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dimanche 7 juillet 2019
Oiseaux
Les toucans se mettent au parfum !

Les parfums attirent-ils les toucans ? Prudents, les auteurs de cet étonnant article préfèrent poser la question, sans tirer de conclusion. Pourtant les résultats de leur étude sont éloquents.

Depuis 2011, les chercheurs de la Wildlife Conservation Society ont utilisé deux parfums commerciaux (Chanel N°5 et Calvin Klein Obsession for Men) pour attirer les félins devant leurs pièges photographiques, dans le cadre d’un suivi individuel des animaux dans deux espaces protégés de Bolivie. La méthode s’est avérée particulièrement efficace, permettant d’obtenir un grand nombre de clichés, non seulement de mammifères, mais aussi d’oiseaux, dont plusieurs espèces de toucans et d’araçaris.

Alors qu’aucun toucan n’avait été photographié en 10 ans de piégeage photographique sans parfum, 550 photos de 4 espèces ont été obtenues en 45 occasions au cours des 6 années d’utilisation de parfum. Le Toucan à bec rouge (Ramphastos tucanus) a été l’espèce la plus fréquente, suivi du Toucan vitellin (R. vitellinus). Les oiseaux se sont approchés à moins de 3 m dans 29 % des cas, à moins de 30 cm dans 29 % des cas, et jusqu’au contact avec le parfum dans 42 % des cas. Des observations inattendues qui ouvrent une voie nouvelle pour l’étude de ces oiseaux particulièrement méfiants.

Le résumé de l’étude ne dit pas lequel des deux parfums les toucans ont préféré, ni si mâles et femelles ont manifesté la même attirance !

Pour en savoir plus, lire l’article complet (bientôt disponible sur demande).

Olivier Claessens                                               

Référence :

Viscarra, M.E., Ayala, G.M., and Wallace R.B. 2019. ¿Atraen los perfumes a los tucanes? [Do perfumes attract toucans?] Ornitología Neotropical 30: 45-50 (en espagnol, avec résumé anglais).

 

Toucan à bec rouge (Ramphastos tucanus) © M. Dechelle

posté par Olivier Claessens/gepog
 
jeudi 4 juillet 2019
Oiseaux
La photo du mois de juin

Le GEPOG vient d’effectuer le recensement annuel des hérons nicheurs de la fameuse colonie de la Savane Angélique, au cœur des marais de Kaw. Depuis 2015 en effet, le plan de conservation de l’Onoré agami (Agamia agami) prévoit un suivi régulier des effectifs nicheurs dans chaque pays occupé par cette espèce menacée. La colonie de la Savane Angélique est l’une des plus importantes au monde connues à ce jour.

Cette année au moins 3000 Onorés agamis ont été dénombrés, à tous les stades de nidification. Mais aussi au moins 80 Savacous huppés, 50 Grandes Aigrettes et autant d’Anhingas d'Amérique, au moins 50 Cormorans vigua, 30 Héron cocoi et bien d’autres…

Retrouvez tous les détails et les photos de la mission par Sylvain Uriot en suivant ce lien.

 

Savacou huppé (Cochlearius cochlearius), savane Angélique, 25/06/2019 © S. Uriot

posté par Olivier Claessens/gepog
 
lundi 10 juin 2019
Oiseaux
Le vanneau de Kourou

On le sait, les oiseaux migrateurs montrent une fidélité remarquable à leurs sites de halte ou d’hivernage. Le baguage, puis les suivis télémétriques par balise GPS, l’ont prouvé maintes fois, sur toutes sortes d’espèces. Les observations d’oiseaux rares permettent également de le vérifier, quand les individus sont si peu nombreux que la probabilité qu’ils viennent exactement au même endroit indépendamment les uns des autres est quasiment nulle. A moins que le site présente des qualités inégalées pour l’espèce en question…

Pour un Vanneau de Cayenne, le choix d’un parking asphalté comme site d’hivernage peut paraître incongru… mais manifestement pas pour celui qui fréquente le port de Pariacabo depuis maintenant 9 ans. En tout cas, ce site est suffisamment original pour que l’on soit certain qu’il s’agit bien du même oiseau, même s’il n’est pas bagué.

Voici donc ce Vanneau de Cayenne de retour… à Kourou, pour la 9ème année. Sa première apparition date de 2010, puis après trois années d’absence ou plutôt de non-observation (2011-2013) il est revenu chaque année depuis 2014 sur ce même parking. La durée apparente de son séjour est variable. Son arrivée a été remarquée entre mars (2017) et mai (2016, 2019), tandis que son séjour n’a jamais dépassé le mois de juillet. Juin est le seul mois où il a été vu chaque année.

Il se montre sur ce parking principalement matin et soir, et on ignore où il séjourne le reste du temps. De même, rien ne dit que durant les années ou les mois d’absence il n’était pas tout simplement sur un autre terrain du port de Pariacabo, mais hors de vue pour les observateurs.

Quoi qu’il en soit, merci à Jean-Claude Varlez et à Alexandre Vinot qui suivent ce site avec assiduité pour guetter le retour du Vanneau de Cayenne !

Olivier Claessens

 

Vanneau de Cayenne (Vanellus cayanus), port de Pariacabo, 20/06/2017 © O. Tostain

posté par Olivier Claessens/gepog
 
vendredi 31 mai 2019
Oiseaux
La photo du mois

Qu’est-ce qui peut bien pousser un araçari à venir titiller du bec un paresseux suspendu à sa branche ?

Il lui piquerait le pelage, on pourrait penser qu’il trouve des larves d’insectes dans cet écosystème ambulant (voir l’actualité du 17/11/2017). Aurait-il pris l’ongle du paresseux pour un ver ou une autre proie comestible ? Avait-il son nid à proximité, qu’il aurait ainsi cherché à protéger en délogeant l’intrus ?

Le 3 juillet 2016, j’ai observé de la même manière un Toucan ariel venir tirer les plumes de la queue d’un Milan de Cayenne perché au-dessus de lui. Si cette fois-là le toucan cherchait peut-être à faire déguerpir un prédateur potentiel (ce qui n’a pas manqué d’arriver), ce n’est certainement pas le cas d’un paresseux.

Un acte gratuit, donc ? Dans les deux cas, on est bien tenté d’y voir l’expression du caractère joueur des toucans, qui est avéré mais qui se manifeste habituellement entre eux (source HBW). Joueur et taquin, pourrait-on dire pour qualifier cet Araçari vert en poussant un peu loin l’anthropomorphisme.

Quoi qu’il en soit, bravo à Anne Delobel pour avoir su capturer cette scène insolite !

Olivier Claessens

 

Araçari vert (Pteroglossus viridis) et Paresseux à trois doigts, Guatemala, 24/05/2019 © A. Delobel

posté par Olivier Claessens/gepog
 
dimanche 26 mai 2019
Oiseaux
L’Elanion perle niche-t-il déjà en Guyane ?

L’Elanion perle (Gampsonyx swainsoni) est encore très rare en Guyane, mais on peut s’attendre à ce que les observations deviennent plus régulières dans le futur, comme c’est le cas dans d’autres pays d’Amérique centrale ou du Sud. En effet ce petit rapace est associé aux espaces ouverts pourvus de grands arbres espacés, tels que les pâturages et autres zones déboisées. Les premières données (par Olivier Tostain) remontent à 1993 au Centre Spatial Guyanais, mais il a fallu ensuite attendre 2013 pour que l’espèce soit observée à nouveau en Guyane, et obtenir les premières photos par Michel Giraud-Audine.

La découverte récente de 2 Elanions perles par Anne Delobel constitue la 14ème observation en Guyane, mais seulement la 6ème donnée si l’on regroupe les observations multiples du même individu. C’est la première fois que 2 individus sont vus ensemble, cependant la répétition d’observations de mai 2013 à janvier 2014, et à nouveau en 2018 dans le secteur agricole de Wayabo au sud de Kourou est troublante. L’espèce pourrait bien y être établie, mais ces vastes pâturages sont hélas sous-prospectés par les ornithologues, car en grande partie inaccessibles.

Avec l’extension des pâturages et des défrichements agricoles, notamment dans la région de Kourou, toutes les conditions sont réunies pour que ce joli petit rapace devienne nicheur en Guyane, mais aussi pour que cet évènement passe inaperçu !

Olivier Claessens

 

Elanion perle (Gampsonyx swainsoni), Guatemala, 24/05/2019 © A. Delobel

posté par Olivier Claessens/gepog
 
vendredi 24 mai 2019
Fête de la Nature

Toute cette semaine et jusqu’à dimanche, nos associations se mobilisent pour la Fête de la Nature, l’occasion de sensibiliser le plus grand nombre à l’observation et à la conservation de la nature qui nous entoure.

Pour le GEPOG et Kwata, elle se déroule sous le signe des trames vertes et bleues, des méthodes d’inventaire de la faune sauvage et des sciences participatives, dans le cadre du projet TRAMES porté par les deux associations. Au menu : sorties naturalistes, animations diverses, conférence-débat.

Samedi 25 toute la journée, les visiteurs du Jardin Botanique de Cayenne pourront découvrir les oiseaux des jardins, avec un focus sur l’utilisation de Faune-Guyane et de NaturaList. Ils pourront ensuite en savoir plus sur les trames vertes et bleues et apporter leur vision sur ces espaces de nature au sein des villes, à l’occasion d’une conférence-débat animée par Kwata.

Découvrez tout le programme de la Fête de la Nature en Guyane sur le site du GRAINE.

posté par Olivier Claessens/gepog
 
dimanche 19 mai 2019
Un nouveau programme LIFE pour la Guyane

Après le LIFE+ CapDOM (2010-2015), qui a vu – entre autres – la naissance de Faune-Guyane, un nouveau programme LIFE vient de débuter dans les départements d’Outre-mer : il rassemble Mayotte, la Réunion, la Martinique, Saint-Martin et la Guyane, sous l'égide de la LPO.

Découvrez en détails, territoire par territoire, les différents volets de ce LIFE Biodiv’OM sur le site internet dédié.

En Guyane, le GEPOG va poursuivre l’action de lutte contre les espèces exotiques envahissantes des savanes, entamée dans le LIFE+ CapDOM, en recherchant notamment des solutions alternatives à l’utilisation de l’Acacia mangium et du Niaouli. Côté mer, des concertations seront menées avec les pêcheurs en vue d’une gestion raisonnée du Mérou géant, espèce en danger critique d’extinction.

Parallèlement, le système VisioNature va s’étendre à l’ensemble de ces départements d’Outre-mer par le biais de Faune-France. Faune-Guyane bénéficiera de ce développement en se modernisant et en se rapprochant elle aussi de Faune-France, ce qui lui permettra d’être encore plus efficace dans la collecte et la valorisation des données naturalistes de notre exceptionnelle région.

posté par Olivier Claessens/gepog
 
samedi 11 mai 2019
Oiseaux
Les espèces les plus communes

En plus de pouvoir consulter les observations par lieu ou par date, Faune-Guyane vous propose (menu Actus, aide, stats) des statistiques sur les observations saisies dans la base.

