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samedi 16 janvier 2021
Oiseaux
Oiseaux de France : c’est parti !

« Oiseaux de France », c’est le futur Atlas des oiseaux de France métropolitaine et d’Outre-mer, porté par la LPO. Le GEPOG et Faune-Guyane sont pleinement impliqués dans ce projet qui s’étalera sur 4 années, jusqu’en 2024.

Si en métropole l’enquête démarrera officiellement au printemps, avec la saison de reproduction, en Guyane elle débute maintenant :

Dès à présent, vous pouvez contribuer au projet ODF. Comment faire ?

Toutes les observations sont utiles ! Quel que soit l’endroit et quelle que soit la méthode déployée, elles permettront au minimum de compléter les cartes de présence des espèces. Cependant vous pouvez facilement faire plus encore pour répondre aux objectifs de l’atlas.

  1. Diversifiez vos lieux d’observation. C’est certain : à l’issue des quatre années d’enquête, et quels que soient nos efforts, il restera des trous dans la couverture du territoire. Mais même sur la bande côtière, le long des routes et près de chez nous, il y a des endroits où personne ne s’est encore jamais arrêté pour voir quels oiseaux s’y trouvent. Ces lacunes peuvent facilement et doivent être comblées, pour préciser la répartition des espèces à toutes les échelles et (qui sait ?) pour peut-être y faire des découvertes inattendues.
  2. Localisez précisément chaque observation. A quelques mètres près, une donnée pourra se situer dans une maille, ou dans la maille voisine. Plus important encore, la localisation précise permettra de préciser l’habitat de l’oiseau, et évitera les incohérences entre l’espèce observée et le lieu où elle est signalée. Enfin, la localisation précise permettra dans certains cas de mesurer les distances entre les couples ou nids de la même espèce, et donc de calculer sa densité locale.
  3. N’oubliez pas le code nidification. C’est lui qui permettra de dire, à la lecture de l’atlas, si l’espèce est nicheuse certaine, probable ou possible sur une maille donnée. L’objectif est d’obtenir le plus grand nombre d’indices de nidification certaine, sur le plus grand nombre de mailles. D’autre part, nos connaissances de la biologie des oiseaux souffrent encore de très nombreuses lacunes. Toute observation relative à la nidification est précieuse, en Guyane plus qu’ailleurs !
  4. Faites des listes. La saisie par « liste complète » est la seule qui garantisse que tous les oiseaux vus et identifiés ont bien été notés. Elle permet donc des analyses quantitatives (abondances, phénologie) que les observations isolées ne permettent pas. La saisie par liste est grandement facilitée par l’utilisation de l’application mobile NaturaList.
  5. Saisissez toutes vos observations sur Faune-Guyane. Qu’elles soient sous forme de listes ou isolées, que vous soyez capable d’identifier toutes les espèces ou une seule, chaque donnée compte !

En résumé :

  • Sortez des sentiers battus, en privilégiant de nouveaux sites d’observation (même près de chez vous).
  • Privilégiez la localisation précise pour chaque observation. Evitez la saisie d’observations au lieu-dit, choisissez toujours la saisie d’observations précises en pointant sur la carte.
  • N’oubliez pas le code nidification.
  • Signalez toutes vos observations sur Faune-Guyane, en privilégiant autant que possible la saisie par « liste complète », même si vous ne reconnaissez que quelques espèces.

Le défi est grand, ses difficultés sont connues et bien mesurées, mais nous avons les moyens de le relever avec la participation de tous. N’hésitez plus à apporter votre pierre à cet atlas des oiseaux de Guyane !

Olivier Claessens

Coordinateur de Faune-Guyane et du projet ODF pour la Guyane

 

Répartition connue du Moqueur des savanes (Mimus gilvus) en Guyane. Données Faune-Guyane 1980-2019.

https://cdnfiles1.biolovision.net/www.faune-guyane.fr/userfiles/Documentsdivers/Oiseaux/Mimusgilvusnidif1980-2019.jpg

 

Moqueur des savanes (Mimus gilvus) © M. Giraud-Audine.
Transport de nourriture = code 16, indice de nidification certaine.

posté par Olivier Claessens/gepog
 
samedi 9 janvier 2021
2020, un grand cru pour Faune-Guyane

L’année 2020 aura été une année faste pour Faune-Guyane. Les circonstances si particulières qui ont pendant plusieurs mois perturbé nos vies et nos activités naturalistes n’ont pas été un frein pour Faune-Guyane. Au contraire ! Retour sur les chiffres clés et les évènements de 2020.

En mars, le confinement mettait un brutal coup d’arrêt aux sorties sur le terrain, excepté dans un rayon restreint autour de nos habitations. Loin de s’en trouver ralentie, l’observation de la nature a au contraire été stimulée par cette situation inédite (voir l’actualité du 16/05/2020) ! L’opération ACasa (« Confinés mais aux aguets ») n’a peut-être pas trouvé ici l’écho qu’elle a eu en métropole, mais elle a tout de même permis de collecter près de 6000 données ornithologiques, dont les deux tiers sous forme de listes complètes. De nouveaux observateurs et contributeurs actifs se sont révélés à cette occasion.

A la fin de l’année, on dénombrait 1267 comptes d’utilisateurs, dont 177 nouveaux inscrits en 2020.

2020 a vu l’arrivée de trois nouveaux groupes taxonomiques sur Faune-Guyane : les mantes, les escargots et les scorpions (voir l’actualité du 31 octobre), portant à 12 le nombre de groupes disponibles à la saisie.

Le bilan des observations saisies sur Faune-Guyane est exceptionnel : pour la première fois, on dépasse le cap symbolique des 100 000 données par an : 578 contributeurs actifs ont fourni en tout 114 734 données, soit un bond de 36 % par rapport à l’année passée ! C’est même mieux qu’en 2015, année d’importation des archives du GEPOG. Après une baisse « accidentelle » en 2019, les oiseaux affichent une progression spectaculaire avec plus de 100 000 données. Les odonates s'illustrent également avec plus de 3000 données saisies, soit 1000 de plus qu’en 2019.

Nombre de données saisies par groupe :

https://cdnfiles1.biolovision.net/www.faune-guyane.fr/userfiles/Documentsdivers/news/BilanFaune-Guyane2020proportionstaxonsb.jpg

 

https://cdnfiles1.biolovision.net/www.faune-guyane.fr/userfiles/Documentsdivers/news/BilanFaune-Guyane2020toustaxons_1.jpg

 

D’autres statistiques et représentations peuvent être consultées à partir du menu de gauche, rubrique Actu, aide, stats / Statistiques d’utilisation.

Enfin, 65 actualités, plus d’une par semaine, vous ont été proposées sur ce site.

En ce début d’année, le Comité de pilotage et tous les validateurs de Faune-Guyane vous remercient pour vos précieuses contributions et vous souhaitent une année 2021 tout aussi intense et riche en observations naturalistes !

Olivier Claessens

posté par Olivier Claessens/gepog
 
samedi 2 janvier 2021
Chauves-souris
La photo du mois de décembre

Avec un tel pelage, on pourrait penser que les Diclidurus sont parfaitement adaptés pour vivre dans des contrées enneigées… Il n’en est rien. Ces chauves-souris sont présentes uniquement dans les régions tropicales d’Amérique du Sud. Elles sont strictement insectivores et chassent la plupart du temps à grande hauteur. Elles ont comme particularités morphologiques d’être entièrement blanches et d’avoir des ailes translucides avec les avant-bras roses.

Il existe en Guyane au moins deux espèces, différenciées par leur taille. La plus grande est Diclidurus ingens (13 gr) et la plus petite Diclidurus scutatus (10 gr). On peut voir cette dernière voler autour des grands lampadaires des villes ou villages, parfois même autour des projecteurs des terrains de sport ou elles chassent les insectes attirés par la lumière. Il est exceptionnel de les voir posées, car leurs gîtes sont probablement haut en canopée.

Nous savons peu de choses concernant leur biologie en raison de la difficulté d’étudier les chiroptères de canopée. Cette photo d’Elodie Courtois est l’un des très rares documents provenant de Guyane nous permettant d’apprécier son physique particulier et sa somptueuse blancheur.

Sylvain Uriot

 

« Dame blanche » indéterminée (Diclidurus sp.), Papaïchton, 16/12/2020 © E. Courtois

posté par Olivier Claessens/gepog
 
mercredi 30 décembre 2020
Oiseaux
Du nouveau au CHG

https://cdnfiles1.biolovision.net/www.faune-guyane.fr/userfiles/Documentsdivers/Oiseaux/logoCHGpetit_1.jpg

 

 

Le Comité d’Homologation de Guyane (CHG) s’est réuni le 12 décembre comme il le fait chaque année. Nous partageons ici les principales décisions qui sont intervenues à cette occasion.

 

  • Rappel du rôle du CHG

Ce comité fondé en 2005 assure trois fonctions fondamentales pour l’ornithologie guyanaise :

  • Réviser, puis tenir à jour la liste des oiseaux de Guyane. Cette mise à jour se fait à partir des données homologuées pour l'inclusion de nouvelles espèces dans la liste, et par une veille taxonomique permanente pour ce qui est de la nomenclature et de la systématique. Pour rappel, le CHG suit la classification et la nomenclature scientifique et anglaise adoptées par le South American Classification Committee (SACC).
  • Contrôler et garantir la fiabilité des données d'espèces rares, occasionnelles ou nouvelles dans le département.
  • Définir la liste des espèces soumises à homologation. Cette liste est régulièrement discutée et actualisée en fonction de l’évolution des connaissances.

Ces actions permettent d’assurer une crédibilité dans le paysage ornithologique mondial.Rappelons que le CHG effectue ce travail bénévolement.

  • Composition du comité

Le comité est actuellement composé de 7 membres : Olivier TOSTAIN, Sylvain URIOT, Quentin URIOT, Vincent RUFRAY, Paul LENRUME, Olivier CLAESSENS et Hugo FOXONET qui vient de nous rejoindre. Serge SANTOJA, membre depuis 2013, a souhaité depuis un an s’écarter temporairement du CHG pour raisons personnelles ; selon ses possibilités il continue toutefois de participer aux discussions.

Olivier CLAESSENS, secrétaire depuis 2009, a décidé de céder cette fonction à Hugo FOXONET et Paul LENRUME à partir de 2021.

Nous tenons ici à le remercier infiniment pour le travail absolument considérable qu’il a effectué avec une grande qualité et un investissement total durant toutes ces années. Il reste membre de l’équipe et il continuera de gérer la Liste des Oiseaux de Guyane actualisée chaque année.

Vos questions relatives au CHG, vos photos ou enregistrements d’espèces soumises à homologation, doivent donc désormais être adressés à lenrumepaul@yahoo.fr ou à comité.homologation.guyane@gmail.com.

L’équipe n’est pas figée, elle évolue, ainsi des observateurs peuvent faire part de leur souhait d’intégrer le comité. Ces candidatures seront évaluées par le CHG.

  • Liste des espèces soumises à homologation

Trois espèces ne sont plus soumises à homologation : Bécassine géante (Gallinago undulata), Bécassine de Magellan (Gallinago paraguaiae) et Râle concolore (Amaurolimnas concolor). En effet, ces espèces sont signalées de plus en plus fréquemment, notamment grâce à la maîtrise des vocalisations par un nombre croissant d’observateurs. Cependant, toutes les données de ces espèces continueront à être contrôlées avec vigilance par le réseau de validateurs de Faune-Guyane qui pourra, le cas échéant, vous demander de préciser votre observation. Tout document (photo ou enregistrement) permettant d’étayer la donnée reste bienvenu pour faciliter sa validation.

Une espèce sera désormais soumise à homologation : Synallaxe ponctué (Cranioleuca gutturata). Ce passereau très rare selon nos connaissances actuelles et d’observation difficile peut aisément être confondu.

Ces changements s’appliquent dès le 1er janvier 2021.

  • Modification du fonctionnement du CHG et du processus d’homologation

Face à la masse de travail accrue ces dernières années, le CHG a pris du retard dans le processus d’homologation et tient ici à s’en excuser auprès des observateurs. Sachez cependant que toutes les données qui nous sont transmises sont précieusement conservées et seront examinées avec soin le moment venu. Les changements décidés dans le processus d’homologation qui sont détaillés ci-dessous visent à faciliter le travail du CHG, notamment du secrétaire, et doivent nous permettre de résorber le retard pris.

Pour les observateurs, la nouveauté est liée à la suppression de la fiche descriptive à envoyer au CHG pour les espèces soumises à homologation. La fiche descriptive s’appliquait aux données non documentées sur Faune-Guyane, c’est-à-dire sans photos présentant les critères diagnostics et/ou enregistrements sonores de qualité suffisante pour certifier l’identification.

Cette fiche sera désormais remplacée par l'ensemble des informations contenues dans la donnée sur Faune-Guyane. Ainsi, nous vous proposons de compléter au maximum la description directement dans le volet « Remarque » (ou « Remarque protégée ») de votre donnée sur Faune-Guyane. Ce fonctionnement simplifié ne dispense pas d’une certaine rigueur, ainsi certains détails de description demeurent essentiels en vue de l’évaluation de la donnée par le CHG.

Les éléments à indiquer en remarque sur FG :

  • Mentionner votre connaissance antérieure de l’espèce ou non.
  • Durée et distance de l’observation.
  • Mentionner le milieu naturel dans lequel évolue l’oiseau observé.
  • Description la plus complète possible en fonction de votre observation (taille, comportement, plumage, vocalisations…).
  • Expliquer pourquoi vous excluez avec certitude les espèces proches.

Cette observation d’un Ibis falcinelle par Julien Piolain fournit un exemple d’une telle description.

Si le CHG juge la description insuffisante, il vous demandera via Faune-Guyane de compléter votre remarque avant que celle-ci ne soit évaluée par le comité. Il est évidemment dans votre intérêt d’être le plus précis possible. Si vous n’apportez pas les compléments attendus, votre donnée risque de se voir invalidée faute d’élément permettant son évaluation. Suite au vote du CHG, si votre donnée est invalidée, vous recevrez un mail via Faune-Guyane et la donnée sera marquée d’un point rouge et d’une clé indiquant qu’elle n’est plus visible du public https://cdnfiles1.biolovision.net/www.faune-guyane.fr/userfiles/Documentsdivers/modedemploi/FGpictodonneinvalide.jpg. Si elle est validée, vous verrez apparaître le pictogramme https://cdnfiles1.biolovision.net/www.faune-guyane.fr/userfiles/Documentsdivers/modedemploi/chgaccepted.gif sur votre donnée.

