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jeudi 21 novembre 2019
Mammifères
A la recherche des loutres à Petit Saut

La société canadienne Triton se prépare à exploiter le bois immergé sur la retenue de Petit Saut. L'un des nombreux enjeux environnementaux sera la perturbation de la faune, dont les loutres géantes, bien présentes tout au moins sur l'amont de la retenue.

Dans ce cadre, nous voudrions essayer la détection de zones fréquentées par les loutres géantes à l'aide de drone. Cela nécessitera un travail de validation (résolution des images, vitesse de déplacement) et de confirmation sur le terrain (par bateau) des zones.  

Afin de gagner du temps, et de s'éviter de devoir parcourir des centaines de kilomètres de berges du barrage à la recherche d'indices de présence, nous sommes à la recherche de terriers récents (les "catiches") de loutres.

Lors de vos balades, si vous avez déjà vu, ou avez connaissance de catiches, les coordonnée GPS nous seraient extrêmement utiles : elles nous permettront d'orienter géographiquement nos tests drone / bateau.

Vous pouvez envoyer vos observations directement à benoit@kwata.net, mais n'oubliez pas de les saisir sur Faune-Guyane, avec la localisation précise ! Vous avez la possibilité de les mettre en données protégées pour garantir leur confidentialité...

En vous remerciant,

Benoit de Thoisy

 

Loutre géante (Pteronura brasiliensis), lac de Petit Saut © Thibaut Ferrieux

posté par Olivier Claessens/gepog
 
samedi 16 novembre 2019
Oiseaux
La Paruline rayée, un passereau migrateur exceptionnel à l’échelle mondiale

La Paruline rayée (Setophaga striataest un petit passereau migrateur d’origine boréale. Elle niche au Canada, en Alaska et hiverne dans le nord de l’Amérique du Sud (Colombie, Venezuela, Equateur, nord du Pérou, nord-ouest du Brésil, Guyana et Suriname et Guyane sur la frange littorale). Dans notre département, elle semble être en limite est de sa répartition hivernale.

Cette Paruline est présente en Guyane de fin octobre (29/10/2017, date la plus précoce sur Faune-Guyane) à fin avril (20/04/2014, date la plus tardive sur Faune-Guyane). Elle fréquente les mangroves et les formations secondaires du littoral. Elle semble assez rare mais fait partie des espèces probablement largement sous-détectées. La première Paruline rayée de la saison a été observée le 14 novembre par Hugo Foxonet.

La miniaturisation des engins de géolocalisation permet désormais d’équiper des passereaux et de suivre leurs trajets migratoires avec une précision jusqu’ici inégalée.

Comme pressenti, la Paruline rayée effectue un trajet migratoire extraordinaire pour un passereau de seulement 12 grammes. Les individus nichant en Alaska parcourent plus de 20 000 km/an.

Ils commencent par traverser le continent américain d’est en ouest pour rallier la côte de l’océan Atlantique au Canada ou au nord-est des Etats-Unis. Ce trajet se fait en 18 jours environ pour les individus nichant dans l’extrême ouest de l’Alaska.

Arrivés sur la côte, ils font une halte migratoire d’environ un mois et s’engraissent jusqu’à doubler leur masse (environ 25 g). En effet, l’énergie est stockée sous forme de graisse. Ensuite vient la partie la plus périlleuse du voyage.

Ils effectuent un vol non-stop de 2 250 km à 3 400 km pendant 2 jours et demi à 3 jours au-dessus de l’océan (comme de nombreux limicoles hivernant en Guyane) ! Pour arriver enfin sur les zones d’hivernage en Amérique du Sud.

Le trajet de remontée prénuptiale se fait davantage par les terres car le vent dominant est défavorable à un nouveau vol transocéanique.

Durant toute cette épopée migratoire, ils doivent faire face aux risques de prédation des rapaces et chats domestiques, éviter les collisions avec les vitres, buildings, les lignes à haute-tensions et autres structures humaines, faire face à la disparition et à la dégradation des habitats utilisés lors des haltes migratoires mais aussi affronter l’océan en période de cyclones ! Rien que ça…

Parmi les passereaux à l’échelle mondiale, seul le Traquet motteux (Oenanthe oenanthe) semble faire un trajet migratoire encore plus remarquable. En effet, les nicheurs d’Alaska, du Canada et du Groenland hivernent en Afrique subsaharienne. Notons que ce passereau est plus grand et pèse plus de 25 grammes en moyenne (avant engraissement).

Paul Lenrumé

 

Source : http://www.sci-news.com/biology/blackpoll-warbler-migration-07008.html

Référence : William V. DeLuca et al. (2019). A boreal songbird’s 20,000 km migration across North America and the Atlantic Ocean. Ecology, published online March 19, 2019; doi: 10.1002/ecy.2651.

posté par Olivier Claessens/gepog
 
samedi 9 novembre 2019
Oiseaux
L’évêque de Guyane n’est pas bleu-noir

L’Evêque bleu-noir (Cyanoloxia cyanoides) est un passereau des sous-bois humides, répandu en forêt primaire ou secondaire, parfois même dans les bosquets résiduels entre les abattis.

Suite à plusieurs études génétiques qui ont confirmé la divergence des populations amazoniennes par rapport à celles d’Amérique centrale et des Andes, deux espèces sont désormais reconnues : le nom Evêque bleu-noir (Cyanoloxia cyanoides sensu stricto) étant réservé à l’espèce d’Amérique centrale, celle d’Amazonie et de Guyane s’appelle désormais Evêque de Rothschild (Cyanoloxia rothschildii). Outre l’ADN, elle se distingue de l’autre par la coloration et par le chant.

L’Evêque de Rothschild est ainsi nommé en l’honneur de Lord Lionel Walter Rothschild (1868-1937), membre de la célèbre famille de banquiers mais plus intéressé par la zoologie que par les affaires, qui a constitué au cours de sa vie la plus grosse collection naturaliste privée. Elle contenait quelques 300 000 oiseaux du monde entier, 200 000 œufs, plus de 2 millions de papillons… Lord Walter Rothschild était notamment spécialiste des casoars qu’il étudiait dans son zoo privé de Tring. En 1831 il fut contraint de vendre la majeure partie de sa collection ornithologique à l’American Museum of Natural History.

De nombreuses espèces portent son nom mais l’Evêque de Rothschild est le seul oiseau guyanais dans ce cas. Les américains ont préféré lui donner le nom anglais « Amazonian Grosbeak ».

Ce changement de nom aurait dû intervenir dans notre liste des oiseaux de Guyane dès 2019, mais la révision taxonomique par le SACC m’avait échappé. Merci à Quentin Uriot pour avoir détecté cet oubli. Nous attendrons donc l’édition de la liste 2020 pour mettre à jour le nom de l’espèce dans Faune-Guyane. D’ici là, il vous reste quelques mois pour observer et signaler des Evêques bleu-noir, profitez-en !

Olivier Claessens

 

"Evêque de Rothschild" Cyanoloxia (cyanoides) rothschildii © Sylvain Uriot

posté par Olivier Claessens/gepog
 
samedi 2 novembre 2019
Oiseaux
La photo du mois d’octobre

Si le Grand-duc d’Amérique (Bubo virginianus) possède une très large répartition sur les deux continents américains, depuis les régions boréales d’Amérique du Nord jusqu’en Argentine, il est un oiseau rare en Guyane, localisé sur une étroite frange côtière. Il habite ici principalement la vieille mangrove et le cordon boisé littoral, allant chasser dans les pâturages et les marais en retrait de ce cordon. La route de Guatemala, ainsi que les lisières autour de Mana et le village d’Awala sont des lieux d’observation classiques. Les données plus dans l’intérieur et au sein du bloc forestier, comme à Petit Saut, sont sujettes à caution.

Son régime alimentaire est très éclectique, allant des jeunes tortues luths à l’émergence jusqu’aux rapaces diurnes prélevés la nuit sur leur nid. La virulence des autres rapaces à son égard, quand ils le croisent, en dit long sur ses redoutables capacités de prédation.

Quant à la Buse à queue barrée (Buteo albonotatus), c’est également un oiseau rare des lisières de savanes, classée « en danger » sur la liste rouge des oiseaux de Guyane, tout comme le Grand-duc. C’est une espèce globalement assez mal connue comparée à d’autres, et son statut en Guyane (répartition précise, effectifs, reproduction…) ne fait pas exception. On l’observe régulièrement dans les rizières de Mana, où elle vient chasser les rongeurs, lézards et petits oiseaux en se faisant passer pour un urubu. Sa silhouette, son plumage et son comportement relèvent en effet d’un mimétisme très réussi, qui trompent aisément ses proies… ainsi que l’observateur non averti !

Réunir les deux espèces sur une même photo relève de l’exploit ! Cette photo de Grégory Cantaloube y parvient tout en illustrant un intéressant comportement de défense anti-prédateur.

Olivier Claessens

 

Grand-duc d’Amérique (Bubo virginianus) et Buse à queue barrée (Buteo albonotatus), rizières de Mana le 21/10/2019 © G. Cantaloube

posté par Olivier Claessens/gepog
 
samedi 26 octobre 2019
Phasmes
Les Phasmes de Guyane s’invitent à La Canopée des Sciences

Le 5 novembre prochain Toni Jourdan, référent pour le groupe des phasmes sur Faune-Guyane, et la Canopée des Sciences vous invitent à un Café des Sciences consacré aux phasmes de Guyane, ces as du camouflage. Qui sont-ils, que connait-on des phasmes guyanais ? Toni nous parlera des travaux de l’association ASPER en Guyane et dans les Antilles et de la contribution de Faune-Guyane à la connaissance de ces surprenants insectes.

Pour tout savoir sur les phasmes de Guyane, rendez-vous au Café de la Gare (rue Léopold Heder à Cayenne) le mardi 5 novembre à 18h30 !

posté par Olivier Claessens/gepog
 
samedi 19 octobre 2019
Oiseaux
Les visiteurs européens en Guyane

Le Chevalier sylvain observé récemment à Montsinéry-Tonnegrande (actualité du 14/09/2019) est la 6ème espèce de limicole eurasiatique observée en Guyane. Quelles sont les cinq autres ?

- Barge rousse (Limosa lapponica) : un individu en novembre 2007 puis (le même) de novembre 2009 à février 2010, à Kourou (Alexandre Vinot et coll.).

- Combattant varié (Calidris pugnax) : observé presque chaque année depuis 2007, jusqu’à 3 oiseaux ensemble.

- Bécasseau cocorli (Calidris ferruginea) : 1 individu le 8/10/2014 à Kourou (Alexandre Vinot)

- Chevalier bargette (Xenus cinereus) : 1 individu le 2/02/2005 à Cayenne (Olivier Tostain et coll.)

- Chevalier aboyeur (Tringa nebularia) : 1 individu le 16/02/2006 à Cayenne (Olivier Tostain et coll.)

Les limicoles ne sont pas les seuls oiseaux venus d’Europe observés dans notre département. Ces « touristes » européens en Guyane appartiennent à des familles diverses : ce sont des mouettes et goélands (Mouette rieuse, Goéland cendré, Goéland marin, Goéland brun, Guifette leucoptère), des hérons (Crabier chevelu, Héron pourpré), des rapaces (Milan noir, Faucon crécerelle), un martinet (Martinet à ventre blanc) et un passereau (Bergeronnette grise). D’autres espèces accidentelles dont la répartition est principalement eurasiatique possèdent aussi des petites populations établies en Amérique du Nord, ce qui rend incertaine l’origine des individus observés en Guyane. C’est le cas par exemple de la Mouette tridactyle (Rissa tridactyla) ou de la Mouette pygmée (Hydrocoloeus minutus).