Ainsi, sous la rubrique Statistiques des espèces > Informations globales, on découvre que les 10 espèces les plus fréquemment citées dans Faune-Guyane sont, dans l’ordre :

1) Tyran quiquivi                            9 467 observations

2) Tangara à bec d’argent               8 246 observations

3) Tyran mélancolique                    6 909 observations

4) Tangara évêque                         6 573 observations

5) Tangara des palmiers                 6 385 observations

6) Tyran de Cayenne                      5 849 observations

7) Merle leucomèle                        5 504 observations

8) Buse à gros bec                         5 231 observations

9) Troglodyte familier                     5 074 observations

10) Hirondelle chalybée                  5 012 observations

Le Piauhau hurleur, première espèce forestière, arrive juste derrière avec un peu moins de 5000 observations.

Il est aisé de constater que ces espèces sont aussi les plus communes dans les milieux anthropisés de la bande côtière, là où observent la plupart des contributeurs.

Qu’est-ce que cela nous apprend ?

D’abord, que Faune-Guyane n’est pas réservée aux espèces rares, ni à une élite. Chacun connait ces espèces-là qui nous entourent.

Ensuite, que Faune-Guyane est assez représentative de la fréquence d’observation réelle des espèces, en dépit de l’attrait naturel des observateurs chevronnés pour les espèces rares et du caractère volontaire et incident (hors de tout protocole) de la majorité des observations.

La remarque la plus fréquente de la part des personnes qui ne participent pas ou peu à Faune-Guyane est : « Mais je ne connais que les espèces très communes », ou « est-il vraiment intéressant de les noter ? ». La réponse est oui ! D’une part pour conserver à Faune-Guyane cette représentativité, qui est sa principale qualité. D’autre part, parce qu’avec les changements de toutes sortes que connait l’environnement, ces espèces très communes aujourd’hui ne le resteront peut-être pas toujours, ou seront peut-être dépassées dans le futur par d’autres espèces qui le sont moins aujourd’hui.

Alors, continuez comme ça ! Faites l’effort de noter chaque semaine, ou chaque mois, tous les oiseaux – même les plus ordinaires – que vous voyez autour de chez vous, dans votre jardin ou sur votre lieu de promenade préféré. Et saisissez-les dans Faune-Guyane ou avec l’application Naturalist sous la forme de listes complètes (voir l’actualité du 16/02/2019). C’est le meilleur moyen pour s’assurer que Faune-Guyane reflète au mieux la fréquence réelle des espèces, et pouvoir étudier ses variations.

Merci à tous pour vos contributions !

Olivier Claessens

 

Tyran quiquivi (Pitangus sulphuratus) © O. Claessens

posté par Olivier Claessens/gepog
 
mercredi 1 mai 2019
Oiseaux
La photo du mois d'avril

La reproduction du Hocco est relativement bien connue (HBW Alive), mais a rarement été observée en Guyane. Jusqu’à cette année, seules quelques observations de couples accompagnés de jeunes nous donnaient une idée de la saison de reproduction en Guyane. Les deux à trois poussins quittent en effet le nid le jour de l’éclosion et suivent les parents pendant environ un an.

L’existence, dans la réserve naturelle des Nouragues, de Hoccos habitués à la présence des chercheurs a permis cette photo exceptionnelle d’un mâle et de son jeune à peine volant, par Elodie Courtois. On notera que le jeune prend soin de s’abriter sous la queue largement étalée de l’adulte, une façon de se protéger de prédateurs comme les harpies ou les spizaètes.

Un autre couple a niché en lisière du « camp Inselberg », offrant aux chercheurs présents sur place des observations remarquables.

Gibier particulièrement prisé, le Hocco est l’une des espèces les plus sensibles à la chasse, disparaissant rapidement des zones trop faciles d’accès. Une étude a montré que la pression de chasse actuelle en Guyane est incompatible avec la survie de l’espèce  (Niel et al. 2007).

Cette photo illustre par conséquent également les effets positifs de l’absence de chasse sur le comportement de la faune : la crainte de l’Homme que manifestent beaucoup d’animaux et les difficultés de les observer en Guyane ne sont pas des fatalités et peuvent être corrigées par une protection prolongée et respectée…

Olivier Claessens

Référence citée : Niel C., Richard-Hansen C. & Debeir L. (2007). L’incertitude dans l’estimation de durabilité de la chasse : le cas du hocco en Guyane. Office national de la Chasse et de la Faune sauvage (ONCFS) - Rapport scientifique 2007: 25-31.

 

Hocco alector (Crax alector), réserve naturelle des Nouragues, 2/04/2019 © E. Courtois

posté par Olivier Claessens/gepog
 
samedi 27 avril 2019
Oiseaux
Encore un nouveau héron pour la Guyane !

Après le Héron pourpré en mai 2018 (lire l’actualité du 26/05/2018), c’est un nouveau héron migrateur européen qui a été découvert en Guyane. Ce vendredi 26 avril 2019, Grégory Cantaloube a eu la chance d’observer un Crabier chevelu (Ardeola ralloides) dans les rizières de Mana. L’oiseau dérangé dans sa pêche aux crabes s’est perché quelques secondes, juste le temps pour Grégory d’immortaliser cette rencontre inattendue.

Le Crabier chevelu est un petit héron apparenté au Héron strié. Sa répartition est très morcelée de l’Europe méridionale jusqu’en Asie centrale. Une sous-espèce distincte habite l’Afrique au sud du Sahara. Les populations d’Eurasie sont migratrices et hivernent en Afrique subsaharienne.

Les grandes migrations du Crabier le prédisposent à des apparitions accidentelles hors de son aire normale de répartition. Plusieurs individus ont été observés depuis 1986 sur l’archipel brésilien de Fernando de Noronha, où l’on prédit une nidification prochaine (Davis 2010). Il a été trouvé pour la première fois sur le continent sud-américain, au Brésil, en mars 2018 et en Guadeloupe en novembre 2018. L’observation de Grégory Cantaloube représente donc la seconde donnée de Crabier chevelu pour l’Amérique du Sud continentale, et la première pour la Guyane ! C’est la 21ème espèce de héron observée en Guyane.

Olivier Claessens

 

Référence

Davis, B.J.W. (2010). Squacco Heron Ardeola ralloides in the Fernando de Noronha Archipelago: the fourth Brazilian record with comments on the prospects for a colonisation event. Rev. Bras. Orn. 18(1): 61–63.

 

Crabier chevelu (Ardeola ralloides), rizières de Mana, 26/04/2019 © G. Cantaloube

posté par Olivier Claessens/gepog
 
mercredi 24 avril 2019
Chauves-souris
Enfin, une nouvelle capture d’Uroderma magnirostrum !

Il y a quelques années une chauve-souris en apparence banale avait été capturée par Benoit de Thoisy lors d'une étude sur la montagne du Tigre à Rémire-Montjoly. L'animal n'avait pas été déterminé correctement, car un petit prélèvement de peau prélevé par l'Institut Pasteur révéla plus tard après analyse ADN la présence d'une nouvelle espèce de mammifère pour la Guyane. Il s'agissait de la première mention d’Uroderma magnirostrum en Guyane.

Une autre capture probable de l'espèce eut lieu quelques temps plus tard sur un site proche, sans certitude toutefois. Depuis, plusieurs séances de captures ont été organisées entre 2016 et 2018 pour tenter de confirmer physiquement la présence de cette chauve-souris en Guyane.

Il aura fallu une bonne dose de hasard et de chance pour que l’Uroderma en question réapparaisse lors d'une session de capture de limicoles sur le parking de Dégrad des Cannes, le 10 avril 2019. Cette fois, la manipulation d'une femelle adulte présentant tous les critères qui semblent caractériser ce taxon a permis d’obtenir des documents illustrant cette découverte. Tout laisse à croire que nous avons enfin des photographies de cette petite bête difficile à identifier ! Un prélèvement a toutefois été réalisé par l'Institut Pasteur : le résultat de l’analyse ADN devra confirmer ou non cette nouvelle donnée.

Sylvain Uriot

 

Uroderma magnirostrum, marina de Dégrad des Cannes, 10/04/2019 © S. Uriot

posté par Olivier Claessens/gepog
 
mercredi 17 avril 2019
Oiseaux
Une nouvelle photo de Tinamou rubigineux

Les tinamous sont réputés, à juste titre, pour être des oiseaux discrets, méfiants et difficiles à observer. Mis à part leur chant puissant et mélodieux, leur rencontre se résume le plus souvent à un envol bruyant. Le Tinamou rubigineux ne fait pas exception à la règle, et sa rareté ne fait qu’accentuer la difficulté : encore très mal connu, il n’a été redécouvert en Guyane qu’en 2005 par Vincent Pelletier puis en 2011 par Alexandre Renaudier après les deux spécimens collectés au début du 20ème siècle.

Jusqu’à aujourd’hui, il n’existait de lui qu’une série de photos exceptionnelles prises en mai 2013 dans la région de Maripasoula par Vincent Rufray, les premières pour cet oiseau. Elles ont été publiées dans la revue Neotropical Birding, et reprises sur les sites internet Wikiaves et The Internet Bird Collection (IBC), entre autres.

Tanguy Deville nous offre une nouvelle photo remarquable de ce tinamou rare et énigmatique, en provenance de la région de Saint-Georges. Attiré par l’imitation de son chant, l’oiseau a fait preuve d’une grande prudence avant de traverser le layon et de se laisser admirer. Une observation réalisée avec moi-même le 30/03/2019 à l’occasion d’une mission pour le programme EIEFAG du GEPOG.

Le Tinamou rubigineux, le plus rare des tinamous guyanais, est cependant probablement présent dans tout le bloc forestier non perturbé de l’intérieur. Les observations (toutes auditives, sauf les deux mentionnées précédemment) se répartissent de Saint-Laurent-du-Maroni à Saint-Georges, et au sud jusqu’à Saül (voir la carte des données Faune-Guyane). Sa présence dans la moitié sud du département reste à confirmer.

Olivier Claessens

 

Tinamou rubigineux (Crypturellus brevirostris), Saint-Georges, 30/03/2019 © T. Deville

posté par Olivier Claessens/gepog
 
mardi 2 avril 2019
Mammifères
La photo du mois de mars

Présent sur l’ensemble du plateau des Guyanes, le Rat arboricole à front blanc (Echimys chrysurus) est un rongeur forestier répandu a priori dans tout le département mais connu seulement de quelques localités : il n’y a que deux données dans Faune-Guyane ! Son mode de vie nocturne et arboricole ne favorise pas les observations.

L’observation de Vincent Prémel est d’autant plus remarquable qu’elle se double d’une photo originale. Les vibrisses, longs poils sensoriels répartis sur le museau et autour des yeux, sont particulièrement développées chez les rongeurs arboricoles.

 

Source : Catzeflis, F., Barrioz, S., Szpigel, J.F. & de Thoisy, B. (2014). Marsupiaux et rongeurs de Guyane. Institut Pasteur de la Guyane, Cayenne. 128 p.

