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samedi 11 juillet 2020
Oiseaux
"ACasa" : les photos du confinement

Durant presque 2 mois, du 21 mars au 11 mai, vos observations ont été limitées aux abords de vos domiciles. Un confinement qui n'a pas empêché une forte progression du nombre de données et du nombre de listes transmises sur Faune-Guyane, à travers l'opération "Confinés mais aux aguets" (nom de code ACasa). Le bilan chiffré de cette opération vous a été présenté dans l'actualité du 16 mai 2020.

Sur les 5889 observations accompagnées du code étude ACasa, 150 étaient accompagnées de photos, soit un total de 181 photos. 90 espèces ont ainsi été photographiées depuis chez vous pendant le confinement (soit un peu plus d'un tiers des espèces observées).

Nous vous offrons aujourd'hui la mosaïque des photos "ACasa", réalisée par Charlotte Ollagnier. Si nous avons dû faire des choix parmi toutes les photos disponibles nous nous sommes volontairement limités à celles prises dans le cadre de l'opération, même si les galeries de Faune-Guyane renferment souvent de meilleurs clichés des mêmes espèces. Dans cette composition, la taille des photos est proportionnelle au nombre de données "ACasa" pour l'espèce.

La version haute définition de ce tableau peut être téléchargée <ici>.

Bonne découverte !

Olivier Claessens

posté par Olivier Claessens/gepog
 
samedi 4 juillet 2020
Oiseaux
Le mystère des Milans des marais

Les ornithologues attentifs aux données saisies sur Faune-Guyane auront sans doute remarqué un afflux d'observations de Milans des marais (Rostrhamus sociabilis) depuis quelques semaines.

Bien que l'espèce soit présente en Guyane toute l'année et s'y reproduise localement, on constate en effet en nette augmentation du nombre de données d'avril à août, avec un maximum atteint en juin.

http://files.biolovision.net/www.faune-guyane.fr/userfiles/Documentsdivers/Oiseaux/Rostrhamussociabilisphno040720.jpg

Mais surtout, on observe alors des groupes d'oiseaux en déplacement, pouvant compter jusqu'à plusieurs dizaines d'individus. Ces mouvements migratoires restent encore largement mystérieux : d'où viennent les migrateurs observés, jusqu'où vont-ils ?

Le Milan des marais possède une répartition qui, sans être régulière, s'étend sur une grande partie de l'Amérique du sud, au nord jusqu'au Mexique, Cuba et la Floride. L'espèce a été amplement étudiée en Floride, mais beaucoup moins en Amérique du Sud. Les oiseaux de Floride ne sont pas migrateurs mais plutôt nomades en réponse aux conditions du milieu qui influent sur la disponibilité des ressources alimentaires. Ceux d'Argentine migrent en partie vers le Pantanal après la reproduction.

Entre ces deux régions extrêmes, le mystère persiste autour des déplacements saisonniers des Milans des marais. Le Milan des marais est un prédateur très spécialisé, s'alimentant presque exclusivement d'escargots  aquatiques du genre Pomacea. Ces proies connaissent-elles des variations saisonnières d'abondance, qui obligeraient les milans à quitter leur région d'origine ?

En attendant que des chercheurs (en Guyane ou ailleurs) équipent de GPS quelques individus afin de suivre leurs déplacements au cours de l'année, une analyse fine des données de Faune-Guyane permettra peut-être de mieux décrire ces déplacements à l'échelle de notre région. Pour cela, en cas d'observation de groupes d'oiseaux en migration, n'oubliez pas de noter l'heure et la direction de vol, et de cocher la case "migration active".

Olivier Claessens

 

Milans des marais (Rostrhamus sociabilis) en migration, Cayenne le 10/05/2020 © O. Claessens

posté par Olivier Claessens/gepog
 
mardi 30 juin 2020
Chauves-souris
La photo du mois : Quand les chauves-souris font du camping !