La Guyane est ainsi le deuxième pays d’Amérique du Sud (après le Brésil) pour l’accueil d’oiseaux venus d’outre-Atlantique. La position géographique privilégiée de la Guyane explique en partie cette situation : sur la route des alizées, et à la croisée des voies migratoires des limicoles nord-américains (ceux d’Europe ayant pu rejoindre l’Amérique du Nord avant de descendre vers le sud avec ces derniers). Mais le dynamisme de la communauté ornithologique guyanaise et sa familiarité avec les espèces européennes n’y sont sûrement pas étrangères ! Enfin, le trafic maritime régulier entre la métropole et la Guyane a pu faciliter l’arrivée de certains oiseaux, notamment parmi les Faucons crécerelles et les Bergeronnettes grises.

Olivier Claessens

 

Combattant varié (Calidris pugnax), Guatemala, 29/04/2012 © M. Giraud-Audine

posté par Olivier Claessens/gepog
 
mercredi 16 octobre 2019
Mammifères marins
Nouvelles observations de cétacés et d’oiseaux pélagiques au large de la Guyane

Dans le cadre de son expédition “De l’Arctique à l’Antarctique », le navire de l’ONG Greenpeace l’Esperanza a effectué une mission d’observation de la grande faune marine au large de la Guyane. Amandine Bordin et Margot Vanhoucke, salariées du GEPOG, ont embarqué pour cette mission du 30 août au 10 septembre 2019. Elles en ont présenté les principaux résultats, illustrés de photos et vidéos somptueuses, lors d’une soirée spéciale au GEPOG vendredi dernier.

Les observations ont été nombreuses et remarquables au cours de cette mission. Côté cétacés, plusieurs Rorquals de Bryde ou Rorquals tropicaux (Balaenoptera edeni) ont pu être observés et filmés lors d’une scène de chasse exceptionnelle, confirmant pour la première fois la présence de cette baleine en Guyane. Des Baleines à bosse (Megaptera novaeangliae) ont également pu être observées accompagnées de jeunes, ce qui atteste de la probable reproduction de ces animaux dans les eaux de la région, renforçant l’importance de celle-ci pour la conservation des cétacés.

Côté poissons, il faut signaler l’observation de Requins soyeux (Carcharhinus falciformis), espèce protégée en Guyane.

Côté oiseaux, une nouvelle donnée de Pétrel de Bulwer (Bulweria bulwerii) a pu être obtenue, parmi d’autres espèces pélagiques.

Comme toutes les observations au large, celles-ci seront saisies sur la plateforme OBSenMER et seront intégrées ultérieurement à Faune-Guyane.

Olivier Claessens et Margot Vanhoucke

 

Rorqual de Bryde (Balaenoptera edeni) et Sternes fuligineuses au large de la Guyane © Renato Rinaldi / Campagne Greenpeace 2019

posté par Olivier Claessens/gepog
 
lundi 14 octobre 2019
Reptiles
Découverte d'un nouveau serpent en Guyane

La biodiversité guyanaise est décidément un puits sans fond. Un article scientifique de Paulo Roberto Melo-Sampaio et ses collègues - dont Antoine Fouquet du CNRS de Toulouse - vient de décrire une nouvelle espèce de serpent du genre Atractus, uniquement connue de Guyane et de l'Amapá : Atractus trefauti, l'Atractus de Tréfaut.

Le spécimen type - qui a permis de décrire l'espèce - avait été récolté en 2012 sur la route de l'Est par Antoine Fouquet, Élodie Courtois et Maël Dewynter et l'un des paratypes (c'est-à-dire un des spécimens sur lequel est basée la description) a été trouvé en 2015 dans la Réserve naturelle de la Trinité par Fausto Starace et Vincent Rufray.

Ce petit serpent de moins de 30 cm de longueur, aux mœurs fouisseuses, est très proche morphologiquement d'Atractus schach, une espèce peu commune. Elle s'en distingue cependant par un patron de coloration "inversé" : un corps sombre avec des anneaux ou des damiers beiges à roux.

Vous pouvez consulter les clichés de l'espèce en consultant cette donnée de Vincent Rufray : https://www.faune-guyane.fr/index.php?m_id=54&mid=39108

C'est le moment de vérifier vos photothèques car il est prévisible que quelques données d'Atractus de Tréfaut s’y dissimulent...

L'Atractus de Tréfaut a été nommé en honneur à Miguel Tréfaut Rodrigues, un célèbre herpétologue brésilien qui a notamment fait sa thèse à Paris sous la direction de Jean-Pierre Gasc. Miguel est d'ailleurs auteur d'une des premières listes détaillées des serpents de Guyane, un article fondateur.

Maël Dewynter

 

Source: Melo-Sampaio, P. R., Passos, P., Fouquet, A., Prudente, A. L. D. C., & Torres-Carvajal, O. (2019). Systematic review of Atractus schach (Serpentes: Dipsadidae) species complex from the Guiana Shield with description of three new species. Systematics and Biodiversity, 17(3): 207–229.

 

Atractus de Tréfaut (Atractus trefauti), Mont Tabulaire © V. Rufray

posté par Olivier Claessens/gepog
 
vendredi 4 octobre 2019
Mammifères
Les photos du mois de septembre

Le mois de septembre était celui des mammifères sur Faune-Guyane ! Les deux photos du mois illustrent deux comportements d’alimentation.

Le Petit Opossum laineux arboricole (Micoureus demerarae) est présent dans toute la Guyane. Bien qu’il ne soit pas rare, ses mœurs nocturnes et son habitat forestier ne facilitent pas les observations. Les photos illustrant son comportement dans des conditions naturelles ne sont certainement pas légion ! La très belle photo (ci-dessous) de Marine Perrier est d’autant plus remarquable pour cet aspect documentaire rare.

Dans le même registre, un Tamandua à collier (Tamandua tetradactyla) s’est laissé prendre « la main dans le sac » par Hervé Breton.

Tamandua à collier, marais de Yiyi, 13/09/2019 © H. Breton

http://files.biolovision.net/www.faune-guyane.fr/userfiles/Documentsdivers/Mammifres/TamanduatetradactylaYiyi130919H.Bretonfg38260w.jpg

Enfin, même s’il ne mange personne, difficile d’ignorer la magnifique photo de Puma (Puma concolor) prise par Mathias Fernandez. Encore une belle rencontre… !

Bravo à tous les trois !

Olivier Claessens

 

Petit Opossum laineux arboricole (Micoureus demerarae), piste de Saint-Elie, 28/09/2019 © M. Perrier

posté par Olivier Claessens/gepog
 
lundi 23 septembre 2019
Oiseaux
Le déclin des oiseaux en Amérique du Nord

Une étude publiée le 19 septembre dans la prestigieuse revue scientifique Science révèle que l’Amérique du Nord (Canada et Etats-Unis) a perdu plus d’1/4 de son avifaune au cours des 50 dernières années, soit près de 3 milliards d’oiseaux en moins. Une révélation qui fait écho aux publications scientifiques qui ont fait la Une de l’actualité l’année dernière en France, concernant la disparition des oiseaux des champs en Europe (relire l’actualité du 20 mars 2018).

Comme en Europe, les oiseaux des campagnes sont parmi les plus touchés (-53 %). Mais les oiseaux forestiers et les généralistes sont aussi en déclin. Les limicoles quant à eux ont diminué de 40 %.

Les chercheurs américains ont combiné deux sources de données : d’une part, celles issues des programmes de sciences participatives tels que le « Breeding Bird Survey » (équivalent du STOC - Suivi des oiseaux communs), le « Christmas Bird Count » (comptage de Noël) et le « Manomet’s International Shorebird Survey » (suivi international des limicoles), d’autre part celles fournies par les radars météorologiques déployés sur tout le continent, qui permettent de mesurer le flux nocturne d’oiseaux migrateurs. Ce dernier a diminué d’environ 14 % en 10 ans, principalement sur la voie de migration atlantique.

Ce constat alarmant montre que la crise de la biodiversité touche tous les pays industrialisés, avec les mêmes causes apparentes. Comme en Europe, la destruction ou la dégradation des habitats, l’intensification de l’agriculture et l’emploi massif des pesticides qui fait disparaître les insectes, l’urbanisation mais aussi l’impact des chats domestiques et les collisions contre les vitres, sont pointés du doigt.

 

SourceCornell Lab of Ornithology

Référence et accès direct à l’article :

Rosenberg, K. V., A. M. Dokter, P. J. Blancher, J. R. Sauer, A. C. Smith, P. A. Smith, J. C. Stanton, A. Panjabi, L. Helft, M. Parr, and P. P. Marra (2019). Decline of the North American Avifauna. Science 19 Sep 2019. https://science.sciencemag.org/cgi/doi/10.1126/science.aaw1313.

posté par Olivier Claessens/gepog
 
samedi 14 septembre 2019
Oiseaux
Encore une nouvelle espèce de l’ancien monde en Guyane

Après le Crabier chevelu observé en début d’année (relire l’actualité du 27 avril 2019), la Guyane voit à nouveau sa liste d’espèces s’allonger.

Le 11/09/2019, un jeune Chevalier sylvain (Tringa glareola) a été observé et photographié sur un secteur privé de la savane Lambert à Montsinéry-Tonnegrande. Il s’agit de la 734ème espèce d’oiseau et du 40ème limicole pour la Guyane. C’est le 6ème limicole eurasiatique observé en Guyane.

A l’échelle de l’Amérique du Sud, c’est seulement la seconde mention documentée après la donnée de Tobago, où un oiseau avait stationné de décembre 1996 à février 1997. Ce limicole originaire d’Eurasie est plus fréquent en Amérique du Nord avec plusieurs données sur les côtes est et ouest, principalement lors des migrations postnuptiales.

Le Chevalier sylvain a une aire de répartition qui s’étend de la Scandinavie jusqu’au Kamtchatka à l’est. Il hiverne en Afrique, en Inde, en Asie du sud-est et jusqu’en Australie. Il est relativement commun en passage migratoire en France où il fait halte préférentiellement sur des marais d’eau douce.

Ce Chevalier sylvain a été observé sur une savane humide pâturée et piétinée par des chevaux, un site devenu très favorable aux limicoles comme le Pluvier bronzé (Pluvialis dominica) ou le Bécasseau à poitrine cendré (Calidris melanotos) ; 13 espèces de limicoles y ont été observées à ce jour. Malheureusement, à défaut d’orages réguliers, ce site devrait s’assécher très rapidement et ne sera bientôt plus favorable à ces oiseaux.