Régulièrement, le comité se voit ainsi contraint de rejeter des données (alors que l’espèce proposée est probablement la bonne) car la description est insuffisante et ne permet pas d’exclure une espèce proche morphologiquement. Une donnée refusée n’a pas valeur de jugement envers l’observateur, mais c’est hélas une donnée perdue.

Dans certains cas, le CHG peut faire preuve de flexibilité. Par exemple, si l’oiseau (le même individu) a déjà été observé au même endroit au cours de la saison et a déjà fait l’objet d’une description ou de photos permettant son homologation ; ou si votre expérience de cette espèce est avérée par des données antérieures documentées et sur la même localité et que le doute sur l’identification peut être raisonnablement écarté : dans de tels cas, le CHG pourra se satisfaire d’une description plus sommaire.

Il s’agit de faire preuve de bon sens, d’adaptabilité et de pragmatisme. Cependant, ces cas doivent rester des exceptions. Afin d’éviter les dérives, il convient d’essayer de documenter au maximum les observations d’espèces soumises à homologation.

Merci d’avance pour votre coopération.

Nous sommes disponibles pour répondre à vos interrogations.

Paul Lenrumé

lenrumepaul@yahoo.fr
comité.homologation.guyane@gmail.com
.

 

Les observations de Synallaxe ponctué (Cranioleuca gutturata), une espèce rare en Guyane, sont désormais soumises à homologation. Camp Arataï, 25/02/2020 © S. Uriot.

posté par Olivier Claessens/gepog
 
samedi 26 décembre 2020
Oiseaux
Bientôt un Atlas des oiseaux de Guyane !

2021-2024 : c’est la période choisie par la LPO avec ses partenaires d’Outre-mer pour la réalisation d’un nouvel Atlas des oiseaux de France. Pour la première fois, cet atlas national englobera les départements et territoires d’Outre-mer. Un atlas en ligne, dynamique (mis à jour en continu) et interactif, qui concernera toutes les espèces : nicheuses, migratrices ou hivernantes sur le territoire. Avec au niveau national un triple objectif :

  • Actualiser les cartes de répartition des espèces, avec les indices de nidification.
  • Affiner les estimations des tailles de populations.
  • Estimer les tendances démographiques, en développant et en intégrant à l’atlas tous les suivis qui existent déjà tels que le STOC-EPS (Suivi des oiseaux communs) ou les suivis spécifiques.

Le GEPOG a décidé de s’associer à ce projet ambitieux. Dès le 1er janvier donc, vos observations seront automatiquement intégrées à ce futur atlas dénommé Oiseaux de France (ODF). Un site internet dédié (disponible à partir de mars 2021), créé par la LPO, connecté à Faune-Guyane, montrera en temps réel et tout au long de l’enquête la progression des prospections et les lacunes qui restent à combler.

Rassurez-vous : toutes vos observations antérieures à 2021 serviront aussi et permettront de compléter les cartes de répartition des espèces. Les objectifs et les méthodes préconisées seront bien sûr adaptés à la Guyane, nous y reviendrons.

Même si nous n’atteignons pas tous les objectifs fixés au niveau national, ce premier atlas de l’avifaune guyanaise constituera grâce à nos efforts collectifs un pas de géant dans la connaissance de notre avifaune et pour sa conservation. Prêts pour relever le défi ?

A vos jumelles ! Bonnes observations et bonne saisie sur Faune-Guyane.

Olivier Claessens

Coordinateur de Faune-Guyane et du projet ODF pour la Guyane

 

Quelles sont la répartition précise et la taille de la population du Manakin tijé (Chiroxiphia pareola) en Guyane ? Deux questions auxquelles l’atlas Oiseaux de France s’attachera à répondre (photo © C. Marty)

posté par Olivier Claessens/gepog
 
samedi 19 décembre 2020
Mantes
A propos des mantes et des escargots sur Faune-Guyane

"Depuis le 31 octobre 2020, toutes les mantes sont disponibles sur Faune-Guyane… Toutes ? non ! Car jusqu’à hier un certain nombre d’espèces résistaient encore et toujours au contributeur".

La raison en est que, dans notre hâte de voir ces insectes sur Faune-Guyane, nous avons ouvert ce groupe à la saisie alors que la liste d’espèces disponibles était incomplète. Et le nombre d’espèces manquantes était plus grand que prévu, de sorte que vous avez pu vous sentir frustré(e) de ne pas trouver dans la liste l’espèce pourtant dûment identifiée et d’être obligé(e) de la saisir en « mante indéterminée ».

Ce problème est désormais réglé : les espèces irréductibles ont été intégrées à la liste, et toutes les observations de « mante indéterminée » peuvent dès à présent être réattribuées à la bonne espèce.

Pour les escargots, le problème était inverse : par erreur et dans la précipitation, c’est l’intégralité des espèces d’escargots de France qui a été ouverte à la saisie ! Le valeureux contributeur avait de quoi se perdre… Il nous faut désormais refermer une à une toutes les espèces non guyanaises, sans nous tromper, une opération qui prendra quelques jours.

En attendant, ce groupe a été entièrement désactivé, mais il reste disponible sur demande expresse adressée à olivier.claessens@gepog.org. Il sera à nouveau ouvert à tous dès que la liste d’espèces aura été épurée.

Merci pour votre compréhension, et bonnes observations !

Olivier Claessens

 

Liturgusa milleri (Mana, 13/03/2020) © Q. Uriot

posté par Olivier Claessens/gepog
 
mercredi 9 décembre 2020
Un Atlas de la Biodiversité Communale pour Mana !

L’Atlas de la Biodiversité Communale (ABC) est un outil pour améliorer les connaissances sur la biodiversité d'un territoire. Il permet de s’approprier les enjeux de biodiversité et de construire ensemble des recommandations pour le développement du territoire. La commune de Mana se lance dans l'aventure, avec l'appui du GEPOG et de l’association Muntu Gwiyann. Le but étant de mieux connaître la biodiversité de Mana pour, à terme, concilier environnement et aménagement du territoire. Pour cela, des inventaires seront réalisés. Ils se concentreront essentiellement sur les poissons, les végétaux, la faune chassable et les oiseaux.

L'ABC de Mana se compose de deux grandes parties :

  • les inventaires scientifiques organisés lors de sessions intensives sur le terrain avec les naturalistes ;
  • les inventaires participatifs grâce à l’appui des habitants, associations et socio- professionnels.

Pour connaitre et suivre la biodiversité, la collecte d’informations implique de mobiliser un grand nombre d’observateurs (vous êtes partout, tout le temps) afin d’obtenir des résultats significatifs.

Alors n’hésitez pas à partager vos observations de la faune et de la flore sur la commune de Mana, par l’intermédiaire de Faune-Guyane !

Ou contactez-nous pour rejoindre le groupe de bénévoles de l’ABC de Mana à l’adresse : abcmana.muntugwiyann@gmail.com.

Suivez l’actualité de l’ABC sur la page Facebook https://www.facebook.com/ABCMana973, Instagram https://www.instagram.com/biodiversitemana/ ou en vous inscrivant à la newsletter.

Téléchargez l'affiche de l'ABC de Mana.

posté par Olivier Claessens/gepog
 
samedi 5 décembre 2020
Reptiles
Amphibiens et reptiles de Guyane sous protection

La Guyane, territoire français d’Amazonie, abrite une faune herpétologique terrestre particulièrement diverse. Actuellement, 124 espèces d’amphibiens (dont 115 anoures et 9 gymnophiones) et 161 espèces de reptiles (44 lézards, 3 amphisbènes, 99 serpents, 11 tortues terrestres et 4 caïmans) y sont répertoriées.

L’arrêté ministériel du 19 novembre 2020 paru au Journal Officiel vient couronner quatre années de travail pour la protection des amphibiens et reptiles de Guyane française. Ce texte assure la protection intégrale de 24 espèces d’amphibiens et 32 espèces de reptiles (21 amphibiens et 23 reptiles protégés avec habitats ; 3 amphibiens et 9 reptiles sans leur habitat) ainsi que l'interdiction de commercialisation et d'exportation pour le reste des espèces. Un article a été consacré au cas de l’Iguane commun (Iguana iguana) qui reste chassable et commercialisable sur le territoire de la Guyane dans la limite des quotas et périodes de chasse imposés par l'arrêté préfectoral d'avril 2011.

Référence de l’arrêté : https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000042601805

Le texte intégral de l'arrêté ministériel peut aussi être téléchargé ci-contre, sous le menu Reptiles ou Amphibiens (au choix).

 

L'Anomaloglosse de Granville (Anomaloglossus degranvillei) est endémique de Guyane française et connue de seulement deux localités à ce jour. Cette espèce qui fréquente les petites criques forestières est désormais intégralement protégée avec son habitat (@ Maël Dewynter).

posté par Olivier Claessens/gepog
 
jeudi 3 décembre 2020
Amphibiens
La photo du mois de novembre

C’est un amphibien parmi les plus étranges de Guyane, tant par sa morphologie originale et que par ses mœurs exclusivement fouisseuses, qui vous est présenté à travers le cliché de Quentin Uriot pour cette photo du mois.

Un temps considérée comme rarissime sur le territoire, la Grenouille taupe étoilée (Synapturanus sp. 1) serait surtout très difficile à contacter lors des phases d’inventaires sur le terrain. En effet, outre son mode de vie souterrain qui ne facilite pas les rencontres, sa saison de reproduction (et donc de chants des mâles) serait restreinte à une très courte période en amont de la vraie saison des pluies, un moment parfois délaissé par les herpétologues. Les connaissances sur cette espèce et les observations des naturalistes acquises ces dernières années confirment toutefois sa présence sur de nombreux secteurs à l’est et au sud du fleuve Approuague.

En novembre 2020, une mission d’expertise écologique menée sur les montagnes des Trois Pitons (Régina) a confirmé l’abondance et l’omniprésence des Synapturanus dont les chants caractéristiques ont été entendus dans la totalité des zones forestières parcourues.

Benoît Villette

 

Grenouille taupe étoilée (Synapturanus sp. 1), Montagne des Trois Pitons, 09/11/2020 © Q. Uriot

posté par Olivier Claessens/gepog
 
samedi 21 novembre 2020
Odonates
L’Anax porte-selle, un grand migrateur à rechercher !
Au sein du vaste groupe des odonates, il est une espèce qui se distingue par l'ampleur de ses mouvements migratoires : l’Anax porte-selle, Anax ephippiger.
 
Originaire d’Afrique, d’Asie et d’Europe du sud, cette grande libellule est aisément reconnaissable à sa « selle » bleue à la base de l’abdomen qui détonne par rapport à sa coloration globale brun jaunâtre. Une partie de ses populations ont pour habitude de parcourir de très grandes distances,
notamment entre l’Europe et l’Afrique subsaharienne, mais des individus pionniers ont été observés jusqu’en Ecosse ou en Scandinavie, et même jusqu’en Islande où elle est la seule espèce de libellule connue, au cours d’années d’« invasions ».
 
Peu de temps après être devenue très régulière en Europe en provenance d’Afrique tropicale, sans doute une conséquence du réchauffement climatique, l’espèce semble être passée à la vitesse supérieure puisqu’elle a été observée pour la première fois sur le continent américain en 2002. C’est en Guyane qu’a eu lieu cette grande première, non loin du bourg de Sinnamary (Machet & Duquef 2004) ! Depuis, les observations sont devenues de plus en plus régulières, notamment dans les Antilles, comme le montre la carte ci-dessous extraite de l'article de Hedlund et al. (2020) :
 
https://cdnfiles1.biolovision.net/www.faune-guyane.fr/userfiles/Documentsdivers/Odonates/Hedlundetal2020Anaxephippiger.jpg
 
La reproduction de l’espèce ayant été prouvée récemment à Curaçao (Hedlund et al. 2020), on peut s’interroger : pourquoi ne se reproduirait-elle pas en Guyane étant donné que c’est ici qu’elle a été observée pour la première fois ? Depuis le début du mois, une observation faite au lycée de Matiti et une autre probable dans les savanes d’Organabo viennent nous rappeler que c’est le moment de rechercher cette rareté, qui devrait pouvoir se rencontrer jusqu’en mars au vu des dates des autres données américaines.
 
L’Anax porte-selle affectionne pour sa reproduction les petites pièces d’eau peu profondes en milieu ouvert : les savanes, friches et autres pâtures humides pourraient lui convenir. En migration, on peut potentiellement l’observer sur l’ensemble de la bande littorale. Alors ouvrez l’œil, et n’oubliez pas de prendre des photos même si l’espèce est facile à identifier !
 
Pour plus d’informations sur le statut de cette espèce sur le continent américain, n’hésitez pas à consulter l’article à ce sujet paru cette année dans l’International Journal of Odonatology !
 
Julien Piolain
 
Références :
  • Machet, P. & Duquef, M. (2004). Un visiteur inattendu et de taille ! … Hemianax ephippiger (Burmeister 1839) capturé à la Guyane française. Martinia 20 (3) : 121–124.
  • Hedlund, J., Ehrnsten, E., Hayward, C., Lehmann, P. & Hayward, A. (2020). New records of the Paleotropical migrant Hemianax ephippiger in the Caribbean and a review of its status in the Neotropics. International Journal of Odonatology, DOI: 10.1080/13887890.2020.1787237.
 
Anax porte-selle (Anax ephippiger), Rémire-Montjoly 12/02/2019 © E. Sansault

posté par Olivier Claessens/gepog
 
dimanche 15 novembre 2020
Nouveau : Atlas critique de la Guyane

Le CNRS vient d'éditer un Atlas critique de la Guyane. Sous la direction de Matthieu Noucher et Laurent Polidori, cet ouvrage collectif et pluridisciplinaire de 335 pages offre une vision nouvelle et originale de la Guyane d'hier et d'aujourd'hui, en confrontant les données et les points de vue et en bousculant au passage quelques idées reçues. Géographie, histoire, anthropologie, sociologie, langues, écologie, botanique, archéologie... sont ainsi revisitées et expliquées à l'aide de cartes historiques ou contemporaines. 85 scientifiques, spécialistes dans leur domaine, ont participé à l'écriture des chapitres, tous passionnants. 