Décidément les chauves-souris ne font jamais les choses comme tout le monde. Dans la forêt guyanaise, quelques espèces appartenant aux genres Dermanura, Rhynophylla, Mesophylla et Uroderma taillent de larges feuilles afin de fabriquer des tentes sous lesquelles elles se tiennent à l'abri des prédateurs et surtout des pluies tropicales. Les feuilles utilisées sont généralement des palmiers ou des cyclanthacées.

Les plus belles et les plus grandes tentes sont fabriquées par Uroderma bilobatum. Un ou plusieurs mâles incisent les folioles de palmiers adultes, ce qui produit une série de pliures, formant un triangle tronqué de plus d'un mètre de long. Une fois confectionnées les tentes sont colonisées par les femelles. Les feuilles utilisées ne meurent pas, si bien que nous connaissons des tentes qui ont été utilisées pendant plus de 5 ans.

C'est l'un de ces gîtes hébergeant plus de 60 Uroderma bilobatum qu'Audrey Dahan a brillamment photographié ce mois-ci sur la piste de Bélizon. On remarquera aussi que la plupart des espèces de chauves-souris façonnant des tentes exhibent avec élégance des rayures blanches sur la tête et le dos, censées les camoufler dans le décor d'ombres et de lumières du sous-bois.

Vincent Rufray

 

Colonie d'Uroderma bilobatum sous sa tente, piste de Bélizon, 03/06/2020 © A. Dahan

posté par Olivier Claessens/gepog
 
dimanche 28 juin 2020
Oiseaux
Comptage annuel de la colonie de Hérons agamis

Le Héron agami (Agamia agami) est l'un des hérons les plus méconnus au monde. La découverte par l'IRD d'une colonie comptant plus de 1000 couples (1600 couples dénombrés en 2013, soit plus de 95 % de la population mondiale connue à l'époque) a propulsé la Guyane en première ligne pour l'étude et la conservation de l'espèce. Cette colonie est désormais suivie chaque année par le GEPOG en partenariat avec la réserve naturelle de Kaw-Roura.

Le suivi annuel de la colonie du marais de Kaw vient d'être réalisé les 23 et 24 juin.

Environ 1000 couples ou nichées ont été dénombrés. Comme les années précédentes, et contrairement à une idée reçue, la reproduction des Hérons agamis s'avère très étalée dans le temps puisqu'une partie des couples avaient déjà achevé leur nidification, avec des grands jeunes ayant quitté le nid, tandis que d'autres couvaient encore des œufs. Leur répartition au sein de la colonie montre que celle-ci s'étend progressivement au cours de la saison de reproduction depuis le fond de la colonie. Un comptage réalisé à un instant donné ne permet donc d'avoir qu'une partie de la population nicheuse.

Cette superbe colonie héberge bien d'autres espèces remarquables : Savacous huppés, Hérons cocoï, Grandes Aigrettes, Anhingas d'Amérique, Cormorans vigua, Hoazins huppés, se partagent l'espace… tandis que les caïmans noirs guettent l'oiseau maladroit ou imprudent qui se perchera trop bas ou tombera à l'eau.

Un site exceptionnel par sa beauté et sa concentration d'espèces aussi spectaculaires que rares et menacées, heureusement préservé !

Olivier Claessens

 

Héron agami (Agamia agami), "mare aux caïmans", 24/06/2020 © O. Claessens

posté par Olivier Claessens/gepog
 
dimanche 21 juin 2020
La date de la photo et de l'observation ne correspondent pas

Vous avez peut-être déjà reçu ce message. Il s'agit d'une vérification automatique qui se base sur l'Exif (les propriétés du fichier numérique) de la photo pour vérifier que l'observation a été mise à la bonne date. La donnée se trouve alors marquée d'un point jaune, comme pour les demandes de complément. Cela peut arriver dans plusieurs cas :

1°) Il s'agit d'une observation passée, et lors de la saisie vous n'avez pas pensé à modifier la date qui s'affiche par défaut, qui est celle du jour de la saisie. La bonne date est donc celle de la photo, que vous avez dans les propriétés du fichier (si vous ne savez pas comment les retrouver, contactez le validateur).