Paul Lenrumé

 

Chevalier sylvain Tringa glareola, Montsinéry-Tonnegrande, 13/09/2019 © Olivier Tostain

posté par Olivier Claessens/gepog
 
mercredi 11 septembre 2019
Oiseaux
Ouragan Dorian : volons au secours des oiseaux menacés des Bahamas

L’association internationale BirdsCaribbean appelle au secours pour sauver les oiseaux endémiques ou migrateurs des Bahamas dont l’habitat a été dévasté par l’ouragan Dorian. Les deux îles les plus durement touchées par cet ouragan exceptionnel hébergent 4 espèces endémiques très menacées (en gras est indiqué leur statut mondial UICN) : l’ « Amazone des Bahamas » (Amazona leucocephala bahamensis, une sous-espèce de l’Amazone de Cuba, NT), l’Hirondelle des Bahamas (Tachycineta cyaneoviridis, EN), la Sittelle des Bahamas (Sitta insularis, CR), la Paruline de Todd (Setophaga flavescens, NT). De nombreuses autres espèces, dont certaines endémiques comme le Colibri des Bahamas (Nesophlox evelynae) et la Paruline des Bahamas (Geothlypis rostrata), vivent aussi sur ces îles.

Sans occulter les immenses besoins de la population, l’association BirdsCaribbean, en partenariat avec le Bahamas National Trust, souhaite venir en aide à l’avifaune locale, en restaurant notamment au plus vite les habitats. Aider la nature des Bahamas, c’est aussi accélérer la remise en marche de l’écotourisme dont vit une partie de la population.

Plus d’infos sur : https://www.mightycause.com/story/Dorian-Bahamas

 

4 espèces menacées endémiques des îles Grand Bahama et Abaco : 
Amazone des Bahamas, Hirondelle des Bahamas, Paruline de Todd , Sittelle des Bahamas
(photos © Lynn Gape, Melanie Rose Wells, Erika Gates, Bruce Hallett)

posté par Olivier Claessens/gepog
 
dimanche 8 septembre 2019
Oiseaux
Une nouvelle édition du Birds of Suriname

Seulement deux ans après la parution du Field guide to the Birds of Suriname, par Arie Spaans, Otte Ottema et Jan Hein Ribot, illustré par Ber van Perlo, les éditions Brill ont sorti en début d’année une seconde édition révisée et complétée.

Par rapport à la première édition, on notera surtout :

- l’ajout de 5 espèces oubliées dans la version précédente (Puffin des Anglais Puffinus puffinus) ou observées pour la première fois au Suriname depuis 2015 (Fuligule à collier Aythya collaris, Combattant varié Calidris pugnax, Piranga écarlate Piranga olivacea, Paruline noir et blanc Mniotilta varia) ; ces espèces sont ajoutées sur deux planches nouvelles situées à la suite des autres et dans un addendum en fin d’ouvrage, et justifient pour partie les 10 pages supplémentaires de cette seconde édition ;

- la correction bienvenue d’une grosse erreur de colorimétrie (du fait de l’éditeur) sur la planche originelle des pigeons ;

- l’utilisation d’un papier de qualité légèrement inférieure, donnant un aspect un peu plus terne aux dessins, avec des contrastes atténués ce qui n’est pas toujours un handicap.

Pour le reste, les différences ne sautent pas aux yeux, et seuls quelques détails superficiels, parmi ceux relevés dans une critique de la première édition, ont été facilement corrigés. Ils passeront inaperçus aux yeux de la plupart des lecteurs.

Cette nouvelle édition de Birds of Suriname confirme les indéniables qualités de la première version, soulignées dans la critique publiée dans le Kiskidi (le bulletin du GEPOG) de septembre 2017. Il demeure le seul guide de terrain officiel pour les oiseaux du Plateau des Guyanes, et l’ouvrage indispensable aux ornithologues guyanais ou visitant notre région.

Olivier Claessens

 

Field Guide to the Birds of Suriname
Arie L. Spaans, Otte H. Ottema, Jan Hein J.M. Ribot
Planches en couleurs de Ber van Perlo
Seconde édition, BRILL, Leiden, 2018

posté par Olivier Claessens/gepog
 
mercredi 4 septembre 2019
Oiseaux
Les oiseaux rares en Guyane en 2012-2013-2014

Le Comité d'homologation de Guyane vient de diffuser son rapport sur les oiseaux rares observés en Guyane de 2012 à 2014.

99 espèces sont présentées et commentées, dont 12 espèces nouvelles pour la Guyane : Harpage diodon Harpagus diodon, Elanion perle Gampsonyx swainsonii, Râle à cou roux Aramides axillaris, Goéland cendré Larus canus, Mouette pygmée Hydrocoloeus minutus, Guifette leucoptère Chlidonias leucopterus, Toui à ailes variées Brotogeris versicolurus, Ermite d'Auguste Phaethornis augusti, Martinet sombre Cypseloides niger, Tyran à gorge blanche Tyrannus albogularis, Aulia à ventre pâle Rhytipterna immunda, Paruline orangée Protonotaria citrea.

Ce rapport se base uniquement sur les fiches descriptives reçues par le CHG ou sur les données de Faune-Guyane quand celles-ci sont accompagnées de photos, d'enregistrements ou d'une description suffisamment détaillée. De très (trop) nombreuses données n'ont pas pu être examinées faute de documentation, et ne peuvent donc pas être homologuées et intégrées dans ce rapport. Les espèces soumises à homologation sont signalées par un astérisque (*) dans la Liste des oiseaux de Guyane, et sur Faune-Guyane par le symbole http://files.biolovision.net/www.faune-guyane.fr/userfiles/Documentsdivers/modedemploi/CHG.jpg. Ce traitement spécial se justifie par la rareté de l'espèce (ou la rareté des observations), qui confère à chaque donnée une importance particulière.

Les données rejetées par le CHG (le plus souvent par manque de précisions) ont vocation à être invalidées sur Faune-Guyane, afin de ne pas rentrer dans des analyses futures. Elles peuvent toutefois y être conservées pour mémoire. Le statut des données examinées par le CHG, qu’elles soient acceptées ou rejetées, est mis progressivement à jour sur Faune-Guyane.

Ce rapport, ainsi que les précédents, peut être téléchargé dans le menu, rubrique Oiseaux / Rapports du Comité d'homologation de Guyane.

Bonne lecture, et merci à tous pour vos observations et votre confiance !

Olivier Claessens
secrétaire du Comité d'homologation de Guyane

posté par Olivier Claessens/gepog
 
lundi 2 septembre 2019
Mammifères
La photo du mois

La Loutre géante (Pteronura brasiliensis) a une vaste répartition dans toute la moitié nord de l’Amérique du Sud, mais la chasse et la destruction de son habitat ont fortement réduit ses effectifs et morcelé ses populations, estimées en 2006 à moins de 5000 individus. Le plateau des Guyanes est considéré comme l’une de ses dernières places fortes. Elle est toutefois en déclin en Guyane, où elle est classée « en danger » par l’IUCN, tout comme à l’échelle mondiale.

En Guyane, les observations proviennent surtout du Nord et du Nord-Est. Quelques observations éparses dans le sud du département témoignent surtout des lacunes de prospection dans ces régions difficiles d’accès. Cependant, la Loutre géante semble absente d’un grand quart nord-ouest de la Guyane, de Saint-Laurent à Maripasoula et Saül, une région fortement impactée par l'orpaillage.

La photo du mois a été prise par Pascale Abert sur l’Alitani, dans l’extrême sud-ouest de la Guyane.

Olivier Claessens

 

Répartition des observations de Loutre géante en Guyane (1998-2019), (2017-2019).

Loutres géantes (Pteronura brasiliensis), rivière Alitani, 14/08/2019 © P. Abert

posté par Olivier Claessens/gepog
 
samedi 31 août 2019
Oiseaux
Un Tournepierre guyanais retrouvé au Canada

Le 7 juin 2019, un Tournepierre à collier arborant un « flag » (drapeau) noir portant l’inscription AKM a été photographié dans l’Ontario, Canada.

Ce tournepierre avait été bagué par Sylvain Uriot sur la place des Amandiers à Cayenne le 20 janvier dernier dans le cadre d’une étude sur les virus aviaires menée par l’Institut Pasteur, et revu par Gil Jacotot à la Pointe Saint-Joseph le 21 avril. Après avoir probablement passé l’hiver en Guyane, il a donc parcouru au moins 5000 km pour rejoindre l’Ontario (la localité précise d’observation ne nous a pas été communiquée).

Il n’était pas encore arrivé sur ses terres d’origine puisque le Tournepierre à collier se reproduit dans l’Arctique canadien au nord de la Baie d’Hudson, où il arrive normalement début juin. L’essentiel de la population américaine de tournepierres hiverne au Brésil, et quelques dizaines ou centaines d’oiseaux seulement au Suriname ou en Guyane. Seulement 8 tournepierres avaient été bagués ce jour-là à Cayenne, la probabilité que l'un d'eux soit revu sur son trajet de retour était donc infime !

Comme cet individu, de nombreux limicoles sont porteurs de bagues colorées prolongées d’un petit drapeau de plastique, avec une inscription alphanumérique. La couleur du drapeau désigne le pays de baguage : orange pour l’Argentine, bleu pour le Brésil, vert pour les Etats-Unis, noir pour la Guyane… En Guyane, plusieurs milliers de limicoles, principalement des Bécasseaux semipalmés, des Bécasseaux minuscules et des Chevaliers grivelés, ainsi que quelques centaines de Pluviers semipalmés, Bécassins roux et Petits Chevaliers, ont été marqués de la sorte, mais des oiseaux appartenant à d’autres espèces bagués ailleurs le long de leur voie de migration peuvent être observés. Ces marques permettent d’identifier les individus et donc de décrire leurs trajets et de constater leur fidélité à leurs sites de halte ou d’hivernage.

Si vous observez un oiseau porteur d’une bague ou d’un « flag », n’oubliez pas de le signaler sur Faune-Guyane en indiquant la couleur et le code inscrit dessus, si possible confirmé par une photo. Ces informations seront transmises aux responsables du baguage, et vous serez informés de l’origine de l’oiseau.

Olivier Claessens

 

Tournepierre à collier Arenaria interpres bagué « AKM », photographié dans l’Ontario le 7/06/2019 (info Matthew Rogosky).

posté par Olivier Claessens/gepog
 
samedi 24 août 2019
Odonates
Une nouvelle espèce d’Odonate

Le 12 août 2019, Hugo Foxonet a photographié une libellule qu’il n’a pas réussi à identifier parmi celles répertoriées en Guyane. Il a fallu l’intervention de spécialistes (Marceau Minot et Marcel Wasscher) pour identifier Homeoura obrieni, une espèce jusque-là inconnue en Guyane.

Homeoura obrieni est un taxon récemment décrit par Natalia von Ellenrieder, jusqu'alors connu de Colombie, du Venezuela et du nord du Brésil (Manaus). Il existe 5 espèces d'Homeoura en Amérique du Sud, la seule connue de Guyane jusqu'à présent était Homeoura nepos. Mais ces données guyanaises apparemment non documentées sont mises en doute par Natalia Von Ellenrieder, qui estime qu’il pourrait s’agir en fait d’H. obrieni. Les deux espèces se distinguent entre autres par le dessin de l’extrémité de l’abdomen.

Rappelons qu’en raison des difficultés d’identification, toutes les données d’Odonates ou de phasmes sur Faune-Guyane doivent être accompagnées de photos permettant de confirmer l’identité de l’espèce. Seuls les spécialistes sont exemptés de cette obligation, pour les espèces communes. Le site de Denis Gaschignard vous permettra d’identifier la plupart des espèces courantes. Les validateurs de Faune-Guyane (dont vous trouverez le contact dans la rubrique Aide > Droits d’accès) vous aideront en cas de besoin, n’hésitez pas à faire appel à eux.