Ce patchwork cartographique aborde des thèmes cruciaux comme les frontières, l'évolution du littoral, la circulation des personnes, l'orpaillage, la forêt, la biodiversité, la toponymie, le foncier, l'urbanisme, les relations géopolitiques... Tandis que les deux derniers chapitres "Imaginer - la Guyane par les cartes" et "Oublier - le blanc des cartes" réinterrogent le pouvoir des cartes jusque dans leurs suppositions ou omissions.
 
Les données de Faune-Guyane ont été utilisées dans cet atlas pour illustrer l'évolution dans l'espace et au cours du temps de l'effort de collecte de données naturalistes. Les auteurs envisagent désormais d'aller plus loin dans cette analyse qui nous concerne directement. A suivre donc ! 
 

Conférence : "Guyane, d'autres cartes sont possibles". Mardi 17 novembre à l'Univesité de Guyane, Cayenne (18h-20h). Entrée libre.

posté par Olivier Claessens/gepog
 
samedi 7 novembre 2020
Faune-Guyane s'apprête à faire peau neuve

Nous l'évoquions dans une actualité le 15/02/2020 : l'évolution de Faune-Guyane pour devenir 100 % compatible avec Faune-France suit son cours. Le projet, approuvé par le Comité de pilotage, était annoncé de longue date mais il avait pris du retard sans que nous ayons d'informations très précises sur l'avancement des travaux.

Après plusieurs mois de travail en silence par les ingénieurs de Biolovision, la mutation de Faune-Guyane est désormais imminente: elle devrait intervenir dans les prochaines semaines, peut-être même dans les prochains jours !

Nous ne savons pas encore comment cela se traduira concrètement : il n'est pas certain que l'apparence du site change radicalement. Le changement consistera au minimum en l'apparition de nouvelles fonctionnalités, dont nous reparlerons le moment venu. A vrai dire, un certain nombre de changements plus ou moins perceptibles ont déjà eu lieu sur Faune-Guyane au cours des derniers mois, pour la plupart d'entre eux de manière totalement "indolore" pour les utilisateurs…

Ces changements devraient néanmoins rendre la saisie des données et surtout leur exploitation plus faciles, tout en réduisant considérablement les coûts et les difficultés de gestion du site pour Biolovision.

Olivier Claessens

 

Couresse faux-corail (Erythrolamprus aesculapii) s'apprêtant à muer, 25/03/2015 © D. Baudain

posté par Olivier Claessens/gepog
 
mercredi 4 novembre 2020
Oiseaux
La photo du mois d'octobre

Le Sucrier à ventre jaune n'est pas un oiseau rare, mais il fallait le talent de Denis Faure pour immortaliser d'une façon aussi parfaite et non sans poésie l'instant fugitif de l'accouplement !

Merci à Denis de partager sur Faune-Guyane cette sublime photo, malgré la perte de qualité engendrée par la publication sur ce site. Une perte de qualité (relative) souvent déplorée, mais justifiée par le poids (lui aussi relatif) des photos sur les serveurs et l'optimisation de l'utilisation des ressources informatiques. Heureusement, cette perte est largement compensée par l'intérêt des photos publiées sur Faune-Guyane.

L'occasion pour nous de rappeler que la nidification de nombreuses espèces guyanaises est encore très mal connue : phénologie, description et situation du nid, nombre d'œufs ou de jeunes, durées d'incubation et de dépendance des jeunes, comportements… Toutes les observations sont donc précieuses, mais elles ne pourront être exploitées que si le code nidification est bien renseigné. Pensez-y !!!

Olivier Claessens

 

Sucriers à ventre jaune (Coereba flaveola), camp Patawa, 04/10/2020 © D.Faure

posté par Olivier Claessens/gepog
 
samedi 31 octobre 2020
Faune-Guyane s'agrandit !

Sur Faune-Guyane, la validation des données est la "clé de voûte" qui garantit la qualité de la base de données et la fiabilité des analyses qui pourront en être faites. C'est pourquoi l'élargissement de Faune-Guyane à de nouveaux groupes taxonomiques est très progressif : pour chaque nouveau groupe, nous devons pouvoir nous appuyer sur au moins un spécialiste qui s'engage à prendre en main la validation des données entrantes et l'animation du site.

Nous avons le plaisir de vous annoncer l'ouverture de trois nouveaux groupes d'invertébrés ! Dès ce dimanche 1er novembre, vous pouvez saisir sur Faune-Guyane ou sur NaturaList vos observations concernant :

  • les gastéropodes terrestres ("escargots") : référent et validateur Benoît Fontaine, avec l'aide d'Olivier Gargominy (MNHN).

       Clé d'identification des escargots de Guyane, à télécharger depuis Playstore sur votre mobile ou tablette : Biodiversiclés, puis télécharger la base "Escargots de Guyane". La clé est également consultable ici.

En attendant des outils semblables pour les mantes ou les scorpions, vos photos peuvent être envoyées directement à la personne référente, ou postées sur le groupe Facebook DFG – Détermination de la Faune de Guyane, où des spécialistes vous aideront à les identifier. L'identification n'est pas une fin en soi : n'oubliez pas de saisir ces observations sur Faune-Guyane !

Afin de permettre la validation des données une photo sera obligatoire, au moins dans un premier temps.

Comme cela s'est passé pour les groupes déjà ouverts, notamment les odonates, nous comptons sur l'émergence de nouveaux experts parmi les utilisateurs pour renforcer peu à peu les comités de validation et participer ainsi à ce travail primordial de contrôle de qualité.

Faune-Guyane s'enrichit donc, pour servir toujours mieux la connaissance et la protection de la biodiversité guyanaise.

Toute l'équipe de Faune-Guyane vous souhaite beaucoup de plaisir naturaliste !

Olivier Claessens, pour le CoPil de Faune-Guyane

 

Neocyclotus pari © O. Gargominy

posté par Olivier Claessens/gepog
 
samedi 24 octobre 2020
Oiseaux
Le Faucon aplomado : un visiteur rare

Le Faucon aplomado est un visiteur rare en Guyane. Vu pour la première fois en 2008 à Kourou (A. Vinot) et dans les rizières de Mana (L. Gauthier, R. Wongsopawiro, A. Martin), il n'a été signalé qu'un an sur deux depuis 2012 (voir les rapports du Comité d'Homologation de Guyane).

Sa répartition s'étend de manière discontinue de l'extrême sud des Etats-Unis (où il a fait l'objet de programmes de réintroduction) et du Mexique jusqu'en Terre de Feu, mais évite le bloc amazonien. Il occupe des milieux très ouverts voire semi désertiques, tels que savanes, prairies et hauts plateaux.

Le Faucon aplomado n'est pas réellement migrateur, bien que son statut ait été controversé. Les mouvements détectés relèvent plutôt d'un nomadisme de la part d'immatures ou d'adultes une fois la nidification terminée, qui amène quelques individus à se montrer en dehors de l'aire de reproduction. L'origine des oiseaux observés en Guyane est encore inconnue. La plupart des observations étant concentrées à l'automne, on peut néanmoins supposer qu'ils proviennent des populations situées au nord de notre département, peut-être du Venezuela, qui suivraient les migrateurs nord-américains.

Se nourrissant surtout d'oiseaux et d'insectes, il n'est pas étonnant que la majorité des observations aient eu lieu dans les rizières de Mana qui, par leur physionomie et les importantes populations d'oiseaux nicheurs ou migrateurs qu'elles hébergent, constituent un site de choix pour ce faucon. Faute d'un suivi régulier, les observations y sont le plus souvent ponctuelles. Le record de durée de séjour en Guyane est détenu pour l'instant par un oiseau qui avait stationné au moins 3 semaines à Maripasoula en 2012. L'individu découvert le 7 octobre par Grégory Cantaloube et revu ensuite par d'autres observateurs chanceux fera-t-il mieux ?

Olivier Claessens

 

Faucon aplomado (Falco femoralis), rizières de Mana, 7/10/2020 © G. Cantaloube

posté par Olivier Claessens/gepog
 
samedi 10 octobre 2020
La réserve naturelle de l'Île du Grand Connétable, inscrite sur la Liste Verte de l'UICN

Depuis le 30 septembre 2020, la Réserve Naturelle de l'Ile du Grand Connétable est officiellement inscrite sur la Liste Verte de l'UICN.

La Liste Verte distingue des sites naturels protégés pour la qualité de leur gestion. Seulement 49 sites répartis dans 15 pays bénéficient de ce label. Sur les 9 sites protégés français candidats à la Liste Verte, seule la réserve du Grand Connétable y a été inscrite cette année : https://uicn.fr/1-nouveau-site-francais-inscrit-sur-la-liste-verte-des-aires-protegees/?fbclid=IwAR2NQtzI7rSIrugqU1NXPFytaEjhQzSjU1n_VnQpr2AyTYE61qnPxK85xAQ.

Débuté il y a plus d'un an sous l'impulsion de Kévin Pineau, alors conservateur de la réserve, cette démarche s'est terminée récemment avec une évaluation par un comité international de l'UICN.

Cette inscription est avant tout une belle reconnaissance de la gestion efficace du site et de l'atteinte des objectifs fixés. Les comités nationaux et internationaux ont aussi souligné la capacité des gestionnaires à fédérer les acteurs, à inscrire des partenariats et à mobiliser des fonds.

Cette distinction permettra à la réserve naturelle de l'Île du Grand Connétable d'être sur le devant de la scène lors du Congrès mondial de l'UICN en 2021 à Marseille. Ce label devrait aussi faciliter la recherche de financements pour les futures actions de la réserve en faveur de la préservation des espèces qu'elle abrite.

L'île du Grand Connétable est l'unique site de reproduction de colonies d'oiseaux marins (Frégates superbes, Sternes royales, fuligineuses et de Cayenne, Noddis bruns, Mouettes atricilles…) sur tout le plateau des Guyanes. C'est aussi une réserve marine qui héberge notamment Tortues vertes, Mérous géants et Sotalies. La réserve créée en 1992 est gérée depuis 2008 par le GEPOG, d'abord en partenariat avec l'ONCFS, puis seul depuis 2016. Amandine Bordin en est aujourd'hui la conservatrice.

Félicitations à toute l'équipe actuelle et ancienne de la Réserve : conservateurs(trice), gardes et techniciens pour les efforts fournis et le succès aujourd'hui récompensés !

Olivier Claessens

Île du Grand Connétable © K. Pineau/RNNC

posté par Olivier Claessens/gepog
 
vendredi 2 octobre 2020
Oiseaux
La photo du mois de septembre

Les photos d'identité sont rarement à notre avantage… même pour un Pluvier bronzé (Pluvialis dominica), cet "aristocrate parmi les oiseaux" comme le désignaient Gabrielson et Lincoln (1959 - The Birds of Alaska).

Le Pluvier bronzé est un migrateur régulier mais peu abondant en Guyane, au cours de la migration postnuptiale en septembre-octobre. Quelques centaines d'oiseaux (jusqu'à 2000 certaines années) s'arrêtent dans notre département, le plus souvent par petits groupes. Il fréquente alors les rizières, pelouses, prairies, savanes rases et plus marginalement les plages sableuses, laissant les vasières littorales à son cousin le Pluvier argenté (Pluvialis squatarola). Champion des longues migrations, il parcourt chaque année plus de 15 000 km entre l'Alaska et l'Arctique canadien où il se reproduit, et ses quartiers d'hiver argentins. Une bonne partie du voyage se déroule au-dessus de l'Atlantique, à une altitude moyenne comprise entre 1000 à 4000 m. Comme pour beaucoup d'autres limicoles, les jeunes de l'année migrent un à deux mois après les adultes.

La migration de retour utilise une voie plus occidentale, à travers l'ouest du continent et le long de la côte pacifique, raison pour laquelle on ne voit normalement aucun Pluvier bronzé au printemps en Guyane.

Olivier Claessens

Source: Johnson, O. W., P. G. Connors, and P. Pyle (2020). American Golden-Plover (Pluvialis dominica), version 1.0. In Birds of the World (P. G. Rodewald, Editor). Cornell Lab of Ornithology, Ithaca, NY, USA. https://doi.org/10.2173/bow.amgplo.01.

 

Pluvier bronzé (Pluvialis dominica), Saint-Laurent-du-Maroni, 26/09/2020 © G. Cantaloube

posté par Olivier Claessens/gepog
 
dimanche 27 septembre 2020
Oiseaux
Une nouvelle espèce d’oiseau pour la Guyane

L’année 2020, comme les précédentes, est prolifique d’un point de vue ornithologique. Si l'observation de migrateurs rares tels que le Courlis corlieu eurasiatique (Numenius phaeopus phaeopus) ou le Goéland d’Amérique (Larus smithsonianus) est toujours possible, la découverte d'une nouvelle espèce potentiellement nicheuse en Guyane est plus exceptionnelle, comme l’Elénie verdâtre (Myiopagis viridicata) (voir l'actualité du 3 mai 2020). Cette fois-ci, c'est un pic qui vient s'ajouter à la liste des oiseaux de Guyane.

Le 16/09/2020, un Picumne de Cayenne (Picumnus minutissimus) de type femelle a été observé, photographié et enregistré le long de la piste Paul Isnard à environ 10 km au nord de Citron dans l’intérieur ouest guyanais. Il se distingue notamment par son poitrail et son ventre écailleux, par contre, son chant est extrêmement similaire à celui du Picumne frangé (Picumnus cirratus) que l’on rencontre sur quelques localités à Awala et Mana. Cette donnée doit encore être validée par le Comité d'Homologation de Guyane, mais cette homologation fait peu de doute grâce aux documents qui l'accompagnent.

La Guyane enregistre donc sa 18ème espèce de pic et la 3ème parmi les picumnes.

L’observation a été faite sur un flat très dégradé depuis longtemps par l’activité minière. Ce secteur en friche est caractérisé par une végétation arbustive et herbacée dense avec des zones à la fois humides par la présence d’anciennes barranques d'orpaillage et sèches avec de la latérite à nue. Cet habitat accueille un cortège avifaunistique plutôt caractéristique des milieux ouverts et semi-ouverts du littoral avec des espèces souvent peu exigeantes. Mais on y trouve également des espèces rares comme le Jacamar brun ou le Synallaxe de McConnell. 

Malgré son nom, le Picumne de Cayenne est considéré comme endémique du Suriname, les anciennes données au Guyana et en Guyane n'étant pas assez documentées pour être retenues. Au Suriname, l’espèce est commune, observée principalement autour de Paramaribo avec quelques données sporadiques dans les terres, autour du lac Brokopondo notamment. Elle fréquente des habitats variés et assez ordinaires : boisements secondaires, mangroves, ripisylves, zones cultivées et dégradés, etc. Ce pic est réputé sédentaire et est en mesure de nicher à toutes les périodes de l’année. Avec une répartition globale aussi restreinte, l’espèce est évaluée « quasi menacée » sur la liste rouge mondiale de l’IUCN.