=> Vous devez dans ce cas éditer votre donnée pour corriger la date en cliquant sur l'onglet "Modifier la donnée". La date d'une observation n'est pas un détail anodin, elle peut être utilisée pour comprendre la phénologie des espèces (périodes de migration ou de reproduction par exemple), il est donc important de veiller à ce qu'elle soit juste.

2°) Vous êtes certain de la date de l'observation, et c'est celle de la photo qui est fausse car l'horloge de l'appareil photo n'a pas été réglée à la bonne date.

=> Il vous suffit alors de répondre au message d'erreur en confirmant la date, afin qu'un validateur puisse valider la donnée.

Dans tous les cas, la bonne solution ne consiste pas à supprimer la photo, ni à ignorer le message !

Pour éviter que cela se reproduise, il est fortement conseillé de mettre à jour les réglages de l'appareil photo ! Cela peut être utile, pour vérifier a posteriori la date d'une observation. Cela vous évitera aussi de continuer à recevoir inutilement ce type de message de vérification.

Et cela soulagera les boîtes mail des validateurs, car ils reçoivent l'ensemble des messages de vérification envoyés aux observateurs. Ainsi, ce sont chaque semaine entre 10 et 20 messages qui s'accumulent dans nos boîtes pour cette raison. Le temps que les validateurs passent à trier ces messages serait plus utilement consacré à de réelles vérifications des données.

Merci à tous pour vos observations et vos photos,

Et merci aux validateurs pour le travail remarquable qu'ils accomplissent pour veiller à la qualité des données sur Faune-Guyane !

Olivier Claessens

posté par Olivier Claessens/gepog
 
samedi 13 juin 2020
Mammifères
Le casse-tête des petits Opossums-souris

L'identification des petits marsupiaux que l'on nomme "Opossums-souris" est particulièrement ardue et il est tentant de baisser les bras et de les désigner tous sous le nom : Opossum-souris indéterminé.

Toutefois, ces petits marsupiaux arboricoles et nocturnes se laissent parfois approcher de très près et autorisent la réalisation de bons clichés. Ces photos sont alors très utiles pour aller plus loin dans l'identification.

Récemment, le Parc Amazonien de Guyane a mis à disposition de tous une plaquette permettant d'identifier les espèces de Marsupiaux forestiers (accessible ici).

Parmi ces espèces, les Opossums-souris délicats (2 espèces du genre Marmosops) se distinguent facilement des autres et peuvent à présent être renseignés au niveau du genre dans Faune-Guyane (Marmosops sp. / Opossum-souris délicat indéterminé).

http://files.biolovision.net/www.faune-guyane.fr/userfiles/Documentsdivers/Mammifres/IdentificationdesMarmosopsv2020.jpgNous vous invitons à visiter la galerie photos de ces espèces et à consulter le mémo "Les Opossums-souris délicats du genre Marmosops" pour essayer d'aller plus loin dans l'identification. Soyez conscient toutefois que notre connaissance des critères naturalistes est encore ténue et qu'il nous faudra progresser encore pour améliorer la reconnaissance des deux espèces.

 

 

 

Maël Dewynter
Pour Faune-Guyane

 

Opossum-souris délicat des Guyanes (Marmosops parvidens), Saint-Elie, 21/11/2019 © M. Dewynter

posté par Olivier Claessens/gepog
 
dimanche 7 juin 2020
Oiseaux
Hirondelles argentines

L'Hirondelle rustique (Hirundo rustica) est l'hirondelle la plus abondante et la plus largement distribuée au monde, se reproduisant dans la plus grande partie de l'hémisphère nord, en Amérique du Nord et à travers toute l'Eurasie. Originellement installée dans des grottes, l'Hirondelle rustique (autrefois appelée en France Hirondelle des cheminées) s'est si bien adaptée aux constructions humaines qu'elle a totalement déserté ses sites de nidification naturels. Son association avec l'Homme est datée de plus de 2000 ans en Europe, et avant l'arrivée des Européens en Amérique du Nord, et lui a permis d'étendre largement son aire de reproduction. Cette extension s'est produite en Amérique du Nord au cours du 20ème siècle.