Olivier Claessens

 

Description d’Homeoura obrieni : https://www.biotaxa.org/RSEA/article/view/30811/27546

 

Homeoura obrieni, Saint-Georges, 12/08/2019 © H. Foxonet

posté par Olivier Claessens/gepog
 
samedi 17 août 2019
Merci à vous tous !

Ce 17 août 2019, l’on dénombre pas moins de 1011 comptes d’utilisateurs inscrits sur Faune-Guyane ! Chaque mois, une dizaine de nouveaux contributeurs (11 en moyenne) rejoignent Faune-Guyane. Bienvenue à eux !

Bien sûr, tous ne correspondent pas des contributeurs actifs ou réguliers. Certains utilisateurs possèdent également plusieurs comptes, soit pour distinguer leur activité professionnelle / privée, soit suite à un changement d’adresse email, parfois même suite à une mauvaise prise en main de l’outil (double inscription par erreur). Cependant, leur nombre est faible.

Le nombre de données accumulées par l’ensemble des contributeurs dépasse désormais 617 000.

70 utilisateurs ont saisi plus de 1000 données, et 15 d’entre eux ont plus de 10 000 données à leur actif. Ces records ne diminuent pas pour autant la valeur des contributions plus modestes, car l’intérêt des contributions ne tient pas seulement à leur nombre : chaque observation transmise sur Faune-Guyane apporte sa pierre à la connaissance globale des espèces. Ainsi, une donnée assortie d’un code nidification, une observation relative à l’alimentation, ou une liste complète (en un lieu et sur un laps de temps déterminé) même si elle ne comporte que des oiseaux communs, constituent des apports significatifs.

Merci donc à vous tous qui participez à cet effort !

Olivier Claessens

 

Sporophile petit-louis (Sporophila minuta) © Hervé Breton

posté par Olivier Claessens/gepog
 
mercredi 14 août 2019
Chauves-souris
Une découverte exceptionnelle

Lors d'une mission d'étude d'impact sur le Centre Spatial Guyanais, le bureau d'études Biotope a découvert le 29 juillet 2019 une colonie de chiroptères exceptionnelle dans un ancien bunker du pas de tir de la fusée Diamant. Cette colonie regroupe au moins 3 espèces de Ptéronotes et compte plus de 20 000 individus, ce qui en fait la plus grande colonie connue de chiroptères en Guyane !

Egalement, c'est la première fois qu'une colonie du Ptéronote à dos nu (Pteronotus gymnonotus) est trouvée en Guyane. Fort heureusement, cette colonie n'est a priori pas menacée par les projets du centre spatial, mais des précautions devront être prises assurément.

Vincent Rufray        

 

Ptéronote à dos nu (Pteronotus gymnonotus), CSG, 29/07/2019 © V. Rufray/Biotope

posté par Olivier Claessens/gepog
 
samedi 10 août 2019
Oiseaux
Traitements anti-moustiques : les oiseaux ne sont pas épargnés

En juin et juillet dernier, une campagne de traitements anti-moustiques a été menée à Kourou par les autorités sanitaires pour lutter contre une épidémie naissante de dengue. S’ils sont indéniablement utiles pour la santé publique, ces traitements ne sont pas non plus sans effet sur l’environnement : risques de pollution des cours d’eau et des zones humides, destruction des insectes non ciblés, mortalité directe ou indirecte de la petite faune, notamment insectivore…

Les oiseaux ne sont pas épargnés, comme en témoigne l’observation de Marine Perrier, qui a découvert 4 cadavres de passereaux (dont une Elénie de Gaimard le 19 juillet) dans les jours qui ont suivi le traitement. Un Engoulevent minime, découvert le 12 juillet par Hervé Breton, pourrait bien être une autre victime collatérale de ces traitements.

Ce nombre peut paraître faible, tant en valeur absolue qu’eu égard aux bénéfices de l’opération pour la santé humaine. Il n’en est pas moins symptomatique d’un phénomène qui passe certainement en grande partie inaperçu. Quelle est son ampleur réelle et quel peut être son impact à moyen ou long terme sur les populations d’oiseaux de nos villes ?

L’observatoire mortalité de Faune-Guyane peut apporter des réponses, à condition de signaler avec régularité les cas observés tout au long de l’année, quelles qu’en soient les causes. Sans oublier de cocher la case « l’animal est mort » et de renseigner le module de mortalité qui s’ouvre.

Merci à tous pour votre vigilance.

Olivier Claessens

 

Engoulevent minime Chordeiles acutipennis, trouvé mort à Kourou le 12/07/2019 © H. Breton

posté par Olivier Claessens/gepog
 
samedi 3 août 2019
Oiseaux
La photo du mois de juillet

Le Cassique huppé (Psarocolius decumanus) est un oiseau commun dans tous les milieux ouverts de la bande littorale, en particulier dans les abattis et pâturages entre Cayenne et Saint-Laurent-du-Maroni ; il est plus rare et localisé dans l’intérieur, principalement le long des grands fleuves et dans les zones ouvertes comme Saül (voir la carte des observations sur Faune-Guyane). Il est remplacé dans le bloc forestier par le Cassique vert (P. viridis).

Comme ce dernier, le Cassique huppé est polygyne, chaque colonie correspondant à un harem tenu par un seul mâle. Les colonies de Cassique huppé sont le plus souvent établies sur des palmiers isolés et composées d’une dizaine de nids tout au plus. Les femelles d’une colonie se reproduisent de façon synchrone, et pourvoient à la construction des nids, à l’incubation et au nourrissage des jeunes, le mâle quant à lui se contentant de garder la colonie. Le chant s’accompagne d’une parade visuelle spectaculaire, magnifiquement illustrée par cette photo d’Olivier Tostain.

 

Cassique huppé Psarocolius decumanus, Kourou, 4/07/2019 © O. Tostain

posté par Olivier Claessens/gepog
 
dimanche 28 juillet 2019
Chauves-souris
Mouches parasites des chiroptères de Guyane

En Guyane française, des collectes de parasites externes ont été effectuées sur 204 individus de chauves-souris appartenant à 37 espèces, chauves-souris capturées par divers naturalistes et biologistes entre 2005 et 2012. La majorité des parasites récoltés étaient des mouches Streblidae (Diptera), dont 813 spécimens examinés se sont avérés appartenir à 46 espèces (15 genres différents) et à 6 taxons nouveaux en attente d’être décrits.

Avant cette publication de Graciolli, Guerrero & Catzeflis (2019) (à télécharger ci-dessous), seulement 12 espèces de mouches Streblidae étaient connues de Guyane française (Guerrero, 1997). Ce travail réalisé grâce à la contribution des chiroptérologues de Guyane apporte donc une augmentation de 380 % de la biodiversité des mouches ectoparasites de chauves-souris de Guyane.

François Catzeflis

 

Référence :

Graciolli G., Guerrero R. & Catzeflis F. 2019. Streblid bat flies (Diptera) and other ectoparasites on bats (Mammalia: Chiroptera) from French Guiana. Biota Neotropica 19(4): e20180724. http://dx.doi.org/10.1590/1676-0611-BN-2018-0724.

 

Pteronotus rubiginosus parasité par la mouche Trichobius caecus Edwards, 1918, capturé à Gaa Kaba (commune de Grand Santi) par Marguerite Delaval le 22 septembre 2010.

posté par Olivier Claessens/gepog
 
dimanche 7 juillet 2019
Oiseaux
Les toucans se mettent au parfum !

Les parfums attirent-ils les toucans ? Prudents, les auteurs de cet étonnant article préfèrent poser la question, sans tirer de conclusion. Pourtant les résultats de leur étude sont éloquents.

Depuis 2011, les chercheurs de la Wildlife Conservation Society ont utilisé deux parfums commerciaux (Chanel N°5 et Calvin Klein Obsession for Men) pour attirer les félins devant leurs pièges photographiques, dans le cadre d’un suivi individuel des animaux dans deux espaces protégés de Bolivie. La méthode s’est avérée particulièrement efficace, permettant d’obtenir un grand nombre de clichés, non seulement de mammifères, mais aussi d’oiseaux, dont plusieurs espèces de toucans et d’araçaris.

Alors qu’aucun toucan n’avait été photographié en 10 ans de piégeage photographique sans parfum, 550 photos de 4 espèces ont été obtenues en 45 occasions au cours des 6 années d’utilisation de parfum. Le Toucan à bec rouge (Ramphastos tucanus) a été l’espèce la plus fréquente, suivi du Toucan vitellin (R. vitellinus). Les oiseaux se sont approchés à moins de 3 m dans 29 % des cas, à moins de 30 cm dans 29 % des cas, et jusqu’au contact avec le parfum dans 42 % des cas. Des observations inattendues qui ouvrent une voie nouvelle pour l’étude de ces oiseaux particulièrement méfiants.

Le résumé de l’étude ne dit pas lequel des deux parfums les toucans ont préféré, ni si mâles et femelles ont manifesté la même attirance !

Pour en savoir plus, lire l’article complet (bientôt disponible sur demande).

Olivier Claessens                                               

Référence :

Viscarra, M.E., Ayala, G.M., and Wallace R.B. 2019. ¿Atraen los perfumes a los tucanes? [Do perfumes attract toucans?] Ornitología Neotropical 30: 45-50 (en espagnol, avec résumé anglais).

 

Toucan à bec rouge (Ramphastos tucanus) © M. Dechelle

posté par Olivier Claessens/gepog
 
jeudi 4 juillet 2019
Oiseaux
La photo du mois de juin

Le GEPOG vient d’effectuer le recensement annuel des hérons nicheurs de la fameuse colonie de la Savane Angélique, au cœur des marais de Kaw. Depuis 2015 en effet, le plan de conservation de l’Onoré agami (Agamia agami) prévoit un suivi régulier des effectifs nicheurs dans chaque pays occupé par cette espèce menacée. La colonie de la Savane Angélique est l’une des plus importantes au monde connues à ce jour.

Cette année au moins 3000 Onorés agamis ont été dénombrés, à tous les stades de nidification. Mais aussi au moins 80 Savacous huppés, 50 Grandes Aigrettes et autant d’Anhingas d'Amérique, au moins 50 Cormorans vigua, 30 Héron cocoi et bien d’autres…

Retrouvez tous les détails et les photos de la mission par Sylvain Uriot en suivant ce lien.

 

Savacou huppé (Cochlearius cochlearius), savane Angélique, 25/06/2019 © S. Uriot

posté par Olivier Claessens/gepog
 
lundi 10 juin 2019
Oiseaux
Le vanneau de Kourou

On le sait, les oiseaux migrateurs montrent une fidélité remarquable à leurs sites de halte ou d’hivernage. Le baguage, puis les suivis télémétriques par balise GPS, l’ont prouvé maintes fois, sur toutes sortes d’espèces. Les observations d’oiseaux rares permettent également de le vérifier, quand les individus sont si peu nombreux que la probabilité qu’ils viennent exactement au même endroit indépendamment les uns des autres est quasiment nulle. A moins que le site présente des qualités inégalées pour l’espèce en question…

Pour un Vanneau de Cayenne, le choix d’un parking asphalté comme site d’hivernage peut paraître incongru… mais manifestement pas pour celui qui fréquente le port de Pariacabo depuis maintenant 9 ans. En tout cas, ce site est suffisamment original pour que l’on soit certain qu’il s’agit bien du même oiseau, même s’il n’est pas bagué.