 

Echimys chrysurus, Paracou, 26/03/2019 © V. Premel

posté par Olivier Claessens/gepog
 
lundi 25 mars 2019
Mammifères
Un nouveau marsupial en Guyane

Au cours d’une mission d’inventaire naturaliste organisée par le Parc Amazonien de Guyane sur le Mont Itoupé en mars 2017, Sébastien Sant a photographié un marsupial arboricole qui, après consultation des ouvrages de référence, s’est avéré être un Opossum à queue touffue, Glironia venusta.

L’opossum à queue touffue est un mammifère rare et mal connu, dont l’aire de répartition couvre l’Amazonie centrale et occidentale. Cette espèce n’était pas encore répertoriée en Guyane. Cette découverte a été publiée dans les Cahiers Scientifiques du Parc Amazonien de Guyane, par S. Sant et F. Catzeflis (2018).

L’identification a été confirmée par les spécialistes Rob Vos et Louise Emmons, qui ont relevé toutefois des différences de coloration du pelage avec les spécimens connus, qui laissent penser qu’il pourrait s’agir d’une espèce nouvelle. De nouvelles observations et des prélèvements pour analyse génétique seront nécessaires pour le confirmer.

Ces missions d’inventaire au cœur de la Guyane démontrent une fois de plus leur intérêt. Il reste encore des animaux à découvrir en Guyane !

Olivier Claessens

 

Opossum à queue touffue (Glironia venusta), Mont Itoupé, 11/03/2017 © S. Sant

posté par Olivier Claessens/gepog
 
samedi 16 mars 2019
Oiseaux
Ouvrez l’œil : Petits Chevaliers bagués

Le Petit Chevalier (Tringa flavipes) est un migrateur commun sur le littoral guyanais, dont les effectifs sont estimés à quelques milliers chaque année. Il hiverne en plus petit nombre. Le maximum du passage de retour, pour les individus ayant hiverné plus au sud, se produit en février et mars.

Cependant, l’espèce accuse un déclin généralisé sur les zones de reproduction et sur l’ensemble de ses zones d'hivernage. La diminution a été estimée de 75% au Suriname, qui constitue une zone d’hivernage importante, entre 2002 et 2008. Ceci vaut au Petit Chevalier d’être classé en catégorie CR, « en danger critique d’extinction », en Guyane.

Dans le cadre d’un projet international visant à étudier les migrations, la survie annuelle et la fidélité aux sites de reproduction, des Petits Chevaliers ont été marqués à l’aide de bagues de couleurs ou de drapeaux (« flags ») numérotés, et certains d’entre eux équipés d’enregistreurs de géolocalisation ou de balises GPS. Le document ci-dessous détaille les différents types de marques utilisées.

Peut-être apercevrez-vous dans les semaines à venir l’un de ces Petits Chevaliers marqués, à l’occasion d’une de ses haltes migratoires en Guyane. Les observations, avec le détail des bagues et si possible une photo, sont à signaler sur Faune-Guyane. Elles seront alors transmises aux responsables du programme.

Rappel : d'autres limicoles, comme ce Tournepierre à collier ou ce Pluvier d'Azara, sont également porteurs de bagues et de drapeaux colorés.

Ouvrez l’œil !

 

Petit Chevalier (Tringa flavipes) bagué (© Zak Pohlen/USFWS)

Document à télécharger :  Have_You_Seen_Me-2703.pdf
posté par Olivier Claessens/gepog
 
samedi 9 mars 2019
Oiseaux
Espèces soumises à homologation : du nouveau

Le Comité d’Homologation de Guyane (CHG) a tenu sa réunion annuelle le samedi 2 mars 2019.

Le retrait de 6 espèces de la liste des espèces soumises à homologation a été décidé à cette occasion :

                - Ibijau à ailes blanches (Nyctibius leucopterus)

                - Gallinule d'Amérique (Gallinula galeata)

                - Aigrette garzette (Egretta garzetta)

                - Picumne frangé (Picumnus cirratus)

                - Batara demi-deuil (Thamnophilus nigrocinereus)

                - Tyranneau barbu (Polystictus pectoralis)

Ces 6 espèces ne sont donc plus soumises à homologation à compter du 1er janvier 2019. Les données antérieures à cette date restent soumises à homologation, autrement dit à la soumission de documents permettant de confirmer l’identification, ou à défaut, d’une fiche descriptive détaillée adressée au CHG.

Le CHG et les validateurs de Faune-Guyane restent vigilants vis-à-vis des observations de ces espèces, en particulier en dehors des localités classiques pour le Picumne frangé, le Batara demi-deuil et le Tyranneau barbu, et a fortiori pour toute nouvelle localité. Les observateurs sont invités à documenter leurs données par des photos ou enregistrements autant que faire se peut, et les validateurs ne manqueront pas de demander des précisions si nécessaire.

Les espèces soumises à homologation sont signalées par un astérisque accolé à la catégorie dans la Liste 2019 des oiseaux de Guyane, et par le pictogramme http://files.biolovision.net/www.faune-guyane.fr/userfiles/Documentsdivers/modedemploi/CHG.jpg sur Faune-Guyane.

Olivier Claessens, secrétaire du CHG

 

Picumne frangé (Picumnus cirratus), Awala-Yalimapo, 2/03/2014 © R. Jantot

posté par Olivier Claessens/gepog
 
dimanche 3 mars 2019
Oiseaux
Liste des oiseaux de Guyane

La Liste des oiseaux de Guyane, tenue par le Comité d’Homologation de Guyane (CHG), a été mise à jour. La version 2019 peut être téléchargée ci-dessous ainsi que dans la rubrique « Oiseaux », à gauche.

Elle inclut 3 espèces nouvelles pour la Guyane, observées l’année dernière et validées par le CHG : Héron pourpré (voir l’actualité du 26/05/2018), Ibis falcinelle (actualité du 16/09/2018), Milan noir (actualité du 21/05/2018).

Quelques changements taxonomiques sont aussi à noter parmi les canards et les tangaras :

- le Canard souchet (Anas clypeata) et la Sarcelle à ailes bleues (Anas discors) passent tous deux dans le genre Spatula, et deviennent donc Spatula clypeata et Spatula discors ;

- le Canard d’Amérique (Anas americana) devient quant à lui Mareca americana ;

- un nouveau genre est créé pour (entre autres) le Tangara à huppe ignée (Tachyphonus cristatus) et le Tangara à épaulettes blanches (Tachyphonus luctuosus) qui deviennent donc Islerothraupis cristatus et Islerothraupis luctuosus ;

- de même, le Calliste passevert (Tangara cayana) devient Stilpnia cayana.

Par ailleurs le Petit-duc du Roraima (Megascops guatemalae roraimae) devient une espèce à part entière, Megascops roraimae.

Avec les trois espèces ajoutées, l’avifaune guyanaise compte désormais 733 espèces.

A vos jumelles !

Olivier Claessens

Comité d’Homologation de Guyane

 

Calliste passevert, désormais Stilpnia cayana (© M. Giraud-Audine)

posté par Olivier Claessens/gepog
 
mercredi 20 février 2019
Reptiles
L’identification des tortues de Guyane

La Guyane héberge une riche communauté de tortues continentales (12 espèces terrestres ou d’eau douce), composée de onze espèces indigènes et d’une espèce introduite. À cette liste s’ajoutent 5 espèces de tortues marines qui fréquentent les eaux côtières du Plateau des Guyanes et viennent pondre saisonnièrement sur les plages guyanaises.

En 2017, l’édition de la liste rouge des espèces menacées de Guyane a mis en exergue la fragilité de certaines populations de tortues : 6 espèces sont menacées ou quasi-menacées d’extinction.

La clé de détermination proposée ci-dessous (également accessible depuis le menu de gauche, rubrique Reptiles) vous permettra d’identifier sans vous tromper les différentes espèces et de participer ainsi à la veille nécessaire sur l’abondance et la répartition des tortues de Guyane.

Maël Dewynter

 

Dewynter M., Le Pape T., Remérand E. & Frétey T. (2019). L’identification des tortues terrestres, dulçaquicoles et marines de Guyane. Les Cahiers de la Fondation Biotope 26 : 1–33.

posté par Olivier Claessens/gepog
 
mardi 19 février 2019
Publication des Listes rouges des espèces menacées de Guyane

Deux ans après la diffusion des Listes rouges des espèces menacées de Guyane, sous une forme synthétique, le MNHN vient de publier les rapports d’évaluation. Ces rapports, qui incluent les fiches espèces détaillées pour toutes les espèces menacées, concernent les Amphibiens et reptiles, les Oiseaux, les Mammifères marins et terrestres (dont les chiroptères).

Vous pouvez les télécharger dans le menu de gauche, sous la rubrique dédiée à chaque groupe taxonomique :

                - Reptiles

                - Amphibiens

                - Oiseaux

                - Mammifères marins

                - Mammifères terrestres

                - Chiroptères

Cette publication est l'aboutissement de plusieurs années de travail par un collège d'experts pour chacun des groupes taxonomiques traités.

Ces listes dressent le tableau le plus précis possible du statut (répartition, abondance, tendances) des espèces en Guyane. Basées en grande partie sur l'analyse des données de Faune-Guyane, elles marquent un état des connaissances à la date de l'évaluation, connaissances qui évolueront avec le temps et l'accumulation des données transmises sur Faune-Guyane.

Ces listes sont surtout un outil précieux pour la conservation des espèces et des milieux.

Pour affiner nos connaissances et rendre les prochaines éditions des Listes rouges encore plus pertinentes, continuez à transmettre vos observations !

Olivier Claessens

 

Sturnelle des prés (Sturnella magna), une espèce classée « En danger critique » (CR) en Guyane (© M. Dechelle/GEPOG)

posté par Olivier Claessens/gepog
 
samedi 16 février 2019
Nous devons faire des listes complètes !

Pour les administrateurs de Faune-France (qui regroupe tous les sites Faune régionaux de métropole), l’un des grands challenges est de faire adopter le mode de saisie par listes complètes par le plus grand nombre de contributeurs. Au sein du Comité de pilotage national, ce chantier est considéré comme prioritaire. Ce qui est valable en métropole l’est aussi chez nous, en Guyane !

Qu'est-ce qu'une liste complète ?

Une liste complète est une liste contenant toutes les espèces que vous avez identifiées en un lieu et sur une durée déterminée (par exemple, pendant une heure d'observation).

Il ne s’agit pas d’inventorier toutes les espèces présentes sur votre site d’observation (ce serait très difficile) mais bien de noter celles que vous avez été capable d’identifier. C’est la liste complète de ce que vous avez observé et déterminé en un laps de temps défini.

Pourquoi les listes complètes sont-elles si utiles ?

Contrairement aux données isolées, les listes complètes non seulement nous renseignent sur les espèces observées à un endroit et à un moment précis, mais également sur celles qui n’ont pas été détectées. Grâce à cela, nous pouvons établir la fréquence relative d’apparition dans l’espace et dans le temps des différentes espèces d’oiseaux et étudier très précisément leur phénologie. En outre, les listes apportent de précieux éléments sur la pression d’observation (le temps passé à prospecter), élément de connaissance décisif pour analyser les données.