Migratrice, elle hiverne principalement en Afrique au sud du Sahara, dans le sous-continent indien et en Indonésie pour les populations eurasiennes, et depuis le Mexique (rare) jusqu'en Argentine pour les populations nord-américaines. En Guyane, l'Hirondelle rustique n'est que de passage, avec les deux périodes migratoires bien marquées d'août à novembre et de fin janvier à début mai. Les observations au cœur de l'hiver sont rares, et plus encore celles durant les mois d'été.

http://files.biolovision.net/www.faune-guyane.fr/userfiles/Documentsdivers/Oiseaux/HIRRUShistogrammemensuel070620.jpg

Phénologie des observations d'Hirondelles rustiques en Guyane (Faune-Guyane, 07/06/2020).

 

C'est en 1980 que quelques couples nicheurs furent découverts en Argentine dans la province de Buenos Aires. Ces oiseaux fondateurs ont donné naissance à une population qui compte aujourd'hui plusieurs milliers de couples, et qui après être restée confinée le long de la côte s'étend désormais progressivement vers l'ouest et vers le sud, atteignant la Patagonie en 2012 (Segura 2017).

Le cas de l'Hirondelle rustique n'est pas isolé, puisque l'Hirondelle à front blanc Petrochelidon pyrrhonota, autre espèce nord-américaine, a elle aussi fait quelques tentatives de nidification dans la même région de Buenos Aires depuis 1980. On pense que l'évolution du climat de cette région australe a permis ces colonisations récentes.

Les Hirondelles rustiques argentines ont adapté leur cycle annuel et leurs migrations au rythme des saisons de l'hémisphère sud, se reproduisant durant l'été austral de novembre à février et migrant vers le nord pour passer l'hiver austral (mai à août) dans la moitié nord de l'Amérique du Sud, du nord du Brésil au Venezuela. Un oiseau originaire de cette population argentine, équipé de géolocateur avec quelques autres individus au cours de la saison 2013-2014, a ainsi longé la côté guyanaise pour atteindre le Venezuela (Winkler et al. 2017).

De même, il est fort probable que les Hirondelles rustiques observées ces dernières semaines par Olivier Tostain et Vincent Rufray au sein du dortoir d'hirondelles de la prison de Rémire-Montjoly (côtoyant les Hirondelles chalybées, tapères et gracieuses hivernantes australes), ainsi que les rares individus observés en Guyane durant les mois d'été proviennent de la population argentine. Les oiseaux venus du nord et ceux venus du sud sont donc susceptibles de se croiser en Guyane au cours de leurs migrations… Avec l'accroissement de la population argentine, on peut s'attendre à une augmentation du nombre d'observations en Guyane tout au long de l'année.

Olivier Claessens

 

Références utiles:

Brown, M. B. and C. R. Brown (2020). Barn Swallow (Hirundo rustica), version 1.0. In Birds of the World (P. G. Rodewald, Editor). Cornell Lab of Ornithology, Ithaca, NY, USA. https://doi.org/10.2173/bow.barswa.01

Martínez, M. M. (1983). Nidificacion de Hirundo rustica erythrogaster (Boddaert) en la Argentina (Aves, Hirundinidae). Neotropica 29: 83-86.

Segura L. N. (2017). Southward breeding range expansion in Argentina and first breeding record of Barn Swallow Hirundo rustica in Patagonia. Cotinga 39: 60-62.

Winkler, D. W., F. A. Gandoy, J. I. Areta, M. J. Iliff, E. Rakhimberdiev, K. J. Kardynal, and K. A. Hobson (2017). Long-distance range expansion and rapid adjustment of migration in a newly established population of Barn Swallows breeding in Argentina. Current Biology 27: 1080-1084.