Il est difficile d’interpréter cette donnée guyanaise isolée. Ce pic pourrait-il être un nicheur rare de l’Ouest guyanais ou était-il en erratisme depuis le Suriname ? La seconde option semble plus crédible à l’heure actuelle.

Une chose est sûre, il faut être très vigilant lorsque l’on entend un chant de type Picumne frangé, il pourrait s’agir d’un Picumne de Cayenne ou même d’un Picumne à ventre blanc (Picumnus spilogaster).

Paul Lenrumé

 

Picumne de Cayenne (Picumnus minutissimus), piste de Paul Isnard 16/09/2020 © P. Lenrumé/Biotope

posté par Olivier Claessens/gepog
 
samedi 19 septembre 2020
Oiseaux
Où passent donc les Petits Chevaliers ?

La première quinzaine de septembre constitue le pic de passage des Petits Chevaliers (Tringa flavipes) en Guyane. La Guyane accueille quelques milliers d'individus chaque année (entre 2000 et 10000 d'après les données rassemblées dans Faune-Guyane), mais la plupart n'y passent pas l'hiver.

http://files.biolovision.net/www.faune-guyane.fr/userfiles/Documentsdivers/Oiseaux/HistogrammeTringaflavipes190920.jpg

Ce chevalier accuse une baisse dramatique de ses populations, de 75 % en 10 ans d'après les comptages aériens menés au Suriname (principale zone d'hivernage de l'espèce) entre 2000 et 2008. Ce déclin, qui est constaté aussi sur l'ensemble de ses zones d'hivernage et de reproduction, vaut au Petit Chevalier d'être classé en catégorie CR ("en danger critique d'extinction") en Guyane, même s'il reste "non menacé" mondialement au regard des critères de l'UICN. Il fait l'objet d'une "préoccupation nationale" aux Etats-Unis.

Pour mieux comprendre les raisons de ce déclin, des Petits Chevaliers sont bagués chaque année aux Etats-Unis et au Canada, et certains sont équipés de bagues de couleur et de balises.

A ce jour, aucun Petit Chevalier bagué n'a été revu en Guyane, malgré l'appel déjà lancé l'année dernière (actualité du 16/03/2019). Qui sera le premier à en signaler ? Même si le gros du passage annuel est passé, il n'est pas trop tard pour contribuer à l'étude américaine, en portant une attention particulière aux Petits Chevaliers.

Olivier Claessens

 

Petit Chevalier (Tringa flavipes) bagué (© Zak Pohlen/USFWS)

posté par Olivier Claessens/gepog
 
mercredi 16 septembre 2020
Mammifères
On cherche encore des tatous !

Depuis maintenant 3 ans, Roxane Schaub travaille à l'Institut Pasteur sur les maladies transmises par les tatous. Vous avez déjà été sollicités pour participer à cette étude, et nombreux à y répondre. Merci !

Roxane continue son étude, mais les tatous se font rares. Il ne lui reste que quelques mois pour atteindre le nombre d'échantillons souhaité.

Si vous trouvez un tatou mort sur la route, merci d'appeler immédiatement Roxane au 06 94 31 89 66. Elle viendra le récupérer ! Pensez à enregistrer son numéro dans votre répertoire téléphonique pour ne pas être pris au dépourvu. Et bien sûr, n’oubliez pas de mettre votre découverte sur Faune-Guyane (en cochant la case "l'animal est mort") !

Merci pour votre contribution.

Olivier Claessens et Roxane Schaub

posté par Olivier Claessens/gepog
 
samedi 12 septembre 2020
Oiseaux
Septembre : le chassé-croisé des hirondelles

Sur la carte des migrations d'oiseaux américains, la Guyane occupe une place privilégiée : par sa position géographique, elle accueille aussi bien des migrateurs venus du Nord, comme les limicoles ou les parulines nord-américaines, que des migrateurs venus du Sud, comme le Coulicou de Vieillot ou le Tyran des savanes. Ayant des calendriers de reproduction inversés pour s'adapter au rythme des saisons dans leur hémisphère respectif, ces deux catégories de migrateurs qui viennent passer la mauvaise saison sous les tropiques vont se croiser en Guyane à l'automne, les uns fraîchement arrivés après avoir quitté leurs zones de reproduction boréales, quand les autres s'apprêtent à retourner dans leurs contrées australes pour s'y reproduire à leur tour.

L'affaire se complique quand la même espèce possède une population résidente en Guyane, présente toute l'année, et des populations migratrices originaires du Nord ou du Sud qui se mêlent aux oiseaux locaux pendant une partie de l'année. C'est le cas du Viréo aux yeux rouges (qui possède des populations migratrices en Amérique du Nord), du Tyran mélancolique, ou encore des Hirondelles tapères et chalybées (qui possèdent tous trois des populations migratrices en Amérique du Sud). Concernant ces dernières, des différences subtiles de plumage permettent, quand on les voit de près, de distinguer les migrateurs des oiseaux locaux, ce qui n'est pas le cas pour le tyran ou le viréo.

Cependant, rien n'est simple chez les hirondelles. Deux espèces, l'une, l'Hirondelle noire (Progne subis) habitant l'Amérique du Nord, l'autre, l'Hirondelle gracieuse (Progne elegans) habitant l'Amérique du Sud, choisissent de venir passer la mauvaise saison dans notre région, à tour de rôle. En juillet, une hirondelle entièrement noire a toutes les chances d'être une Hirondelle gracieuse ; en janvier, il y a fort à parier qu'il s'agisse d'une Hirondelle noire. Mais à l'inter-saison, les deux espèces peuvent théoriquement se rencontrer sous nos latitudes. Et quasiment rien ne permet de les distinguer avec certitude. Un vrai casse-tête pour les observateurs… et pour les membres du Comité d'homologation de Guyane (CHG) qui a la tâche de faire le tri parmi les données.

Deux autres espèces très rares dont l'aire d'hivernage est encore inconnue viennent peut-être s'inviter dans la danse : l'Hirondelle à ventre blanc (Progne dominicensis), des Antilles, et l'Hirondelle de Cuba (Progne cryptoleuca). Une fois leur nidification terminée, on ne sait quasiment rien d'elles.

Avec l'Hirondelle rustique (Hirundo rustica) au moins, les choses semblaient claires : se reproduisant en Amérique du Nord, ses populations survolent la Guyane à l'automne pour rallier leurs quartiers d'hiver situés dans le sud du continent. Elles repassent en mars-avril, sur le chemin du retour. C'est même l'une des rares espèces dont on peut observer en Guyane la migration active, qui se déroule exclusivement le jour. Du moins, c'était clair… jusqu'à ce que quelques individus décident de s'installer en Argentine et d'y fonder une population aujourd'hui florissante, dont les routes de migration se sont inversées et qui sont susceptibles de séjourner en Guyane durant l'hiver austral (voir l'actualité du 7/06/2020). Dès lors, les Hirondelles rustiques que l'on observe en août et septembre sont-elles des individus du Nord, en route vers leurs quartiers d'hiver, ou des individus argentins (beaucoup moins nombreux), qui repartent chez eux ?

Une hirondelle en Guyane ne fait pas forcément le printemps !

Olivier Claessens

 

Hirondelle gracieuse (Progne elegans), Guatemala, 18/09/2019 © M. Giraud-Audine

posté par Olivier Claessens/gepog
 
samedi 5 septembre 2020
Oiseaux
La photo du mois d'août

La famille des Furnariidae (grimpars, sclérures, anabates, synallaxes…) rassemble des oiseaux aux tons bruns et roux, des groupes d'espèces morphologiquement très homogènes, souvent difficiles à voir. Parmi eux, les grimpars ont la réputation d'être difficiles à identifier tant ils se ressemblent et rebutent bien des observateurs.

Des 16 espèces de grimpars présentes en Guyane, le Grimpar nasican (Nasica longirostris) est à coup sûr le plus beau et le plus spectaculaire. Sa grande taille, sa gorge blanche, son bec ivoire démesuré et son profil reptilien lui donnent une allure unique et inconfondable. C'est aussi le plus rare et le plus localisé en Guyane : on ne le connait que le long de la crique Gabriel et dans la savane Angélique à l'est de Roura, où sa population n'excède pas quelques dizaines de couples. Il est ici en limite de sa répartition, essentiellement amazonienne et qui évite en grande partie le plateau des Guyanes.

S'il n'est pas très dur à voir quand on visite son territoire, il ne se laisse pas souvent observer dans de bonnes conditions. La série de photos (à découvrir ici et ici) rapportées par Quentin Uriot est exceptionnelle pour la Guyane et rend particulièrement justice à la beauté de l'oiseau.

Olivier Claessens

 

Grimpar nasican (Nasica longirostris), lac Pali, 30/08/2020 © Q. Uriot

posté par Olivier Claessens/gepog
 
dimanche 30 août 2020
NaturaList : pensez aux cartes hors-ligne !

L'application mobile NaturaList vous permet de saisir vos données directement sur le terrain et de les transférer vers Faune-Guyane d'un seul clic. Elle facilite grandement la saisie des observations sous forme de listes (un mode de saisie à privilégier autant que possible).

L'utilisation de NaturaList en Guyane a souffert longtemps de la mauvaise couverture du réseau Internet mobile : il faut en effet être connecté à Internet pour afficher un fond de carte détaillé. Pour y remédier, il suffit de télécharger à l'avance les cartes des secteurs où l'on prévoit d'aller observer. Cette option est devenue possible en Guyane depuis que NaturaList utilise par défaut OpenStreetMap en remplacement du fond cartographique Google pour lequel nous n'avions pas les droits nécessaires.

Pour installer les cartes hors-ligne sur votre smartphone, cliquez sur le symbole "couches empilées" en haut à gauche de l'écran.

http://files.biolovision.net/www.faune-guyane.fr/userfiles/Documentsdivers/modedemploi/NaturaListcarteshors-ligne1b.jpg

Descendez jusqu'aux Préférences, puis Localisation, et sélectionnez l'option Cartes hors-ligne.

http://files.biolovision.net/www.faune-guyane.fr/userfiles/Documentsdivers/modedemploi/NaturaListcarteshors-ligne2b.jpg              http://files.biolovision.net/www.faune-guyane.fr/userfiles/Documentsdivers/modedemploi/NaturaListcarteshors-ligne3b.jpg

Sélectionnez la couche OpenStreetMap (au besoin, cliquez sur le petit triangle à droite pour afficher les couches disponibles), puis cliquez sur Ajouter un lieu.

http://files.biolovision.net/www.faune-guyane.fr/userfiles/Documentsdivers/modedemploi/NaturaListcarteshors-ligne4b.jpg

Déplacez la carte et zoomez sur le secteur voulu, puis cliquez sur Télécharger.

http://files.biolovision.net/www.faune-guyane.fr/userfiles/Documentsdivers/modedemploi/NaturaListcarteshors-ligne5b.jpg

La carte ainsi téléchargée s'affichera automatiquement quand vous serez sur le terrain, dans la zone couverte par la carte. Vous pouvez installer ainsi plusieurs cartes à l'avance pour les endroits où vous allez régulièrement.

Vous pouvez retrouver ce tuto sous le menu Mode d'emploi / Saisir.

Olivier Claessens

posté par Olivier Claessens/gepog
 
dimanche 16 août 2020
Oiseaux
Enquête Tyranneau barbu

Le Tyranneau barbu (Polystictus pectoralis) n'est connu actuellement en Guyane que dans moins de 10 localités, réparties sur les communes de Kourou, Sinnamary et Iracoubo. Sa population est ainsi estimée inférieure à 150 couples. L'une de nos espèces nicheuses les plus rares, le Tyranneau barbu est le porte-drapeau de tout un cortège d'espèces dépendantes des dernières savanes sèches de Guyane, et toutes menacées comme lui.

Afin d'améliorer nos connaissances sur cette espèce discrète et si possible découvrir de nouveaux sites de présence, le GEPOG entreprend avec le soutien du CSG et de l'OFB une vaste enquête de terrain dans laquelle la participation de tous les ornithologues guyanais est souhaitée. Cette enquête s'étalera jusqu'en juin 2021. Durant un an, des sorties de prospection ciblée seront organisées afin de couvrir au mieux l'ensemble des sites favorables. Les observateurs peuvent aussi participer individuellement. Toutes les observations aussi précises que possible sont à mettre sur Faune-Guyane.

Le document PDF à télécharger ci-dessous présente l'espèce, l'étude, ses objectifs et ses méthodes, ainsi qu'une liste de sites à visiter par commune. Merci d'en prendre connaissance et de suivre les recommandations afin que les observations puissent être valorisées au maximum. Vous pouvez aussi le retrouver dans le menu de gauche, rubrique Oiseaux / Enquête Tyranneau barbu.

Pour participer à cette étude et pour tout renseignement complémentaire, signalez-vous à olivier.claessens@gepog.org.

Merci

Olivier Claessens

Tyranneau barbu (Polystictus pectoralis) © Roland Jantot

Document à télécharger :  Presentation_Enquete_Tyranneau_barbu-3028.pdf
posté par Olivier Claessens/gepog
 
dimanche 9 août 2020
Oiseaux
Le Milan bleuâtre, un rapace migrateur ?

C'est une observation inédite qu'a réalisée Hugo Foxonet le 8 juillet 2020 à Papaïchton : un groupe d'au moins 55 Milans bleuâtres en vol très haut, manifestement en migration active.

Le Milan bleuâtre (Ictinia plumbea) est présent toute l'année en Guyane, depuis les boisements côtiers jusque dans l'extrême Sud. La reproduction a été prouvée dans une dizaine de localités dispersées sur tout le territoire, de Macouria à Saül et au sud de Maripasoula.

Distribuée sur une grande partie de l'Amérique du Sud et centrale, l'espèce est réputée sédentaire sur la majeure partie de son aire de répartition. Seule les petites populations mexicaines et d'Amérique centrale désertent leurs zones de reproduction à l'automne pour passer l'hiver en Amérique du Sud. Au Panama, des groupes de migrateurs pouvant compter plusieurs centaines d'individus sont observés en août et septembre et au retour en février et mars (source : Birds of the World). Cependant, la zone d'hivernage de ces oiseaux n'est pas connue avec précision. A l'autre extrémité de l'aire de répartition, on pense qu'une partie de la population du nord de l'Argentine migre vers le nord durant l'hiver austral, mais de tels mouvements ne sont pas du tout documentés.