Où et quand faut-il faire des listes ?

  • Un lieu, une liste : Faites des listes à partir d'un seul point ou si vous vous déplacez de moins d’1 km. Au-delà, il vaut mieux faire plusieurs listes consécutives. Attention, ne pas faire de listes lors de vos déplacements en vélo ou en voiture ! Si vous faites une longue marche, divisez-la en petites sections (<1 km) et dressez une liste dans chaque section, ou de temps en temps à l’occasion de petites pauses.
  • Le plus possible : Faites des listes aussi souvent que vous le pouvez ! Une liste de 10 minutes est parfaite, jusqu’à une ou deux heures. Au-delà il est préférable de faire des listes consécutives.
  • Toutes les semaines : Il est très intéressant de faire des listes complètes au même endroit tout au long de l'année. Par exemple, faites une liste hebdomadaire de votre site d’observation préféré.
  • Partout : Essayez de créer des listes partout où vous allez. Disposer d’une bonne couverture géographique est très important pour analyser les données !
  • Quantifier : Il faut indiquer le nombre d'individus de chaque espèce que vous avez détectée. Il convient ici de noter un chiffre réel de contact, même s’il y a évidemment bien plus d’oiseaux que ce que vous avez vu. Ce n’est pas grave.
  • Un pour tous, tous pour un ! Chaque observateur doit participer à l’effort. Plus nous serons nombreux à faire des listes, plus elles se renforceront mutuellement et prendront de l’intérêt.

Liste complète, ou observation précise ?

  • Les listes complètes privilégient la simplicité et l’efficacité, au détriment parfois de la précision de la donnée : les observations sont par défaut positionnées sur le lieu-dit. Il est toujours possible néanmoins de modifier la localisation et de compléter la donnée, en cliquant sur le « + » pour afficher la carte et les détails, et ce pour chacune des donnée, l’une après l’autre. Ca reste un peu laborieux, car ne n’est pas l’objet principal de la liste
  • Avec des observations précises, comme leur nom l’indique, on privilégie la précision : précision de la localisation (conservée d’une donnée à l’autre), mais aussi code de nidification, détails, comportement… En Guyane où il reste beaucoup à apprendre sur nos espèces, ces informations sont très utiles pour mieux connaître leur biologie et pour exploiter les données d’un site précis, mais elles ne permettent pas les analyses statistiques quantitatives.

L’appli mobile NaturaList permet de conjuguer les avantages des deux modes de saisie ! C’est l’outil idéal pour saisir des listes complètes.

  • Chaque observation est pointée précisément à l’emplacement de l’observateur (c’est toujours mieux qu’au lieu-dit le plus proche) et vous saisissez les détails comme pour une observation précise. Le GPS et l’horloge de votre smartphone font le reste !
  • Vous avez toujours la possibilité de corriger ou compléter vos données ultérieurement, voire d’ajouter dans la liste une espèce que vous auriez oubliée de noter, soit directement sur NaturaList, soit sur Faune-Guyane après leur synchronisation.

Comment faire ?

  • Sur Faune-Guyane, il faut choisir l'option "saisir une liste d'espèces sur ce lieu-dit". Ce tutoriel issu de Faune-France vous présente la marche à suivre : Saisie des listes sur Faune-France.
  • Sur NaturaList, l’option "saisir une liste sur le terrain" est directement accessible en haut à droite de l'écran d'accueil, à côté du « + » : saisir une liste sur le terrain (tutoriel Faune-France).
  • L’option "saisir une liste plus tard", dans le menu principal, vous permet de définir a posteriori la date et l’horaire de votre liste : saisir une liste plus tard.
  • Téléchargez ici l’appli NaturaList pour Androïd. Si vous possédez un iPhone, contactez olivier.claessens@gepog.org pour obtenir un lien de téléchargement de l’application.

A vous de jouer !

(d’après une actualité publiée sur Faune-France)

posté par Olivier Claessens/gepog
 
mercredi 13 février 2019
Vigie-Nature : de la science crédible

Les contributions aux bases de données en ligne telles que Faune-Guyane constituent l’expression la plus simple et le premier pas des « sciences participatives ». Ces sciences qui font appel au grand public connaissent un essor sans précédent, surtout dans les domaines naturalistes avec le programme Vigie-Nature porté par le Muséum National d’Histoire Naturelle. De nombreuses publications de haut niveau en sont issues, et les critiques et le scepticisme qu’elles suscitaient à leurs débuts n’ont plus lieu d’être. Explications sur le site de Vigie-Nature.

Et en Guyane ?

Les presque 600 000 données naturalistes rassemblées grâce à vous dans Faune-Guyane sont déjà régulièrement utilisées dans des études visant à mieux connaître ou mieux protéger la faune et les milieux naturels guyanais : études d’impact, Listes rouges, articles scientifiques ou chapitres d’ouvrages portant sur des espèces particulières…

Les premières analyses globales et systématiques, sous forme de cartes de répartition qui seront régulièrement mises à jour, vous ont été présentées récemment pour les reptiles et amphibiens, et le seront bientôt pour les autres groupes.

Et des enquêtes faisant appel aux observations d’un large public sont en projet…

A bientôt sur Faune-Guyane !

Olivier Claessens

 

Loutre géante (Pteronura brasiliensis), crique Canceler, 28/01/2017 © H. Breton.

Les observations et photos publiées sur Faune-Guyane contribuent au recensement et au suivi individuel de cette espèce menacée.

posté par Olivier Claessens/gepog
 
vendredi 8 février 2019
Reptiles
Répartition des Amphibiens et des Reptiles de Guyane

En juillet 2013, la base de données Faune-Guyane a ouvert à la saisie les Amphibiens et les Reptiles. Ces 5 dernières années, vous avez été plus de 200 à contribuer à bâtir cette base qui comptait 28.340 données le 31 décembre 2018 !

Nous sommes donc heureux de vous transmettre ce premier bilan cartographique de l’état des connaissances sur la répartition des Amphibiens et des Reptiles de Guyane. Nous allons progressivement intégrer des données plus anciennes (issues notamment d’inventaires scientifiques menés dans les espaces protégés) afin que la base Faune-Guyane devienne un outil de veille sur l’état de conservation des populations d’Amphibiens et Reptiles de Guyane. Notre objectif est d'actualiser chaque année ce bilan.

Merci encore à tous (chaque contributeur est cité dans ce document) et à vos frontales !!

Maël Dewynter, Elodie Courtois & Benoît Villette

Document à télécharger :  Synthese_herpeto_Faune-Guyane_2018-2241.pdf
posté par Olivier Claessens/gepog
 
dimanche 3 février 2019
Oiseaux
Relâcher d’une Buse à queue blanche

Le 30 septembre dernier, une Buse à queue blanche (Geranoaetus albicaudatus) juvénile, trouvée à Saül par les agents du Parc Amazonien, était transférée au centre de sauvegarde SOS Faune Sauvage qui est hébergé par le Zoo de Guyane. Après 4 mois de soins, de rééducation et de réhabilitation, elle a pu être relâchée le 31 janvier dans les savanes de Wayabo. Un site idéalement favorable à ce rapace menacé en Guyane (catégorie EN), lié aux savanes naturelles.

Malgré des conditions météo difficiles, la buse a fini par prendre son envol sous les attaques en règle d’un couple de Tyrans mélancoliques : l’apprentissage des dures conditions de la liberté !

Bien qu’il eût été utile et instructif de suivre ses déplacements après sa remise en liberté, l’oiseau n’a pas pu être bagué ni équipé d’une balise. Souhaitons que ce soit le cas si l’occasion se représente.

Peu après et à un kilomètre de là, un autre individu lui aussi immature mais un peu plus âgé a été observé dans les pâturages de Wayabo.

Si vous avez la chance de rencontrer au cours des prochaines semaines une Buse à queue blanche dans le secteur, il sera utile de bien regarder et préciser en remarque dans votre observation l’état et le dessin de la queue : l’oiseau relâché, âgé d’un an, était en pleine mue des rectrices encore juvéniles (finement barrées), tandis que l’autre présentait déjà une queue bicolore en parfait état.

Olivier Claessens

 

Buse à queue blanche (Geranoaetus albicaudatus) juvénile, Wayabo, 31/01/2019 © O. Claessens

 

Plus de détails sur le site du Parc Amazonien de Guyane :

posté par Olivier Claessens/gepog
 
vendredi 1 février 2019
Oiseaux
La photo du mois : un tangara hybride

La définition classique d’une espèce passe par son isolement reproductif, c’est-à-dire qu’elle ne peut se reproduire avec une autre dans des conditions normales. Il arrive cependant que deux espèces suffisamment proches génétiquement s’hybrident : leur descendance, si elle est viable, est théoriquement stérile. De tels individus hybrides restent rares dans la nature. Leur découverte suscite toujours l’intérêt et est parfois source de confusion : s’agit-il réellement d’un hybride ? D’un individu au plumage atypique ? Voire d’une espèce inconnue ?

Le tangara photographié à la mangeoire par Grégory Cantaloube présente manifestement un aspect mixte de Tangara évêque et de Tangara des palmiers. Ce n’est pas un cas isolé : d’autres individus au plumage « intermédiaire » ont déjà été signalés, à Guatemala en 2011 (photos M. Giraud-Audine), à Cayenne en 2011 (capture par V. Pelletier / ornithoguyane), ainsi qu’en 2014 et 2017 où l’oiseau en question élevait une nichée, contredisant la théorie énoncée plus haut si l’hypothèse d’un hybride était juste.

Quelques cas ont également été reportés dans d’autres pays, soulevant à chaque fois les mêmes interrogations. Un beau sujet pour une étude…

Olivier Claessens

 

Hybride probable Tangara évêque X T. des palmiers (Thraupis episcopus X T. palmarum), Saint-Laurent-du-Maroni, 07/01/2019 © G. Cantaloube

posté par Olivier Claessens/gepog
 
dimanche 20 janvier 2019
Oiseaux
Merci aux chouettes… et aux ornithos !

Depuis 15 ans, François Catzeflis analyse les pelotes de réjection de rapaces nocturnes que lui envoient des ornithologues de Guyane. La carte ci-dessous montre les localités de provenance de ces pelotes. Les résultats de ces analyses ont été régulièrement diffusés sur le forum ornithoguyane et nous nous en sommes fait l’écho dans ces actualités à plusieurs reprises.

http://files.biolovision.net/www.faune-guyane.fr/userfiles/Documentsdivers/pelotes-guyane-18janv2019F.Catzeflisw.jpg

A ce jour, plus de 1600 proies ont été identifiées, et une synthèse est envisagée pour compléter et renforcer la publication de Baglan & Catzeflis (2016). Une bonne occasion de rappeler l’intérêt de collecter ces pelotes et de les transmettre à François (éventuellement par notre intermédiaire) : elles permettent non seulement de mieux connaître le régime alimentaire de nos rapaces nocturnes et ses variations géographiques, mais aussi d’étudier les communautés de petits mammifères. Il est encore temps d’y contribuer !