 

Hirondelle rustique (Hirundo rustica), Rémire-Montjoly, 15/05/2020 © O. Tostain

posté par Olivier Claessens/gepog
 
mardi 2 juin 2020
Amphibiens
La photo du mois de mai

Difficile de passer entre les gouttes… La saison des pluies bat son plein et 2020 s’apprête à battre des records historiques de pluviométrie pour le mois du mai. Cette profusion d’eau a saturé les sols et rempli la moindre dépression forestière. Les mares, pleines, débordent de vie. Mais les prédateurs rôdent et les premiers stades de la vie des grenouilles sont bien périlleux. Oeufs et têtards, à peine déposés dans l’eau, sont traqués sans relâche et seuls quelques chanceux parviendront indemnes à quitter la mare.

La Phylloméduse tigrine, outre sa folle élégance, a hérité de ses ancêtres une technique de ponte permettant d’augmenter les chances de survie de sa progéniture : ses oeufs sont regroupés, serrés dans un cornet de feuille, au-dessus de l’eau. Elle façonne en couple ce cône lors de la ponte et colle l’ensemble avec une gélatine protectrice. Les oeufs écloront donc dans un environnement protégé et les têtards tomberont dans l’eau - longtemps après l'éclosion - déjà vifs et prompts à fuir devant un prédateur ! C’est l’une des innombrables stratégies mises en place par les Amphibiens tropicaux pour assurer la survie de leur espèce.

Cette très belle photo macro de Xavier Heckmann (https://www.faune-guyane.fr/index.php?m_id=54&mid=46052) illustre élégamment ces petits « Némo » des mares forestières guyanaises.

Maël Dewynter, pour Faune-Guyane

 

Ponte de Phylloméduse tigrine (Callimedusa tomopterna), montagne de Kaw, 13/05/2020 © X. Heckmann

posté par Olivier Claessens/gepog
 
samedi 23 mai 2020
Amphibiens
Les crapelets du lac Marie-Claire à Kourou

Les débuts de saisons des pluies sont des moments très attendus par les batrachologues (les passionnés de grenouilles) : c’est l’occasion d’aller observer et photographier la grande diversité des Anoures forestiers. Cette année, toutefois, ces plans ont été contrecarrés par… un virus. Le confinement a limité nos déplacements à notre environnement immédiat et il a fallu se tourner vers une faune plus familière pour assouvir notre curiosité naturaliste.

Nous devons à Marine Perrier un feuilleton naturaliste inédit sur la reproduction des Crapauds aguas (Rhinella marina) dans le lac Marie-Claire de Kourou : entre le 20 avril et le 10 mai, Marine a suivi, compté, photographié et décrit la ponte et le développement de milliers de têtards de « Crapauds boeufs », un évènement si familier qu’on ne pense plus à l’observer. Pourtant, la stratégie de Rhinella marina est impressionnante : chaque femelle est susceptible de pondre entre 5000 et 35000 œufs. Ces œufs éclosent très vite, en 3 jours, donnant naissance à une nuée de têtards (des centaines de milliers), tous très toxiques, qui mettront de 1 à 3 mois pour devenir des crapelets d’à peine un centimètre de longueur…

Avant d’achever leur métamorphose, une terrible guerre chimique subaquatique se jouera : les têtards les plus vieux libérant des substances qui bloquent le développement des nouvelles pontes et entraînent une grande mortalité. Les survivants, innombrables cependant, vont alors traverser une époque de grande vulnérabilité car ils ont momentanément perdu leurs défenses chimiques : la mortalité sera considérable et seuls quelques valeureux (et chanceux) crapelets atteindront l’âge adulte. A l’âge de 6 mois, les crapauds atteignent parfois 10 cm de long. Vers un an, ils deviennent aptes à se reproduire. Certaines femelles continueront à grandir pendant 3 ans pour atteindre la taille considérable de 25 cm… Vous les verrez alors revenir sur les berges du lac Marie-Claire à Kourou lors des grandes averses de mars et avril.

Maël Dewynter

 

Têtards de Rhinella marina (lac Marie-Claire, Kourou, 02/05/2020) © M. Perrier

posté par Olivier Claessens/gepog
 
samedi 16 mai 2020
Oiseaux
Confinés… du 21 mars au 10 mai : bilan provisoire de l'opération ACasa

L'opération "Confinés mais aux aguets" a débuté en Guyane le samedi 21 mars, sous diverses formes. Le confinement strict ayant pris fin le 11 mai, un petit bilan s'impose.