Voici donc ce Vanneau de Cayenne de retour… à Kourou, pour la 9ème année. Sa première apparition date de 2010, puis après trois années d’absence ou plutôt de non-observation (2011-2013) il est revenu chaque année depuis 2014 sur ce même parking. La durée apparente de son séjour est variable. Son arrivée a été remarquée entre mars (2017) et mai (2016, 2019), tandis que son séjour n’a jamais dépassé le mois de juillet. Juin est le seul mois où il a été vu chaque année.

Il se montre sur ce parking principalement matin et soir, et on ignore où il séjourne le reste du temps. De même, rien ne dit que durant les années ou les mois d’absence il n’était pas tout simplement sur un autre terrain du port de Pariacabo, mais hors de vue pour les observateurs.

Quoi qu’il en soit, merci à Jean-Claude Varlez et à Alexandre Vinot qui suivent ce site avec assiduité pour guetter le retour du Vanneau de Cayenne !

Olivier Claessens

 

Vanneau de Cayenne (Vanellus cayanus), port de Pariacabo, 20/06/2017 © O. Tostain

posté par Olivier Claessens/gepog
 
vendredi 31 mai 2019
Oiseaux
La photo du mois

Qu’est-ce qui peut bien pousser un araçari à venir titiller du bec un paresseux suspendu à sa branche ?

Il lui piquerait le pelage, on pourrait penser qu’il trouve des larves d’insectes dans cet écosystème ambulant (voir l’actualité du 17/11/2017). Aurait-il pris l’ongle du paresseux pour un ver ou une autre proie comestible ? Avait-il son nid à proximité, qu’il aurait ainsi cherché à protéger en délogeant l’intrus ?

Le 3 juillet 2016, j’ai observé de la même manière un Toucan ariel venir tirer les plumes de la queue d’un Milan de Cayenne perché au-dessus de lui. Si cette fois-là le toucan cherchait peut-être à faire déguerpir un prédateur potentiel (ce qui n’a pas manqué d’arriver), ce n’est certainement pas le cas d’un paresseux.

Un acte gratuit, donc ? Dans les deux cas, on est bien tenté d’y voir l’expression du caractère joueur des toucans, qui est avéré mais qui se manifeste habituellement entre eux (source HBW). Joueur et taquin, pourrait-on dire pour qualifier cet Araçari vert en poussant un peu loin l’anthropomorphisme.

Quoi qu’il en soit, bravo à Anne Delobel pour avoir su capturer cette scène insolite !

Olivier Claessens

 

Araçari vert (Pteroglossus viridis) et Paresseux à trois doigts, Guatemala, 24/05/2019 © A. Delobel

posté par Olivier Claessens/gepog
 
dimanche 26 mai 2019
Oiseaux
L’Elanion perle niche-t-il déjà en Guyane ?

L’Elanion perle (Gampsonyx swainsoni) est encore très rare en Guyane, mais on peut s’attendre à ce que les observations deviennent plus régulières dans le futur, comme c’est le cas dans d’autres pays d’Amérique centrale ou du Sud. En effet ce petit rapace est associé aux espaces ouverts pourvus de grands arbres espacés, tels que les pâturages et autres zones déboisées. Les premières données (par Olivier Tostain) remontent à 1993 au Centre Spatial Guyanais, mais il a fallu ensuite attendre 2013 pour que l’espèce soit observée à nouveau en Guyane, et obtenir les premières photos par Michel Giraud-Audine.

La découverte récente de 2 Elanions perles par Anne Delobel constitue la 14ème observation en Guyane, mais seulement la 6ème donnée si l’on regroupe les observations multiples du même individu. C’est la première fois que 2 individus sont vus ensemble, cependant la répétition d’observations de mai 2013 à janvier 2014, et à nouveau en 2018 dans le secteur agricole de Wayabo au sud de Kourou est troublante. L’espèce pourrait bien y être établie, mais ces vastes pâturages sont hélas sous-prospectés par les ornithologues, car en grande partie inaccessibles.

Avec l’extension des pâturages et des défrichements agricoles, notamment dans la région de Kourou, toutes les conditions sont réunies pour que ce joli petit rapace devienne nicheur en Guyane, mais aussi pour que cet évènement passe inaperçu !

Olivier Claessens

 

Elanion perle (Gampsonyx swainsoni), Guatemala, 24/05/2019 © A. Delobel

posté par Olivier Claessens/gepog
 
vendredi 24 mai 2019
Fête de la Nature

Toute cette semaine et jusqu’à dimanche, nos associations se mobilisent pour la Fête de la Nature, l’occasion de sensibiliser le plus grand nombre à l’observation et à la conservation de la nature qui nous entoure.

Pour le GEPOG et Kwata, elle se déroule sous le signe des trames vertes et bleues, des méthodes d’inventaire de la faune sauvage et des sciences participatives, dans le cadre du projet TRAMES porté par les deux associations. Au menu : sorties naturalistes, animations diverses, conférence-débat.

Samedi 25 toute la journée, les visiteurs du Jardin Botanique de Cayenne pourront découvrir les oiseaux des jardins, avec un focus sur l’utilisation de Faune-Guyane et de NaturaList. Ils pourront ensuite en savoir plus sur les trames vertes et bleues et apporter leur vision sur ces espaces de nature au sein des villes, à l’occasion d’une conférence-débat animée par Kwata.

Découvrez tout le programme de la Fête de la Nature en Guyane sur le site du GRAINE.

posté par Olivier Claessens/gepog
 
dimanche 19 mai 2019
Un nouveau programme LIFE pour la Guyane

Après le LIFE+ CapDOM (2010-2015), qui a vu – entre autres – la naissance de Faune-Guyane, un nouveau programme LIFE vient de débuter dans les départements d’Outre-mer : il rassemble Mayotte, la Réunion, la Martinique, Saint-Martin et la Guyane, sous l'égide de la LPO.

Découvrez en détails, territoire par territoire, les différents volets de ce LIFE Biodiv’OM sur le site internet dédié.

En Guyane, le GEPOG va poursuivre l’action de lutte contre les espèces exotiques envahissantes des savanes, entamée dans le LIFE+ CapDOM, en recherchant notamment des solutions alternatives à l’utilisation de l’Acacia mangium et du Niaouli. Côté mer, des concertations seront menées avec les pêcheurs en vue d’une gestion raisonnée du Mérou géant, espèce en danger critique d’extinction.

Parallèlement, le système VisioNature va s’étendre à l’ensemble de ces départements d’Outre-mer par le biais de Faune-France. Faune-Guyane bénéficiera de ce développement en se modernisant et en se rapprochant elle aussi de Faune-France, ce qui lui permettra d’être encore plus efficace dans la collecte et la valorisation des données naturalistes de notre exceptionnelle région.

posté par Olivier Claessens/gepog
 
samedi 11 mai 2019
Oiseaux
Les espèces les plus communes

En plus de pouvoir consulter les observations par lieu ou par date, Faune-Guyane vous propose (menu Actus, aide, stats) des statistiques sur les observations saisies dans la base.

Ainsi, sous la rubrique Statistiques des espèces > Informations globales, on découvre que les 10 espèces les plus fréquemment citées dans Faune-Guyane sont, dans l’ordre :

1) Tyran quiquivi                            9 467 observations

2) Tangara à bec d’argent               8 246 observations

3) Tyran mélancolique                    6 909 observations

4) Tangara évêque                         6 573 observations

5) Tangara des palmiers                 6 385 observations

6) Tyran de Cayenne                      5 849 observations

7) Merle leucomèle                        5 504 observations

8) Buse à gros bec                         5 231 observations

9) Troglodyte familier                     5 074 observations

10) Hirondelle chalybée                  5 012 observations

Le Piauhau hurleur, première espèce forestière, arrive juste derrière avec un peu moins de 5000 observations.

Il est aisé de constater que ces espèces sont aussi les plus communes dans les milieux anthropisés de la bande côtière, là où observent la plupart des contributeurs.

Qu’est-ce que cela nous apprend ?

D’abord, que Faune-Guyane n’est pas réservée aux espèces rares, ni à une élite. Chacun connait ces espèces-là qui nous entourent.

Ensuite, que Faune-Guyane est assez représentative de la fréquence d’observation réelle des espèces, en dépit de l’attrait naturel des observateurs chevronnés pour les espèces rares et du caractère volontaire et incident (hors de tout protocole) de la majorité des observations.

La remarque la plus fréquente de la part des personnes qui ne participent pas ou peu à Faune-Guyane est : « Mais je ne connais que les espèces très communes », ou « est-il vraiment intéressant de les noter ? ». La réponse est oui ! D’une part pour conserver à Faune-Guyane cette représentativité, qui est sa principale qualité. D’autre part, parce qu’avec les changements de toutes sortes que connait l’environnement, ces espèces très communes aujourd’hui ne le resteront peut-être pas toujours, ou seront peut-être dépassées dans le futur par d’autres espèces qui le sont moins aujourd’hui.

Alors, continuez comme ça ! Faites l’effort de noter chaque semaine, ou chaque mois, tous les oiseaux – même les plus ordinaires – que vous voyez autour de chez vous, dans votre jardin ou sur votre lieu de promenade préféré. Et saisissez-les dans Faune-Guyane ou avec l’application Naturalist sous la forme de listes complètes (voir l’actualité du 16/02/2019). C’est le meilleur moyen pour s’assurer que Faune-Guyane reflète au mieux la fréquence réelle des espèces, et pouvoir étudier ses variations.

Merci à tous pour vos contributions !

Olivier Claessens

 

Tyran quiquivi (Pitangus sulphuratus) © O. Claessens

posté par Olivier Claessens/gepog
 
mercredi 1 mai 2019
Oiseaux
La photo du mois d'avril

La reproduction du Hocco est relativement bien connue (HBW Alive), mais a rarement été observée en Guyane. Jusqu’à cette année, seules quelques observations de couples accompagnés de jeunes nous donnaient une idée de la saison de reproduction en Guyane. Les deux à trois poussins quittent en effet le nid le jour de l’éclosion et suivent les parents pendant environ un an.

L’existence, dans la réserve naturelle des Nouragues, de Hoccos habitués à la présence des chercheurs a permis cette photo exceptionnelle d’un mâle et de son jeune à peine volant, par Elodie Courtois. On notera que le jeune prend soin de s’abriter sous la queue largement étalée de l’adulte, une façon de se protéger de prédateurs comme les harpies ou les spizaètes.

Un autre couple a niché en lisière du « camp Inselberg », offrant aux chercheurs présents sur place des observations remarquables.

Gibier particulièrement prisé, le Hocco est l’une des espèces les plus sensibles à la chasse, disparaissant rapidement des zones trop faciles d’accès. Une étude a montré que la pression de chasse actuelle en Guyane est incompatible avec la survie de l’espèce  (Niel et al. 2007).