UN GRAND MERCI à tous ceux qui ont collecté et préservé ce précieux matériel !

Olivier Claessens & François Catzeflis

 

Baglan, A. et F. Catzeflis. 2014. Barn owl pellets collected in coastal savannas yield two additional species of small mammals for French Guiana. Mammalia 80 (1): 91-95 (online 12 december 2014: DOI 10.1515/mammalia-2014-0120; December 2014)

 

Chouette effraie (Tyto alba), Guatemala, 13/03/2017 © Denis Faure

posté par Olivier Claessens/gepog
 
samedi 5 janvier 2019
Les chiffres-clés de 2018 sur Faune-Guyane

Le 31 décembre 2018, Faune-Guyane rassemblait 558 720 données, dont :

              501621   observations d’oiseaux,

                15875   observations d’amphibiens,

                13285   observations de mammifères terrestres,

                11934   observations de reptiles,

                10725   observations de chiroptères,

                  2923   observations d’odonates,

                  1491   observations de poissons

                    723   observations de mammifères marins,

                et 221   observation s de phasmes (nouveau groupe taxonomique ouvert à la saisie en cours d’année).

Le cap des 500 000 données avait été allègrement franchi le 1er mai 2018.

En un an, presque 93 500 données ont été saisies, soit une progression de 20 %.

On dénombrait 933 observateurs inscrits, dont 85 nouveaux en 2018 : bienvenue à eux, et bravo à tous pour vos contributions essentielles pour la connaissance et la protection de la faune guyanaise !

Toute l’équipe de Faune-Guyane (administrateurs, validateurs et associations partenaires)

vous souhaite une année 2019 riche en observations, en découvertes et en émotions naturalistes !

 

Grand Dauphin Tursiops truncatus (Battures du Connétable, 11/10/2018) © K. Pineau/RNC

posté par Olivier Claessens/gepog
 
mardi 1 janvier 2019
Mammifères
La photo du mois

En Guyane, les observations de myrmidon (Cyclopes didactylus) sont essentiellement rapportées sur le nord, mais probablement du fait du biais d’observation, cette espèce étant quasiment impossible à voir en forêt. Son écologie n’est pas connue, mais il semble que le myrmidon puisse persister en forêt isolée ou dégradée, où sont faites la plupart des observations. L’observation de Vincent Premel au Rorota en est un exemple. Elle n’est que la 10ème signalée dans Faune-Guyane.

Un important travail de taxonomie a été réalisé récemment. Sur la base de données génétiques, de morphométrie du crâne, de coloration, et de structure du pelage, 7 espèces seraient finalement proposées, pour une seule actuellement. Dans la région des Guyanes, le nom de Cyclopes didactylus est gardé, l’espèce présente ici se distribuant essentiellement au nord de l’Amazone, de l’Amapa au Venezuela, sur les berges sud de l’Amazone dans les états du Para, du Maranhão et du Piaui, et une population disjointe dans les forêts atlantiques de l’extrême Nord-Ouest brésilien.

Benoit de Thoisy / Kwata, pour Faune-Guyane

 

Myrmidon lèche-main Cyclopes didactylus, le Rorota, 14/12/2018 © Vincent Premel

posté par Olivier Claessens/gepog
 
samedi 29 décembre 2018
Pour vos étrennes, offrez-vous NaturaList ! (y compris pour iPhone !)

L’application mobile NaturaList permet de saisir ses observations sur le terrain et de les reverser dans Faune-Guyane d’un simple clic, au retour chez soi.

Plus besoin de vous préoccuper du choix du lieu-dit ou de votre localisation précise : c’est le GPS du téléphone qui enregistre votre position (si vous êtes loin de l’animal observé ou entendu, il peut être utile de revenir sur la donnée dans Faune-Guyane pour préciser sa position). Seule difficulté : l’application ne dispose pas encore, en Guyane, de cartes précises. Il faut donc penser à réactualiser la position géographique avant chaque nouvelle saisie, pour éviter un décalage involontaire du pointeur.

NaturaList facilite grandement la saisie de listes, tout en conservant la localisation précise.

NaturaList permet aussi de signaler un animal mort, de prendre et d’ajouter une photo, un code atlas, ou de protéger la donnée.

NaturaList n’est officiellement disponible que pour Androïd. Pour des raisons obscures, Apple a jusqu’à présent refusé sa diffusion pour ses appareils.

Bonne nouvelle pour les possesseurs d’un iPone ou d’un iPad : une version bêta de NaturaList pour IOS est disponible sur demande. Cette version en phase de test depuis plus d’un an n’a rencontré aucun problème, elle est donc parfaitement fonctionnelle.

Si vous souhaitez faire partie des heureux « testeurs » et profiter pleinement des services de l’appli NaturaList sur votre iPhone, signalez-vous à olivier.claessens@gepog.org. Un lien de téléchargement vous sera communiqué.

Bonnes observations !

Olivier Claessens

posté par Olivier Claessens/gepog
 
samedi 22 décembre 2018
Mammifères
Les rongeurs invasifs en Guyane

François Catzéflis vient de publier une mise à jour sur la présence des rongeurs invasifs en Guyane : souris grise (Mus musculus), Rat noir (Rattus rattus) et Rat surmulot (Rattus norvegicus). Les deux premières espèces ont été introduites involontairement par les premiers européens lors de la conquête de l’Amérique du Sud ; la dernière plus récemment, probablement au 18ème siècle.

Trois sources principales d’information ont été utilisées : (1) les collections scientifiques ; (2) les restes contenus dans des pelotes de réjection de chouettes ; et (3) les observations directes étayées, notamment celles extraites de Faune-Guyane. L’auteur a pu ainsi rassembler 184 données, provenant de 31 localités.

Le Rat noir (92 données, 17 localités) et la Souris grise (83 données, 18 localités) sont les plus répandus. Le Rat surmulot est plus rare (9 données, 3 localités). La Souris grise est la seule espèce trouvée dans des localités isolées de l’intérieur telles que les bâtiments de Petit Saut, un camp d’orpaillage au nord de Saül et Saül lui-même. Les trois espèces ont été trouvées ensemble seulement à Sinnamary et à Cayenne.

Enfin, ces espèces introduites cohabitent avec des rongeurs indigènes dans au moins 4 localités (Awala-Yalimapo, Angoulême, Cacao, Kaw).

Cet article peut être téléchargé en suivant le lien ci-dessous.

Olivier Claessens

 

Référence :

Catzéflis, F. (2018). Invasive rodents in French Guiana: an overview for Mus musculus, Rattus norvegicus, and R. rattus (Murinae: Muridae). Boletim da Sociedade Brasileira de Mastozoologia, 81: 1-9.

 

Souris grise (Mus musculus), Tonate le 30/05/2018 © V. Tanqueray

posté par Olivier Claessens/gepog
 
jeudi 20 décembre 2018
Pourquoi choisir la localisation précise ?

Les données de Faune-Guyane peuvent être utilisées pour de multiples analyses : répartition globale des espèces, espèces présentes sur une localité, habitat utilisé par l’espèce… trois exemples de questions qui font appel à la localisation de l’observation.

Pour rappel, plusieurs modes de saisie d’une observation vous sont proposés : http://files.biolovision.net/www.faune-guyane.fr/userfiles/Documentsdivers/modedemploi/pictosaisieLD.gifsur le lieu-dit, http://files.biolovision.net/www.faune-guyane.fr/userfiles/Documentsdivers/modedemploi/pictosaisieprcise.gifpar localisation précise, ou http://files.biolovision.net/www.faune-guyane.fr/userfiles/Documentsdivers/modedemploi/pictosaisieformulaire.gifpar saisie d’une liste complète. Nous avons déjà eu l’occasion d’insister sur la préférence à accorder aux deux dernières options :

1°) la liste complète offre des possibilités d’analyse statistique que les autres modes de saisie ne permettent pas ;

2°) la localisation précise, à partir des coordonnées ou par pointage sur la carte, garantit que l’observation a été située correctement. Bien sûr, certaines observations ne nécessitent pas une localisation très précise : un oiseau qui survole une zone à grande hauteur en se déplaçant sur une grande distance n’est pas à quelques centaines de mètres près. Mais en général, la précision est toujours meilleure que l’approximation. La saisie d’une liste n’empêche pas de localiser chaque observation précisément.

Il est absolument recommandé d’éviter le choix du lieu-dit en se fiant uniquement à son nom, car certains noms de lieux-dits peuvent prêter à confusion, et plusieurs lieux-dits éventuellement situés sur des communes différentes (ou pas) peuvent porter le même nom, malgré l’attention des administrateurs. Même si vous ne pouvez pas situer votre observation précisément, choisissiez l’option « observation précise » de manière à ouvrir la carte pour vous assurer que vous avez sélectionné le bon lieu-dit. Il est alors possible d’en changer par un simple clic sur la carte.

Il faut aussi éviter le choix d’un lieu-dit trop général : par exemple « piste de Saint-Elie », ou « Guatemala », qui recouvre une grande zone géographique et renseigne mal sur la localisation de l’observation.

Par exemple, dans le cas d’une étude d’impact ou d’un plan d’aménagement forestier, on extrait les données utiles sur la base de leurs coordonnées géographiques. Si l’observation est mal située, on peut ainsi retenir des données non pertinentes (espèces notées sur le site mais en réalité observées en dehors de la zone d’étude, habitat non conforme) ou oublier des données importantes qui auraient dû être situées sur la zone. Ces erreurs sont préjudiciables à la qualité de l’analyse, obligent les validateurs et les personnes chargées de l’extraction et de l’analyse à un travail considérable de vérification, et rendent malheureusement les études moins pertinentes qu’elles pourraient l’être.

La précision et la qualité de vos observations font la richesse de Faune-Guyane : merci de ne pas l’oublier !

Bonnes observations !

Olivier Claessens

posté par Olivier Claessens/gepog
 
samedi 15 décembre 2018
Oiseaux
Un Faucon pèlerin charognard ?

Le Faucon pèlerin (Falco peregrinus) est typiquement un chasseur d’oiseaux de haut vol, réputé pour la vitesse de ses poursuites et ses piqués vertigineux qui ont fait de lui l’oiseau de fauconnerie par excellence. Ses techniques de chasse et la diversité de son régime alimentaire ont fait l’objet de nombreuses études et publications.

Ses proies sont le plus souvent de taille moyenne, pesant environ 20 % de son propre poids. Les oiseaux de mer capturés aux abords des colonies, les limicoles, les canards, les pigeons et autres oiseaux de taille équivalente sont les proies les plus courantes. Certains Faucons pèlerins hivernant à Cayenne semblent se spécialiser le temps de leur séjour sur les chauves-souris, si abondantes dans nos bâtiments. Mais il peut aussi s’attaquer à plus gros que lui : des captures de hérons et même d’une oie ont été rapportées.

