ne manquez pas le Café des sciences du vendredi 28 février 2020 à 18h30, au Café de la Gare à Cayenne (avenue Léopold Héder), en partenariat avec la Canopée des Sciences.

Depuis plusieurs années, Borja Milá, chercheur au Muséum national d'histoire naturelle de Madrid, travaille sur les oiseaux de la réserve naturelle des Nouragues. Il s'intéresse actuellement à leurs défenses immunitaires, plus particulièrement à l'infection des colibris par le parasite responsable du paludisme aviaire. Contre toute attente, ces derniers sont très largement infectés. Comment survivent-ils ?

Sa conférence sera précédée d'une présentation de la Réserve naturelle des Nouragues par Jennifer Devillechabrolle, conservatrice de cette réserve cogérée par le GEPOG et par l'ONF.

Une soirée qui s'annonce passionnante !

posté par Olivier Claessens/gepog
 
samedi 15 février 2020
Faune-Guyane : ce qui va changer en 2020

Cette année Faune-Guyane s'apprête à faire peau neuve : une nouvelle interface plus sobre, plus moderne ; de nouvelles fonctionnalités ; des possibilités de consultation et de restitution étendues et facilitées, afin que les données toujours plus nombreuses puissent servir encore mieux la connaissance et la conservation de la biodiversité guyanaise.

Pourquoi ces changements ?

Faune-Guyane est née en 2012 sous l'égide de la LPO dans le cadre du programme Life+ CapDom ("Conservation de l'avifaune prioritaire des DOM"). En dépit de son succès grandissant qui lui permet de rassembler aujourd'hui, grâce à vous tous, plus de 660 000 données naturalistes de qualité, de nombreuses fonctionnalités initialement prévues n'ont pu être mises en place et les perspectives d'amélioration du site dans sa version actuelle sont limitées.

Dans le cadre d'un nouveau programme Life ultra-marin, le Life Biodiv'OM, la LPO et la société Biolovision s'apprêtent à donner naissance à deux nouveaux portails Visionature : Faune-Antilles et Faune-Océan indien, qui seront affiliés à Faune-France, lequel fédère depuis deux ans toutes les plateformes Visionature de métropole. Huit ans après son lancement, Faune-Guyane va bénéficier de ce nouvel élan pour se mettre à niveau. En s'alignant sur Faune-France, Faune-Guyane bénéficiera automatiquement de toutes les fonctionnalités actuelles et de tous les développements futurs du portail national.

Faune-Guyane restera Faune-Guyane malgré le changement d'apparence qui le fera ressembler aux autres portails. Afin d'affirmer son identité au sein de la grande famille Faune-France, la création d'un logo pour Faune-Guyane est à l'étude. Il sera coloré, attractif et évocateur de la diversité de la faune guyanaise. Il remplacera le logo du Life+ CapDom qui, cinq ans après l'achèvement du programme, ne sera plus obligé de figurer en première ligne.

Enfin parallèlement à ces changements, le Comité de pilotage de Faune-Guyane, qui réunit les associations partenaires dans la gestion des données, étudie la possibilité d'ouvrir Faune-Guyane à de nouveaux groupes d'invertébrés. Si vous êtes spécialiste d'un groupe taxonomique non représenté aujourd'hui sur Faune-Guyane, merci de vous faire connaître auprès de moi ou d'un autre membre du Comité de pilotage.

Nous reviendrons en temps utile sur chacun de ces sujets !

Bonnes observations et bonne saisie sur Faune-Guyane !

Olivier Claessens

 

Singe-écureuil commun, Saimiri sciureus (Guatemala, 05/02/2020) © Marine Perrier

posté par Olivier Claessens/gepog
 
mardi 11 février 2020
Oiseaux
La photo du mois de janvier

Les parulines (famille des Parulidae) sont des passereaux insectivores, homologues américains des fauvettes européennes. Si les espèces tropicales sont sédentaires (comme la Paruline équatoriale Geothlypis aequinoctialis ou la Paruline des rives Phaeothlypis rivularis), les parulines nord-américaines sont migratrices, contraintes de gagner pour l'hiver des régions bénéficiant d'un climat plus propice à leur régime alimentaire.

Sur la soixantaine d'espèces de parulines nord-américaines, bien peu cependant atteignent la Guyane : la plupart s'arrêtent en Amérique centrale ou aux Antilles, ou choisissent une route plus occidentale les conduisant vers le nord des Andes ou l'ouest de l'Amazonie. Six espèces seulement ont été confirmées à ce jour en Guyane, dont quatre sont des hivernantes régulières : la Paruline jaune (Setophaga aestiva) est de loin la plus commune ; la Paruline des ruisseaux (Parkesia noveboracensis), la Paruline rayée (Setophaga striata) et la Paruline flamboyante (Setophaga ruticilla) sont observées chaque année en petits nombres, mais elles sont sans doute plus abondantes qu'elles n'en ont l'air, passant inaperçues au sein de la mangrove. Quant à la Paruline à gorge orangée (Setophaga fusca) et la Paruline orangée (Protonotaria citrea), elles sont beaucoup plus rares et n'ont fourni chacune que quelques observations en Guyane.

Comme pour beaucoup d'oiseaux migrateurs, les jeunes et les femelles migrent plus loin que les mâles adultes, ce qui explique que ces derniers soient rarement vus dans notre région, comme ce splendide mâle de Paruline flamboyante photographié par Alexandre Vinot.

Olivier Claessens

 

Paruline flamboyante (Setophaga ruticilla), Guatemala, 2/01/2020 © A. Vinot

posté par Olivier Claessens/gepog
 
lundi 3 février 2020
Inventaire participatif des crevettes d'eau douce

ONIKHA, en partenariat avec Johan Chevalier, le laboratoire EDB et l’Office de l’Eau de Guyane, réalise un inventaire des crevettes d’eau douce de Guyane.

Vous êtes un brillant crevettologue ? Un gourmet amateur de décapodes ? Un curieux de nature ?

Vous avez observé ou collecté des crevettes, des chevrettes, des ouassous dans un fleuve, une crique ou un pripri ?

Vous pourrez bientôt saisir vos observations de crevettes sur Faune-Guyane !

En attendant, envoyez vos photos et contactez-nous sur :

                Facebook : Crevettes de Guyane

                Mail : crevettesdeguyane@gmail.com

Un livret illustré des crevettes de Guyane et une invitation à la présentation des résultats seront remis en fin de programme aux contributions significatives !

 

Simon Clavier
ONIKHA
Conseil et expertise des masses d’eau tropicales
PK 9 Route de Degrad Saramaca, 97310 Kourou
Tel : 06 80 35 98 81
www.onikha.fr

posté par Olivier Claessens/gepog
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GEPOG : 431 route d'Attila Cabassou, 97354 Rémire-Montjoly / 05.94.29.46.96 / association@gepog.org «VisioNature est un outil développé avec la collaboration du réseau LPO. Grâce aux technologies Internet, débutants, amateurs et professionnels naturalistes peuvent partager en temps réel leur découverte et ainsi améliorer la connaissance et la protection de la faune»
Biolovision Sàrl (Switzerland), 2003-2020