On ne parlera ici que du volet oiseaux, sous son nom de code "ACasa", pour simplifier. Cette opération dépasse les frontières de la Guyane puisqu'elle a pris sa source en métropole et dans plusieurs pays d'Europe sous l'égide de Faune-France. Les autres volets guyanais de l'opération (enquêtes sur d'autres groupes taxonomiques, quizz, développement d'outils et sensibilisation du public) seront évoqués ultérieurement.

Le premier objectif de l'opération ACasa était de profiter du confinement pour améliorer la collecte d'observations autour de nos domiciles, particulièrement en milieu urbain ou périurbain, habituellement délaissé. De Saint-Laurent-du-Maroni à Matoury, 24 observateurs répartis dans 7 communes ont joué le jeu. Certains ont légèrement débordé du concept de l'opération en marquant du code ACasa des observations réalisées hors de leur domicile, quoique dans le rayon officiellement autorisé d'1 km. Les communes les mieux couvertes ont été Cayenne (8 observateurs), suivie de Kourou et Rémire-Montjoly (4 observateurs).

Un total de 5889 données "ACasa" a été collecté, concernant 248 espèces, dont 5 espèces indéterminées. Les données "ACasa" représentent 46 % de l'ensemble des données collectées durant cette période.

Le nombre d'espèces par site, s'il varie en fonction de l'effort et des performances des observateurs, est néanmoins révélateur du potentiel ornithologique de nos lieux de vie. Une analyse plus fine sera nécessaire pour tenter de faire la part des choses. Sans surprise, les scores les plus élevés ont été obtenus par des jardins situés dans un environnement très rural voire forestier. Deux sites dépassent les 100 espèces, à Saint-Laurent ("Fatima", 122 espèces !) et à Matoury ("savane de la Bordelaise", 101 espèces) ; 8 autres sites à Matoury, Rémire, Macouria et Cayenne ont obtenu de 50 à 81 espèces. Il ne s'agit pourtant pas de la liste complète des espèces connues sur ces sites, mais uniquement de celles notées depuis chez nous et dans des conditions particulières. Une richesse qui en a probablement surpris plus d'un !

Le second objectif d'ACasa était d'encourager la saisie de données sous forme de listes complètes, une formule permettant de faire des analyses statistiques que les données isolées ne permettent pas. Sur ce plan, le succès est flagrant : au cours de cette période, 271 listes ACasa ont été saisies, totalisant 5765 données. Le code étude ACasa, initialement réservé aux listes, s'est vu étendu à toutes les observations quand il a été géré directement au niveau national par la LPO. Cela a permis de "repêcher" a posteriori des observations qui avaient été saisies par erreur de manière classique, ou de noter "ACasa" quelques espèces occasionnelles non notées dans les listes. Malgré cela, ces observations hors liste ne représentent que 2 % du total de données "ACasa".

Du 21 mars au 10 mai, 20 observateurs ont saisi chacun de 1 à 54 listes ACasa. Si l'on prend en compte toutes les observations, ce sont près de 400 listes qui ont été saisies par 27 observateurs pendant la période considérée (51 jours), soit une progression de 116 % par rapport aux deux premiers mois de l'année : qui a dit que le confinement empêchait d'observer les oiseaux ?

Le tableau ci-dessous résume à lui seul cette spectaculaire progression.

http://files.biolovision.net/www.faune-guyane.fr/userfiles/Documentsdivers/Oiseaux/FGACasafin11maibilan.jpg

Bravo à vous tous, et continuez comme ça ! L'opération ACasa se prolonge jusqu'au 1er juin… et rien n'empêche de continuer au-delà !

Olivier Claessens

 

Le Sucrier à ventre jaune (Coereba flaveola) a été noté dans 15% des listes ACasa © M. Reynaud

posté par Olivier Claessens/gepog
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