L'observation d'Hugo Foxonet est la première qui illustre le passage en Guyane de Milans bleuâtres migrateurs. La date et la direction de vol des oiseaux ne nous renseignent hélas pas avec certitude sur leur origine. A cette date, les oiseaux d'Amérique centrale sont encore sur leurs lieux de nidification, tout au plus peut-on supposer que les premiers oiseaux ayant niché précocement ou ayant échoué dans leur reproduction commencent peut-être à se disperser. Mais leur arrivée sur le plateau des Guyanes, s'ils parviennent jusqu'ici, n'est pas attendue avant septembre et le groupe observé était trop important pour pouvoir concerner de tels individus marginaux. La direction de vol du groupe observé n'évoque pas non plus une origine septentrionale.

Etait-on donc en présence d'individus provenant d'Argentine ou du sud du Brésil ? La date se situe en pleine saison d'hivernage pour cette population australe. Un erratisme hivernal est connu chez certaines espèces et est donc possible chez celle-ci, ce qui pourrait expliquer le déplacement observé. Mais on entre là dans le domaine de la spéculation.

La dernière hypothèse est que certains Milans bleuâtres se reproduisant sur le Plateau des Guyanes ou en Amazonie seraient capables de déplacements de grande ampleur plus ou moins réguliers, peut-être erratiques, en dehors de la saison de reproduction ; une hypothèse que rien à ce jour ne permet de confirmer. En Guyane, la nidification du Milan bleuâtre s'étale sur presque toute l'année.

La migration des oiseaux néotropicaux présente encore de grandes zones de mystère. La situation géographique et la topographie de la Guyane ne favorisent pas l'observation de la migration, excepté celle des limicoles côtiers. De manière générale les rapaces figurent parmi les espèces les moins étudiées en Amérique du Sud, une lacune qui pèse sur notre niveau de connaissance mais qui rend d'autant plus passionnante l'observation de ces oiseaux : avis aux amateurs !

Olivier Claessens

 

Milan bleuâtre (Ictinia plumbea), Iracoubo 18/01/2015 © P. Ingremeau

posté par Olivier Claessens/gepog
 
mardi 4 août 2020
Mammifères
La photo du mois de juillet

Le choix du CoPil de Faune-Guyane pour le mois de juillet prouve une fois de plus que ce n'est pas la rareté de l'espèce qui fait la valeur d'une photo. Le Saïmiri ou Singe-écureuil commun (Saimiri sciureus) en effet est le singe le plus abondant sur la plaine littorale guyanaise. Il est commun notamment dans les forêts marécageuses, mais plus rare dans l'intérieur, par exemple dans les forêts dégradées le long des grandes rivières ou à Saül. Très sociable, il peut former des groupes conséquents qui dépassent parfois la centaine d'individus.

Il fallait à Marine Perrier des bons réflexes pour saisir "l'envol" de ce Saïmiri au Golf de l'Anse de Kourou. Photo parfaite !

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Et une mention spéciale pour cet Ocelot pris au piège photo à l'ADNG (Saint-Laurent-du-Maroni), dans le cadre d'un projet pédagogique. La photo a été prise au mois de mars mais elle nous est parvenue en juillet.

Permettant d'inventorier les gros animaux difficiles à voir, d'étudier leurs densités ou leurs comportements, de distinguer et de dénombrer les individus, la technique du piège photo devient de plus en plus répandue et accessible. Si la "capture" d'un félin par ces appareils photo à déclenchement automatique n'est pas exceptionnelle, il n'en va pas de même d'un cliché où le félin en question transporte la proie qu'il vient de tuer, en l'occurrence un Quatre-yeux gris (Philander opossum). Un document exceptionnel ! Félicitations aux élèves et enseignants du collège Paule Berthelot de Javouhey, impliqués dans cette étude avec la fondation La Main A La Pâte.

Ocelot (Leopardus pardalis), ADNG, 21/03/2020 © ADNG / Collègue Paule Berthelot Javouhey

http://files.biolovision.net/www.faune-guyane.fr/userfiles/Documentsdivers/Mammifres/LeoparduspardalisADNG210320fg48081.jpg

Les pièges photo ou autres enregistreurs automatiques fournissent des données naturalistes que de simples observateurs seraient incapables de collecter. Il est donc utile de les traiter à part. En attendant le développement par Biolovision d'un module spécial permettant de signaler les données obtenues par des systèmes automatiques, n'oubliez pas de le signaler en remarque afin de pouvoir facilement trier ces données particulières.

Olivier Claessens

 

Singe-écureuil commun (Saimiri sciureus), Kourou, 21/07/2020 © M. Perrier

posté par Olivier Claessens/gepog
 
samedi 25 juillet 2020
Odonates
Les Argia de Guyane

Les Argia, de la famille des Coenagrionidae, appartiennent au sous-ordre des Zygoptères plus communément appelé demoiselles ou agrions. Ce genre comprend plus de 115 espèces réparties dans toutes les Amériques, mais est plus diversifié en région tropicale avec plus de la moitié des espèces en Amérique latine.

De taille moyenne, les Argia font partie de ce grand complexe d'espèces d'agrions bleu et noir qui restent généralement peu évidents à identifier. Elles se distinguent des autres genres par des ailes assez longues, des taches au-dessus des yeux et de longues épines sur les pattes. Pour la plupart peu fréquentes, elles affectionnent les bords des eaux courantes de fleuves et de petits ruisseaux à débit faible ou rapide, principalement en forêt.

Une récente publication de R. W. Garrison & N. Von Ellenrieder ("Damselflies of the genus Argia of the Guiana Shield (Odonata: Coenagrionidae)", Zootaxa, 2015) a décrit de nouvelles espèces sur le plateau des Guyanes, qui compte désormais 21 espèces. La taxonomie des Argia sur Faune-Guyane a été mise à jour en conséquence.

La répartition de certaines espèces est très étendue, comme Argia translata connue du sud du Canada jusqu’au nord de l’Argentine ou Argia occulata du Mexique à la Bolivie. D'autres au contraire sont connues uniquement du plateau des Guyanes, par exemple Argia deceptor et Argia palmata, deux espèces décrites en 2015. Pour cette dernière, les données sont très récentes et par conséquent elle n'est actuellement pas encore disponible à la saisie sur Faune-Guyane.

On dénombre moins de 150 données d'Argia sur Faune-Guyane dont aucune dans la moitié sud de la Guyane, ce qui ne permet pas encore de bien comprendre leur biologie et leur répartition sur le territoire. Actuellement en Guyane espèces de ce genre ont été recensées et probablement d'autres restent à découvrir.

 

Récemment réalisée, voici à votre disposition une fiche d’identification des Argia de Guyane.

Quentin Uriot

 

Argia fumigata, piste de Bélizon © Quentin Uriot

Document à télécharger :  Fiche_d-identification_des_Argia-4595.pdf
posté par Olivier Claessens/gepog
 
mercredi 22 juillet 2020
Phasmes
16 nouvelles espèces et un nouveau genre de phasmes décrits en Guyane

Depuis le temps qu’on l’attendait, l’article sur les phasmes de Guyane est enfin sorti ! Un gros pavé de 136 pages décrivant pas moins de 16 nouvelles espèces et un nouveau genre découverts en Guyane… et ce sans compter l’ensemble des changements taxonomiques (85). La liste de Faune-Guyane que vous connaissez va donc bien évoluer et certaines espèces observées depuis des années et identifiées comme Agrostia sp., Prexaspes sp. ou autre Phanocles sp. pourront enfin être nommées !

Vous pouvez découvrir le nom de toutes ces charmantes bestioles dans l’article ci-dessous (disponible sur demande) :

https://www.mapress.com/j/zt/article/view/zootaxa.4814.1.1?fbclid=IwAR09QZ55GszXppVaIpCUMTSDzSAsQiTC_hWn5S8qHrZxASe8k9iGKprE3hc

Et sait-on jamais, peut-être que suite à cette article, les co-auteurs et membre d’ASPER pourront enfin se charger d’éditer un petit guide sur les espèces de phasmes guyanais…

Toni Jourdan / ASPER

 

Agrostia sp., désormais nommé Agrostia longicerca nov. sp © Marine Perrier

posté par Olivier Claessens/gepog
 
samedi 11 juillet 2020
Oiseaux
"ACasa" : les photos du confinement

Durant presque 2 mois, du 21 mars au 11 mai, vos observations ont été limitées aux abords de vos domiciles. Un confinement qui n'a pas empêché une forte progression du nombre de données et du nombre de listes transmises sur Faune-Guyane, à travers l'opération "Confinés mais aux aguets" (nom de code ACasa). Le bilan chiffré de cette opération vous a été présenté dans l'actualité du 16 mai 2020.

Sur les 5889 observations accompagnées du code étude ACasa, 150 étaient accompagnées de photos, soit un total de 181 photos. 90 espèces ont ainsi été photographiées depuis chez vous pendant le confinement (soit un peu plus d'un tiers des espèces observées).

Nous vous offrons aujourd'hui la mosaïque des photos "ACasa", réalisée par Charlotte Ollagnier. Si nous avons dû faire des choix parmi toutes les photos disponibles nous nous sommes volontairement limités à celles prises dans le cadre de l'opération, même si les galeries de Faune-Guyane renferment souvent de meilleurs clichés des mêmes espèces. Dans cette composition, la taille des photos est proportionnelle au nombre de données "ACasa" pour l'espèce.

La version haute définition de ce tableau peut être téléchargée <ici>.

Bonne découverte !

Olivier Claessens

posté par Olivier Claessens/gepog
 
samedi 4 juillet 2020
Oiseaux
Le mystère des Milans des marais

Les ornithologues attentifs aux données saisies sur Faune-Guyane auront sans doute remarqué un afflux d'observations de Milans des marais (Rostrhamus sociabilis) depuis quelques semaines.

Bien que l'espèce soit présente en Guyane toute l'année et s'y reproduise localement, on constate en effet en nette augmentation du nombre de données d'avril à août, avec un maximum atteint en juin.

http://files.biolovision.net/www.faune-guyane.fr/userfiles/Documentsdivers/Oiseaux/Rostrhamussociabilisphno040720.jpg

Mais surtout, on observe alors des groupes d'oiseaux en déplacement, pouvant compter jusqu'à plusieurs dizaines d'individus. Ces mouvements migratoires restent encore largement mystérieux : d'où viennent les migrateurs observés, jusqu'où vont-ils ?

Le Milan des marais possède une répartition qui, sans être régulière, s'étend sur une grande partie de l'Amérique du sud, au nord jusqu'au Mexique, Cuba et la Floride. L'espèce a été amplement étudiée en Floride, mais beaucoup moins en Amérique du Sud. Les oiseaux de Floride ne sont pas migrateurs mais plutôt nomades en réponse aux conditions du milieu qui influent sur la disponibilité des ressources alimentaires. Ceux d'Argentine migrent en partie vers le Pantanal après la reproduction.

Entre ces deux régions extrêmes, le mystère persiste autour des déplacements saisonniers des Milans des marais. Le Milan des marais est un prédateur très spécialisé, s'alimentant presque exclusivement d'escargots  aquatiques du genre Pomacea. Ces proies connaissent-elles des variations saisonnières d'abondance, qui obligeraient les milans à quitter leur région d'origine ?

En attendant que des chercheurs (en Guyane ou ailleurs) équipent de GPS quelques individus afin de suivre leurs déplacements au cours de l'année, une analyse fine des données de Faune-Guyane permettra peut-être de mieux décrire ces déplacements à l'échelle de notre région. Pour cela, en cas d'observation de groupes d'oiseaux en migration, n'oubliez pas de noter l'heure et la direction de vol, et de cocher la case "migration active".

Olivier Claessens

 

Milans des marais (Rostrhamus sociabilis) en migration, Cayenne le 10/05/2020 © O. Claessens

posté par Olivier Claessens/gepog
 
mardi 30 juin 2020
Chauves-souris
La photo du mois : Quand les chauves-souris font du camping !

Décidément les chauves-souris ne font jamais les choses comme tout le monde. Dans la forêt guyanaise, quelques espèces appartenant aux genres Dermanura, Rhynophylla, Mesophylla et Uroderma taillent de larges feuilles afin de fabriquer des tentes sous lesquelles elles se tiennent à l'abri des prédateurs et surtout des pluies tropicales. Les feuilles utilisées sont généralement des palmiers ou des cyclanthacées.

Les plus belles et les plus grandes tentes sont fabriquées par Uroderma bilobatum. Un ou plusieurs mâles incisent les folioles de palmiers adultes, ce qui produit une série de pliures, formant un triangle tronqué de plus d'un mètre de long. Une fois confectionnées les tentes sont colonisées par les femelles. Les feuilles utilisées ne meurent pas, si bien que nous connaissons des tentes qui ont été utilisées pendant plus de 5 ans.

C'est l'un de ces gîtes hébergeant plus de 60 Uroderma bilobatum qu'Audrey Dahan a brillamment photographié ce mois-ci sur la piste de Bélizon. On remarquera aussi que la plupart des espèces de chauves-souris façonnant des tentes exhibent avec élégance des rayures blanches sur la tête et le dos, censées les camoufler dans le décor d'ombres et de lumières du sous-bois.

Vincent Rufray

 

Colonie d'Uroderma bilobatum sous sa tente, piste de Bélizon, 03/06/2020 © A. Dahan

posté par Olivier Claessens/gepog
 
dimanche 28 juin 2020
Oiseaux
Comptage annuel de la colonie de Hérons agamis

Le Héron agami (Agamia agami) est l'un des hérons les plus méconnus au monde. La découverte par l'IRD d'une colonie comptant plus de 1000 couples (1600 couples dénombrés en 2013, soit plus de 95 % de la population mondiale connue à l'époque) a propulsé la Guyane en première ligne pour l'étude et la conservation de l'espèce. Cette colonie est désormais suivie chaque année par le GEPOG en partenariat avec la réserve naturelle de Kaw-Roura.

Le suivi annuel de la colonie du marais de Kaw vient d'être réalisé les 23 et 24 juin.