Le 9 décembre 2018, Loïc Epelboin a photographié un Faucon pèlerin sur le cadavre d’une Spatule rosée, une proie inhabituelle, à l’évidence dans le haut de la gamme de taille pour ce faucon. Mais l’avait-il vraiment tuée lui-même ?

Une étude sur la côte ouest des Etats-Unis a révélé que le Faucon pèlerin peut être un charognard occasionnel, et que ce comportement n’est pas aussi exceptionnel qu’on aurait pu le croire. Les individus immatures, chasseurs peu expérimentés, sont plus enclins que les adultes à se tourner vers cette source d’alimentation facile.

Si la capture exceptionnelle d’une spatule par un Faucon pèlerin n’est théoriquement pas impossible, celui photographié par Loïc Epelboin ne semblait pas au mieux de sa forme, ce qui rend un tel exploit peu crédible. De plus, le cadavre n’était pas tout frais : l’hypothèse d’un faucon affaibli, peut-être malade, qui s’est reporté par défaut sur une charogne, parait la plus vraisemblable.

On peut dès lors se demander de quoi était donc morte cette spatule…

Olivier Claessens

 

Référence :

Varland, D.E., Buchanan, J.B., Fleming, T.L., Kenney, M.K. & Vanier, C. (2018). Scavenging as a food-acquisition strategy by Peregrine Falcons. Journal of Raptor Research 52(3): 291-308.

 

Faucon pèlerin (Falco peregrinus), Kaw le 09/12/2018 © L.Epelboin

posté par Olivier Claessens/gepog
 
dimanche 9 décembre 2018
Oiseaux
Carnifex barré : attention aux confusions

Les carnifex (Micrastur spp.) sont des rapaces du sous-bois de la forêt guyanaise. Tandis que le Carnifex à gorge cendrée (Micrastur gilvicollis) semble confiné à la forêt primaire, où il est très commun, les trois autres (Carnifex barré M. ruficollis, Carnifex ardoisé M. mirandollei et Carnifex à collier M. semitorquatus) se rencontrent aussi dans les boisements morcelés de la bande côtière. Mais jusqu’où ? Leur présence sur les collines boisées de l’île de Cayenne est possible mais reste incertaine et mérite d’être recherchée.

Le secret de leur reproduction n’a été percé qu’il y a moins de 30 ans au Guatemala, celle du Carnifex à gorge cendrée demeure totalement inconnue, et aucun nid n’a encore été découvert en Guyane. Tous font preuve d’une grande discrétion en journée et se manifestent principalement avant l’aube. Leur chant est le meilleur moyen de détecter leur présence qui autrement passe facilement inaperçue. Mais leur similitude rend parfois l’identification délicate. Une récente discussion sur ornithoguyane a mis en lumière le risque de confusion entre le Carnifex barré et le Carnifex à gorge cendrée, et les subtiles différences entre leurs chants respectifs.

Faune-Guyane renferme probablement des données erronées de Carnifex barré. Malgré cela, celui-ci semble beaucoup plus rare en Guyane que le Carnifex à gorge cendrée (90 observations pour le premier, contre 600 pour le second).

Afin de limiter les erreurs, les données auditives de Carnifex barré devraient être accompagnées d’enregistrements chaque fois que c’est possible.

Olivier Claessens

 

Carnifex barré (Micrastur ruficollis), Plateau des Mines 09/11/2015 © M. Lajoie

posté par Olivier Claessens/gepog
 
dimanche 2 décembre 2018
Oiseaux
L’autre photo du mois : au menu de l’Onoré agami

L’Onoré agami (Agamia agami) est un héron si peu connu et si difficile à observer que toute photo est remarquable, surtout quand elle illustre un aspect de sa biologie. Extrêmement discrets, les Onorés agamis se rencontrent le long des cours d’eau forestiers et dans les marais boisés où ils sont solitaires en dehors de la reproduction. Deux individus, un immature et un adulte, ont été observés à plusieurs reprises ces derniers mois dans des pripris boisés de la route de Guatemala.

On sait peu de chose de son alimentation, qui semble constituée en majorité de poissons de petite taille (source : HBW). La photo de Jean-Claude Varlez démontre que ce n’est pas toujours le cas.

Elle est d’autant plus exceptionnelle que le poisson de belle taille capturé par cet individu est un Chaetobranchus flavescens, un Cichlidae caractéristique des pripris et des savanes humides, lui aussi rare (ou méconnu) en Guyane : Faune-Guyane ne renferme à ce jour que deux données pour cette espèce. On peut remarquer par la même occasion la technique de capture utilisée par ce héron (comme par d’autres) pour des poissons de grande taille : le harpon.

Olivier Claessens

 

Onoré agami Agamia agami, Guatemala, 18/11/2018 © J.C. Varlez

posté par Olivier Claessens/gepog
 
dimanche 2 décembre 2018
Oiseaux
La photo du mois : des rapaces narcissiques ?

Le Comité de Pilotage de Faune-Guyane n’ayant pas réussi à se départager, il y a deux photos du mois pour novembre. Ces deux photos illustrent chacune un comportement original ou un trait de biologie méconnu.

Il arrive que des oiseaux soient attirés par leur reflet dans une vitre ou dans un rétroviseur de voiture. Phénomène plus fréquent en période de reproduction, leur comportement agressif permet de penser qu’ils prennent alors leur reflet pour un rival venu empiéter sur leur territoire. Le site internet Ornithomedia propose un bon article sur le sujet.

Un tel comportement est fréquent et bien connu chez de nombreux passereaux. Il est en revanche beaucoup plus original de la part de rapaces : nous n’avons trouvé aucune référence les concernant. L’observation de Valérie Ménoret, qui fait suite à une première observation le 1er novembre, revêt donc un caractère tout à fait inédit, voire unique.

Pas besoin d’aller loin pour réaliser des observations originales et intéressantes : ce couple de Caracaras à tête jaune a été photographié à Cayenne !

Olivier Claessens

 

Caracaras à tête jaune, Cayenne, 4/11/2018 © V. Ménoret

posté par Olivier Claessens/gepog
 
jeudi 15 novembre 2018
Oiseaux
La « diversion coordonnée », un comportement anti-prédation répandu chez les oiseaux guyanais ?

Dans un article récent, des auteurs remettent en lumière un comportement décrit dans les années 1950-60 notamment par Alexander Skutch (dans ses nombreuses études sur la reproduction des oiseaux néotropicaux), mais tombé depuis dans l’oubli et largement ignoré des ornithologues d’aujourd’hui.

Désigné sous le terme « coordinated misdirection », ce que l’on peut traduire par « diversion coordonnée », il consiste pour un couple d’oiseaux nicheurs à voler ensemble vers leur nid, mais tandis que l’un pénètre dedans discrètement, l’autre poursuit ou dévie ostensiblement sa route au dernier moment. Ce stratagème aurait pour fonction de détourner l’attention de potentiels prédateurs pour ne pas révéler l’emplacement du nid.

Un tel comportement de diversion, avec des variantes, a été observé chez au moins 28 espèces appartenant à diverses familles de passereaux, par exemple chez des tyrans (dont l’Attila à croupion jaune et le Todirostre familier), des bécardes, des organistes. Il est probable que d’autres parmi les oiseaux guyanais utilisent la même feinte, qui reste méconnue.

Si vous découvrez un nid actif, quelle que soit l’espèce même la plus banale, observez bien le comportement des adultes : peut-être pratiquent-ils eux aussi une feinte de diversion que vous ne soupçonniez pas – et qui mérite d’être signalée !

Olivier Claessens

 

Référence :

Gulson-Castillo, E. R., Greeney, H. F. and Freeman B. G. (2018). Coordinated misdirection: a probable anti-nest predation behavior widespread in Neotropical birds. TheWilson Journal of Ornithology 130 (3): 583-590. https://doi.org/10.1676/17-047.1 [PDF]

Todirostre familier Todirostrum cinereum © Roland Jantot

posté par Olivier Claessens/gepog
 
mercredi 31 octobre 2018
Mammifères
La photo du mois

Le Raton crabier (Procyon cancrivorus), cousin du plus célèbre Raton laveur d’Amérique du Nord, vit dans nos mangroves et forêts d'arrière mangrove où il ne semble pas rare, quoique difficile à observer. Les données le long de criques au sein du massif forestier, comme aux Nouragues par exemple, sont plus exceptionnelles. Nocturne et de moeurs discrètes, il est malheureusement le plus souvent rencontré mort écrasé sur la route (ce qui représente 35 % des données sur Faune-Guyane).

Hervé Breton (grâce à une découverte d'Anne Delobel) nous livre quelques photos magnifiques où l'on voit une femelle et ses deux jeunes rechercher leur alimentation dans une petite crique de la route de Guatemala.

Vincent Rufray, pour Faune-Guyane

 

Raton crabier Procyon cancrivorus, route de Guatemala, 30/10/2018 © H. Breton

posté par Olivier Claessens/gepog
 
dimanche 28 octobre 2018
Reptiles
Identification des deux Léposomes de Guyane

Ces derniers mois, quelques données saisies dans Faune-Guyane sous le nom Amapasaurus tetradactylus (Léposome à 4 doigts) se sont avérées être des Loxopholis (Leposoma) guianense (Léposome des Guyanes) à l'examen des photos.

Ces deux espèces sont effectivement difficiles à différencier faute de documentation adaptée. Notons cependant que le Léposome à 4 doigts n’est actuellement connu que du mont Itoupé, toute nouvelle observation doit donc être solidement étayée.

Voici donc une petite fiche qui vous permettra - je l'espère - de distinguer les deux espèces. Cette fiche est également accessible via le menu, sous la rubrique Reptiles.

Par ailleurs, il est hautement probable qu'il y ait deux espèces de Loxopholis (ex Leposoma) en Guyane : Loxopholis guianense et Loxopholis percarinatum... Cette dernière espèce n'a jamais été détectée en Guyane mais on peut parier qu'elle s'y trouve...

Maël Dewynter

 

Léposome des Guyanes Leposoma guianense (Saint-Georges) © D. Baudain

posté par Olivier Claessens/gepog
 
lundi 22 octobre 2018
Oiseaux
Ne cherchez plus l’Antriade turdoïde

Depuis l’année dernière (relire l’actualité du 16/04/2017), on savait que les antriades observées en Guyane appartenaient à l’espèce Antriade olivâtre (Schiffornis olivacea), et non à l’Antriade turdoïde (S. turdina) comme on les appelait auparavant. Plus qu’un changement de nom, il s’agit bien d’un remplacement d’espèce, puisque ce changement provient de la division du taxon « Schiffornis turdina » (au sens large) en plusieurs espèces à répartition plus restreinte. L’Antriade turdoïde (au sens strict) ne se rencontrant qu’au sud de l’Amazone.

Par un oubli malencontreux, on continuait à parler de l’Antriade turdoïde sur Faune-Guyane, jusqu’à aujourd’hui.

Ce changement, acté dans la liste 2018 des oiseaux de Guyane, est désormais effectif sur Faune-Guyane : toutes les observations initialement attribuées à l’Antriade turdoïde ont été renommées en Antriade olivâtre, et l’Antriade turdoïde n’est plus accessible à la saisie.