Cette photo illustre par conséquent également les effets positifs de l’absence de chasse sur le comportement de la faune : la crainte de l’Homme que manifestent beaucoup d’animaux et les difficultés de les observer en Guyane ne sont pas des fatalités et peuvent être corrigées par une protection prolongée et respectée…

Olivier Claessens

Référence citée : Niel C., Richard-Hansen C. & Debeir L. (2007). L’incertitude dans l’estimation de durabilité de la chasse : le cas du hocco en Guyane. Office national de la Chasse et de la Faune sauvage (ONCFS) - Rapport scientifique 2007: 25-31.

 

Hocco alector (Crax alector), réserve naturelle des Nouragues, 2/04/2019 © E. Courtois

posté par Olivier Claessens/gepog
 
samedi 27 avril 2019
Oiseaux
Encore un nouveau héron pour la Guyane !

Après le Héron pourpré en mai 2018 (lire l’actualité du 26/05/2018), c’est un nouveau héron migrateur européen qui a été découvert en Guyane. Ce vendredi 26 avril 2019, Grégory Cantaloube a eu la chance d’observer un Crabier chevelu (Ardeola ralloides) dans les rizières de Mana. L’oiseau dérangé dans sa pêche aux crabes s’est perché quelques secondes, juste le temps pour Grégory d’immortaliser cette rencontre inattendue.

Le Crabier chevelu est un petit héron apparenté au Héron strié. Sa répartition est très morcelée de l’Europe méridionale jusqu’en Asie centrale. Une sous-espèce distincte habite l’Afrique au sud du Sahara. Les populations d’Eurasie sont migratrices et hivernent en Afrique subsaharienne.

Les grandes migrations du Crabier le prédisposent à des apparitions accidentelles hors de son aire normale de répartition. Plusieurs individus ont été observés depuis 1986 sur l’archipel brésilien de Fernando de Noronha, où l’on prédit une nidification prochaine (Davis 2010). Il a été trouvé pour la première fois sur le continent sud-américain, au Brésil, en mars 2018 et en Guadeloupe en novembre 2018. L’observation de Grégory Cantaloube représente donc la seconde donnée de Crabier chevelu pour l’Amérique du Sud continentale, et la première pour la Guyane ! C’est la 21ème espèce de héron observée en Guyane.

Olivier Claessens

 

Référence

Davis, B.J.W. (2010). Squacco Heron Ardeola ralloides in the Fernando de Noronha Archipelago: the fourth Brazilian record with comments on the prospects for a colonisation event. Rev. Bras. Orn. 18(1): 61–63.

 

Crabier chevelu (Ardeola ralloides), rizières de Mana, 26/04/2019 © G. Cantaloube

posté par Olivier Claessens/gepog
 
mercredi 24 avril 2019
Chauves-souris
Enfin, une nouvelle capture d’Uroderma magnirostrum !

Il y a quelques années une chauve-souris en apparence banale avait été capturée par Benoit de Thoisy lors d'une étude sur la montagne du Tigre à Rémire-Montjoly. L'animal n'avait pas été déterminé correctement, car un petit prélèvement de peau prélevé par l'Institut Pasteur révéla plus tard après analyse ADN la présence d'une nouvelle espèce de mammifère pour la Guyane. Il s'agissait de la première mention d’Uroderma magnirostrum en Guyane.

Une autre capture probable de l'espèce eut lieu quelques temps plus tard sur un site proche, sans certitude toutefois. Depuis, plusieurs séances de captures ont été organisées entre 2016 et 2018 pour tenter de confirmer physiquement la présence de cette chauve-souris en Guyane.

Il aura fallu une bonne dose de hasard et de chance pour que l’Uroderma en question réapparaisse lors d'une session de capture de limicoles sur le parking de Dégrad des Cannes, le 10 avril 2019. Cette fois, la manipulation d'une femelle adulte présentant tous les critères qui semblent caractériser ce taxon a permis d’obtenir des documents illustrant cette découverte. Tout laisse à croire que nous avons enfin des photographies de cette petite bête difficile à identifier ! Un prélèvement a toutefois été réalisé par l'Institut Pasteur : le résultat de l’analyse ADN devra confirmer ou non cette nouvelle donnée.

Sylvain Uriot

 

Uroderma magnirostrum, marina de Dégrad des Cannes, 10/04/2019 © S. Uriot

posté par Olivier Claessens/gepog
 
mercredi 17 avril 2019
Oiseaux
Une nouvelle photo de Tinamou rubigineux

Les tinamous sont réputés, à juste titre, pour être des oiseaux discrets, méfiants et difficiles à observer. Mis à part leur chant puissant et mélodieux, leur rencontre se résume le plus souvent à un envol bruyant. Le Tinamou rubigineux ne fait pas exception à la règle, et sa rareté ne fait qu’accentuer la difficulté : encore très mal connu, il n’a été redécouvert en Guyane qu’en 2005 par Vincent Pelletier puis en 2011 par Alexandre Renaudier après les deux spécimens collectés au début du 20ème siècle.

Jusqu’à aujourd’hui, il n’existait de lui qu’une série de photos exceptionnelles prises en mai 2013 dans la région de Maripasoula par Vincent Rufray, les premières pour cet oiseau. Elles ont été publiées dans la revue Neotropical Birding, et reprises sur les sites internet Wikiaves et The Internet Bird Collection (IBC), entre autres.

Tanguy Deville nous offre une nouvelle photo remarquable de ce tinamou rare et énigmatique, en provenance de la région de Saint-Georges. Attiré par l’imitation de son chant, l’oiseau a fait preuve d’une grande prudence avant de traverser le layon et de se laisser admirer. Une observation réalisée avec moi-même le 30/03/2019 à l’occasion d’une mission pour le programme EIEFAG du GEPOG.

Le Tinamou rubigineux, le plus rare des tinamous guyanais, est cependant probablement présent dans tout le bloc forestier non perturbé de l’intérieur. Les observations (toutes auditives, sauf les deux mentionnées précédemment) se répartissent de Saint-Laurent-du-Maroni à Saint-Georges, et au sud jusqu’à Saül (voir la carte des données Faune-Guyane). Sa présence dans la moitié sud du département reste à confirmer.

Olivier Claessens

 

Tinamou rubigineux (Crypturellus brevirostris), Saint-Georges, 30/03/2019 © T. Deville

posté par Olivier Claessens/gepog
 
mardi 2 avril 2019
Mammifères
La photo du mois de mars

Présent sur l’ensemble du plateau des Guyanes, le Rat arboricole à front blanc (Echimys chrysurus) est un rongeur forestier répandu a priori dans tout le département mais connu seulement de quelques localités : il n’y a que deux données dans Faune-Guyane ! Son mode de vie nocturne et arboricole ne favorise pas les observations.

L’observation de Vincent Prémel est d’autant plus remarquable qu’elle se double d’une photo originale. Les vibrisses, longs poils sensoriels répartis sur le museau et autour des yeux, sont particulièrement développées chez les rongeurs arboricoles.

 

Source : Catzeflis, F., Barrioz, S., Szpigel, J.F. & de Thoisy, B. (2014). Marsupiaux et rongeurs de Guyane. Institut Pasteur de la Guyane, Cayenne. 128 p.

 

Echimys chrysurus, Paracou, 26/03/2019 © V. Premel

posté par Olivier Claessens/gepog
 
lundi 25 mars 2019
Mammifères
Un nouveau marsupial en Guyane

Au cours d’une mission d’inventaire naturaliste organisée par le Parc Amazonien de Guyane sur le Mont Itoupé en mars 2017, Sébastien Sant a photographié un marsupial arboricole qui, après consultation des ouvrages de référence, s’est avéré être un Opossum à queue touffue, Glironia venusta.

L’opossum à queue touffue est un mammifère rare et mal connu, dont l’aire de répartition couvre l’Amazonie centrale et occidentale. Cette espèce n’était pas encore répertoriée en Guyane. Cette découverte a été publiée dans les Cahiers Scientifiques du Parc Amazonien de Guyane, par S. Sant et F. Catzeflis (2018).

L’identification a été confirmée par les spécialistes Rob Vos et Louise Emmons, qui ont relevé toutefois des différences de coloration du pelage avec les spécimens connus, qui laissent penser qu’il pourrait s’agir d’une espèce nouvelle. De nouvelles observations et des prélèvements pour analyse génétique seront nécessaires pour le confirmer.

Ces missions d’inventaire au cœur de la Guyane démontrent une fois de plus leur intérêt. Il reste encore des animaux à découvrir en Guyane !

Olivier Claessens

 

Opossum à queue touffue (Glironia venusta), Mont Itoupé, 11/03/2017 © S. Sant

posté par Olivier Claessens/gepog
 
samedi 16 mars 2019
Oiseaux
Ouvrez l’œil : Petits Chevaliers bagués

Le Petit Chevalier (Tringa flavipes) est un migrateur commun sur le littoral guyanais, dont les effectifs sont estimés à quelques milliers chaque année. Il hiverne en plus petit nombre. Le maximum du passage de retour, pour les individus ayant hiverné plus au sud, se produit en février et mars.

Cependant, l’espèce accuse un déclin généralisé sur les zones de reproduction et sur l’ensemble de ses zones d'hivernage. La diminution a été estimée de 75% au Suriname, qui constitue une zone d’hivernage importante, entre 2002 et 2008. Ceci vaut au Petit Chevalier d’être classé en catégorie CR, « en danger critique d’extinction », en Guyane.

Dans le cadre d’un projet international visant à étudier les migrations, la survie annuelle et la fidélité aux sites de reproduction, des Petits Chevaliers ont été marqués à l’aide de bagues de couleurs ou de drapeaux (« flags ») numérotés, et certains d’entre eux équipés d’enregistreurs de géolocalisation ou de balises GPS. Le document ci-dessous détaille les différents types de marques utilisées.

Peut-être apercevrez-vous dans les semaines à venir l’un de ces Petits Chevaliers marqués, à l’occasion d’une de ses haltes migratoires en Guyane. Les observations, avec le détail des bagues et si possible une photo, sont à signaler sur Faune-Guyane. Elles seront alors transmises aux responsables du programme.

Rappel : d'autres limicoles, comme ce Tournepierre à collier ou ce Pluvier d'Azara, sont également porteurs de bagues et de drapeaux colorés.

Ouvrez l’œil !

 

Petit Chevalier (Tringa flavipes) bagué (© Zak Pohlen/USFWS)

Document à télécharger :  Have_You_Seen_Me-2703.pdf
posté par Olivier Claessens/gepog
 
samedi 9 mars 2019
Oiseaux
Espèces soumises à homologation : du nouveau

Le Comité d’Homologation de Guyane (CHG) a tenu sa réunion annuelle le samedi 2 mars 2019.

Le retrait de 6 espèces de la liste des espèces soumises à homologation a été décidé à cette occasion :

                - Ibijau à ailes blanches (Nyctibius leucopterus)

                - Gallinule d'Amérique (Gallinula galeata)

                - Aigrette garzette (Egretta garzetta)

                - Picumne frangé (Picumnus cirratus)

                - Batara demi-deuil (Thamnophilus nigrocinereus)

                - Tyranneau barbu (Polystictus pectoralis)

Ces 6 espèces ne sont donc plus soumises à homologation à compter du 1er janvier 2019. Les données antérieures à cette date restent soumises à homologation, autrement dit à la soumission de documents permettant de confirmer l’identification, ou à défaut, d’une fiche descriptive détaillée adressée au CHG.