Environ 1000 couples ou nichées ont été dénombrés. Comme les années précédentes, et contrairement à une idée reçue, la reproduction des Hérons agamis s'avère très étalée dans le temps puisqu'une partie des couples avaient déjà achevé leur nidification, avec des grands jeunes ayant quitté le nid, tandis que d'autres couvaient encore des œufs. Leur répartition au sein de la colonie montre que celle-ci s'étend progressivement au cours de la saison de reproduction depuis le fond de la colonie. Un comptage réalisé à un instant donné ne permet donc d'avoir qu'une partie de la population nicheuse.

Cette superbe colonie héberge bien d'autres espèces remarquables : Savacous huppés, Hérons cocoï, Grandes Aigrettes, Anhingas d'Amérique, Cormorans vigua, Hoazins huppés, se partagent l'espace… tandis que les caïmans noirs guettent l'oiseau maladroit ou imprudent qui se perchera trop bas ou tombera à l'eau.

Un site exceptionnel par sa beauté et sa concentration d'espèces aussi spectaculaires que rares et menacées, heureusement préservé !

Olivier Claessens

 

Héron agami (Agamia agami), "mare aux caïmans", 24/06/2020 © O. Claessens

posté par Olivier Claessens/gepog
 
dimanche 21 juin 2020
La date de la photo et de l'observation ne correspondent pas

Vous avez peut-être déjà reçu ce message. Il s'agit d'une vérification automatique qui se base sur l'Exif (les propriétés du fichier numérique) de la photo pour vérifier que l'observation a été mise à la bonne date. La donnée se trouve alors marquée d'un point jaune, comme pour les demandes de complément. Cela peut arriver dans plusieurs cas :

1°) Il s'agit d'une observation passée, et lors de la saisie vous n'avez pas pensé à modifier la date qui s'affiche par défaut, qui est celle du jour de la saisie. La bonne date est donc celle de la photo, que vous avez dans les propriétés du fichier (si vous ne savez pas comment les retrouver, contactez le validateur).

=> Vous devez dans ce cas éditer votre donnée pour corriger la date en cliquant sur l'onglet "Modifier la donnée". La date d'une observation n'est pas un détail anodin, elle peut être utilisée pour comprendre la phénologie des espèces (périodes de migration ou de reproduction par exemple), il est donc important de veiller à ce qu'elle soit juste.

2°) Vous êtes certain de la date de l'observation, et c'est celle de la photo qui est fausse car l'horloge de l'appareil photo n'a pas été réglée à la bonne date.

=> Il vous suffit alors de répondre au message d'erreur en confirmant la date, afin qu'un validateur puisse valider la donnée.

Dans tous les cas, la bonne solution ne consiste pas à supprimer la photo, ni à ignorer le message !

Pour éviter que cela se reproduise, il est fortement conseillé de mettre à jour les réglages de l'appareil photo ! Cela peut être utile, pour vérifier a posteriori la date d'une observation. Cela vous évitera aussi de continuer à recevoir inutilement ce type de message de vérification.

Et cela soulagera les boîtes mail des validateurs, car ils reçoivent l'ensemble des messages de vérification envoyés aux observateurs. Ainsi, ce sont chaque semaine entre 10 et 20 messages qui s'accumulent dans nos boîtes pour cette raison. Le temps que les validateurs passent à trier ces messages serait plus utilement consacré à de réelles vérifications des données.

Merci à tous pour vos observations et vos photos,

Et merci aux validateurs pour le travail remarquable qu'ils accomplissent pour veiller à la qualité des données sur Faune-Guyane !

Olivier Claessens

posté par Olivier Claessens/gepog
 
samedi 13 juin 2020
Mammifères
Le casse-tête des petits Opossums-souris

L'identification des petits marsupiaux que l'on nomme "Opossums-souris" est particulièrement ardue et il est tentant de baisser les bras et de les désigner tous sous le nom : Opossum-souris indéterminé.

Toutefois, ces petits marsupiaux arboricoles et nocturnes se laissent parfois approcher de très près et autorisent la réalisation de bons clichés. Ces photos sont alors très utiles pour aller plus loin dans l'identification.

Récemment, le Parc Amazonien de Guyane a mis à disposition de tous une plaquette permettant d'identifier les espèces de Marsupiaux forestiers (accessible ici).

Parmi ces espèces, les Opossums-souris délicats (2 espèces du genre Marmosops) se distinguent facilement des autres et peuvent à présent être renseignés au niveau du genre dans Faune-Guyane (Marmosops sp. / Opossum-souris délicat indéterminé).

http://files.biolovision.net/www.faune-guyane.fr/userfiles/Documentsdivers/Mammifres/IdentificationdesMarmosopsv2020.jpgNous vous invitons à visiter la galerie photos de ces espèces et à consulter le mémo "Les Opossums-souris délicats du genre Marmosops" pour essayer d'aller plus loin dans l'identification. Soyez conscient toutefois que notre connaissance des critères naturalistes est encore ténue et qu'il nous faudra progresser encore pour améliorer la reconnaissance des deux espèces.

 

 

 

Maël Dewynter
Pour Faune-Guyane

 

Opossum-souris délicat des Guyanes (Marmosops parvidens), Saint-Elie, 21/11/2019 © M. Dewynter

posté par Olivier Claessens/gepog
 
dimanche 7 juin 2020
Oiseaux
Hirondelles argentines

L'Hirondelle rustique (Hirundo rustica) est l'hirondelle la plus abondante et la plus largement distribuée au monde, se reproduisant dans la plus grande partie de l'hémisphère nord, en Amérique du Nord et à travers toute l'Eurasie. Originellement installée dans des grottes, l'Hirondelle rustique (autrefois appelée en France Hirondelle des cheminées) s'est si bien adaptée aux constructions humaines qu'elle a totalement déserté ses sites de nidification naturels. Son association avec l'Homme est datée de plus de 2000 ans en Europe, et avant l'arrivée des Européens en Amérique du Nord, et lui a permis d'étendre largement son aire de reproduction. Cette extension s'est produite en Amérique du Nord au cours du 20ème siècle.

Migratrice, elle hiverne principalement en Afrique au sud du Sahara, dans le sous-continent indien et en Indonésie pour les populations eurasiennes, et depuis le Mexique (rare) jusqu'en Argentine pour les populations nord-américaines. En Guyane, l'Hirondelle rustique n'est que de passage, avec les deux périodes migratoires bien marquées d'août à novembre et de fin janvier à début mai. Les observations au cœur de l'hiver sont rares, et plus encore celles durant les mois d'été.

http://files.biolovision.net/www.faune-guyane.fr/userfiles/Documentsdivers/Oiseaux/HIRRUShistogrammemensuel070620.jpg

Phénologie des observations d'Hirondelles rustiques en Guyane (Faune-Guyane, 07/06/2020).

 

C'est en 1980 que quelques couples nicheurs furent découverts en Argentine dans la province de Buenos Aires. Ces oiseaux fondateurs ont donné naissance à une population qui compte aujourd'hui plusieurs milliers de couples, et qui après être restée confinée le long de la côte s'étend désormais progressivement vers l'ouest et vers le sud, atteignant la Patagonie en 2012 (Segura 2017).

Le cas de l'Hirondelle rustique n'est pas isolé, puisque l'Hirondelle à front blanc Petrochelidon pyrrhonota, autre espèce nord-américaine, a elle aussi fait quelques tentatives de nidification dans la même région de Buenos Aires depuis 1980. On pense que l'évolution du climat de cette région australe a permis ces colonisations récentes.

Les Hirondelles rustiques argentines ont adapté leur cycle annuel et leurs migrations au rythme des saisons de l'hémisphère sud, se reproduisant durant l'été austral de novembre à février et migrant vers le nord pour passer l'hiver austral (mai à août) dans la moitié nord de l'Amérique du Sud, du nord du Brésil au Venezuela. Un oiseau originaire de cette population argentine, équipé de géolocateur avec quelques autres individus au cours de la saison 2013-2014, a ainsi longé la côté guyanaise pour atteindre le Venezuela (Winkler et al. 2017).

De même, il est fort probable que les Hirondelles rustiques observées ces dernières semaines par Olivier Tostain et Vincent Rufray au sein du dortoir d'hirondelles de la prison de Rémire-Montjoly (côtoyant les Hirondelles chalybées, tapères et gracieuses hivernantes australes), ainsi que les rares individus observés en Guyane durant les mois d'été proviennent de la population argentine. Les oiseaux venus du nord et ceux venus du sud sont donc susceptibles de se croiser en Guyane au cours de leurs migrations… Avec l'accroissement de la population argentine, on peut s'attendre à une augmentation du nombre d'observations en Guyane tout au long de l'année.

Olivier Claessens

 

Références utiles:

Brown, M. B. and C. R. Brown (2020). Barn Swallow (Hirundo rustica), version 1.0. In Birds of the World (P. G. Rodewald, Editor). Cornell Lab of Ornithology, Ithaca, NY, USA. https://doi.org/10.2173/bow.barswa.01

Martínez, M. M. (1983). Nidificacion de Hirundo rustica erythrogaster (Boddaert) en la Argentina (Aves, Hirundinidae). Neotropica 29: 83-86.

Segura L. N. (2017). Southward breeding range expansion in Argentina and first breeding record of Barn Swallow Hirundo rustica in Patagonia. Cotinga 39: 60-62.

Winkler, D. W., F. A. Gandoy, J. I. Areta, M. J. Iliff, E. Rakhimberdiev, K. J. Kardynal, and K. A. Hobson (2017). Long-distance range expansion and rapid adjustment of migration in a newly established population of Barn Swallows breeding in Argentina. Current Biology 27: 1080-1084.

 

Hirondelle rustique (Hirundo rustica), Rémire-Montjoly, 15/05/2020 © O. Tostain

posté par Olivier Claessens/gepog
 
mardi 2 juin 2020
Amphibiens
La photo du mois de mai

Difficile de passer entre les gouttes… La saison des pluies bat son plein et 2020 s’apprête à battre des records historiques de pluviométrie pour le mois du mai. Cette profusion d’eau a saturé les sols et rempli la moindre dépression forestière. Les mares, pleines, débordent de vie. Mais les prédateurs rôdent et les premiers stades de la vie des grenouilles sont bien périlleux. Oeufs et têtards, à peine déposés dans l’eau, sont traqués sans relâche et seuls quelques chanceux parviendront indemnes à quitter la mare.

La Phylloméduse tigrine, outre sa folle élégance, a hérité de ses ancêtres une technique de ponte permettant d’augmenter les chances de survie de sa progéniture : ses oeufs sont regroupés, serrés dans un cornet de feuille, au-dessus de l’eau. Elle façonne en couple ce cône lors de la ponte et colle l’ensemble avec une gélatine protectrice. Les oeufs écloront donc dans un environnement protégé et les têtards tomberont dans l’eau - longtemps après l'éclosion - déjà vifs et prompts à fuir devant un prédateur ! C’est l’une des innombrables stratégies mises en place par les Amphibiens tropicaux pour assurer la survie de leur espèce.

Cette très belle photo macro de Xavier Heckmann (https://www.faune-guyane.fr/index.php?m_id=54&mid=46052) illustre élégamment ces petits « Némo » des mares forestières guyanaises.

Maël Dewynter, pour Faune-Guyane

 

Ponte de Phylloméduse tigrine (Callimedusa tomopterna), montagne de Kaw, 13/05/2020 © X. Heckmann

posté par Olivier Claessens/gepog
 
samedi 23 mai 2020
Amphibiens
Les crapelets du lac Marie-Claire à Kourou

Les débuts de saisons des pluies sont des moments très attendus par les batrachologues (les passionnés de grenouilles) : c’est l’occasion d’aller observer et photographier la grande diversité des Anoures forestiers. Cette année, toutefois, ces plans ont été contrecarrés par… un virus. Le confinement a limité nos déplacements à notre environnement immédiat et il a fallu se tourner vers une faune plus familière pour assouvir notre curiosité naturaliste.

Nous devons à Marine Perrier un feuilleton naturaliste inédit sur la reproduction des Crapauds aguas (Rhinella marina) dans le lac Marie-Claire de Kourou : entre le 20 avril et le 10 mai, Marine a suivi, compté, photographié et décrit la ponte et le développement de milliers de têtards de « Crapauds boeufs », un évènement si familier qu’on ne pense plus à l’observer. Pourtant, la stratégie de Rhinella marina est impressionnante : chaque femelle est susceptible de pondre entre 5000 et 35000 œufs. Ces œufs éclosent très vite, en 3 jours, donnant naissance à une nuée de têtards (des centaines de milliers), tous très toxiques, qui mettront de 1 à 3 mois pour devenir des crapelets d’à peine un centimètre de longueur…

Avant d’achever leur métamorphose, une terrible guerre chimique subaquatique se jouera : les têtards les plus vieux libérant des substances qui bloquent le développement des nouvelles pontes et entraînent une grande mortalité. Les survivants, innombrables cependant, vont alors traverser une époque de grande vulnérabilité car ils ont momentanément perdu leurs défenses chimiques : la mortalité sera considérable et seuls quelques valeureux (et chanceux) crapelets atteindront l’âge adulte. A l’âge de 6 mois, les crapauds atteignent parfois 10 cm de long. Vers un an, ils deviennent aptes à se reproduire. Certaines femelles continueront à grandir pendant 3 ans pour atteindre la taille considérable de 25 cm… Vous les verrez alors revenir sur les berges du lac Marie-Claire à Kourou lors des grandes averses de mars et avril.

Maël Dewynter

 

Têtards de Rhinella marina (lac Marie-Claire, Kourou, 02/05/2020) © M. Perrier

posté par Olivier Claessens/gepog
 
samedi 16 mai 2020
Oiseaux
Confinés… du 21 mars au 10 mai : bilan provisoire de l'opération ACasa

L'opération "Confinés mais aux aguets" a débuté en Guyane le samedi 21 mars, sous diverses formes. Le confinement strict ayant pris fin le 11 mai, un petit bilan s'impose.

On ne parlera ici que du volet oiseaux, sous son nom de code "ACasa", pour simplifier. Cette opération dépasse les frontières de la Guyane puisqu'elle a pris sa source en métropole et dans plusieurs pays d'Europe sous l'égide de Faune-France. Les autres volets guyanais de l'opération (enquêtes sur d'autres groupes taxonomiques, quizz, développement d'outils et sensibilisation du public) seront évoqués ultérieurement.

Le premier objectif de l'opération ACasa était de profiter du confinement pour améliorer la collecte d'observations autour de nos domiciles, particulièrement en milieu urbain ou périurbain, habituellement délaissé. De Saint-Laurent-du-Maroni à Matoury, 24 observateurs répartis dans 7 communes ont joué le jeu. Certains ont légèrement débordé du concept de l'opération en marquant du code ACasa des observations réalisées hors de leur domicile, quoique dans le rayon officiellement autorisé d'1 km. Les communes les mieux couvertes ont été Cayenne (8 observateurs), suivie de Kourou et Rémire-Montjoly (4 observateurs).