Olivier Claessens

 

Antriade olivâtre (Schiffornis olivacea) © S. Uriot (photo extraite de la photothèque du GEPOG)

posté par Olivier Claessens/gepog
 
dimanche 21 octobre 2018
Oiseaux
Chants et duos chez les tinamous

Les chants profonds, mélodieux et quelque peu énigmatiques des tinamous sont un élément incontournable de l’ambiance sonore de la forêt guyanaise. Le fait est que ces oiseaux discrets sont plus souvent entendus qu’observés. Pour cette raison, beaucoup de choses restent à apprendre à leur sujet. C’est particulièrement vrai pour le Tinamou rubigineux Crypturellus brevirostris, une espèce rare et méconnue.

Dans un article paru ce mois-ci, on apprend que ce tinamou produit en réalité deux types de chants : un chant « primaire », celui entendu le plus fréquemment, et un chant « secondaire », plus rare, habituellement émis en réponse au premier, et qui ressemble au chant du Tinamou cendré. Il s’agit vraisemblablement d’un duo produit par les deux membres d’un couple. Personne ne sait encore si le chant primaire du Tinamou rubigineux est produit par le mâle ou par la femelle.

L’article décrit par la même occasion la production de duos chez les autres tinamous du genre Crypturellus et en particulier chez le Tinamou varié (C. variegatus), le Tinamou cendré (C. cinereus) et le Tinamou soui (C. soui). Chez le Tinamou varié par exemple, le chant primaire est celui de la femelle. C’est moins évident pour le Tinamou soui dont les vocalisations sont plus variées, et pour le Tinamou cendré dont on ne connait qu’un seul type de chant.

Enfin, plusieurs observations en Guyane font état d’un Tinamou rubigineux répondant au chant d’un Tinamou varié, un comportement étonnant et inexpliqué qui semble relativement fréquent chez cette espèce.

Olivier Claessens

 

Référence :

Boesman P, Claessens O., Costa T. V. V., Pelletier V., Ingels J. & Renaudier A. 2018. Songs of Rusty Tinamou Crypturellus brevirostris and dueting in Crypturellus species. Bulletin of the British Ornithologists’ Club 138: 69-78. http://www.bioone.org/doi/pdf/10.25226/bboc.v137i4.2018.a2

 

Tinamou rubigineux Crypturellus brevirostris © V.Rufray (photo extraite de la photothèque du GEPOG)

posté par Olivier Claessens/gepog
 
dimanche 14 octobre 2018
Oiseaux
Mission Mamilihpan 2018

Le Parc Amazonien de Guyane vient de réaliser une mission d’inventaire pluridisciplinaire sur l’inselberg Mamilihpan, dit « Roche Susky », au nord des monts Tumuc-Humac (commune de Maripasoula).

L’inselberg Mamilihpan est connu pour ses peintures rupestres uniques en Guyane. Les objectifs principaux de cette mission étaient d’étudier les vestiges archéologiques et d’évaluer l’intérêt écologique du site, qui n’avait jamais été exploré sur ce plan. Cette mission s’est déroulée du 1er au 11 octobre et réunissait des archéologues (Olivier Huard et Oscar Fuentes/DAC), des spécialistes des habitats (Olivier Brunaux/ONF et Stéphane Guitet/PAG), une botaniste (Sophie Gonzalez/Herbier de Guyane), un entomologue (Eddy Poirier/SEAG), des ornithologues (Olivier Claessens/GEPOG et Tapinkili Anaiman/PAG), un chiroptérologue (Jérémie Tribot/GEPOG), un guide local (Wataïman Nanuk/association Kasiwe-Kunawa), un journaliste photographe (Pierre-Olivier Jay/Une Saison en Guyane), et enfin le responsable de la mission (Denis Lenganay/PAG).

S’il est trop tôt pour en dresser le bilan complet et précis, cette mission a tenu ses promesses. Sur le plan ornithologique, plusieurs espèces très rares en Guyane ont été observées, photographiées et/ou enregistrées, et des preuves de reproduction apportées, comme pour le Martinet montagnard (Aeronautes montivagus) (2ème donnée en Guyane), l’Ermite d'Auguste (Phaethornis augusti), le Tyranneau nain (Phyllomyias griseiceps) (3ème donnée en Guyane), le Tyran sociable (Myiozetetes similis) (4ème localité en Guyane). De nombreuses autres espèces peu communes ou à répartition restreinte ont été contactées. Enfin, une importante population de Coqs-de-roche (Rupicole rupicola) a été découverte, nichant dans les chaos rocheux au pied de l’inselberg.

Toutes les données seront à retrouver sur Faune-Guyane très bientôt…

Olivier Claessens

 

Tyranneau nain (Phyllomyias griseiceps), l’une des espèces découvertes sur l’inselberg Mamilihpan, photographié pour la 1ère fois en Guyane, 10/10/2018 © O. Claessens

posté par Olivier Claessens/gepog
 
dimanche 7 octobre 2018
Oiseaux
A propos de noms d’oiseaux

Quel est le point commun entre le Tyran mélodieux et le Tyranneau vif ? Hormis le fait qu’ils appartiennent à la même famille des Tyrannidés, leur nom français leur a été donné par des ornithologues guyanais – c’est assez rare pour le rappeler.

Tous deux étaient considérés auparavant comme de simples sous-espèces. Elevés au rang d’espèces à part entière, celles-ci n’avaient alors pas de nom français officiel. Ainsi, le Tyranneau vif (Zimmerius acer) était jusqu’en 2008 traité comme une sous-espèce du Tyranneau à petits pieds (Zimmerius gracilipes). C’est sous ce nom qu’il était présenté dans Oiseaux de Guyane (Tostain et al. 1992). Le nom « Tyranneau vif » a été proposé par Alexandre Renaudier et moi-même à Normand David, qui travaillait alors à la mise à jour des noms français des oiseaux du monde et qui a sans difficulté retenu cette proposition. Pourquoi « vif » ? Ce qualificatif rappelle l’attitude et le comportement qui caractérisent ce tyranneau : toujours en mouvement, alerte, bien dressé sur ses pattes et la tête haute, ce qui lui donne une allure bien à lui. Il est aussi la traduction du mot latin « acer », qui signifie « acéré, pointu », autrement dit « vif » au sens de « aiguisé ».

Quant au Tyran mélodieux (Sirystes subcanescens), il est issu de la division de l’ancien Tyran siffleur (Sirystes sibilator) en 4 espèces distinctes, l’une (S. subcanescens) occupant le plateau des Guyanes et le nord-est de l’Amazonie, tandis que le vrai Tyran siffleur est confiné au sud de l’Amazone. Le CHG s’étant emparé de la question de lui trouver un nom, le choix de « Tyran mélodieux » (une proposition d’Alexandre Vinot) s’est rapidement imposé face aux autres solutions envisagées mais beaucoup moins satisfaisantes. Une référence à ses vocalisations bien sûr, dans le même registre que « siffleur ».

Dans un premier temps, les auteurs du HBW Alive ont ignoré le choix du CHG, qui leur avait pourtant été signalé. Ils ont préféré nommer la nouvelle espèce « Tyran de Todd », comme en anglais (Todd’s Tyrant), du nom de son descripteur Walter Edmond Clyde Todd (1874-1969). Ce n’est que récemment que ce nom a été changé en « Tyran mélodieux », reconnaissant ainsi la légitimité des ornithologues guyanais dans le choix de noms français qu’ils sont les seuls au monde à utiliser !

Olivier Claessens

 

Tyran mélodieux (Sirystes subcanescens), piste de Moutouchi, 25/09/2016 © G. Cantaloube

posté par Olivier Claessens/gepog
 
dimanche 30 septembre 2018
Oiseaux
La photo du mois

Le Faucon aplomado (Falco femoralis) est un visiteur très rare en Guyane, qui n’est pas vu ici chaque année. Ce magnifique faucon est largement réparti du Mexique à la Terre de Feu, à l’exception du bloc forestier amazonien.

L’origine géographique des Faucons aplomado vus en Guyane est incertaine : si les individus observés en août et septembre, majoritaires, sont vraisemblablement issus des populations migratrices du sud du continent, les observations en février ou en décembre pourraient concerner des oiseaux en provenance du Venezuela ou de pays voisins.

C’est un chasseur d’oiseaux qui fréquente les milieux ouverts, voire désertiques. A l’exception d’un individu qui avait stationné à Maripasoula en 2012, les rares observations en Guyane sont localisées sur la côte, notamment dans les rizières de Mana, riches en proies potentielles. C’est là que Paul Lenrumé a eu la chance de l’observer et de le photographier au début du mois.

Olivier Claessens

 

Faucon aplomado (Falco femoralis), rizières de Mana le 8 septembre 2018 © P. Lenrumé

posté par Olivier Claessens/gepog
 
mercredi 19 septembre 2018
Oiseaux
Les parulines sont de retour !

Si d’un point de vue climatique la saison sèche semble longue et uniforme vue de Guyane, septembre marque toutefois un tournant d’un point de vue ornithologique : les espèces « hivernantes » d’origine australe nous quittent, remplacées par les migrateurs et hivernants boréaux. Parmi ces derniers, les parulines figurent en bonne place : insectivores, la plupart des espèces se reproduisant en Amérique du Nord migrent à l’automne pour passer l’hiver en Amérique du Sud ou aux Antilles. Quelques-unes seulement atteignent la Guyane.

La première Paruline jaune (Setophaga aestiva) de la saison a été repérée aujourd’hui à Cayenne par Quentin d’Orchymont.

Des 4 parulines nord-américaines migratrices régulières en Guyane, la Paruline jaune est la première à se montrer chez nous, c’est aussi la plus commune (ceci expliquant peut-être sa détection plus précoce, par le simple jeu des probabilités). Les autres espèces : Paruline rayée (Setophaga striata), Paruline flamboyante (Setophaga ruticilla) et Paruline des ruisseaux (Parkesia noveborancensis), sont notées habituellement à partir du mois d’octobre seulement. Elles repartiront en mars ou en avril vers leurs zones de reproduction septentrionales.

Dans une liste d’observations, cliquez sur le pictogramme à côté du nom d’espèce pour afficher le diagramme annuel des dates d’observation.

Olivier Claessens

Paruline jaune (Setophaga aestiva) © O. Claessens

posté par Olivier Claessens/gepog
 
dimanche 16 septembre 2018
Oiseaux
Encore une nouvelle espèce d’oiseau en Guyane !

Après le Milan noir photographié par Quentin d’Orchymont début mai aux Îles du Salut, et le Héron pourpré découvert fin mai dans les marais de Kaw par l’équipe de la Réserve naturelle de Kaw-Roura, la liste des oiseaux observés en Guyane s’enrichit à nouveau d’une espèce originaire de l’Ancien Monde !

Le 8 Septembre dernier, deux Ibis falcinelles (Plegadis falcinellus) ont été photographiés dans les rizières de Mana, se nourrissant en compagnie d’Ardéidés. Le lendemain, un seul individu était observé au même endroit.