Le CHG et les validateurs de Faune-Guyane restent vigilants vis-à-vis des observations de ces espèces, en particulier en dehors des localités classiques pour le Picumne frangé, le Batara demi-deuil et le Tyranneau barbu, et a fortiori pour toute nouvelle localité. Les observateurs sont invités à documenter leurs données par des photos ou enregistrements autant que faire se peut, et les validateurs ne manqueront pas de demander des précisions si nécessaire.

Les espèces soumises à homologation sont signalées par un astérisque accolé à la catégorie dans la Liste 2019 des oiseaux de Guyane, et par le pictogramme http://files.biolovision.net/www.faune-guyane.fr/userfiles/Documentsdivers/modedemploi/CHG.jpg sur Faune-Guyane.

Olivier Claessens, secrétaire du CHG

 

Picumne frangé (Picumnus cirratus), Awala-Yalimapo, 2/03/2014 © R. Jantot

posté par Olivier Claessens/gepog
 
dimanche 3 mars 2019
Oiseaux
Liste des oiseaux de Guyane

La Liste des oiseaux de Guyane, tenue par le Comité d’Homologation de Guyane (CHG), a été mise à jour. La version 2019 peut être téléchargée ci-dessous ainsi que dans la rubrique « Oiseaux », à gauche.

Elle inclut 3 espèces nouvelles pour la Guyane, observées l’année dernière et validées par le CHG : Héron pourpré (voir l’actualité du 26/05/2018), Ibis falcinelle (actualité du 16/09/2018), Milan noir (actualité du 21/05/2018).

Quelques changements taxonomiques sont aussi à noter parmi les canards et les tangaras :

- le Canard souchet (Anas clypeata) et la Sarcelle à ailes bleues (Anas discors) passent tous deux dans le genre Spatula, et deviennent donc Spatula clypeata et Spatula discors ;

- le Canard d’Amérique (Anas americana) devient quant à lui Mareca americana ;

- un nouveau genre est créé pour (entre autres) le Tangara à huppe ignée (Tachyphonus cristatus) et le Tangara à épaulettes blanches (Tachyphonus luctuosus) qui deviennent donc Islerothraupis cristatus et Islerothraupis luctuosus ;

- de même, le Calliste passevert (Tangara cayana) devient Stilpnia cayana.

Par ailleurs le Petit-duc du Roraima (Megascops guatemalae roraimae) devient une espèce à part entière, Megascops roraimae.

Avec les trois espèces ajoutées, l’avifaune guyanaise compte désormais 733 espèces.

A vos jumelles !

Olivier Claessens

Comité d’Homologation de Guyane

 

Calliste passevert, désormais Stilpnia cayana (© M. Giraud-Audine)

posté par Olivier Claessens/gepog
 
mercredi 20 février 2019
Reptiles
L’identification des tortues de Guyane

La Guyane héberge une riche communauté de tortues continentales (12 espèces terrestres ou d’eau douce), composée de onze espèces indigènes et d’une espèce introduite. À cette liste s’ajoutent 5 espèces de tortues marines qui fréquentent les eaux côtières du Plateau des Guyanes et viennent pondre saisonnièrement sur les plages guyanaises.

En 2017, l’édition de la liste rouge des espèces menacées de Guyane a mis en exergue la fragilité de certaines populations de tortues : 6 espèces sont menacées ou quasi-menacées d’extinction.

La clé de détermination proposée ci-dessous (également accessible depuis le menu de gauche, rubrique Reptiles) vous permettra d’identifier sans vous tromper les différentes espèces et de participer ainsi à la veille nécessaire sur l’abondance et la répartition des tortues de Guyane.

Maël Dewynter

 

Dewynter M., Le Pape T., Remérand E. & Frétey T. (2019). L’identification des tortues terrestres, dulçaquicoles et marines de Guyane. Les Cahiers de la Fondation Biotope 26 : 1–33.

posté par Olivier Claessens/gepog
 
mardi 19 février 2019
Publication des Listes rouges des espèces menacées de Guyane

Deux ans après la diffusion des Listes rouges des espèces menacées de Guyane, sous une forme synthétique, le MNHN vient de publier les rapports d’évaluation. Ces rapports, qui incluent les fiches espèces détaillées pour toutes les espèces menacées, concernent les Amphibiens et reptiles, les Oiseaux, les Mammifères marins et terrestres (dont les chiroptères).

Vous pouvez les télécharger dans le menu de gauche, sous la rubrique dédiée à chaque groupe taxonomique :

                - Reptiles

                - Amphibiens

                - Oiseaux

                - Mammifères marins

                - Mammifères terrestres

                - Chiroptères

Cette publication est l'aboutissement de plusieurs années de travail par un collège d'experts pour chacun des groupes taxonomiques traités.

Ces listes dressent le tableau le plus précis possible du statut (répartition, abondance, tendances) des espèces en Guyane. Basées en grande partie sur l'analyse des données de Faune-Guyane, elles marquent un état des connaissances à la date de l'évaluation, connaissances qui évolueront avec le temps et l'accumulation des données transmises sur Faune-Guyane.

Ces listes sont surtout un outil précieux pour la conservation des espèces et des milieux.

Pour affiner nos connaissances et rendre les prochaines éditions des Listes rouges encore plus pertinentes, continuez à transmettre vos observations !

Olivier Claessens

 

Sturnelle des prés (Sturnella magna), une espèce classée « En danger critique » (CR) en Guyane (© M. Dechelle/GEPOG)

posté par Olivier Claessens/gepog
 
samedi 16 février 2019
Nous devons faire des listes complètes !

Pour les administrateurs de Faune-France (qui regroupe tous les sites Faune régionaux de métropole), l’un des grands challenges est de faire adopter le mode de saisie par listes complètes par le plus grand nombre de contributeurs. Au sein du Comité de pilotage national, ce chantier est considéré comme prioritaire. Ce qui est valable en métropole l’est aussi chez nous, en Guyane !

Qu'est-ce qu'une liste complète ?

Une liste complète est une liste contenant toutes les espèces que vous avez identifiées en un lieu et sur une durée déterminée (par exemple, pendant une heure d'observation).

Il ne s’agit pas d’inventorier toutes les espèces présentes sur votre site d’observation (ce serait très difficile) mais bien de noter celles que vous avez été capable d’identifier. C’est la liste complète de ce que vous avez observé et déterminé en un laps de temps défini.

Pourquoi les listes complètes sont-elles si utiles ?

Contrairement aux données isolées, les listes complètes non seulement nous renseignent sur les espèces observées à un endroit et à un moment précis, mais également sur celles qui n’ont pas été détectées. Grâce à cela, nous pouvons établir la fréquence relative d’apparition dans l’espace et dans le temps des différentes espèces d’oiseaux et étudier très précisément leur phénologie. En outre, les listes apportent de précieux éléments sur la pression d’observation (le temps passé à prospecter), élément de connaissance décisif pour analyser les données.

Où et quand faut-il faire des listes ?

  • Un lieu, une liste : Faites des listes à partir d'un seul point ou si vous vous déplacez de moins d’1 km. Au-delà, il vaut mieux faire plusieurs listes consécutives. Attention, ne pas faire de listes lors de vos déplacements en vélo ou en voiture ! Si vous faites une longue marche, divisez-la en petites sections (<1 km) et dressez une liste dans chaque section, ou de temps en temps à l’occasion de petites pauses.
  • Le plus possible : Faites des listes aussi souvent que vous le pouvez ! Une liste de 10 minutes est parfaite, jusqu’à une ou deux heures. Au-delà il est préférable de faire des listes consécutives.
  • Toutes les semaines : Il est très intéressant de faire des listes complètes au même endroit tout au long de l'année. Par exemple, faites une liste hebdomadaire de votre site d’observation préféré.
  • Partout : Essayez de créer des listes partout où vous allez. Disposer d’une bonne couverture géographique est très important pour analyser les données !
  • Quantifier : Il faut indiquer le nombre d'individus de chaque espèce que vous avez détectée. Il convient ici de noter un chiffre réel de contact, même s’il y a évidemment bien plus d’oiseaux que ce que vous avez vu. Ce n’est pas grave.
  • Un pour tous, tous pour un ! Chaque observateur doit participer à l’effort. Plus nous serons nombreux à faire des listes, plus elles se renforceront mutuellement et prendront de l’intérêt.

Liste complète, ou observation précise ?

  • Les listes complètes privilégient la simplicité et l’efficacité, au détriment parfois de la précision de la donnée : les observations sont par défaut positionnées sur le lieu-dit. Il est toujours possible néanmoins de modifier la localisation et de compléter la donnée, en cliquant sur le « + » pour afficher la carte et les détails, et ce pour chacune des donnée, l’une après l’autre. Ca reste un peu laborieux, car ne n’est pas l’objet principal de la liste
  • Avec des observations précises, comme leur nom l’indique, on privilégie la précision : précision de la localisation (conservée d’une donnée à l’autre), mais aussi code de nidification, détails, comportement… En Guyane où il reste beaucoup à apprendre sur nos espèces, ces informations sont très utiles pour mieux connaître leur biologie et pour exploiter les données d’un site précis, mais elles ne permettent pas les analyses statistiques quantitatives.

L’appli mobile NaturaList permet de conjuguer les avantages des deux modes de saisie ! C’est l’outil idéal pour saisir des listes complètes.

  • Chaque observation est pointée précisément à l’emplacement de l’observateur (c’est toujours mieux qu’au lieu-dit le plus proche) et vous saisissez les détails comme pour une observation précise. Le GPS et l’horloge de votre smartphone font le reste !
  • Vous avez toujours la possibilité de corriger ou compléter vos données ultérieurement, voire d’ajouter dans la liste une espèce que vous auriez oubliée de noter, soit directement sur NaturaList, soit sur Faune-Guyane après leur synchronisation.

Comment faire ?

  • Sur Faune-Guyane, il faut choisir l'option "saisir une liste d'espèces sur ce lieu-dit". Ce tutoriel issu de Faune-France vous présente la marche à suivre : Saisie des listes sur Faune-France.
  • Sur NaturaList, l’option "saisir une liste sur le terrain" est directement accessible en haut à droite de l'écran d'accueil, à côté du « + » : saisir une liste sur le terrain (tutoriel Faune-France).
  • L’option "saisir une liste plus tard", dans le menu principal, vous permet de définir a posteriori la date et l’horaire de votre liste : saisir une liste plus tard.
  • Téléchargez ici l’appli NaturaList pour Androïd. Si vous possédez un iPhone, contactez olivier.claessens@gepog.org pour obtenir un lien de téléchargement de l’application.

A vous de jouer !

(d’après une actualité publiée sur Faune-France)

posté par Olivier Claessens/gepog
 
mercredi 13 février 2019
Vigie-Nature : de la science crédible

Les contributions aux bases de données en ligne telles que Faune-Guyane constituent l’expression la plus simple et le premier pas des « sciences participatives ». Ces sciences qui font appel au grand public connaissent un essor sans précédent, surtout dans les domaines naturalistes avec le programme Vigie-Nature porté par le Muséum National d’Histoire Naturelle. De nombreuses publications de haut niveau en sont issues, et les critiques et le scepticisme qu’elles suscitaient à leurs débuts n’ont plus lieu d’être. Explications sur le site de Vigie-Nature.

Et en Guyane ?