Un total de 5889 données "ACasa" a été collecté, concernant 248 espèces, dont 5 espèces indéterminées. Les données "ACasa" représentent 46 % de l'ensemble des données collectées durant cette période.

Le nombre d'espèces par site, s'il varie en fonction de l'effort et des performances des observateurs, est néanmoins révélateur du potentiel ornithologique de nos lieux de vie. Une analyse plus fine sera nécessaire pour tenter de faire la part des choses. Sans surprise, les scores les plus élevés ont été obtenus par des jardins situés dans un environnement très rural voire forestier. Deux sites dépassent les 100 espèces, à Saint-Laurent ("Fatima", 122 espèces !) et à Matoury ("savane de la Bordelaise", 101 espèces) ; 8 autres sites à Matoury, Rémire, Macouria et Cayenne ont obtenu de 50 à 81 espèces. Il ne s'agit pourtant pas de la liste complète des espèces connues sur ces sites, mais uniquement de celles notées depuis chez nous et dans des conditions particulières. Une richesse qui en a probablement surpris plus d'un !

Le second objectif d'ACasa était d'encourager la saisie de données sous forme de listes complètes, une formule permettant de faire des analyses statistiques que les données isolées ne permettent pas. Sur ce plan, le succès est flagrant : au cours de cette période, 271 listes ACasa ont été saisies, totalisant 5765 données. Le code étude ACasa, initialement réservé aux listes, s'est vu étendu à toutes les observations quand il a été géré directement au niveau national par la LPO. Cela a permis de "repêcher" a posteriori des observations qui avaient été saisies par erreur de manière classique, ou de noter "ACasa" quelques espèces occasionnelles non notées dans les listes. Malgré cela, ces observations hors liste ne représentent que 2 % du total de données "ACasa".

Du 21 mars au 10 mai, 20 observateurs ont saisi chacun de 1 à 54 listes ACasa. Si l'on prend en compte toutes les observations, ce sont près de 400 listes qui ont été saisies par 27 observateurs pendant la période considérée (51 jours), soit une progression de 116 % par rapport aux deux premiers mois de l'année : qui a dit que le confinement empêchait d'observer les oiseaux ?

Le tableau ci-dessous résume à lui seul cette spectaculaire progression.

http://files.biolovision.net/www.faune-guyane.fr/userfiles/Documentsdivers/Oiseaux/FGACasafin11maibilan.jpg

Bravo à vous tous, et continuez comme ça ! L'opération ACasa se prolonge jusqu'au 1er juin… et rien n'empêche de continuer au-delà !

Olivier Claessens

 

Le Sucrier à ventre jaune (Coereba flaveola) a été noté dans 15% des listes ACasa © M. Reynaud

posté par Olivier Claessens/gepog
 
mercredi 13 mai 2020
Oiseaux
Identifier les urubus

La famille des Cathartidés, ces vautours américains, renferme 7 espèces dont 5 sont présentes en Guyane. Si l'on excepte le Sarcoramphe roi (anciennement "Vautour pape"), leur identification présente des difficultés à beaucoup d'observateurs. Les validateurs de Faune-Guyane relèvent de fréquentes erreurs, quand d'autres préfèrent s'abstenir de noter ces oiseaux, dans le doute, et ne leur prêtent pas beaucoup d'attention.

Ces erreurs ou lacunes nous empêchent aujourd'hui de connaître avec précision la répartition et le statut de conservation de plusieurs espèces, maintenues en catégorie DD ("données insuffisantes") dans la Liste rouge régionale. Car si le Grand Urubu bénéficie encore d'un habitat (le bloc forestier de l'intérieur) vaste et à peu près intact, et si l'Urubu noir profite quant à lui du développement de l'élevage et des décharges à ciel ouvert, l'Urubu à tête rouge et l'Urubu à tête jaune en revanche sont étroitement liés aux milieux ouverts et aux boisements de la plaine littorale, deux milieux fortement menacés par les activités humaines. Bien identifier les urubus est donc une nécessité pour mieux cerner leur statut.

Cette planche produite par Maël Dewynter, en complément du "Petit guide illustré des oiseaux des jardins" présenté précédemment, vous donne les clés pour identifier les urubus sans vous tromper, et ainsi améliorer la qualité des données de Faune-Guyane et affiner nos connaissances sur ces espèces.

A télécharger ci-dessous, ou à partir du menu, rubrique Oiseaux / Aide à l'identification.

A vos jumelles, et ne négligez plus ces magnifiques planeurs !

Olivier Claessens

Document à télécharger :  Memo_Urubus_(MDewynter_110520)-8629.pdf
posté par Olivier Claessens/gepog
 
mercredi 13 mai 2020
Oiseaux
Nouveau : Petit guide illustré des oiseaux des jardins

Les deux mois de confinement ont été propices à la réalisation d'outils de reconnaissance des espèces qui nous entourent. Après l'ouvrage de l'ONF, après les plaquettes du Parc Amazonien de Guyane sur la faune et la flore forestières… c'est au tour du GEPOG de mettre à disposition du public un Petit guide illustré des oiseaux communs des villes et jardins de Guyane !

Magnifiquement illustrée par Maël Dewynter, cette plaquette (format PDF optimisé pour smartphones) présente les 70 espèces les plus souvent observées en milieu urbain et périurbain, en pointant les principaux critères d'identification.

Financé par le programme TRAMES, ce projet met l'accent sur les espèces présentes sur les communes du centre littoral, mais il intéressera bien sûr tous les naturalistes guyanais. Et comme la nature fait bien les choses, l'opération "Confinés mais aux aguets" se prolonge jusqu'au 1er juin : profitez-en !

Cette plaquette est à télécharger ci-dessous. Elle est également disponible dans le menu, rubrique Oiseaux / Aide à l'identification.

Et en bonus, Maël nous offre une superbe planche d'identification des urubus ! Lire ce même jour l'actualité dédiée.

Olivier Claessens

posté par Olivier Claessens/gepog
 
dimanche 10 mai 2020
Les Essentiels de Guianensis, des plaquettes pour identifier la faune et la flore

Le Parc Amazonien de Guyane vient de mettre en ligne de nouveaux outils d'identification naturalistes :

  • Les Mammifères forestiers de Guyane (nouveau !)
  • Les Amphibiens de Saül (paru en 2018)
  • Les Plantes sans chlorophylle des sous-bois (nouveau !)

Ces plaquettes sont téléchargeables gratuitement sur le site du PAG (version pdf optimisée pour smartphone) :

http://www.parc-amazonien-guyane.fr/fr/actualites/les-essentiels-de-guianensis-des-plaquettes-pour-identifier-la-faune-et-la-flore-0

Les versions imprimées sur papier étanche seront bientôt disponibles à la vente (3 €) au local du PAG et dans les délégations.

Maël Dewynter

posté par Olivier Claessens/gepog
 
vendredi 8 mai 2020
Une initiative de sciences participatives sur les champignons en Guyane

Lancement d’une nouvelle initiative de sciences participatives sur les champignons en Guyane !

La saison est propice aux champignons, le confinement au tri des photos, le déconfinement à de nouvelles sorties nature : c'est l'occasion d'explorer ensemble la diversité des champignons de Guyane, même à distance ! Le site iNaturalist permet de déposer vos photos, et nous sommes plusieurs mycologues ou écologues à pouvoir vous aider dans l'identification.

Si l'aventure vous tente :

https://www.inaturalist.org/projects/les-champignons-de-guyane

Bonne exploration !

Mélanie Roy, Arthur Brisse et Heidy Schimann

 

Cookeina speciosa, Réserve naturelle des Nouragues © M. Roy

posté par Olivier Claessens/gepog
 
dimanche 3 mai 2020
Oiseaux
Raretés en série

La limitation des déplacements n'a pas empêché ces dernières semaines l'observation d'espèces rares et même la découverte de nouvelles espèces d'oiseaux pour la Guyane.

Il y eut d'abord un possible Tangara écarlate (Piranga olivacea) observé par Raphaël Willems à Montsinéry-Tonnégrande mais hélas non photographié. Si la donnée est validée, il s'agira seulement de la seconde observation en Guyane de ce beau migrateur d'Amérique du Nord qui hiverne normalement beaucoup plus à l'ouest.

Peu après, Sylvain et Quentin Uriot ont observé dans leur jardin une élénie à l'aspect inhabituel. Tout laisse à penser qu'il s'agit de l'Elénie verdâtre (Myiopagis viridicata), qui n'avait encore jamais été trouvée en Guyane. Une découverte qui nous a conduits à nous repencher sur un oiseau photographié à Kourou par Marine Perrier un mois auparavant, dont l'identification avait été très discutée par les validateurs Oiseaux et qui semble bien être de cette espèce également !

Les goélands sont des visiteurs très rares sur la côte guyanaise. C'est le cas du Goéland brun (Larus fuscus) trouvé à Cayenne par Olivier Tostain. Mais que dire du Goéland d'Amérique (Larus argentatus smithsonianus), présent au même moment et dont c'est la première donnée dûment documentée pour la Guyane ! Cette sous-espèce nord-américaine du Goéland argenté est parfois considérée comme une espèce à part entière (c'est le cas sur Faune-Guyane). Un Goéland argenté avait déjà été observé en 1999 (donnée homologuée par le CHG) mais la sous-espèce n'avait alors pu être déterminée.

En guettant ce goéland, Olivier Tostain a eu la bonne idée de photographier les autres oiseaux passant devant la pointe des Amandiers… et c'est ainsi qu'il a photographié pour la première fois en Guyane un Courlis corlieu de la sous-espèce eurasiatique (Numenius phaeopus phaeopus) ! Comme pour le Goéland d'Amérique, il s'agit de la première donnée documentée dans notre région, et d'une observation exceptionnelle pour l'Amérique du Sud.

Ces découverts occulteraient presque un Combattant varié (Calidris pugnax), une espèce européenne accidentelle en Amérique mais annuelle en Guyane, trouvé par Michel Giraud-Audine à Guatemala.

Signalons enfin une belle série de Coulicous à bec jaune (Coccyzus americanus), en transit entre leurs quartiers d'hiver situés dans le sud du continent et leurs lieux de reproduction nord-américains, dont le passage en Guyane n'est pas régulier et jamais abondant.

Toutes ces données devront être homologuées par le CHG (sur la base des photos ou des descriptions fournies) avant d'être définitivement validées.

Le mois de mai est traditionnellement propice à la découverte de migrateurs inhabituels, à l'écart de leur route de migration normale : ouvrez l'œil, même depuis votre balcon !

Olivier Claessens

 

Courlis corlieu eurasiatique (Numenius p. phaeopus), Cayenne, 28/04/2020 © O. Tostain

posté par Olivier Claessens/gepog
 
vendredi 1 mai 2020
Oiseaux
La photo du mois

A l'instar de la Buse à queue courte (Buteo brachyurus), le Busard de Buffon se présente sous deux aspects très différents, indépendamment du sexe ou de l'âge : une forme claire, comme ici, et une forme sombre dominée par le noir. En Guyane, la forme claire semble plus fréquente, mais c'est l'inverse au Suriname. Dans tous les cas, sa silhouette particulièrement élancée et le jeu de contrastes de son plumage en font l'un des plus beaux rapaces de Guyane.

Même si les observations semblent couvrir toute la bande côtière, cet habitant des savanes humides est rare en Guyane, où sa population est probablement inférieure à 50 couples. La Liste rouge des oiseaux menacés de Guyane le classe "en danger".

Bien qu'il soit présent toute l'année en Guyane, les seuls indices de reproduction sont localisés dans les rizières de Mana et le marais de Panato à Awala-Yalimapo. De tels indices manquent encore dans les marais de Kaw. En dehors de ces grandes zones humides, les observations ne concernent vraisemblablement que des oiseaux en chasse ou en dispersion. Ainsi, si on peut parfois le voir chasser dans les pâturages et jusqu'en pleine ville, comme à Kourou, ces observations ne doivent pas masquer la rareté de l'oiseau et les lacunes de nos connaissances.

Confinement oblige, cette photo sublime d'Alexandre Vinot a été prise depuis un balcon !

Olivier Claessens

 

Busard de Buffon Circus buffoni, Kourou, 8/04/2020 © A. Vinot

posté par Olivier Claessens/gepog
 
samedi 25 avril 2020
Les petites bêtes des jardins

Nous avons le plaisir de vous annoncer la sortie du livre "Les petites bêtes des jardins de Guyane" (et des maisons), une nouvelle édition de l’ONF Guyane. En pleine période de confinement, il tombe plutôt à pic !

Il est disponible depuis peu dans les supermarchés de Cayenne et Kourou (Carrefour Montjoly et Matoury, Hyper U Cayenne, NKT Cayenne, Super U Kourou) et via le site internet des librairies CAS’A BULLES et Lettres d’Amazonie (http://www.kazabul.com/) (livraison).

Cet ouvrage est un guide très illustré permettant une approche simple de la petite faune qui peuple les jardins et maisons de Guyane, avec de nombreuses anecdotes, photos et dessins. Il est le fruit d’une collaboration d’une vingtaine de spécialistes, scientifiques, naturalistes, avec la coordination éditoriale de l’ONF.

Il traite plus de 250 espèces chez les gastéropodes (escargots, limaces…), insectes, arachnides (araignées, scorpions…), myriapodes (mille-pattes…), amphibiens (crapauds, rainettes…), reptiles, oiseaux et même quelques mammifères.

Autant dire que ce guide sera très apprécié lorsque Faune-Guyane ouvrira de nouveaux taxons à la saisie... Mais d'ores et déjà, il vous permettra d'explorer quelques nouveaux groupes et de sortir de votre zone de confort naturaliste :)

Maël Dewynter

http://files.biolovision.net/www.faune-guyane.fr/userfiles/Documentsdivers/livrePetitesbtesdesjardinsextrait1ONF.jpghttp://files.biolovision.net/www.faune-guyane.fr/userfiles/Documentsdivers/livrePetitesbtesdesjardinsextrait2ONF.jpg

posté par Olivier Claessens/gepog
 
jeudi 23 avril 2020
INFO maintenance

Suite à un problème technique (maintenant résolu), Biolovision a été obligé de supprimer toutes les données de listes saisies hier via NaturaList dans tous les pays, soit 72 000 données. Les formulaires eux-mêmes restent, mais vides (voir les explications ci-dessous).