Cet ibis a une répartition cosmopolite puisqu’il peut désormais être observé sur tous les continents. On le trouve de façon sporadique en Europe méridionale et orientale, également dispersé en Asie centrale mais aussi en Australie, aux Philippines, en Afrique et sur le continent Américain.

L’Amérique du Nord a été ralliée par l’espèce dans les années 1880 par voie naturelle a priori et il s’est véritablement implanté sur la côte atlantique depuis les années 1940. Sa répartition littorale s’étend désormais de la Louisiane au Canada. Cette espèce est aussi présente dans les Caraïbes où elle semble en expansion. Enfin, le continent sud-américain est lui aussi doucement colonisé (probablement lié à l’expansion en Amérique du Nord), comme en témoignent des observations régulières en Colombie et un statut localement commun au Venezuela.

Ainsi, il semble vraisemblable que les Ibis falcinelles observés en Guyane soient eux aussi issus des populations d’Amérique du Nord ou des Caraïbes. Toutefois, comme leurs prédécesseurs des années 1800, il arrive encore que des oiseaux effectuent des trajets transatlantiques puisqu’en septembre 2013 un individu bagué au Parc national de Doñana en Espagne a été observé aux Bermudes. L’origine des deux oiseaux de Mana demeure donc incertaine.

C’est la quatrième espèce d’oiseau ajoutée à la liste depuis le début de l’année puisque, en plus des deux mentionnées au début de cette note, Vincent Rufray a photographié un Océanite à ventre noir (Fregetta tropica) au large en juin. Toutes ces données doivent être homologuées par le CHG, avant que ces espèces puissent intégrer la liste officielle des oiseaux de Guyane.

 

Référence :

Matheu, E., del Hoyo, J., Kirwan, G.M., Garcia, E.F.J. & Boesman, P. (2018). Glossy Ibis (Plegadis falcinellus). In: del Hoyo, J., Elliott, A., Sargatal, J., Christie, D.A. & de Juana, E. (eds.). Handbook of the Birds of the World Alive. Lynx Edicions, Barcelona. (https://www.hbw.com/node/52775, consulté 10 September 2018).

 

Paul Lenrumé, pour Faune-Guyane

 

Ibis falcinelle (Plegadis falcinellus), rizières de Mana le 8/09/2018 © P. Lenrumé

posté par Olivier Claessens/gepog
 
mardi 11 septembre 2018
Jean-Pierre Policard nous a quittés

Jean-Pierre Policard est décédé soudainement le 2 août 2018, dans sa chambre d’hôtel en Louisiane.

Les naturalistes guyanais perdent un ami fidèle et singulier, un défenseur inconditionnel de la nature et de la langue française, qui n’hésitait pas à bousculer ses interlocuteurs en affirmant avec force ses convictions. Le monde enseignant de Kourou perd lui aussi une figure importante et engagée, estimée de ses collègues autant que des élèves et de leurs parents.

Ses contributions à Faune-Guyane étaient variées bien que plus particulièrement tournées vers les oiseaux et les libellules, ses deux groupes de prédilection. Il a ainsi apporté 165 observations d’Odonates, qui concernent 63 espèces. Discret et méfiant envers Internet, il préférait l’anonymat et signait ses observations et ses messages de ses initiales, J.-P.P.

Le GEPOG proposera vendredi 14 septembre une soirée spéciale consacrée à un thème qui lui tenait à cœur et sur lequel il avait mené de nombreuses recherches : l’origine des noms d’oiseaux.

Jean-Pierre sera inhumé dans une dizaine de jours dans son village familial de Neung-sur-Beuvron, dans le Loir-et-Cher. La cérémonie laïque sera ouverte aux amis, des messages pourront être lus à cette occasion : merci d’envoyer vos témoignages à olivier.claessens@gepog.org. Nous essayons aussi de rassembler les souvenirs de lui : si vous avez des photos, vous pouvez nous les envoyer.

Un Livre d’or est ouvert au GEPOG jusqu’à vendredi soir, pour recueillir vos témoignages et souvenirs. Il sera remis à sa famille lors des obsèques.

Olivier Claessens & Nyls de Pracontal

 

Diastatops obscura, photographié par Jean-Pierre Policard (Matiti, le 08/02/2018)

posté par Olivier Claessens/gepog
 
dimanche 9 septembre 2018
Oiseaux
A la recherche de l’oiseau-cloche

L’Araponga blanc (Procnias albus) est un cotinga spectaculaire à double titre. Spectaculaire par son plumage immaculé, il l’est aussi pas son chant qui porte à plus d’un kilomètre et qui lui a valu son autre nom d’Oiseau-cloche.

L’Araponga se reproduit sur les contreforts des reliefs de plus de 500 m d’altitude. Là, les mâles se rassemblent en leks diffus pour chanter et parader, au début de la saison des pluies. Sa répartition en Guyane est donc très morcelée et limitée à quelques zones montagneuses difficiles d’accès. Bien qu’il aime chanter depuis un perchoir dégagé dépassant de la canopée, et malgré sa blancheur qui tranche avec le vert de la végétation, il reste difficile à voir.

Cependant, la saison sèche et la pénurie de fruits dans ces régions amènent les Araponga, comme d’autres oiseaux habitant les forêts d’altitude, à se disperser en plaine jusque sur la bande côtière. On peut alors avoir la chance d’entendre l’oiseau-cloche en des endroits où il est normalement absent, comme à Macouria où Anne Delobel a pu l’enregistrer hier.

Olivier Claessens

Araponga blanc (Procnias albus), Mont Itoupé © G. Feuillet/PAG

(photo extraite du site du GEPOG)

posté par Olivier Claessens/gepog
 
samedi 1 septembre 2018
Oiseaux
La photo du mois

Le Jacana noir (Jacana jacana) est un limicole atypique, dont les comportements liés à la reproduction recèlent bien des surprises. Polyandrie, rôles inversés, infanticides… : autant de singularités décrites dans Portraits d’Oiseaux Guyanais.

Le nid des jacanas est un frêle amas d’herbes et de feuilles, posé sur la végétation flottante. En cas de risque de submersion, les jacanas déplacent les oeufs vers un endroit plus sec, en les faisant rouler avec le bec. Les poussins nidifuges comme ceux de tous les limicoles éclosent de manière synchrone et s’alimentent seuls, mais sont encore couvés par le mâle matin et soir et en cas de pluie pendant plusieurs semaines.

La photo de Roland Jantot illustre une autre capacité étonnante des jacanas, celle de transporter leurs poussins sous leur aile. Ce comportement peu banal, connu cependant chez tous les jacanas, n’est pas sans rappeler celui du Grébifoulque d’Amérique (Heliornis fulica), un autre oiseau guyanais extraordinaire !

 

Jacana noir Jacana jacana, pripri de Yiyi le 8/08/2018 © R. Jantot

posté par Olivier Claessens/gepog
 
samedi 25 août 2018
Oiseaux
2018, une année à coulicous !

Comme nous le disions il y a tout juste un an (actu du 18/08/2017), il y a des années à coulicous, et des années sans.

Pour les deux coulicous migrateurs d’origine australe, le Coulicou de Vieillot (Coccyzus melacoryphus) et le Coulicou d’Euler (Coccyzus euleri), l’année 2017 avait tenu ses promesses. Il semble que l’année 2018 soit encore une bonne année pour ces deux espèces : alors que la saison n’est pas achevée, Faune-Guyane renferme déjà 6 observations de Coulicou de Vieillot (au moins 8 individus), toutes le long de la route de Guatemala. Quant au Coulicou d’Euler, beaucoup plus rare, c’est des environs de Saint-Georges que vient la bonne surprise : 5 individus contactés du 12 au 14 août, et 2 autres les 23 et 24 août, au cours de missions en forêt sur deux sites distincts.

Ces oiseaux très furtifs, d’observation difficile, se détectent le plus souvent par leurs chants et cris : tendez l’oreille !

Un dernier rappel : les observations des trois espèces de coulicous migrateurs sont soumises à homologation par le CHG : une photo, un enregistrement audio ou une fiche descriptive sont nécessaires pour valider les données.

Documents utiles :

A lire aussi :

  • Claessens O., Brammer F.P., Deville T. & Renaudier A. 2011. First documented records of Pearly-breasted Cuckoo Coccyzus euleri for French Guiana, and an overlooked specimen from Ecuador. Bulletin of the British Ornithologists’ Club 131: 128-133.
  • Claessens O., Giraud-Audine M., Royer F. & Sénécaux L. 2017. What is the breeding range and breeding season of Pearly-breasted Cuckoo Coccyzus euleri? New records and breeding in French Guiana. Bulletin of the British Ornithologists’ Club 137: 3-11.

Bonnes observations !

Olivier Claessens

 

Coulicou de Vieillot Coccyzus melacoryphus, Guatemala le 12/08/2018 © J.-C. Varlez

posté par Olivier Claessens/gepog
 
samedi 11 août 2018
Faune-France : 1 an et 10 millions de données naturalistes !

Avec seulement 6 ans ½ d’existence, votre plateforme naturaliste préférée, Faune-Guyane, est encore toute jeune dans la grande famille des sites VisioNature. Nous pouvons nous enorgueillir de rassembler, grâce à vous tous, plus de 500 000 données produites par plusieurs centaines de contributeurs plus ou moins réguliers (voir notre actualité du 1er mai 2018).

Mais que dire de Faune-France ? En juillet 2017, plusieurs dizaines d'associations naturalistes de métropole ont choisi de réunir leurs bases de données régionales pour créer, sous l'égide de la LPO, un portail participatif national, offrant ainsi une vision instantanée globale de la répartition des espèces, de leurs mouvements et de leur biologie. Un an après, Faune-France rassemble 10 millions de données naturalistes produites par plus de 20 000 observateurs !

Le savez-vous ? Votre identifiant sur Faune-Guyane vous permet de vous connecter aussi à tous les sites VisioNature, dont Faune-France. Je vous invite ainsi à lire l’actualité du 13/07/2018 sur Faune-France consacrée à cet anniversaire. Chiffres mis à part, et toutes proportions gardées, les commentaires pourraient s’appliquer tout aussi bien à Faune-Guyane

Bonne continuation !

Olivier Claessens        

 

Echasse blanche (Himantopus himantopus) dans l’Aude, la 10 millionième donnée de Faune-France (© B. Sauphanor / www.faune-france.org).

posté par Olivier Claessens/gepog
 
samedi 4 août 2018
Comment citer Faune-Guyane ?

C’est une question que se posent tous ceux, chercheurs, étudiants, journalistes, blogueurs ou webmasters qui, dans un article ou un rapport, font référence à Faune-Guyane ou utilisent les données qu’elle contient.

Il y a plusieurs façons de citer Faune-Guyane, selon que l’on fait référence au projet dans son ensemble ou à une observation particulière issue de la plateforme.

Les formules recommandées sont dans le Mode d’emploi, rubrique Citer Faune-Guyane.

posté par Olivier Claessens/gepog
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