Les presque 600 000 données naturalistes rassemblées grâce à vous dans Faune-Guyane sont déjà régulièrement utilisées dans des études visant à mieux connaître ou mieux protéger la faune et les milieux naturels guyanais : études d’impact, Listes rouges, articles scientifiques ou chapitres d’ouvrages portant sur des espèces particulières…

Les premières analyses globales et systématiques, sous forme de cartes de répartition qui seront régulièrement mises à jour, vous ont été présentées récemment pour les reptiles et amphibiens, et le seront bientôt pour les autres groupes.

Et des enquêtes faisant appel aux observations d’un large public sont en projet…

A bientôt sur Faune-Guyane !

Olivier Claessens

 

Loutre géante (Pteronura brasiliensis), crique Canceler, 28/01/2017 © H. Breton.

Les observations et photos publiées sur Faune-Guyane contribuent au recensement et au suivi individuel de cette espèce menacée.

posté par Olivier Claessens/gepog
 
vendredi 8 février 2019
Reptiles
Répartition des Amphibiens et des Reptiles de Guyane

En juillet 2013, la base de données Faune-Guyane a ouvert à la saisie les Amphibiens et les Reptiles. Ces 5 dernières années, vous avez été plus de 200 à contribuer à bâtir cette base qui comptait 28.340 données le 31 décembre 2018 !

Nous sommes donc heureux de vous transmettre ce premier bilan cartographique de l’état des connaissances sur la répartition des Amphibiens et des Reptiles de Guyane. Nous allons progressivement intégrer des données plus anciennes (issues notamment d’inventaires scientifiques menés dans les espaces protégés) afin que la base Faune-Guyane devienne un outil de veille sur l’état de conservation des populations d’Amphibiens et Reptiles de Guyane. Notre objectif est d'actualiser chaque année ce bilan.

Merci encore à tous (chaque contributeur est cité dans ce document) et à vos frontales !!

Maël Dewynter, Elodie Courtois & Benoît Villette

Document à télécharger :  Synthese_herpeto_Faune-Guyane_2018-2241.pdf
posté par Olivier Claessens/gepog
 
dimanche 3 février 2019
Oiseaux
Relâcher d’une Buse à queue blanche

Le 30 septembre dernier, une Buse à queue blanche (Geranoaetus albicaudatus) juvénile, trouvée à Saül par les agents du Parc Amazonien, était transférée au centre de sauvegarde SOS Faune Sauvage qui est hébergé par le Zoo de Guyane. Après 4 mois de soins, de rééducation et de réhabilitation, elle a pu être relâchée le 31 janvier dans les savanes de Wayabo. Un site idéalement favorable à ce rapace menacé en Guyane (catégorie EN), lié aux savanes naturelles.

Malgré des conditions météo difficiles, la buse a fini par prendre son envol sous les attaques en règle d’un couple de Tyrans mélancoliques : l’apprentissage des dures conditions de la liberté !

Bien qu’il eût été utile et instructif de suivre ses déplacements après sa remise en liberté, l’oiseau n’a pas pu être bagué ni équipé d’une balise. Souhaitons que ce soit le cas si l’occasion se représente.

Peu après et à un kilomètre de là, un autre individu lui aussi immature mais un peu plus âgé a été observé dans les pâturages de Wayabo.

Si vous avez la chance de rencontrer au cours des prochaines semaines une Buse à queue blanche dans le secteur, il sera utile de bien regarder et préciser en remarque dans votre observation l’état et le dessin de la queue : l’oiseau relâché, âgé d’un an, était en pleine mue des rectrices encore juvéniles (finement barrées), tandis que l’autre présentait déjà une queue bicolore en parfait état.

Olivier Claessens

 

Buse à queue blanche (Geranoaetus albicaudatus) juvénile, Wayabo, 31/01/2019 © O. Claessens

 

Plus de détails sur le site du Parc Amazonien de Guyane :

posté par Olivier Claessens/gepog
 
vendredi 1 février 2019
Oiseaux
La photo du mois : un tangara hybride

La définition classique d’une espèce passe par son isolement reproductif, c’est-à-dire qu’elle ne peut se reproduire avec une autre dans des conditions normales. Il arrive cependant que deux espèces suffisamment proches génétiquement s’hybrident : leur descendance, si elle est viable, est théoriquement stérile. De tels individus hybrides restent rares dans la nature. Leur découverte suscite toujours l’intérêt et est parfois source de confusion : s’agit-il réellement d’un hybride ? D’un individu au plumage atypique ? Voire d’une espèce inconnue ?

Le tangara photographié à la mangeoire par Grégory Cantaloube présente manifestement un aspect mixte de Tangara évêque et de Tangara des palmiers. Ce n’est pas un cas isolé : d’autres individus au plumage « intermédiaire » ont déjà été signalés, à Guatemala en 2011 (photos M. Giraud-Audine), à Cayenne en 2011 (capture par V. Pelletier / ornithoguyane), ainsi qu’en 2014 et 2017 où l’oiseau en question élevait une nichée, contredisant la théorie énoncée plus haut si l’hypothèse d’un hybride était juste.

Quelques cas ont également été reportés dans d’autres pays, soulevant à chaque fois les mêmes interrogations. Un beau sujet pour une étude…

Olivier Claessens

 

Hybride probable Tangara évêque X T. des palmiers (Thraupis episcopus X T. palmarum), Saint-Laurent-du-Maroni, 07/01/2019 © G. Cantaloube

posté par Olivier Claessens/gepog
 
dimanche 20 janvier 2019
Oiseaux
Merci aux chouettes… et aux ornithos !

Depuis 15 ans, François Catzeflis analyse les pelotes de réjection de rapaces nocturnes que lui envoient des ornithologues de Guyane. La carte ci-dessous montre les localités de provenance de ces pelotes. Les résultats de ces analyses ont été régulièrement diffusés sur le forum ornithoguyane et nous nous en sommes fait l’écho dans ces actualités à plusieurs reprises.

http://files.biolovision.net/www.faune-guyane.fr/userfiles/Documentsdivers/pelotes-guyane-18janv2019F.Catzeflisw.jpg

A ce jour, plus de 1600 proies ont été identifiées, et une synthèse est envisagée pour compléter et renforcer la publication de Baglan & Catzeflis (2016). Une bonne occasion de rappeler l’intérêt de collecter ces pelotes et de les transmettre à François (éventuellement par notre intermédiaire) : elles permettent non seulement de mieux connaître le régime alimentaire de nos rapaces nocturnes et ses variations géographiques, mais aussi d’étudier les communautés de petits mammifères. Il est encore temps d’y contribuer !

UN GRAND MERCI à tous ceux qui ont collecté et préservé ce précieux matériel !

Olivier Claessens & François Catzeflis

 

Baglan, A. et F. Catzeflis. 2014. Barn owl pellets collected in coastal savannas yield two additional species of small mammals for French Guiana. Mammalia 80 (1): 91-95 (online 12 december 2014: DOI 10.1515/mammalia-2014-0120; December 2014)

 

Chouette effraie (Tyto alba), Guatemala, 13/03/2017 © Denis Faure

posté par Olivier Claessens/gepog
 
samedi 5 janvier 2019
Les chiffres-clés de 2018 sur Faune-Guyane

Le 31 décembre 2018, Faune-Guyane rassemblait 558 720 données, dont :

              501621   observations d’oiseaux,

                15875   observations d’amphibiens,

                13285   observations de mammifères terrestres,

                11934   observations de reptiles,

                10725   observations de chiroptères,

                  2923   observations d’odonates,

                  1491   observations de poissons

                    723   observations de mammifères marins,

                et 221   observation s de phasmes (nouveau groupe taxonomique ouvert à la saisie en cours d’année).

Le cap des 500 000 données avait été allègrement franchi le 1er mai 2018.

En un an, presque 93 500 données ont été saisies, soit une progression de 20 %.

On dénombrait 933 observateurs inscrits, dont 85 nouveaux en 2018 : bienvenue à eux, et bravo à tous pour vos contributions essentielles pour la connaissance et la protection de la faune guyanaise !

Toute l’équipe de Faune-Guyane (administrateurs, validateurs et associations partenaires)

vous souhaite une année 2019 riche en observations, en découvertes et en émotions naturalistes !

 

Grand Dauphin Tursiops truncatus (Battures du Connétable, 11/10/2018) © K. Pineau/RNC

posté par Olivier Claessens/gepog
 
mardi 1 janvier 2019
Mammifères
La photo du mois

En Guyane, les observations de myrmidon (Cyclopes didactylus) sont essentiellement rapportées sur le nord, mais probablement du fait du biais d’observation, cette espèce étant quasiment impossible à voir en forêt. Son écologie n’est pas connue, mais il semble que le myrmidon puisse persister en forêt isolée ou dégradée, où sont faites la plupart des observations. L’observation de Vincent Premel au Rorota en est un exemple. Elle n’est que la 10ème signalée dans Faune-Guyane.

Un important travail de taxonomie a été réalisé récemment. Sur la base de données génétiques, de morphométrie du crâne, de coloration, et de structure du pelage, 7 espèces seraient finalement proposées, pour une seule actuellement. Dans la région des Guyanes, le nom de Cyclopes didactylus est gardé, l’espèce présente ici se distribuant essentiellement au nord de l’Amazone, de l’Amapa au Venezuela, sur les berges sud de l’Amazone dans les états du Para, du Maranhão et du Piaui, et une population disjointe dans les forêts atlantiques de l’extrême Nord-Ouest brésilien.

Benoit de Thoisy / Kwata, pour Faune-Guyane

 

Myrmidon lèche-main Cyclopes didactylus, le Rorota, 14/12/2018 © Vincent Premel

posté par Olivier Claessens/gepog
 
samedi 29 décembre 2018
Pour vos étrennes, offrez-vous NaturaList ! (y compris pour iPhone !)

L’application mobile NaturaList permet de saisir ses observations sur le terrain et de les reverser dans Faune-Guyane d’un simple clic, au retour chez soi.

Plus besoin de vous préoccuper du choix du lieu-dit ou de votre localisation précise : c’est le GPS du téléphone qui enregistre votre position (si vous êtes loin de l’animal observé ou entendu, il peut être utile de revenir sur la donnée dans Faune-Guyane pour préciser sa position). Seule difficulté : l’application ne dispose pas encore, en Guyane, de cartes précises. Il faut donc penser à réactualiser la position géographique avant chaque nouvelle saisie, pour éviter un décalage involontaire du pointeur.

NaturaList facilite grandement la saisie de listes, tout en conservant la localisation précise.

NaturaList permet aussi de signaler un animal mort, de prendre et d’ajouter une photo, un code atlas, ou de protéger la donnée.

NaturaList n’est officiellement disponible que pour Androïd. Pour des raisons obscures, Apple a jusqu’à présent refusé sa diffusion pour ses appareils.

Bonne nouvelle pour les possesseurs d’un iPone ou d’un iPad : une version bêta de NaturaList pour IOS est disponible sur demande. Cette version en phase de test depuis plus d’un an n’a rencontré aucun problème, elle est donc parfaitement fonctionnelle.

Si vous souhaitez faire partie des heureux « testeurs » et profiter pleinement des services de l’appli NaturaList sur votre iPhone, signalez-vous à olivier.claessens@gepog.org. Un lien de téléchargement vous sera communiqué.

Bonnes observations !

Olivier Claessens

posté par Olivier Claessens/gepog
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