Pas d'inquiétude ! Les données restent stockées sur un serveur et seront réinjectées progressivement sur les sites.

Vous n'avez rien à faire ! Surtout, ne supprimez pas les formulaires vides, car ils seront remplis à nouveau avec leurs données.

Compte tenu du décalage horaire, l'opération débutée aujourd'hui devait reprendre dans la soirée, tout devrait être rentré dans l'ordre dans la nuit : dormez tranquilles !

Olivier Claessens

 

-------- Message transféré --------

Sujet : RE: Problème synchronisation données listes
Date : Thu, 23 Apr 2020 18:58:03 +0200
De : Gaëtan Delaloye <gdelaloye@ornitho.ch>
Répondre à : visionature@biolovision.net
Pour : visionature@biolovision.net

Bonjour,

Oui, le problème d'hier a été résolu en fin d'après-midi. Les nouvelles données sont OK (la remontée est parfois encore un peu lente mais globalement c'est fonctionnel).

Pour les données d'hier comme certaines sont passées, d'autres pas et que la synchro n'a pas marché pour ces données, on a décidé de supprimer toutes les données d'hier pour les remettre. Comme la suppression n'était pas terminée ce matin et que la charge des serveurs ne permet pas de le faire trop en journée, j'ai stoppé le processus pour la journée. Je vais reprendre ce soir.

En principe les données mobiles d'hier (72'000 sur tous les pays) devraient revenir progressivement.

J'ai laissé les formulaires "vides" quand j'ai supprimé les données (car la structure des formulaires elle-même n'était pas affectée par le problème). Il faut les laisser, ils seront à nouveau remplis.

Merci,

Gaëtan

posté par Olivier Claessens/gepog
 
jeudi 23 avril 2020
Oiseaux
Confinés… 1 mois !

L'opération "Confinés mais aux aguets" a débuté le samedi 21 mars. Un mois après, où en sommes-nous ?

Rappelons le principe : puisque le confinement nous empêche d'aller traquer l'oiseau rare sur nos lieux d'observation favoris, voyons ce que la nature nous offre à voir depuis chez nous. C'est l'occasion d'améliorer l'inventaire des oiseaux de nos jardins ou quartiers, souvent négligés. Et pour que ces observations soient les plus utiles possible, elles doivent être saisies sous forme de "listes complète" estampillées du code étude [ACasa].

Si le démarrage a été plutôt lent, le bilan à J+1 mois est encourageant : 16 observateurs ont joué le jeu en saisissant un total de 134 listes. Trois d'entre eux ont saisi plus de 20 listes, tandis que les autres en ont saisi de 1 à 10. Plusieurs observateurs ont utilisé le code [ACasa] pour des observations individuelles, hors liste, et trois d'entre eux n'ont saisi aucune liste : on peut penser qu'un mode d'emploi leur aurait permis de saisir ces observations sous forme de liste. Nous tâcherons d'y remédier, en attendant vous pouvez vous référer à ces tutoriels de Faune-France : saisie sur l'ordinateur ou saisie avec NaturaList.

Conformément au principe d'ACasa, ces observations proviennent bien pour la plupart du domicile de la personne, cependant deux observateurs ont utilisé le code [ACasa] pour des observations lors de leur promenade quotidienne ; ces dernières ne sont pas prises en compte ici. Les 16 localités [ACasa] se situent à Rémire-Montjoly (4 sites dont 2 sur le même lieu-dit), Cayenne, Kourou (3 sites), Macouria, Matoury et Saint-Laurent-du-Maroni (2 sites chacune).

Venons-en aux oiseaux : les listes [ACasa] totalisent 165 espèces (dont 2 "indéterminées"). Six sites dépassent 50 espèces, et l'un dépasse même les 100 espèces observées depuis le jardin !

Pas de surprise du côté des espèces les plus fréquentes dans nos jardins : le Merle leucomèle et le Tyran quiquivi ont été notées sur la totalité des 16 sites, le Tangara évêque et le Tangara des palmiers dans 15 sites sur 16, suivis juste derrière par le Tangara à bec d'argent (14 sites). Seulement 22 espèces (13 %) ont été vues dans plus de la moitié des sites. Il serait fastidieux d'énumérer les espèces remarquables observées, mais la plus inattendue est sans doute le Flamant des Caraïbes, aperçu en vol à Rémire !

On nous annonce la fin du confinement à partir du 11 mai, nous dresserons alors un bilan plus complet de cette opération inédite. D'ici là, restez confinés mais toujours aux aguets !

Bonnes observations !

Olivier Claessens

 

Sporophile bouveron Sporophila lineola, l'une des 165 espèces "ACasa" (Rémire, 04/04/2020 © V. Rufray)

posté par Olivier Claessens/gepog
 
samedi 18 avril 2020
Oiseaux
Des oiseaux qui ont le sens de la famille

En dépit des observations récentes à Kourou, la Gallinule d'Amérique (Gallinula galeata) n'est pas un oiseau commun en Guyane. Elle était même considérée très rare et sa reproduction n'était pas certaine jusqu'à la découverte inattendue d'une population nicheuse dans un marais côtier de la région d'Iracoubo en 2007 par Olivier Tostain, Pascal Studer et Jean-Jacques Vacquier (voir le Rapport du CHG 2010-2011). Depuis, la nidification a été prouvée en 2011 et 2012 à Guatemala, et depuis 2017 seulement sur les lacs de Kourou.

Les variations d'effectifs sur ces derniers sites reflètent des déplacements des oiseaux liés probablement à la qualité fluctuante du milieu. Celle-ci semble optimale depuis le début de l'année puisque le nombre d'individus ne cesse d'augmenter et que les reproductions s'y succèdent.

Les photos de Marine Perrier et de Roland Jantot illustrent par ailleurs un comportement intéressant, fréquent chez les gallinules mais peu répandu par ailleurs au sein de la famille des Rallidés : la reproduction coopérative ou reproduction communautaire. Dans certaines conditions, les jeunes de la première nichée restent sur le territoire parental et participent à l'élevage des nichées suivantes. En pourvoyant à l'alimentation et à la protection de leurs cadets, ces oiseaux auxiliaires ("helpers") permettent aux adultes de limiter leur investissement et ainsi d'élever un plus grand nombre de jeunes, éventuellement de se reproduire à nouveau plus rapidement. L'avantage pour les auxiliaires est moins évident et a fait l'objet de nombreuses hypothèses, synthétisées dans l'ouvrage de Koenig & Dickinson (2004) : apprentissage, possibilité de rester plus longtemps sur un site favorable, accès privilégié à tout ou partie du territoire parental ou à un territoire voisin, attractivité de ce site pour d'éventuels partenaires, etc.

La reproduction coopérative a été décrite chez environ 350 espèces d'oiseaux appartenant à des familles diverses à travers le monde, particulièrement dans les régions tropicales (Griesser et al. 2017). Parmi les oiseaux de Guyane, outre la Gallinule d'Amérique, les cas les plus connus sont les anis, l'Hoazin huppé et le Pic à chevron d'or.

Olivier Claessens

Références :

Koenig, W. D. & Dickinson, J. L. (2004). Ecology and Evolution of Cooperative Breeding in Birds. Cambridge.

Griesser, M., Drobniak, S.M., Nakagawa, S., Botero, C.A. (2017). Family living sets the stage for cooperative breeding and ecological resilience in birds. PLoS Biol 15(6): e2000483. https://doi.org/10.1371/journal.pbio.2000483

 

Gallinule d'Amérique (Gallinula galeata), Kourou, 14/03/2020 © R. Jantot

posté par Olivier Claessens/gepog
 
lundi 13 avril 2020
"Confinés mais aux aguets" : bilan après 3 semaines

Pour cette 3ème semaine où vous êtes "Confinés mais aux aguets", 20 nouvelles listes [ACasa] ont été saisies ; leur nombre s'élève désormais à 88. Avec un nouvel observateur basé à Kourou, vous êtes désormais 14 observateurs à transmettre des listes complètes avec le code étude [ACasa]. Au cours de la semaine, 122 espèces d'oiseaux dont 14 nouvelles (dont un "Faucon indéterminé") ont été notées dans ces listes, pour atteindre donc un total de 148 espèces d'oiseaux vues depuis chez vous. Seules les "listes complètes" sont prises en compte dans ce bilan.

Parmi les nouveautés, citons le Colibri tout-vert et la Sturnelle militaire à Macouria, le Dacnis bleu à Cayenne et à Saint-Laurent, la Buse à queue courte, l'Onoré rayé et le Tyran des savanes à Rémire, le Todirostre à front gris et le Trogon à queue blanche à Saint-Laurent encore.

Les espèces les plus fréquentes quant à elles ne changent pas. Seulement 13 espèces ont été notées dans plus de la moitié des listes.

Prochain bilan après 1 mois de confinement : pourrons-nous atteindre les 20 observateurs et les 200 espèces [ACasa] ?

 

http://files.biolovision.net/www.faune-guyane.fr/userfiles/Documentsdivers/Amphibiens/LeptodactylusfuscusCounamama261019M.Perrierfg39413.jpg

Leptodactyle galonné (Leptodactylus fuscus), Iracoubo, 26/10/2019 © M. Perrier

Concernant les amphibiens, 6 observateurs ont utilisé le code étude [7] "Nature de nos villes", version batracologique de [ACasa] : 2 à Cayenne, 3 à Rémire, 1 à Saint-Laurent. Ce ne sont pas moins de 18 espèces d'amphibiens qui ont été contactées dans ces 6 jardins, pour un total de 60 observations. Aucune espèce n'a été notée dans les 6 sites suivis. Le Crapaud bœuf (Rhinella marina), le Leptodactyle galonné (Leptodactylus fuscus), la Scinax des maisons (Scinax ruber), et la Rainette ponctuée (Boana punctata) ont été notées sur 4 sites, et l'Hylode de Johnstone (Eleutherodactylus johnstonei) seulement dans 3 sites.

 

L'Onoré rayé (Tigrisoma lineatum) s'invite parfois dans les jardins (Rémire, 22/01/2018 © Q. d'Orchymont)

posté par Olivier Claessens/gepog
 
samedi 11 avril 2020
Oiseaux
Suivi des parades de bécassines dans les savanes guyanaises

Un suivi des parades nuptiales des deux espèces de bécassines nicheuses en Guyane (Bécassine géante et Bécassine de Magellan) a été mis en place en ce début d’année 2020. Pour ces espèces très peu étudiées, ce suivi devrait permettre d'améliorer nos connaissances sur :

- la répartition, les habitats précis et les effectifs de ces espèces en nidification (le suivi des parades étant le meilleur moyen d’inventorier ces espèces si discrètes) ;
- la phénologie de reproduction ;
- le déroulement des parades nuptiales ;
- le répertoire vocal ;
- l’impact de la météorologie sur les parades.

Le protocole mis en place est simple. Il s’agit d’effectuer un point d’écoute fixe et discret (pour que l’activité de parade se déroule le plus naturellement possible sans perturbation) dans la savane ciblée. Le soir, il faut être au point d’écoute à 18h45 et au moins jusqu’à 19h30 si possible tandis qu’il faut commencer à 5h45 le matin jusqu’à l’arrêt de l’activité vocale.

http://files.biolovision.net/www.faune-guyane.fr/userfiles/savanedeTrouPoissonsIracoubo021211O.Claessens4135w.jpg

Savane de Trou-Poissons © O. Claessens

 

Du 26/01 au 20/03, 21 points d’écoute (20 le soir et un le matin) ont été effectués sur 15 secteurs de savanes (dont trois sur la vaste savane de Trou-Poissons, soit seulement 13 savanes en réalité). Les savanes suivies sont localisées presque exclusivement dans le secteur Macouria – Montsinéry-Tonnégrande - Roura. Un passage tardif a été fait sur Trou-Poissons mi-mars. Au total, un minimum de 20 individus de Bécassine de Magellan et 22 individus de Bécassine géante a été entendu en parade. Le comptage est difficile dans les grandes savanes car beaucoup d’individus volent durant les parades et il faut donc être prudent à ne pas faire de doublons. Ainsi, dans les savanes assez vastes comme celle du Tour de l’île et du carrefour du Galion, les effectifs sont assurément sous-évalués. 

Je m’attendais à contacter moins de Bécassines géantes que de Magellan et c’est finalement l’inverse. Les Magellan ont été entendues sur 7 des 15 (46%) secteurs de savanes contre 11 des 15 (73%) secteurs pour la géante. Par contre, lorsque la Magellan est présente sur une savane, elle l’est en plus grand nombre que la géante. Ces tendances devront être confirmées la saison prochaine avec un suivi commençant plus tôt dans l’année.

C’est au carrefour du Galion (savane côté ouest) que les effectifs entendus sont les plus élevés avec au moins 5 Bécassines de Magellan et 4 Bécassines géantes le 26/02.

Dès le début du suivi fin-janvier, les deux espèces étaient actives. Ensuite, l’activité a été très intense tout au long du mois de février. Les parades de Magellan ont décliné de façon significative entre fin-février et mi-mars tandis que cela est moins marqué pour la géante qui commence possiblement à parader plus tard en saison (à vérifier la saison prochaine). La superficie des savanes, et donc le nombre d’individus présents, jouent assurément un rôle sur l’intensité et la durée des vocalisations de parades. Le suivi a été interrompu plus précocement que prévu à cause de la crise que nous traversons actuellement mais il est clair que nous étions proches de la fin de la période de parade. A ce jour, les bécassines doivent être majoritairement en train de couver et de nourrir les jeunes pour certaines (surtout pour la Magellan).

Le suivi 2020 est donc partiel. Le suivi sera réitéré la saison prochaine en commençant dès le début de la saison des pluies soit au moins un mois plus tôt et prolongé jusqu’à ce qu’aucune vocalisation ne soit entendue. Une synthèse précise sera produite à l'issue de la saison prochaine avec beaucoup plus d’éléments et d’hypothèses.

Si des personnes souhaitent participer au prochain suivi, elles peuvent évidemment me contacter. L’étude serait d’autant plus consistante.

Merci à Brice De La Croix et Hugo Foxonet d’avoir participé au suivi 2020.

Bon courage à tous en cette période difficile.

Paul Lenrumé

 

Bécassine géante (Gallinago undulata), savane Marivat © M. Dewynter

posté par Olivier Claessens/gepog
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